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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 08:33

Première réaction après le discours introductif de F. Hollande

Dans le quotidien régional "Sud-Ouest" du 10 juillet, D. De Laage, journaliste, rappelle le références majeures de F. Hollande, Président de la République, à 3 concepts: « redressement des comptes publics », "Compétitivité" et "coûts" ( du "travail" précisa M. Sapin, Ministre de l'Economie).

Le retour du coût du travail

J'ai comme un sentiment de déjà entendu, du côté de l'ancien pouvoir sarkozien et du côté du pouvoir économique toujours actuel du Medef ? Les mots hausse des salaires, garanties sociales,opposition aux licenciements financiers... ne semblent pas de mise. D'ailleurs, le "coup de pouce" de Hollande pour le Smic (+ 0,6 % au delà de l'inlation) en est la démonstration, par ailleurs non "dialogué socialement", mais imposé avant la Conférence!

Et l'on fait l'impasse sur les contraintes européennes et le Traité Merkozy que F. Hollande soutient et pour lequel il refuse tout référendum. Pacte européen pour la croissance: Hollande ne respecte pas ses engagements

Le langage et les références néolibérales semblent imprègner le dscours du pouvoir socialiste. Voilà qui peut être inquiétant, quand on veut donner un contenu plus précis au concept hollandien de "dialogue social", comme si l'on pouvait trouver un compromis, sur le dos des salariés. J'ose espèrer que l'on ira pas dans ce sens ! Mais la référence, néolibérale elle aussi,    "à certaines rigidités dans la structure de nos coûts », orientation majeure de la politique actuelle de l'Union Européenne, ne signifie-t-elle pas mise en cause de ces "rigidités" des contrats de travail, en particulier mise en cause des garanties pour les salariés en cas de licenciement ? Ce serait le comble au moment où des dizaines de "plans sociaux" portent des menaces sur plus de 80 000 emplois, comme l'a souligné JC Mailly (FO) !!!

CSG sur tous ou impôts sur les plus riches ?

Le gouvernement parle d'augmentation de la C.S.G.pour 2013, impôt payé par tous, au même pourcentage, à la différence de l'impôt sur les revenus (progesssif) et de l'I.S.F. (Impôt de Solidarité sur la Fortune), sans compter l'impôt sur les (bénéfices des) Sociétés.

Il faut savoir que la CSG met à contribution de manière inégale les revenus: les revenus du capital ne contribuent que pour 12 % du total, le reste - 88 % - étant acquitté par les revenus du travail. Tout cela pour remplacer des cotisations sociales familles acquittées par les seules ... entreprises! 

La poursuite de la même politique d'exonération des cotisations

Les gouvernements successifs se sont attachés à réduire le "coût du travail", tous procédant notamment à des exonérations de cotisations (appelées pour faire peur "charges"). Ces exonérations atteignent aujourd'hui 170 milliards, un montant record, trois fois le produit de impôt sur les sociétés !!! On peut constater, écrit François Delapierre dans l'édito de "A gauche" (P.G.) du 13 juillet, que "ces politiques n'ont créé aucun emploi et n'ont jamais enrayé l'installation d'un chômage de masse permanent ni la désindustrialisation du pays".

Compétitivité, avez-vous dit ?

D'après le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité Sociale - juin 2010 - la différence de coût du travail annuel par salarié entre la France et l'Allemagne est "substantielle", mais à l'avantage ... de la France: 52 458 euros en Allemagne, contre 46 711 euros pour la France, soit 12 % de différence. 

http://mobile.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-travail-coute-plus-cher-en-87974

http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/2011_plfss_pqe_financement_8.pdf

http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/EMPSAL12e_D3_CMO.pdf ( voir page 56)

Pour autant, l'Allemagne exporte beaucoup et a une balance commerciale excédentaire. Car la "compétitivité" allemande est d'abord qualitative, "structurelle" (http://www.assistancescolaire.com/eleve/TES/ses/lexique/C-competitivite-sex126et non en termes de prix. L'Allemagne s'est spécialisée dans les produits d'équipement ; en 2003, le secteur automobile représentait 19 % des exportations allemandes. Viennent ensuite les exportations de machines-outils (14 % du total) et de produits chimiques (12 % du total). des biens industriels intermédiaires (machines-outils, optique, ...), des voitures de luxe.

https://studies2.hec.fr/jahia/webdav/site/hec/shared/sites/allemand-HEC/acces_anonyme/Lehrk%C3%B6rper/Le%20mod%C3%A8le%20allemand.pdf (voir bas page 19)

La France, elle, est sur le créneau très concurrencé des biens de consommation, au-delà des centrales nucléaires ou des avions.

Et l'on oublie de parler d'autres "coûts", tel celui du capital

PEn particulier, les prélèvements financiers - pour l'essentiel dividendes versés aux actionnaires, qui sont "eux en pleine croissance" écrit l'Humanité du 11-7-12: "318 milliards d'euros en 2010, bien plus que le total des cotisations Sécurité Sociale - 281 euros".

"Une hausse de 3 points de la CSG, nécessaire pour compenser la suppression des cotisations patronales familles, se solderait par un prélèvement sur les ménages du même niveau. Et donc par un choc contre le pouvoir d'achat et la consommation, moteur de la croissance " écrit encore l'Humanité.

Henri Moulinier

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Réaction après la conclusion des 2 jours de Conférence: 

                  Un coup de barre à gauche ?

Au terme de ces deux premiers jours de Conférence, le gouvernement Ayrault a mis, en termes d'agenda,  la barre à gauche Le gouvernement a lancé une multitude de négociations avec le patronat et les syndicats.

