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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 07:43

    J'ai démissionné du PCF depuis le début 2008, mais je suis en attente d'un "communisme" qui devrait être en mouvement, comme le dit Pierre GOLDBERG, ancien député -maire de Montliçon, dont j'ai apprécié l'ouverture et la pratique démocratique quand il était Maire, au cours des réunions de l'ANECR, l'Association Nationale des Elu(e)s communistes dont je fus membre du B.N..

 

    Je suis, donc, avec, beaucoup d'attention la préparation du Congrès du PCF. Je partage totalement, de l'extérieur, la démarche de Pierre GOLDBERG

 

    Je vous propose aussi après cette lettre de lire une analyse de Roger martelli sur la réalité du nombre d'élu(e)s communistes .

 

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Pierre GOLDBERG

Militant communiste à Montluçon

Ancien Député-maire

6 rue du Travail

03100 MONTLUÇON

06-88-94-41-13 / pierregoldberg@hotmail.fr

 

 

Lettre ouverte à Marie-Georges BUFFET,

Secrétaire national du PCF

 

 

        Ma Chère Marie-Georges,

 

        Dans le cadre de la préparation de notre congrès – il reste finalement peu de temps – et vu la situation plus que préoccupante de notre parti, nous avons besoin d’une vraie et profonde confrontation, avec en main tous les éléments du débat sans aucune restriction, sans aucune étroitesse. Nous n’avons rien à craindre de tout mettre sur la table. Bien au contraire nous avons tout à y gagner. Soyons au diapason avec les aspirations et les évolutions de notre société. En effet, la crise sociale, les modifications dans la vie, présentent l’avantage considérable et en contradiction avec les périodes passées, de renvoyer la responsabilité politique vers l’individu. C’est maintenant aux citoyens qu’il revient, dans un monde complexe, d’exprimer des choix qui les identifient comme acteurs politiques.

 

        Par ailleurs, notre congrès va se dérouler après l’échec de la gauche aux présidentielles et après le résultat tout simplement catastrophique de notre parti. Il va de plus se dérouler au moment où le paysage politique connait des restructurations importantes, avec la création du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste) et l’installation persistante du bipartisme. Cette situation, très grave de danger pour l’avenir du PCF et lourds de conséquences pour la venue d’une nouvelle et authentique politique de gauche, devrait nous pousser à une analyse consciente et à la hauteur des enjeux. Il n’y a qu’une façon d’y arriver, c’est que les communistes aient tous les éléments entre les mains, aient tout à connaître, à débattre, à apprécier. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront, en toute connaissance de cause, prendre les décisions. Je leur fais confiance.

 

        En un mot, je pense que les moments graves et difficiles que nous vivons nécessitent un débat totalement ouvert, profond et loyal, un débat qui permette un inédit devoir d’invention.

 

        Les militants communistes, réunis en assemblée générale en 2007, l’avaient bien compris et l’avaient clairement souhaité. Je cite une phrase de leur décision : « il ne s’agit d’exclure aucune hypothèse concernant le parti ou sa stratégie, ni de prendre à l’avance une orientation que les communistes choisiront à leur congrès. »

       

        Je viens, comme tous les communistes, de prendre connaissance du projet de la base commune adopté au dernier Conseil National. J’ai naturellement constaté que ce projet, publié dans l’huma spécial, est présenté dans son intégralité et qu’il a été suivi d’un débat, pour une bonne partie, consacré à son contenu. J’ai pu également constaté que ce projet de base est dit « commun » bien que n’ayant été voté que par 88 membres du conseil national qui en compte aux alentours de 220.

       

        Néanmoins, j’ai lu avec intérêt ce qu’a déclaré Pierre LAURENT, à savoir de « mettre à leur (les communistes) disposition tous les éléments du débat, toutes les idées émises ». Le même rapporteur précise encore que « ... plusieurs options existent... »

       

        Je suis de ceux qui connaissent au moins une autre option, celle des communistes en mouvement. Peut être en existe-t-il d’autres ou il va en exister d’autres. Mais dans le numéro spécial de l’humanité qui présente le projet dit commun à tous les communistes aucune publication intégrale, par exemple, des communistes en mouvement ni de personne d’autres.

       

        Certes une annexe est jointe, plutôt un plus que bref résumé qui atrophie et vide de tout sens les autres options que les communistes ont le droit de connaître dans leur intégralité. Il faut ajouter – et il s’agit d’une considération plus que préoccupante - qu’au Conseil National, celles et ceux qui portaient des options différentes ont seulement pu exposer leur point de vue en dix minutes et, incroyablement, sans aucun débat, sans aucun échange.

 

        Ainsi donc et contrairement à ce qu’indiquait Pierre LAURENT, les communistes ne disposent pas, à l’heure qu’il est, de « tous les éléments du débat ». Ainsi donc, tout comme cela fut imposé au Conseil National, les communistes ne pourraient dès maintenant, ou sans retard, connaître toutes les options et ainsi seraient totalement stérilisées les conditions d’un débat plein et entier, disons-le d’un débat loyal.

 

        Certes on me fera remarquer qu’il existe la possibilité de faire connaître, conformément à nos statuts, des options différentes à la condition de réunir deux cents adhérents dans dix fédérations dans un délai de cinq semaines. La gravité de la situation de notre parti, la nécessité vitale de remettre sans retard toutes les idées et toutes les propositions aux communistes, appellent que les options différentes du projet de la minorité du Conseil National, soient transmises immédiatement et au fur et à mesure de leur publication à tous les membres de notre parti. Il n’y aurait là pas de contradiction fondamentale avec les statuts. Et ce faisant, on ne renierait pas le projet intitulé de base commune qui en appelle au « respect de la diversité et la libre expression des opinions dans les débats et que nous considérons désormais comme un acquis irréversible. » Je crois que l’insatisfaction dans le débat s’accroit. Je le constate autour de moi. Cela fait suite à la déclaration de cinq dirigeantes nationales (l’huma du 13 juin dernier) qui reprochaient déjà le choix d’une seule option. C’est une quinzaine d’autres dirigeants nationaux (l’huma du 10 juin) qui ont décidé de prendre des initiatives pour que « le débat communiste ne soit pas confisqué » car selon eux « telle qu’elle est envisagée, la préparation des congrès ne met pas en lumière les enjeux fondamentaux ».

