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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 15:32
G20 de Pittsburgh, arrêtons la mascarade !


Le G20 regroupe les économies les plus puissantes du monde. Après Washington et Londres, il se réunira à Pittsburgh les 24 et 25 septembre pour… sortir de la crise sans rien changer au système !

Ce qu'ils veulent : rhabiller le capitalisme
Partie des États-Unis,  la « crise du siècle » s'est accélérée depuis un an, suite à la faillite de Lehman Brothers.

Enfin de l'action publique ! Oui, mais au service des banquiers...

Non seulement les banques ont été sauvées de la faillite par de l’argent public, mais elles l'ont utilisé pour reconstituer leurs profits et continuer leurs opérations spéculatives, préparant ainsi la prochaine bulle. Pire, elles prévoient de verser des bonus faramineux à leurs traders.
Des listes de paradis fiscaux ont été établies et de maigres engagements ont été demandés à ceux-ci pour en sortir. Mais, loin de supprimer les paradis fiscaux, les critères retenus par l’OCDE ne font que légitimer leur existence.
Depuis la rentrée, les gouvernements s'agitent sur la question de la rémunération des traders, après que certaines banques ont été obligées de dévoiler la part de leurs bénéfices qu'elles comptaient allouer en fin d'année à leurs traders (1 milliard pour BNP Paribas, 11,3 milliards pour Goldman Sachs). Si en effet le système de rémunération des traders est un scandale, le cœur du problème n'est pas simplement là, mais dans le fait que les banques et le secteur financier engrangent suffisamment de profits pour attribuer de telles rémunérations à leurs traders et actionnaires, profits qui se font sur le dos des usagers et des salariés.

Ce que nous voulons : dégonfler la finance pour désarmer le capitalisme

Adair Tuner, à la tête du FSA, l'autorité britannique des marchés financiers, a déclaré récemment que la plupart des transactions de la place financière de Londres sont « socialement inutiles » (AFP, 27/08/09). Qu’un ancien responsable du Medef  britannique en vienne à dénoncer « la dérégulation financière caricaturale » et à demander de « réduire la taille de ce secteur » révèle le trouble qui s’installe face au comportement des banques.

Il faut en finir avec des activités financières qui sont « socialement inutiles », parce qu’elles ont des conséquences dramatiques sur la vie des populations : c'est la leçon de la crise actuelle, que devraient retenir tous les dirigeants du monde : il est temps que ces derniers se fixent pour objectif non pas de sauver la finance, mais de la désarmer complètement.

Cela fait plus de dix ans qu'Attac démontre que la dérégulation des marchés financiers est au cœur du problème de nos société modernes.


Attac, à l'occasion du G20, propose dix mesures pour remettre la finance à sa place et nous engager réellement vers une sortie durable de la crise.

Si le G20 de Pittsburgh voulait vraiment une réponse solidaire, écologique et démocratique à la crise : les dix mesures  à prendre d'urgence pour désarmer les marchés financiers

° Instaurer des taxes globales
Ces taxes seraient appliquées aux transactions financières, aux profits des multinationales et à la consommation d'énergie. S’appuyant sur des données reconnues, Attac chiffre à 1 500 milliards de dollars par an les fonds qui pourraient être levés grâce à ces taxes. Ces fonds serviraient à financer l'aide au développement, la préservation des biens publics mondiaux, la reconversion de l'économie vers un modèle soutenable pour la planète et la création d'emplois socialement et écologiquement utiles.

° S’attaquer aux paradis fiscaux
De véritables sanctions contre les banques, les entreprises et les États non coopératifs doivent être mises en œuvre, ainsi qu'une aide à la reconversion pour les territoires qui s'engageraient à mettre fin à leurs pratiques occultes. Cela passe par exemple par une harmonisation fiscale au plan européen.

° Mettre à bas la folie des « innovations financières »
Les hedge funds sont des fonds spéculatifs massivement implantés dans les paradis fiscaux. Échappant à toute régulation, ils ne servent à rien, sinon à enrichir quelques grandes fortunes abritées aux îles Caïmans et à augmenter l'instabilité des marchés financiers. Ils doivent être supprimés. Quant aux produits dérivés et à la titrisation, leur utilisation doit être strictement encadrée.

