Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 08:14
Avec cette déclaration et l'article ci-après d'Usine Nouvelle, les éléments du débat pour ou contre la construction d'un 2e ERP sont, je crois, bien posés. Ma conviction raisonnée me conduit à considérer cette construction comme inutile : pour les besoins de notre pays, pour une autre politique énergétique.

Cet EPR me semble surtout utile "pour les industriels", comme le dit l'article d'Usine Nouvelle, utile pour exporter, toujours exporter, et nous importerons des éolinnes ou d'autre moyens de production d'énergie renouvelable: solaire, ...).

C'est d'ailleurs ce que confirme le communiqué de presse officiel d'EDF du 30/1/2009 ( article 2)

Nous somme toujours dans le cadre d'une politique libérale qui tourne le dos au Grenelle de l'environnement, pour ne pas dire qu'elle le tue !!!

Et vous, qu'en-pensez-vous ?                                    H Moulinier

  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Article 1:
2ème EPR: L'énergie contre les citoyens


Changements climatiques, raréfaction des ressources, crise pétrolière, libéralisation des marchés de l'électricité et du gaz, la question des services énergétiques est au coeur de nos sociétés. Elle constitue également un des enjeux majeurs du 21ème siècle.

Et si le sujet est aujourd'hui au coeur de l'actualité et de l'agenda politique, il reste certains tabous qui échappent au débat public et démocratique. C'est notamment le cas du nucléaire et plus particulièrement du programme EPR, que le gouvernement est en train d'avaliser en présentant au Parlement la programmation pluriannuelle des investissements (PPI). Prise en dépit du bon sens et au mépris de la démocratie, cette programmation n'est pas la réponse aux enjeux graves auxquels nous devons faire face.

L'annonce de la construction d'un 2ème EPR à Penly, faite par Nicolas Sarkozy le 30 janvier dernier, est un véritable déni de démocratie.

Aucun débat public, pas de consultation, censure dans le cadre du grenelle de l'environnement, le parlement et le ministre de l'Energie court-circuités. Le président de la République persiste à décider seul, alors que l'énergie doit être une affaire de citoyens.


L'EPR ne répond pas aux besoins énergétiques de la France.

Notre pays est déjà en surproduction électrique et n'a pas besoin de nouvelles centrales. Les nouveaux réacteurs EPR vont en fait augmenter les exportations d'électricité, déjà très importantes. Le risque et les déchets resteront quant à eux en France. En outre, l'EPR n'est qu'une vitrine commerciale pour vendre des réacteurs à l'étranger.


Faire le choix d'un programme EPR, c'est tourner le dos aux exigences actuelles de sobriété et d'efficacité énergétique et se mettre en totale contradiction avec les engagements, pourtant bien insuffisants, du Grenelle de l'environnement.


Celui-ci prévoyait une baisse des consommations énergétiques et le développement des énergies
renouvelables, tout en laissant de côté la question épineuse du nucléaire. On voit aujourd'hui quelle voie le gouvernement a choisi... Augmenter la production d'électricité nous enferme dans la logique qui
a prévalu jusqu'à présent : pas de maîtrise de l'énergie, les renouvelables reléguées au second plan.


L'EPR n'est pas une solution pour lutter contre les changements

climatiques.

Au niveau mondial, le nucléaire ne représente que 2 à 3% de la consommation finale d'énergie. Selon l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), même en triplant le nombre de réacteurs d'ici 2050, c'est-à-dire en construisant 30 réacteurs par an, on ne réduirait que de 6% les émissions de gaz à effet de serre.

 

L'EPR ne répond pas à la crise économique.

 Il s'agit d'un projet coûteux (4 à 5 milliards d'euros) qui dépasse largement les prévisions initiales et qui ne tient pas compte du coût de la gestion des déchets et du démantèlement. Les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie sont bien plus créatrices d'emplois et porteuses d'avenir.

Des études confiées à des cabinets indépendants ont montré qu'à investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d'électricité et créerait près de 5 fois plus d'emplois stables.


Enfin, l'EPR ne répond pas aux problèmes du nucléaire: risque, déchets, prolifération. Pire, il les aggrave
!

En effet, les déchets qui seront produits par l'EPR seront beaucoup plus dangereux que ceux produits actuellement.
Pour toutes ces raisons, nous, associations, partis politiques et syndicats nous prononçons, collectivement, contre le programme EPR et demandons son arrêt immédiat, ainsi que l'organisation d'un réel débat
démocratique sur l'avenir de la filière nucléaire française.


Paris, le 12 juin 2009

 

Signataires: Agir pour l'environnement, ATTAC, CAP 21, Greenpeace, Les Alternatifs, Les Amis de la Terre, Les Verts, NPA, Parti de Gauche, Réseau Sortir du nucléaire, Solidaires.


