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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 13:31
                                 Communistes unitaires:
 texte d’orientation adopté lors de la réunion nationale du 28 juin 2008



            Ce texte a pour objet d’exposer l’analyse des communistes unitaires concernant la situation
politique et les moyens d’y faire face.
Il énonce les buts et les moyens qu’ils se donnent à travers le développement de
l’Association des communistes unitaires.

     La situation politique et les conditions de déploiement
           de  l’hypothèse d’une transformation sociale


Un an après l’élection de Nicolas Sarkozy, la situation politique paraît plus paradoxale que
jamais.


         La droite ultralibérale et sécuritaire dispose des leviers essentiels du pouvoir, mais
chacune de ses réformes est contestée et le gouvernement connaît une impopularité durable.

Elle avance dans la mise en oeuvre de ses projets, mais doit compter sans cesse avec de
puissants mouvements sociaux de résistance, souvent approuvés par l’opinion publique.
Ainsi persiste en France une vitalité des valeurs progressistes, de justice sociale et
d’égalité. Les luttes pour la défense des services publics, chaque fois qu’elles dépassent le
strict registre de la défense catégorielle d’intérêts corporatistes, sont emblématiques d’une
résistance idéologique importante.
 
                D’autre part, la critique du capitalisme est alimentée à travers l’analyse de la crise financière
et avec la mise en évidence des contradictions entre la préservation de la planète et les
logiques libérales en oeuvre.

              Nicolas Sarkozy paye en partie le prix de son volontarisme politique, avec un retour de
bâton d’autant plus fort que la désillusion est grande. La seule possibilité, pour lui et pour
Fillon, risque d’être la fuite en avant dans des réformes structurelles toujours plus radicales
et plus injustes.

            L’ensemble de la gauche est dans le même temps pris dans le piège de l’absence de
renouvellement de ses analyses et projets, et de son incapacité à formuler une visée
alternative au projet libéral.
Elle ne réussit pas à mettre au coeur du combat d’aujourd’hui
les enjeux internationaux et européens, les enjeux anthropologiques (enjeu écologique, ville,
démocratie et rapport à l’Etat, bioéthique et éthique, dépassement de toutes les
dominations…). La droite tient toute une partie de sa force de cette impuissance.

          La distorsion entre résistance idéologique d’une partie important de la société et difficulté de
la construction en positif d’une ambition pour la société, d
’une autre vision du monde,
s’accentue.


     - C’est vrai concernant le Parti socialiste, dont le mouvement idéologique vers le centre se
poursuit. Lorsque Bertrand Delanoé souligne que socialisme et libéralisme ne s’opposent
pas mais doivent se conjuguer, il sait très bien qu’il tire le centre de gravité du débat sur
l’alternative à Sarkozy vers la droite. Et lorsque Ségolène Royal en souligne au contraire
l’incompatibilité, on sait que cela n’annonce pas un quelconque retour critique sur sa ligne
politique lors de la compagne des présidentielles : cela participe au brouillage des repères à
gauche. Il en est encore ainsi lorsque Cécile Duflot tente la construction d’un attelage
écologiste avec Daniel Cohen-Bendit en vue des élections européennes.
Les résistances au sein du Parti socialiste peuvent s’apprêter, dans la perspective de son
congrès de fin 2008, à choisir : soit rentrer dans le rang pour être de simples supplétifs d’une
formation social-libérale (prête à s’allier avec François Bayrou), soit s’engager hors d’un PS
recentré dans l’aventure de la construction d’une nouvelle force politique.
Des choix qui seront faits par les courants les plus à gauche du PS dépendront à l’évidence
une partie de la reconfiguration à gauche

          - Les distorsions entre résistance idéologique et construction alternative concerne aussi
les forces syndicales, et le mouvement social dans sa globalité
. Depuis des années, les
luttes de résistance, même fortes, ne parviennent pas à contrecarrer les contre-réformes
gouvernementales. Au mieux, elles en limitent les effets, contribuant de fait parfois à rendre
acceptables des réformes libérales, sous réserve de saupoudrage social ou de mesures
d’accompagnement. De ce fait, nous ne sommes pas à l’abri que les luttes elles-mêmes
finissent par nourrir un désir de régulation du capitalisme, « faute de mieux ».
Globalement, le mouvement social apparaît hors de capacité à peser vraiment sur le cours
des choses, pouvant conduire demain aussi bien à des formes de radicalisation ou de
désespérance qu’à la recherche de constructions politiques nouvelles.

              Le mouvement syndical, à des degrés différents, laisse en partie de côté l’articulation
décisive énoncée par la Charte d’Amiens entre « besogne quotidienne » (la revendication
immédiate) et « besogne d’avenir » (la transformation sociale). Ce faisant, elles restent
confinées dans des registres essentiellement défensifs.