° Rétablir le contrôle sur les mouvements de capitaux
La mobilité des capitaux permet de spéculer librement entre les places financières, et de mettre en concurrence les pays de la planète, leurs travailleurs, leurs systèmes sociaux et fiscaux. Contrôler les capitaux par la fiscalité et par la réglementation est une œuvre de salut public. Tous les volets de libéralisation financière inclus dans les accords de libre-échange multilatéraux, régionaux et bilatéraux doivent être abrogés/révisés, en particulier ceux imposés par l'Union européenne aux pays émergents et en développement.

° Sortir des marchés financiers le financement des retraites
Dans les pays qui ont choisi de financer leurs retraites par capitalisation, des millions de salariés ont vu partir en fumée leurs économies. Les fonds de pension comme les hedge funds ne servent qu'à alimenter les bulles spéculatives et doivent disparaître.

° Instaurer une fourchette maximale de revenus, supprimer les stock-options et les bonus
Aujourd'hui, un dirigeant d'entreprise gagne en moyenne 400 fois le SMIC. Lier la rémunération des dirigeants et des traders aux profits, par l'intermédiaire de bonus et de stock-options, entraîne  une gestion à court terme des entreprises. Attac propose de fixer des taux d’imposition prohibitifs sur les hauts revenus pour aboutir à un écart maximum de 1 à 5 entre les plus bas et les plus hauts revenus.

° Créer un pôle bancaire public
On ne peut pas demander aux citoyens de financer le sauvetage des banques sans contreparties. Le secteur privé a déjà démontré son incapacité à gérer ces biens publics que sont le crédit et la monnaie. Cela exige dans toutes les régions du monde, et notamment à l’échelle européenne, la création d’un secteur bancaire et financier public, contrôlé démocratiquement, et cela de manière permanente et non transitoire.

° Interdire la spéculation sur les matières premières
À commencer par l'énergie et les denrées agricoles, en organisant une régulation publique des prix. Les matières premières sont des ressources trop rares et précieuses pour être laissées à la seule loi du marché. Nous ne pouvons tolérer que perdurent les conditions de nouvelles émeutes de la faim comme celles de 2008. Cela nécessite de pouvoir garantir des prix rémunérateurs aux paysans du monde.

° Annuler la dette des pays pauvres
La charge de la dette des pays en développement est supérieure à l’aide publique au développement. Cette dette pèse lourd sur les pays pauvres. C’est une arme aux mains des pays riches qu’il faut supprimer. Cette annulation doit s'accompagner d'un nouvel accord international prévoyant des mécanismes justes de réendettement et de traitement de la dette qui écartent tout recours aux marchés financiers, notamment la titrisation des créances.

Une fois mises en œuvre les neuf mesures précédentes, le G20, satisfait du devoir accompli, prononcerait la transformation du G20 en G192
Le G192, soit l'ONU réformée et démocratisée, aurait en effet plus de chances d’apporter à la crise mondiale une réponse donnant satisfaction non pas aux gouvernements de quelques pays riches, mais à l’ensemble de ses États membres.


Attac France,
Montreuil, le 18 septembre 2009
http://www.france.attac.org/spip.php?article10308

Voir aussi le rapport d'Attac France : Les paradis fiscaux en voie de disparition ? Rien n’est moins sûr

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Lire 2 autres articles de ce blog concernant la crise systémique actuelle:

        ° 
"Non la crise n'est pas finie!"

       ° "La crise, un an ... et toutes ses dents!""


      °  Les résultats du sommet du G20: "3 fois 0 et gesticulations en vain!"

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Communiqué d’Attac France

                 Pour une véritable taxe Tobin


    La profondeur de la crise qui s’est abattue sur le monde il y a deux ans est telle que de nombreux thuriféraires de la dérégulation et de la financiarisation hier font assaut d’imagination aujourd’hui pour colmater les brèches qu’ils ont eux-mêmes ouvertes. La volte-face des gouvernements français, allemand et britannique en très peu de temps illustre l’impasse dans laquelle sont enfermées les politiques néolibérales.
  
 Ainsi, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, propose une « contribution volontaire sur les transactions financières au service du développement ».

    Est-ce bien sérieux ?

° D’une part, le caractère volontaire qu’aurait une telle taxe rappelle étrangement la foi en la capacité des banques et des institutions financières à s’auto-réguler, la foi dans les mécanismes spontanés du marché à produire de la stabilité financière et de l’harmonie sociale.

