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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 07:58
 Plus d'un million de personnes ont manifesté ce 1er Mai, bien plus que les autres années. Et c'était un vendredi, début d'un week-end prolongé, occasion de voyages et autres sorties. Ce fut mon cas, pour un voyage prévu de longue date en Toscane italienne, à Florence. Pour autant, mon opposition à la politique de Sarkozy ne faiblit pas. Le gouvernement ferait mieux de ne pas sous-estimer le profond mécontentement qui dépasse de loin le nombre de manifestants du 1er Mai.

  Ce mécontentement a besoin de s'exprimer dans la rue, mais aussi dans les urnes
: le 7 Juin, date des élections européennes, doit en être l'occasion.Ce sont des élections importantes, car le Parlement européen co-décide ( avec le Conseil des Ministres européens), de directives qui, après doivent être transcrites en lois nationales. Et la politique de Sarkozy s'inscrit de plein pieds dans les orientations ultralibérales actuelles de l'Union européenne

75% des lois votées en France sont la transposition de directives européennes!

   L'enjeu politique est donc essentiel, même si le Parlement européen a un pouvoir limité ( voir mon diaporama sur les Institutions européennes). Il est donc important que les citoyen(ne)s soient largement informé(e)s; que le débat public ait lieu, en particulier dans les grands médias.

Mais, aujourd'hui, tout est fait pour gommer les enjeux: 
   quelle construction européenne pour demain et quelle politique pour nos pays?


 Le dernier show du Président Sarkozy, à Nimes, devant un public choisi, est révélateur de sa duplicité: il critique cette Europe "qui n'a pas le courage d'assumer une politique économique et une politique de change, pas le courage de conduire une politique industrielle, qui ne veut pas décider, prendre ses responsabilités" et d'affirmer: "Il faut changer l'Europe"!! Mais qui, en même temps, réitère son souhait d'une adoption rapide du ... Traité de Lisbonne

Alors que, précisemment, ce Traité de Lisbonne est au coeur des enjeux européens et nationaux actuels. Car il entend fixer de manière figée pour longtemps un cadre européen ultralibéral, bien peu démocratique, antilaïque et rivé à l'Otan  ( voir mon diaporama sur le Traité de Lisbonne)

Ce Traité nous a été imposé par la Parlement, sans recourir à un nouveau référendum, alors qu'il n'est que le clone du traité Constitutionnel européen rejeté par notre Non majoritaire en 2005. Son adoption par la seule voie parlementaire fut le résultat d'une manoeuvre délibérée de N Sarkozy, avec la complicité du PS et d'une majorité de députés et sénateurs socialistes
Et précisemment, le PS a la même stratégie d'évitement du débat sur ce Traité de Lisbonne, tout en critiquant, lui aussi, cette "Europe libérale"

Et Xavier Darcos cherche à manipuler élèves et enseignants!

   Un prétendu document pédagogique" sur l'Europe a été envoyé aux profs d'Histoire-Géographie qui désinforme par le biais d'"associations" qui ne sont que des officines de propagande de l'Union Européenne et du Ministère des affaires etrangères. C'est profondément scandaleux de la part de ce Ministre qui triche, édulcore, déforme les faits pour tenter de manipuler les jeunes. Cela mérite d'être dénoncé. Honte à Darcos qui devrait s'en aller!!!

C'en est assez de ce complot contre la démocratie!

    Pourquoi un tel silence? Espère-t-on, en haut lieu et dans les milieux de la grande finance que, à la faveur de l'abstention dans les quartiers populaires et les entreprises, on aurait les mains libres pour poursuivre les choix ultralibéraux actuels en France et dans tous les pays européens? Et ainsi effacer le Non majoritaire au Traité de Lisbonne?

Ne laissons pas faire: rassemblons-nous au sein du Front de gauche!

     S'abstenir, comme semblent le vouloir 66% des électeur(trice)s français(es), serait une bien mauvaise solution pour toutes celles et tous ceux qui sont mécontents de ces politiques, alors que l'UMP, le PS et les Verts soutiennent la ratification du Traité de Lisbonne et par là même confortent la politique de N sarkozy. Et je ne peux oublier la position jusqu'au boutiste, anti unitaire du Npa qui préfère se compter et jouer perso en 2012 avec son "idole" Olivier Besancenot.
    Un sondage , fin avril, montre une progression du Front de gauche passant de 4 à 5,5%. Celui d'Ipsos le porte à 6% Ce n'est qu'un frémissement, mais il est intéressant.
    L'attitude anti unitaire du Npa lui vaut un recul de 2%, de 9 à 7%. Il est encore temps de réflechir!
 De ce point de vue,  je note, avec satisfaction,  le soutien apporté par le M'pep
, le mouvement de Jacques Nikonoff, au Front de gauche, 

 Oui, même encore (trop) limité, le Front de gauche ne demande qu'a s'élargir!