Un Medef mécontent

 Laurence Parisot a dit: "Nous allons continuer à discuter, car la méthode est bonne même si des éléments nous laissent perplexes et que nous divergeons sur un point central. L'approche générale du Premier ministre à l'issue de cette Conférence sociale n'est pas réaliste. Sa feuille de route se solde par des rigidités nouvelles. Par davantage d'obligations et moins de capacités d'adaptation pour nos entreprises. » « Ce n'est pas ainsi que nous allons développer le marché du travail » a-t-elle ajouté.

Les responsables syndicaux sont satisfaits

Jean-Claude Mailly (FO) : « Non seulement la feuille de route de Jean-Marc Ayrault n'a pas été écrite avant la réunion, comme c'était devenu le cas, mais il marque en outre une vraie rupture avec le discours patronal. L'abandon de la RGPP, la réforme de la fonction publique de Sarkozy, des négociations compétitivité-emploi, de la prime dividende, cela fait du bien. Que le patronat fasse la gueule, cela change aussi. Chacun son tour ». Cela dit, il a ajouté: "Amener le débat sur la compétitivité via le prisme du cuôt du travail, c'est ce que l'on fait depuis quinze ans et qui nous amène dans le mur"

Bernard Thibault (CGT) souligne que le gouvernement a résisté aux pressions patronales : « Le patronat pensait avoir tordu le gouvernement en lui imposant sa lecture des rapports sociaux limitée au "coût du travail". Or, le Premier ministre n'a pas succombé à ce lobbying. S'il avait annoncé ce soir une augmentation de la CSG, cette Conférence n'aurait servi à rien. Il a repoussé cette discussion à la mise à plat du financement de la protection sociale. Mme Parisot ne s'attendait probablement pas à ce calendrier bien balisé politiquement. Entendre parler de revalorisation des parcours syndicaux, de minima sociaux par branches, de faire reculer la précarité, de lutter contre le travail illégal… Franchement, la tonalité est positive. »

François Chérèque (CFDT) est lui aussi satisfait : « Sortir avec une feuille de route qui aborde autant de sujets de fond et préfigure des réformes d'ampleur, cela valait vraiment le coup de venir. Pour moi, les sujets urgents ont été abordés : l'emploi des jeunes et le chômage partiel. Et des réformes systémiques sont en route, comme celles de la protection sociale et des retraites. On reparlera de la CSG bientôt. »

Au moment de conclure la liste des négociations que le gouvernement projette avec le patronat et les syndicats pour redresser la compétitivité et sauver l'emploi, le Premier ministre a cette formule : « Nous venons de vivre un authentique moment de démocratie sociale. Le dialogue social sera la marque de fabrique de mon gouvernement ».

Une urgence de concret et pas seulement un agenda social...

 "Il y a une urgence de concret et pas simplement d'un agenda social" affirme André Chassaigne, Député PCF-FRont de gauche, Président du groupe parlementaire GDR à l'Assemblée Nationale. "Nous ne voterons pas un projet de loi avec une augmentation de la CSG qui pénaliserait les couches les plus modestes. Il n'est pas acceptable que les CDD deviennent la règle. Il faut revenir aux CDI". 

A suivre ...

Henri Moulinier

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Le discours de F Hollande :

http://www.publicsenat.fr/vod/evenements/discours-de-francois-hollande-pour-l-ouverture-de-la-conference-sociale/121422

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Extrait de l'article de "Sud-Ouest" du 10 juillet 2012, signé par D De Laage

"Une confirmation qui, avec la mise en place des « contrats de génération » dès le début de l'année 2013, a été la seule annonce concrète. La Conférence sociale est destinée à aboutir à des « feuilles de route » sur des sujets aussi majeurs que l'emploi, la formation, les rémunérations, l'égalité hommes- femmes, la qualité de vie au travail, l'avenir des retraites, la protection sociale, la modernisation de l'action publique et les modalités du redressement productif.

Si l'emploi et la justice sociale sont demeurés au cœur du propos de François Hollande, il a clairement mis le « redressement des comptes publics » et la « détérioration de notre compétitivité » en tête des « défis à relever ». Une baisse de la compétitivité due, entre autres, « à certaines rigidités dans la structure de nos coûts », a dit le chef de l'État, sans ajouter le mot « du travail » à celui de « coûts ». 

Round d'observation

Dans les couloirs du palais d'Iéna, le ministre du Travail, Michel Sapin, s'est chargé d'ajouter le substantif « travail » absent du discours présidentiel. Et a confirmé l'idée avancée par Pierre Moscovici, ministre des Finances, d'une augmentation possible de la CSG (contribution sociale généralisée) en 2013. Mais « dans le cadre du redressement productif », a précisé Michel Sapin. Une sorte de CSG sociale, en somme ? 

Remis au cœur du jeu, les représentants des « corps intermédiaires » ont donné lundi quitus à l'exécutif de ce changement de méthode. Se contentant pour l'heure de regretter l'absence d'une table ronde « Europe » du côté de François Chérèque (CFDT) ou « Liberté d'entreprendre » chez Laurence Parisot (Medef).

Attention au bla-bla, laissait déjà entendre la CGT, rejoignant Valérie Pécresse (UMP), tandis que Jean-Claude Mailly (FO) s'agaçait de l'orientation très « coût du travail » de la table ronde consacrée au redressement productif. L'ambiance de ce premier jour de la « nouvelle culture de la négociation sociale » voulue par François Hollande a été celle d'un round d'observation. Pour combien de temps ? (...)"

 

 

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Published by henri Moulinier - dans Et maintenant - avec Hollande
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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