             Or, si le syndicalisme d’accompagnement peut tirer profit de la dissociation entre action
syndicale et alternative politique, car elle déplace vers lui le champ des luttes, c’est au
détriment du syndicalisme de transformation sociale. C’est ainsi que la perspective unitaire
du syndicalisme de transformation sociale est plus que jamais nécessaire.

       - Enfin, la distorsion entre résistance idéologique et construction alternative concerne aussi la
gauche alternative
.


          Elle est morcelée, bien qu’existent des espaces où se rencontrent des
militants issus de différentes cultures militantes. Elle dispose d’éléments nombreux de
réflexion et d’analyse critique, et de proposition, mais pas d’un projet identifiable,
mobilisateur, lisible, qui ne pourrait être que le résultat d’un processus dynamique
d’appropriation citoyenne, et de métissage entre les différentes cultures politiques.

         La LCR est engagée dans sa mutation en Nouveau Parti Anticapitaliste, en espérant tirer les
bénéfices de la déconsidération de la ligne social-libérale du PS, de la désaffection du PC,
de l’affaiblissement de Lutte Ouvrière, et aussi de l’image moderne et populaire de son
porte-parole. La ligne politique, le processus et son calendrier en sont d’ores et déjà
annoncés, avec à la fois l’absence d’initiative visant à l’unité avec les autres courants de la
gauche de gauche, l’impasse sur le rapport à la gestion et les ambiguïtés sur la perspective
d’une gauche majoritaire sur un projet de transformation.

         Avec l’évolution prévisible du PS et le positionnement du NPA, la gauche d’alternative,
les forces et les citoyens qui veulent une vraie alternative transformatrice se trouvent
prise en tenaille : d’un côté, le social-libéralisme, acceptation du libéralisme et
accompagnement pour en compenser à la marge les effets, de l’autre un certain purisme
révolutionnaire qui associe mouvementisme pour l’immédiat et incantation générale sur la
perspective. Le risque est que ne sorte d’un tel affrontement que de l’impuissance, au
bénéfice soit de la droite, soit du social-libéralisme : une absence d’alternative réellement
transformatrice, positive, crédible.

        Le PCF n’a pas tiré sérieusement les leçons de son choix de mai 2007. Au contraire, son
noyau dirigeant érige l’impuissance en orientation stratégique et l’isolement comme une
vertu. Alors que débute la présidence de l’Union européenne par Sarkozy, et que dans un an
auront lieu les élections au Parlement européen, il ne prend aucune initiative pour ouvrir un
espace politique avec d’autres, pour travailler sur un projet européen alternatif en même
temps que pour développer des grandes campagnes de mobilisation.
Sa direction préfère se raconter des histoires sur les résultats des élections locales de mars
2008, tandis que sa secrétaire nationale envisage ouvertement l’élection lors du congrès de
décembre 2008 d’une direction plus « resserrée » et plus « homogène ».
Surtout, elle ne veut pas comprendre qu’il n’existe pas d’espace politique pour une force qui
prétendrait à la transformation de la société en ne mettant pas au coeur de son action la
critique des logiques institutionnelles et leur dépassement, et qui ne chercherait pas à rendre
possible le passage de la critique du capitalisme à la construction politique.

         En fait, les indices d’un délitement, d’une crise politique majeure du PCF
sont maintenant nombreux
:


        A la désaffection de la grand majorité des adhérents, s’ajoutent des conflits
internes, comme à la section de Montreuil en Seine-Saint-Denis, la colère d’un nombre
croissant de cadres intermédiaire pour qui la situation actuelle est intenable, et l’impuissance
du noyau dirigeant.
      
        Dans la préparation du congrès de décembre 2008, le débat sera centré sur l’alternative
entre une vraie fausse novation incarnée par les uns (sans contenu pour le noyau
dirigeant, régressive pour les courants orthodoxes) et une métamorphose (avec les
différentes possibilités concernant le cadre, le processus, les modalités d’une telle
transformation).

       Les différents autres espaces et partis politiques existants – coordination nationales des
collectifs, MAG, Alternatifs, MARS-GR, etc. – ainsi que bon nombre des personnalités qui
s’étaient retrouvées en 2005 au sein de l’appel des 200 face au projet de Constitution pour
l’Europe, se sont retrouvées fin mai au sein de l’appel lancée à l’initiative de la revue
Politis.


       L'appel "l'Alternative à gauche, organisons-la!"