      C'est, de mon point de vue, la seule perspective neuve aujourd'hui, celle du rassemblement vraiment à gauche, pour donner un prolongement politique, citoyen, à la belle unité intersyndicale et au mécontentement, à la colère croissante,  des français face à une gestion néolibérale, par Etats interposés, de la crise structurelle du capitalisme.
     
S'abstenir comme le proposent certains militants ou organisations de gauche, opposés à l'actuelle construction européenne ( telle la Fédération ou le MRC), serait un non-sens, un cadeaux à Sarkozy

   °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Une opération de recomposition politique...

Depuis maintenant des mois, le pays souffre de la crise engendrée par le système capitaliste. Il souffre mais il se bat et exige un véritable changement de cap. Les mobilisations sociales engagées ne faiblissent pas. La droite au pouvoir craint le mouvement populaire qui se développe et les prolongements politiques qu'il peut se donner. Elle craint pour cette raison l'élection européenne du 7 juin prochain. Elle fait tout pour en dénaturer l'enjeu et dévoyer les colères, les luttes, les exigences de changement dans de nouvelles impasses.

C'est dans ce contexte qu'est relancée ces derniers jours une opération de recomposition politique baptisée par le directeur de Libération, Laurent Joffrin, « la grande coalition de l'après-Sarkozy ».

De quoi s'agit-il ?

Pour préparer la défaite de Nicolas Sarkozy en 2012, il faudrait échapper à la « réponse classique », «  la vieille soupe de l'union de la gauche », et construire « un espace politique culturel et social neuf », une nouvelle « coalition » réunissant « les forces écologistes, les socialistes à l'ancienne comme Jean-Luc Mélenchon, le PS, les partisans de François Bayrou, et les gaullistes sociaux et républicains tentés par Dominique de Villepin ». Cette construction devrait exclure le PCF, « qui ne regroupe plus personne sous son drapeau mité ».

Le NPA, mis en avant à toute occasion dans les même colonnes de Libération, devient un utile repoussoir pour justifier la recomposition en question. Puisqu' « il récuse toute alliance de gouvernement », « l'union de la gauche se déploie dans un espace politique trop étroit », justifie Laurent Joffrin. Et voilà la boucle bouclée. La fracture irrémédiable de la gauche est théorisée pour mieux tourner le dos à toute ambition de rupture réellement ancrée à gauche, tout projet de changement à vocation majoritaire.

En vérité, la « coalition » préconisée par Laurent Joffrin n'est que le énième recyclage d'une opération de recomposition qui vise la bipolarisation définitive de la vie politique, organisant, dans le cadre immuable du système capitaliste, l'alternance entre un bloc de droite ultra-libéral et un bloc démocrate à l'américaine.

Evidemment, tout le débat sur les causes de la crise actuelle, sur les responsabilités politiques dans cette crise et sur la nature des solutions à mettre en oeuvre pour réussir un réel changement progressiste est évacué de cette construction. « L'après-Sarkozy sera aussi, on peut l'espérer, un après-crise », se contente d'écrire Laurent Joffrin sans jamais le démontrer. Et pour cause. Car sans rupture avec les logiques capitalistes, avec les convictions libérales de François Bayrou ou  Dominique de Villepin, social-libérales de la majorité du PS, sans rupture avec les principes actuels du traité de Lisbonne, comment viendra la sortie de crise et où sera le changement réclamé par notre peuple ?

Cette grande coalition serait à coup sûr celle de l'échec.

C'est d'ailleurs déjà cette même tentation qui a fait le lit de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007, permis le retour au pouvoir de Berlusconi en Italie. Allons-nous recommencer ?

On comprend pourquoi, dans ces conditions, l'élection européenne est évacuée du raisonnement. Car au coeur du choix européen figure précisément la question de savoir si on continue ou si on arrête avec les choix politiques qui ont conduit à la crise actuelle.

Le Front de gauche pour changer d'Europe, dont l'initiative a été prise par le PCF, dérange parce qu'il ne rentre pas dans le cadre de telles recompositions. Il porte une condamnation claire de Nicolas Sarkozy et de sa politique. Il propose de rompre sans ambiguïté avec les choix libéraux de l'Union européenne. Il ouvre un espace politique de rassemblement prometteur pour l'avenir. En répondant présent tout à la fois sur le projet et sur l'ambition unitaire, il apporte une réponse pertinente aux urgences sociales et politiques qu'exprime le mouvement populaire. D'autres préféreraient voir les électeurs rater cette première marche et verser dans des chemins de traverse.

Voter Front de gauche le 7 juin, c'est déjouer ce piège, porter dans les urnes des propositions réellement alternatives aux choix libéraux mis en oeuvre en France et dans toute l'Union européenne, c'est refuser la désunion et ouvrir le chemin d'un nouvel espoir à gauche pour toutes les échéances à venir.

Comité exécutif national du PCF
Paris, le 5 mai 2009 

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Published by henri Moulinier - dans Elections européennes
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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