       

        Si nous considérons que nous sommes confrontés, non pas à un problème de forme ou de procédure, mais à un problème de fond étroitement lié au devenir du communisme chez nous ; si nous considérons vitale pour la vie, la dynamique de notre parti, de reconnaître non seulement la diversité dans nos rangs comme une véritable richesse mais aussi l’expression organisée de celle-ci ; si nous ne voulons pas que le débat n’aboutisse avant même qu’il n’ait eu lieu, mais aussi la pratique établie depuis cinq congrès ; si nous voulons respecter sans restrictions le mandat de l’assemblée générale de 2007 ; si nous sommes convaincus qu’il n’y a pas de temps à perdre car les communistes émettront un premier vote fin octobre, alors en tant que Responsable de notre parti, tu accepteras ma demande de prendre toutes les dispositions pour que, à l’appui de l’envoi du projet voté au Conseil National, les communistes reçoivent sans retard et au fur et à mesure de leur publication, les options alternatives. Ne pas le faire, serait contredire à l’intérieur même de notre parti l’exercice démocratique. Ce serait aussi manquer de respect aux militants. Nombreuses et nombreux comme moi, considéreraient dans ce cas qu’elles, qu’ils ne sont pas devenus communistes pour vivre cela.

 

        Voilà pourquoi, je reste convaincu que tu sauras entendre cet appel qui dépasse si largement un appel personnel.

        Bien à toi.


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  Dire la vérité: le nombre d'élus communistes


Quelques semaines avant les élections municipales et
cantonales du printemps dernier, Marie-George Buffet, Michel Laurent et le noyau dirigeant du PCF annonçaient urbi et orbi que le PCF aurait 13 000 élus à l’issue du scrutin. Compte tenu que le chiffre officiel de 2003 était de 11600 élus communistes et apparentés en France, l’annonce pouvait déjà, surprendre
  

      Au lendemain de l’élection, l’ambiance était à la satisfaction.Curieuse attitude, prétendument optimiste et combative et, en fait, du plus noir pessimisme : voilà maintenant les communistes contraints à se réjouir des moindres reculs, comme autant d’éclatantes victoires. Par rapport au pire,quel bonheur de n’avoir ue du moins bien !

 

   Simplement, voilà: aujourd’hui les chiffres sont tombés. Il y a quelques semaines, je faisais circuler un tableau du nombre d’élus communistes, en laissant vide la dernière case. Je republie ce tableau, mais, cette fois, la dernière case est remplie. Au lieu des 13 000 claironnés, l’ANECR comptabilise 6 849 élus communistes et apparentés et précise que les associations départementales « annoncent » des chiffres pour un total de 9 483 (sur un total général de 550 000 élus en France). Au mieux, le PCF a donc perdu un peu plus de 22% de ses élus depuis 2001, au pire 44%. Entre un quart et la moitié de perte depuis 2001 ; les trois quarts au mieux depuis 1977.

  

     Les chiffres sont donc bien là. En 2008, les maires communistes sont 95 de moins qu’en 2001, soit une perte à peu près comparable à celle enregistrée entre 1995 et 2001 (100) ; les maires « apparentés » ayant été un peu plus nombreux qu’en 2001, le total des maires PC et apparentés accuse une baisse de 61 contre 87 entre 1995 et 2001. La perte des deux années est sensiblement moins forte qu’entre 1983 et 1989 et entre  1989 et 1995, mais elle prolonge l’affaiblissement structurel du communisme municipal.

  

    Toujours entre 2001 et 2008, la population des commune sadministrée par un maire communiste a baissé de 300000 habitants. En 1977, le PCF administrait 1 464 communes
totalisant 8,6 millions d’habitants ; en 2008, il en compte 725 (dont 561 ayant à leur tête un membre du PCF) totalisant 3,2 millions d’habitants.


   Entre 1945 et 1958, la moyenne du vote communiste
s’établissait en France à 25,2%. Entre 1959 et 1978, ce chiffre est passé à 20,3%, puis à 14,1% entre 1979 et 1988, à 9,4% entre 1989 et 1998 et 5,7% depuis 1999.


 Les communistes doivent trancher en toute connaissance de
cause, dit-on. Il faut, pour qu’il le fassent, commencer par mettre cartes sur table. Il ne faut pas mentir. L’affaiblissement du PCF le marginalise gravement dans l’espace politique, le vouant à devoir choisir entre le rôle de supplétif et celui d’aiguillon de majorités socialistes recentrées.


      En décembre 1920, alors que le socialisme unifié comptait pour 22% des suffrages exprimés, la majorité des socialistes a décidé de rompre avec l’organisation à laquelle ils tenaient tant, parce qu’ils considéraient que cette rupture était la condition pour faire vivre l’idée révolutionnaire. En 2008, le PCF affaibli ferait le choix de ne surtout pas rompre ? Pour préserver quoi ?


    Heureusement que les dirigeants qui prônent la continuation de l’existant n’assumaient pas de responsabilité en décembre 1920. Car jamais alors il n’y aurait eu de Parti communiste français.


Roger Martelli

 

 

                                                

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Published by henri Moulinier - dans Pcf: quel avenir
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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