          Cette initiative, qui à ce jour a été approuvée par près de 10 000 personnes, et qui commence
à prendre racine au niveau local, constitue une tentative forte pour la relance d’une
convergence en vue d’un travail de fond sur l’alternative politique. A travers sa
déclinaison locale, à travers des modalités originales de travail, qui sont à inventer, peut se
jouer une part de l’avenir de la gauche alternative, à court et moyen terme.
Se pose ici deux questions décisives :

           - premièrement, la démocratie, le processus unitaire à construire doit être ouvert,
polymorphe, favoriser l’expérimentation, construire une alchimie entre
convergence des forces et des citoyens
(sans laquelle il n’y a pas de construction
nouvelle possible). Il doit reconnaître la richesse de chacune des forces et de chaque
personne, en assumant pleinement la richesse du pluralisme, en même temps qu’il
doit s’agir du métissage patient des cultures et expériences politiques. Il est de ce
point de vue particulièrement décisif que dès à présent le processus s’attache à
développer le dialogue avec les forces sociales – syndicats, associations,
réseaux… - sur le terrain du rapport entre mouvement social et politique et sur
le terrain du rapport aux institutions. Cela nécessitera un travail rigoureux, dans
la durée ;

           - deuxièmement, aucun processus de travail en vue d’un projet politique ne peut
aujourd’hui accorder aux questions anthropologiques la place secondaire qui leur
étaient destinées autrefois
: l’enjeu écologique et l’avenir de la planète, la ville et les
territoires, le rapport au monde et la question des migrations, la question des libertés,
individuelles et collectives, l’enjeu de la démocratie et de l’appropriation réelle des
savoirs et des pouvoirs, la bioéthique et les valeurs éthiques concernant la personne
humaine, le dépassement concomitant de toutes les dominations dans l’ensemble des
sphères de la vie sociale doivent être au coeur de celui-ci.

     Les communistes unitaires : tournés vers la réflexion et l’action

              En mars 2007, lors de la création de l’association des communistes unitaires, nous avions
décliné ainsi son but :

          « Nous voulons construire un espace communiste ouvert en articulation avec les
luttes sociales et le mouvement antilibéral. Ce mouvement est à la fois résolument
pluraliste et à la recherche d’une convergence durable. Nous voulons que cette
association soit un outil d’élaboration, de mise en commun, d’initiatives, et soit
ouverte à tous ceux qui se vivent comme communistes, indépendamment d’une
éventuelle appartenance politique. Une association pour la réflexion et pour
l’action. Nous voulons aussi affronter le problème de la dispersion et de la
démobilisation des communistes. »
       
         « Nous voulons que cette association soit un outil d’élaboration, de mise en
commun, d’initiatives, et soit ouverte à tous ceux qui se vivent comme
communistes, indépendamment d’une éventuelle appartenance politique. Une
association pour la réflexion et pour l’action. Nous voulons aussi affronter le
problème de la dispersion et de la démobilisation des communistes. »

        « Nous recherchons la mise en réseau de lieux autonomes construits localement -
par département, par région. » (...)

       « Membres ou non d'un parti, les Communistes unitaires veulent travailler à
refonder, faire vivre et partager le communisme politique dans une démarche
citoyenne
. Acteurs des luttes, ils entendent contribuer, avec tous ceux et toutes celles
qui le souhaitent, à la construction d'un nouveau projet politique et d'une nouvelle
force de transformation sociale.»

        Cependant notre apport singulier concerne non seulement le désir d’unité, que nous
partageons heureusement avec beaucoup d’autres, mêmes démobilisés, mêmes en retrait
dans l’attente que « quelque chose de nouveau s’engage », mais surtout la construction
d’éléments de cohérences :
- dans l’analyse de la société, dans la critique du capitalisme et de l’ordre social,
- dans l’action pour résister et dans la construction d’alternatives, dans la construction
d’une vision cohérente de la société, notamment à partir des luttes et des espaces
d’émancipation existants, des lieux d’alternatives au quotidien.

       A partir du constat du morcellement des luttes, des critiques, des analyses, des propositions,
et face au mille-feuille des programmes qui n’ouvrent pas de vision cohérente ni sur une
perspective, les communistes unitaires veulent construire des éléments de cohérence, des
analyses sur les problèmes posés à la société.
Une spécificité des communistes unitaires est de considérer qu’au-delà de l’unité comme
passage obligé pour construire un projet de transformation sociale et une nouvelle force
politique dans les conditions d’aujourd’hui, la cohérence d’une vision, d’une approche
globales est indispensable pour cette transformation.(...)

       Contact.communistes.unitaires@gmail.com
                                           www.communistesunitaires.net

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Published by henri Moulinier - dans Pcf: quel avenir
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  • : Henri MOULINIER
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  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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