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Article 2
EDF : communiqué de presse
  - 30/01/2009  

Réalisation d’un deuxième EPR en France


L'annonce de la confirmation par le Président de la République de la construction d'un second EPR conduit par EDF est une excellente nouvelle pour l'entreprise.
Pour Pierre Gadonneix, Président Directeur Général d’EDF, « Ce soutien conforte la stratégie industrielle engagée par le Groupe sur le long terme dans le développement de moyens de production sans CO2, notamment nucléaires. C'est également une excellente nouvelle pour l'ensemble de la filière nucléaire et pour l'emploi en France.
La réalisation d'un second EPR pilotée par EDF confortera la sécurité d'approvisionnement du pays et de l'Europedans un contexte de hausse de la demande. »
Le site de Penly en Seine-Maritime présente toutes les caractéristiques techniques pour accueillir un nouveau réacteur de technologie EPR.
EDF saisira du projet ses instances de gouvernance et s'attachera, bien sûr, à s'inscrire scrupuleusement dans le respect de toutes les procédures de concertation, avant le lancement de la construction en 2012.
EDF associera, en outre, à la réalisation de ce second EPR français des industriels, notamment GDF-Suez, dans le cadre de partenariats équilibrés, comme dans le passé Electrabel dans les centrales de Chooz et de Tricastin et plus récemment Enel dans le futur réacteur nucléaire EPR à Flamanville.
dans les années à venir,

Le Groupe EDF, un des leaders sur le marché de l’énergie en Europe, est un énergéticien intégré, présent sur l’ensemble des métiers : la production, le transport, la distribution, le négoce et la vente d’énergies. Premier producteur d’électricité en Europe, le Groupe dispose en France de moyens de production essentiellement nucléaires et hydrauliques fournissant à 95 % une électricité sans émission de CO2. Ses filiales de transport et de distribution d'électricité exploitent 1 246 000 km de lignes électriques aériennes et souterraines de moyenne et basse tension et de l’ordre de 100 000 km de réseaux à haute et très haute tension. Le Groupe participe à la fourniture d’énergies et de services à plus de 38 millions de clients dans le monde, dont plus de 28 millions en France. Le Groupe a réalisé en 2007 un chiffre d’affaires consolidé de 59,6 milliards d’euros dont 44 % en Europe hors France. EDF, cotée à la Bourse de Paris, est membre de l’indice CAC 40.

http://presse.edf.com/FRONT/EDF_PRESSE/img/spacer.gif

 °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Article 3

La France a-t-elle besoin d'un 2e EPR ?

Usine nouvelle 06/02/2009

Une semaine après avoir donné son feu vert à la construction d'un deuxième EPR à Penly, le chef de l'Etat a défendu son choix, en visite sur le chantier de Flamanville. A-t-il eu raison ?

A Flamanville ce 6 février, chantier du premier EPR français, Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur la stratégie de la France pour l'énergie. Le président de la République a justifié la construction d'un deuxième EPR dès 2012 à Penly en Normandie, confiée comme annoncé le 30 janvier à EDF associé à GDF-Suez, voire à troisième partenaire principal.

Si les industriels y ont un intérêt certain, qu'en est-il de la France dans son ensemble ? Besoins énergétiques, déchets, marché du travail... L'Usine Nouvelle.com a fait l'examen des arguments justifiant (ou pas) ce nouveau chantier. 

1) Du point de vue des besoins de la France en électricité, il n'y avait pas urgence.

En 2008,la France a exporté 10% de la production soit environ la puissance de 5 des 58 réacteurs en fonction dans l'Hexagone. Ce surplus se réduit d'année en année mais dans ses prévisions, EDF tablait jusque là sur 2020 pour le lancement d'un deuxième EPR... En effet, les 58 réacteurs français, d'une moyenne d'âge de 22 ans, n'ont pas besoin d'être remplacés à court terme, EDF envisageant de prolonger leur durée de vie de 40 à 60 ans.

Nicolas Sarkozy s'est exprimé à ce sujet : « à partir de 2019, chaque année, plusieurs centrales existantes atteindront leur quarantième anniversaire. Sur le fondement des recommandations que l'autorité de sûreté nucléaire formulera, à ce moment-là, en toute indépendance, il faudra décider de leur arrêt ou de leur prolongation et des investissements associés » a-t-il indiqué le 6 février.

En lançant dès 2012 le chantier de Penly avec un objectif de raccordement au réseau pour 2017, l'Elysée semble avoir mis un coup d'accélérateur de 3 ans au projet.

Pas tout à fait, répond Colette Lewiner, directrice internationale du secteur Energie chez Capgemini. « On table sur une mise en service en 2017-2018, mais c'est un peu optimiste, disons autours de 2020 », tempère-t-elle. Et les besoins en France sont ,selon elle,  réels, malgré la crise. « La consommation domestique résidentielle a augmenté de 3% en 2008 et pourrait continuer sur ce rythme, avec un fléchissement de la demande durant les années de crise, soit un ou 2 ans. Durant cette crise, la consommation industrielle devrait diminuer et pourrait ne pas revenir, une fois le coup dur passé, à son niveau de 2007/2008. En effet les types de produits consommés, leur mode et lieu de production pourraient être profondément affectée par la crise.  Mais le tertiaire et les particuliers vont voir leurs besoins croître» prévoit-elle. Soit la grande majorité des consommateurs d'énergie en France. Et l'EPR permet de faire face à cette demande massive.

