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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 20:34


          Le bac fête son bicentenaire en ce 17 mars. Il a été décerné à 521 000 lycéen(ne)s en 2007, soit  63,6% d'une même génération.

      Le bac vaut-il encore quelque chose?

          ° Non, disent certains, tel Claude Allègre. celui-ci, constatant un taux de réussite de plus de 80% en 2006, y voit la preuve de la dévalorisation du bac. Très récemment, une "étude" de l'IREDU taxait le bac de "loterie"! Etude d'ailleurs contestée par les enseignants concernés par cette étude sur leur notation de 3 copie, lors d'un stage pédagogique, mais aussi par le recteur de Besançon lui-même, qui exprime "son indignation", "après avoir pris connaissance des conditions dans lesquelles elle a été réalisée" (communiqué du 13.3.08)
         Xavier Darcos, lui aussi, souhaite réformer le bac général d'ici la fin de l'année, proposant de refonder ses 3 filières (S, L, ES) en une, accompagnée d'options.
        Robert Pitte, ex-président de la Sorbonne, vient de publier, en 2007, un livre intitulé "Stop à l'arnaque du bac. Plaidoyer pour un bac utile" (Oh! Edition)
        Tous s'appuient sur un constat fort: 52% des étudiants échouent en 1ere année de fac

      Rénover le bac oui, le mettre en cause non!!!

      
° La proposition qui transpire, c'est celle de la suppression du bac national, passé lors d'une épreuve nationale; pour le remplacer ( par moitié dit Piette) par un contrôle continu au lycée, dans chaque lycée,( tout en préservant l'anonymat et un jury extérieur à l'établissement, propose le même Piette). Mais l'exemple des T.P.E., que j'encadre, avec d'autres, au Lycée Dautet est révélateur du glissement: ce sont aujourd'hui des profs du même lycée qui, pour certains, sont encadrants et examinateurs( d'autres éléves que ceux qu'ils ont encadrés, mais qu'ils ont pu connaître en seconde et dans le lycée), pour faire des économies! Et cela est vrai aussi ailleurs. Il y a bien une commission d'harmonisation ...après, mais cela ne change pas grand chose!

       ° Et cela pourrait s'accompagner de la suppression du caractère de premier grade universitaire du bac pour instaurer "une orientation sélection explicite, transparente, à l'entrée de l'université", dit Jean-Robert Piette.

      Les risques sont clairs:

         * "Le contrôle continu nous laisse fonctionner en vase clos dans nos établissements. L'épreuve terminale du bac nous oblige à nous confronter avec les collègues, lors des commissions d'harmonisation des barèmes par exemple", dit Rolland Hubert, co-secrétaire général du SNES-FSU.

         * les établissements d'enseignement supérieurs ont parfaitement intégré qu'il "existe aujourd'hui un véritable marché du bac" dit P Mérieu.. Les classes préparatoires, mais aussi les BTS et les IUT y font leurs courses, sélectionnant leurs étudiants sur dossier. On supprime ainsi les risques d'échec, en éliminant des étudiants avant l'entrée dans le supérieur.

       L'échec en 1ere année de fac n'interpelle-t-il pas aussi les facs elles-mêmes?

         La question de l'échec en 1ere année de fac interpelle  à la fois les lycées et les facs.. Car notre pays manque d'étudiants. Donc, "la question a se poser n'est pas de savoir comment mieux  les sélectionner, mais de savoir comment les faire réussir" dit Christian Forestier, ancien président du haut comité sur l'éducation; L'accueil en fac 'est "un vrai désert pédagogique" dans nombre de facs, en 1ere année, dit Philippe Mérieu, pédagogue bien connu.. Et il est nécessaire aussi de réféchir à une approche "qui permette aux lycéens d'être mieux préparés à ce qui leur sera demandé à l'université" dit Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSEA. L'exemple des T.P.E., déjà cités, est, du point de vue pédagogique, une démarche de préparation au travail autonome, de recherche et de synthèse exigé à l'université.c'est une des voies à suivre. Mais le Ministère a préféré, il y a 3 ans supprimer cette démarche des TPE en terminale, pour économiser des heures; Il n'y a donc plus de TPE qu'en première. Ce qui limite fortement la dimension pédagogique de ce travail de type pré-universitaire à la recherche de la meilleure note, quitte à faire du copier-coller.

     Le vrai danger: faire des "réformes" pour faire d'abord des économies!

     
c'est ce que note avec amertume le responsable du SNES déjà évoqué: "Le vrai problème, c'est que l'Etat ne construit, aujourd'hui ses réformes en fonction de l'intérêt pédagogique des éléves, mais des économies à réaliser", pour supprimer toujours plus de postes de profs

       "Parler du bac relève de imposture, précise P Mérieu. il n'existe pas un bac; mais des bacs. Donner l'illusion que tous ouvrent les mêmes portes revient à masquer les inégalités sociales et scolaires". Ainsi, en terme de poursuite d'étude, la distiction est nette: 19% des jeunes mettent fin à leur scolarité immédiatement après le bac professionnel ou technologique, contre 6% des titulaires d'un bac général.

                 Le débat est ouvert, ici aussi sur ce blog

Complément au 22/3/08

    Xavier Darcos a déclaré le 20/3 sur un chat: Il n'y a "aucun projet de fusion ou de refonte des filières du lycée Il y a simplement la volonté d'y conduire des élèves d'une manière mieux répartie et plus équilibrée"
     Langue de bois ou vérité vraie??? A voir!


   



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Published by henri Moulinier - dans Enseignement et service public
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Melanie 04/06/2008 15:33

oui parait que c'est pas vrai que c'est les 200 ans du bac, moi je dis que c'est pour faire passer la reforme pendant l'ete comme d'hab, comme c'est diti ici http://sujetdujour.free.fr/index.php/le-baccalaureat-fete-ses-200-ans-mais-pas-moi-87on va se faire avoir!

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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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