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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 22:47

 

Il faut un « choc de compétitivité » préconise Louis Gallois, ancien patron d’EADS et de la SNCF, devenu Commissaire à l'Investissement, dans son rapport remis le 5 novembre au Premier Ministre. Gallois prône un "choc" à 30 milliards d'euros, Louis Gallois recommande une thérapie de "choc" pour l'industrie française, fondée sur une baisse de 30 milliards d'euros du coût du travail en un ou deux ans, du grain à moudre pour le gouvernement qui doit annoncer dès mardi des choix cruciaux pour la compétitivité.

Quant à François Hollande, devant 3 000 entrepreneurs et dirigeants de TPE, PME et ETI, il a annoncé la trajectoire de la stratégie de compétitivité qu’il prépare. « Aujourd'hui, nous n'avons plus le temps de différer les choix. C'est la stratégie de compétitivité que le gouvernement prépare, sur la base du rapport de Louis Gallois. Il n’y aura pas un énième plan, et je déconseille aussi l’idée du choc, qui traduit d’ailleurs davantage un effet d’annonce qu’un effet thérapeutique ».

Mais de quelle compétitivité parlent-ils ?

« Choc de compétitivité ou « trajectoire de compétitivité » ? Mais de quelle compétitivité parle-t-on ? Et comment définir le « coût du travail » ? J’ai la désagréable sensation que l’on confond plusieurs choses.

Compétitivité-prix et compétitivité-qualité : ce n’est pas la même chose

* Compétitivité-coût et compétitivité-prix à l'exportation : la compétitivité-coût compare l'évolution des coûts salariaux unitaires de la France (évolution du coût du travail corrigée de celle de la productivité) à celle de ses partenaires. Le poids donné à chacun des partenaires mesure la concurrence exercée par celui-ci sur chacun des marchés d'exportation de la France. Il prend en compte l'importance du marché pour la France (mesurée par son poids dans ses exportations) et la part détenue par le concurrent sur ce marché.

De la même manière, la compétitivité-prix à l'exportation compare l'évolution de nos prix d'exportation à celle de nos partenaires. Le taux de change peut avoir un impact important sur la compétitivité-prix : une dépréciation de la monnaie nationale entraînera une amélioration de la compétitivité-prix.

*Compétitivité qualité, structurelle ou hors prix : La compétitivité hors prix recouvre des facteurs tels que la qualité, le contenu en innovation, l'ergonomie et le design des produits offerts. Au-delà des prix, ces facteurs constituent désormais un critère déterminant au moment de l'acte d'achat.

La force de l’Allemagne à l’exportation : des produits de haute technologie

*Selon le « Le Point.fr - 09/02/2011 « Les ventes de l'Allemagne à l'étranger enregistrent leur plus forte progression depuis les années soixante-dix. Automobile, équipements industriels, produits chimiques : les exportations allemandes se sont spectaculairement reprises en 2010, enregistrant leur plus forte progression depuis le début des années 1970 (…).

* En 25 ans, la part de l'industrie en France est tombée de 30% à 14% du PIB contre 29% en Allemagne. Pendant que la France acceptait et même favorisait sa désindustrialisation, profitant des productions à bas prix des pays émergents, l'Allemagne, elle, a profité de ces 20 dernières années pour renforcer sa compétitivité par un soutien d'un tissu local de grosses PME dynamiques à l'export, la spécialisation dans le haut de gamme qui lui a permis de construire une image de marque « made in Germany » et un transfert partiel de charges sociales sur la TVA (TVA sociale).

* C’est ce que confirme la revue Alternatives Economiques n° 316 de septembre 2012 : « Les Allemands sont persuadés qu'il y a un lien de cause à effet entre les réformes libérales menées par le chancelier Gerhard Schröder au début des années 2000 et la bonne santé de leur économie jusqu'à présent. Il y a lieu pourtant d'en douter, même si ces réformes ont indéniablement amélioré sa compétitivité-coût. L'essor des exportations allemandes depuis les années 2000 est lié avant tout à l'explosion de la demande des pays émergents vis-à-vis d'une industrie spécialisée de longue date dans les créneaux adéquats.

C'est le cas en particulier du secteur des machines : en 2011, cette branche d'activité occupait 1,1 million de personnes outre-Rhin, la moitié des effectifs de toute la zone euro, contre 210 000 en France. Quand les Chinois, les Indiens ou encore les Brésiliens se sont mis à construire de nouvelles usines par centaines, ils y ont installé des machines allemandes et non des machines françaises, qui dans la plupart des domaines n'existent pas. De même, l'industrie allemande a profité de sa spécialisation, ancienne elle aussi, dans les voitures haut de gamme : quand une fraction significative des 1,3 milliard de Chinois est devenue suffisamment riche pour s'acheter de grosses cylindrées, ils se sont précipités sur les BMW, les Audi et les Mercedes, et pas sur les Renault ou les Citroën…

Et les salaires ? Parlons-en

Même après une politique de modération salariale pendant 10 ans, les salaires bruts et nets sont en moyenne toujours plus élevés en Allemagne qu'en France :

- le coût du travail est plus élevé en Allemagne, en brut (+34%) commet en net (+6%),

- pas de salaire minimum en Allemagne, si bien qu’on trouve des employés rémunérés 6 euros nets de l’heure (contre 9 en France pour le salaire minimum), l’Allemagne compte 6,5 millions de travailleurs pauvres touchant moins de 10 € brut de l’heure (soit environ 20% de la population active).

- les charges sociales patronales sont plus élevées en France mais les charges sociales salariales sont plus élevées en Allemagne et donc au final les salaires allemands sont plus élevés en moyenne pour permettre aux salariés de payer leur couverture sociale, avec aussi plus de recours à des complémentaires privées santé et retraite,

Comment définir le coût du travail ?

*Coût du travail dans l'industrie, la construction et le tertiaire (Indice du) (INSEE)

L'indice du coût du travail (ICT), ou Labor cost index (LCI) vise à refléter l'évolution du coût horaire du travail de la main d'œuvre salariée en prenant en compte tous les éléments de coût (salaires et charges). Décliné par secteur d'activité (Industrie, Construction et Tertiaire) et harmonisé au niveau européen, l'ICT décrit chaque trimestre les fluctuations des rémunérations, des cotisations sociales ainsi que les taxes ou impôts basés sur la masse salariale des entreprises. Depuis 2009, cet indice couvre le secteur public en plus du secteur marchand non agricole.

*Coûts salariaux unitaires : Les coûts salariaux unitaires correspondent aux coûts salariaux par unité de valeur ajoutée produite. Les coûts salariaux incluent les salaires et traitements bruts versés par l'employeur (rémunérations, primes, congés payés, commissions et honoraires …., y compris cotisations sociales), augmentés des charges patronales.

* N'oublions pas la productivité du travail, c’est-à-dire de la quantité des richesses créées par les salariés en un laps de temps donné, par exemple en une heure de travail.(...)

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Published by henri Moulinier - dans Et maintenant - avec Hollande
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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