° D’autre part, le taux minuscule qui serait appliqué aux transactions financières (0,005 %, soit cinq cent millièmes) est de nature à « rassurer les financiers », comme le dit M. Kouchner.

    En réalité, les pays les plus puissants de l’Union européenne veulent arriver au sommet du G20 à Pittsburgh en affichant une proposition qu’ils savent inapplicable : l’obstruction des États-Unis devant une quelconque limitation des transactions est connue, et toutes les institutions européennes, auxquelles ils participent pleinement, refusent d’instaurer une taxe digne de ce nom.

  Dans ces conditions, Attac, dont de nombreux représentants des pays européens sont réunis ce week-end à Paris, réaffirme que :

- un contrôle strict des mouvements des capitaux est indispensable pour mettre un terme à l’instabilité et à la spéculation financières ;

- une taxe de type Tobin doit être appliquée à toutes les transactions financières d’un taux suffisant (Tobin lui-même la proposait de 0,5 à 1 %), en prévoyant la possibilité de l’augmenter très fortement pour tuer dans l’œuf tout mouvement spéculatif naissant ;

   -> cette taxe serait d’autant plus efficace qu’elle serait appliquée au niveau mondial, mais, d’ores et déjà, l’échelon de l’Union européenne serait parfaitement opérationnel, compte tenu du degré d’intégration des économies et de la place qu’occupe l’Union dans le monde ;

   -> cette taxe devrait s’inscrire dans un ensemble de mesures cohérentes susceptibles de réduire l’emprise de la finance sur les sociétés : suppression des paradis fiscaux, limitation des revenus financiers, suppression des bonus, mise en place d’un pôle public du crédit contrôlé démocratiquement ;

   -> enfin, vouloir aider les pays pauvres à se développer, c’est bien, leur laisser la possibilité de maîtriser ce développement serait mieux : souveraineté alimentaire, annulation de la dette publique, arrêt immédiat de tous les plans d’ajustement structurel, redistribution des richesses, libre circulation des connaissances et des techniques pour sortir de la crise, notamment écologique, sont des conditions absolument nécessaires.


Attac France,
Montreuil, le 18 septembre 2009
http://www.france.attac.org/spip.php?article10309

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Stop Paradis Fiscaux

http://www.stopparadisfiscaux.fr/

 

Les paradis fiscaux font des ravages. Ils ont amplifié la crise qui a jeté des millions de personnes dans le chômage et la précarité à travers le monde. Comment aujourd’hui accorder la moindre confiance aux banques si on ne connaît pas le montant de leurs capitaux dissimulés dans ces trous noirs de la finance mondiale ?


Les paradis fiscaux plombent le budget des États.

 

Des grandes entreprises et des individus fortunés échappent aux impôts en y cachant leur argent, tandis que les autres payent à leur place. En France, la fraude fiscale coûterait 3 fois le déficit de la Sécurité sociale. Les paradis fiscaux y prennent une large part. Les pays du Sud, eux, voient s’envoler dans les paradis fiscaux près de 800 milliards d’euros par an !

 

Les paradis fiscaux servent également de base-arrière pour blanchir l’argent des trafiquants, dictateurs et autres caisses noires de certaines entreprises. En protégeant les hors-la-loi et leurs secrets, ils menacent en permanence la paix et la démocratie dans le monde.


Les dirigeants du G20 ont appelé, en avril 2009, à une action mondiale contre les paradis fiscaux. C’est une bonne nouvelle. Mais ce premier pas n’est pas à la hauteur du scandale. À quoi bon dresser, par exemple, une liste des paradis fiscaux si c’est pour la vider, aussitôt, de son contenu ?

 

Sans la présence des banques et des multinationales des pays du G20, les paradis fiscaux n’existeraient plus : 100% des entreprises et des banques françaises du CAC 40 y ont des filiales. 

 

C’est sur celles-ci que la France et la communauté internationale doivent agir !

Qui que l'on soit – citoyen, consommateur, militant syndical, élu local ou dirigeant d'entreprise, demandons davantage de transparence aux utilisateurs des paradis fiscaux.


Ensemble, exigeons la disparition des paradis fiscaux ! 

 

Une campagne à l'initiative des organisations syndicales CFDT, CGT, Snui, Solidaires et des ONG Attac, CCFD Terre Solidaire, Oxfam France-Agir Ici et de la Plate forme paradis fiscaux et judiciaires.

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Published by henri Moulinier - dans Crise économique mondiale
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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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