La voiture électrique en vue. Autre intérêt des EPR fréquemment évoqué, du point de vue des infrastructures en France: il s'agira d'une source d'électricité supplémentaire, en cas de développement de la voiture électrique. Car il faudra bien recharger tous ces nouveaux véhicules. «Les économies d'énergie dans le transport, par exemple, peuvent se traduire par une substitution de l'électricité, vecteur plus propre, souple et moderne, aux carburants issus du pétrole» indique à ce sujet Colette Lewiner.

De l'électricité pour exporter. Dernier intérêt de l'EPR : exporter vers nos voisins européens. En 2008, les exportations françaises d'électricité sont tombées au plus bas depuis 1990. « Avant on exportait 70 TWh d'électricité chaque année. En 2008, on est tombé à 47 TWh. Et plus la consommation intérieure augmente, moins on va exporter », pointe Colette Lewiner. Or, « exporter vers nos voisins européens fait sens, quand on voit l'Allemagne désireuse de stopper ses centrales nucléaires pour rouvrir de nouvelles centrales électriques au charbon  très polluantes en termes d'émissions de C02» argumente-t-elle.

Un point dont Nicolas Sarkozy s'est fait le chantre le 6 février : « Un EPR c'est environ 12 milliards de kilowattheures produits par an, au prix du marché européen, c'est 600 millions d'euros d'exportations, j'attends de voir celui qui me dira que nous n'en avons pas besoin » indique-t-il.


2) La décision était précipitée, et tue le Grenelle


Si l'EPR répond indéniablement à la demande d'énergie en France, il génère néanmoins plus d'une externalité négative.

* Son coût assèche les ressources disponibles pour les autres nouvelles sources d'énergie. « Reste à se demander si le projet est rentable et surtout si les cinq milliards (minimum, si l'on songe aux dérapages financiers actuels, en France et en Finlande) que devrait coûter ce projet, ne seraient pas mieux utilisés pour développer les économies d'énergies, des installations éoliennes, des panneaux solaires ou des centrales locales ou régionales utilisant la biomasse » commente ainsi le journaliste Claude Marie Vadrot sur son blog. C'est aussi l'opinion de Corinne Lepage, qui s'est exprimée dans les colonnes de la Tribune le 28 janvier. « La réalisation de trois EPR rend totalement virtuel l'objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 et de 20% d'efficacité énergétique à cette date », pointe-t-elle.

* Trop d'offre tue l'efficacité énergétique. C'est connu : en Russie par exemple, l'abondance du gaz n'a pas poussé aux efforts d'isolation des maisons ni aux autres mesures d'économie d'énergieConstruire trois réacteurs EPR aboutit à augmenter considérablement l'offre d'électricité et à répéter le scénario précédent : pas de politique de maîtrise de l'énergie, des coûts astronomiques pour les logements chauffés à l'électricité, pas d'industrie du renouvelable. » expose Corinne Lepage. Claude Marie Vadrot interroge lui aussi : « est-il  vraiment nécessaire de chauffer de plus en plus de gens (comme les fameuses « maisons Boutin à 15 euros) à l'électricité au risque de leur imposer de dépenser des fortunes dans des logements mal isolés ? » 

Démonstration par Corinne Lepage : « pour vendre son courant (électrique), qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (...), les exploitants, aidés bien entendu par des pouvoirs publics devenus schizophrènes, vont devoir favoriser la consommation électrique, c'est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l'efficacité énergétique» dénonce-t-elle.
« Ils ont d'ailleurs commencé très activement à le faire avec l'amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d'efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l'énergie électrique d'origine nucléaire. (...) C'est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé. » conclut-elle.

* L'éolien et le solaire tués dans l'œuf. L'ancienne ministre de l'Environnement y voit d'ailleurs l'origine du lobby anti-éolien : « pour que l'énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu'elle n'ait pas de concurrents. (...) D'où la bronca orchestrée contre l'énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l'électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. » analyse-t-elle.

« L'étape suivante sera la contestation du prix du rachat de l'électricité verte par EDF qui invoquera l'inutilité de cette électricité compte tenu de l'abondance d'électricité nucléaire. Ainsi, les projets seront de moins en moins rentables, aléatoires et les investisseurs les réaliseront partout, sauf en France. »

D'ores et déjà, l'Hexagone est en retard sur ces industries, les champions du photovoltaïque étant plutôt allemands, américains et japonais, les éoliennes étant fabriquées en Allemagne, au Danemark et plus récemment en Espagne. Une réalité que Nicolas Sarkozy a soulignée le 6 février. « Nous partons de très loin. Les industriels de l'éolien sont danois, les industriels du photovoltaïque allemands et californiens ».

  °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Partager cet article

Repost 0
Published by henri Moulinier - dans Préserver notre planète
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Henri MOULINIER
  • Henri MOULINIER
  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
  • Contact

Profil

  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

Recherche

Pages

Catégories