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3 octobre 2008 5 03 /10 /octobre /2008 05:31

 Jean-Claude Gayssot, membre du PCF, ancien ministre

Tribune libre parue dans l'Humanité du 29/9/08

et dont je partage l'essentiel, moi qui ne suis plus membre du PCF aujourd'hui

 

La gauche pour qui, pour quoi ?

        Le PCF devrait rapidement décider d’engager le processus visant à créer avec d’autres une force politique nouvelle. Si c’est notre parti qui en prend l’initiative, la visée communiste originelle - celle de l’émancipation humaine - sera ainsi légitimée. Il y a urgence.

       Car l’espace se restreint entre un PS qui tend à se social-libéraliser et une extrême gauche uniquement protestataire. Toute tentative de rabibochage ne ferait qu’éloigner un peu plus encore les chances réelles de mener un combat juste et efficace face à un système capitaliste mondialisé. Système qui se considère, et est malheureusement considéré de plus en plus, comme la fin de l’histoire de l’évolution des sociétés.

     En d’autres termes, en France comme ailleurs l’essentiel des forces politiques qui comptent dans les jeux de l’alternance s’est rallié ou est en passe de se rallier à cet axiome : la loi du marché, la loi de la concurrence entre les hommes et entre les peuples, le libéralisme sont le fin du fin de ce que les sociétés sont capables de faire. Indépassable !

     Je n’en prendrai pour preuve que les tendances lourdes à l’oeuvre en France et en Europe : celles qui voient de plus en plus les dirigeants des partis sociaux-démocrates s’engager ouvertement en faveur de cet ordre établi, et la recomposition politique qui menace d’un bipartisme excluant toute velléité contestataire du système. Cette dérive est d’autant plus confortée qu’aux yeux du monde entier, et en particulier à ceux des classes populaires et de la jeunesse, l’image du communisme s’est totalement détériorée.

     Il ne sert à rien de se lamenter devant la vertigineuse dégringolade de l’influence du PCF et des autres partis communistes en Europe et dans le monde. C’est un fait. Cette déperdition est générale. Quelles que soient les tactiques et les stratégies depuis une quarantaine d’années, le recul est partout. Il nous faut avoir l’honnêteté de le reconnaître et le courage d’en tirer les leçons : il faut changer.

 

Mais changer vraiment c’est procéder à une rupture franche et publique avec les conceptions qui ont prévalu à l’origine de la création du PCF et des partis communistes.


      Depuis plus d’un demi-siècle, notre parti a fait beaucoup pour se dégager du stalinisme et du « modèle » soviétique. Cela n’a pas été suffisant. Cette rupture est la condition indispensable à mes yeux pour poursuivre, relancer et mener le combat transformateur en s’appuyant sur la capacité des classes populaires à s’y retrouver, afin de ne pas se laisser confisquer leur droit au bonheur partagé. Changer pour sortir de l’insignifiance dans laquelle nous sombrons et donc pour être efficace dans la lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme, contre l’aliénation et la sujétion. Contre la marchandisation de tout et de chacun. De la planète.

       Ces valeurs-là, celles de l’espoir, ne doivent plus être contredites. Il s’agit donc de changer, de rompre avec tout ce qui nous fait « défaut », sans renier, mais au contraire en transcendant la dimension humaine et sociale du combat pour l’émancipation.

       En ce sens, c’est bien une métamorphose que nous devons opérer. Pour que cette métamorphose soit sincère et possible, nous devons la réaliser avec d’autres.


       Dans les autres partis de gauche, chez les écologistes, dans les syndicats, le mouvement associatif, les altermondialistes, dans le monde de la création, nombreux sont celles et ceux qui s’interrogent sur le devenir de la gauche et du combat révolutionnaire. Nombreux sont celles et ceux qui ne se résignent pas à l’évolution libérale du PS. Nombreux sont celles et ceux en quête d’un espace politique, d’une force politique à la fois contestataire et constructive, indépendante du PS et unitaire, populaire et moderne. Une force politique susceptible, par son existence même et par le contenu de son combat, de sa visée et de son projet, d’attirer vers elle le regard et l’envie de militer de la jeunesse. Face au rouleau compresseur du sarkozysme détruisant systématiquement l’une après l’autre les conquêtes sociales et démocratiques, il est urgent d’ouvrir une telle perspective politique. Ce sera le meilleur appui aux luttes sociales, aux résistances et aux indispensables mobilisations.

      J’insiste sur le fait que nous devons absolument réaliser cette métamorphose avec d’autres. Non seulement c’est la seule manière d’être crédible dans notre volonté de changement, mais aussi, et surtout peut-être, parce que nous avons aussi besoin d’apprendre des autres. Le niveau d’étiage de notre attractivité et l’ampleur de la tâche pour mener des combats transformateurs dans les conditions de notre temps, nous encouragent à la modestie et à l’audace.

 

      En Allemagne, le Parti communiste et des socialistes refusant la dérive libérale du SPD ont créé une force politique nouvelle.

     Toute jeune, elle commence déjà à peser dans la vie politique de ce pays. Ailleurs, en Grèce, en Italie… des réflexions dans le même sens sont engagées. Chez nous, nous devrions lancer ce processus sans délai. Il s’agit de donner très vite un signal aux classes populaires et à la jeunesse.

 

          De ce point de vue, la préparation des futures élections européennes pourrait en créer les conditions favorables.

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Published by henri Moulinier - dans Pcf: quel avenir
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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