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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 19:00

Corée du Nord : Kim Jong-un fait exécuter son oncle et mentor

 

L'oncle de Kim Jong-un, Jang Song-thaek, 67 ans, éminence grise et numéro deux du pays, accusé d'être «un factieux corrompu, un homme à femmes et un toxicomane», a été condamné à mort jeudi. Crédits photo : KNS/AFP

 

À l'issue de son procès, véritable simulacre mené par les instances militaires, l'oncle «traitre» se voit extirpé de force de son siège par deux policiers pour l'application de la sentence, «la peine de mort», d'après l'agence officielle de presse KCNA. Crédits photo : YONHAP/REUTERS

   

 

«Le Traître» a été passé par les armes. Chang Song-taek a été exécuté jeudi, pour crimes contre le Parti, cinq jours à peine après son arrestation spectaculaire en pleine réunion du Bureau politique du PC nord Coréen L'ancien numéro deux du régime été jugé de façon expéditive par un tribunal militaire spécial et condamné pour avoir mené une «faction antirévolutionnaire». L'oncle du jeune leader Kim Jong-un n'a donc eu droit à aucune clémence. L'ancien cacique du régime a reconnu un «crime aussi hideux que celui d'avoir tenté de renverser l'Etat par toutes sortes d'intrigues et de méthodes méprisables, avec l'ambition frénétique de s'emparer du pouvoir suprême de notre parti et de notre État», a affirmé l'agence de presse officielle KCNA. L'ancien vice-président de la Commission nationale de défense est désormais présenté comme une «méprisable racaille humaine» par la propagande. 

De nouvelles images montrent l'extension des camps de travail nord-coréens         

Deux soldats nord-coréens à pied le long d'une route menant à leur camp dans la banlieue de Pyongyang.

Deux soldats nord-coréens à pied le long d'une route menant à leur camp dans la banlieue de Pyongyang. Crédits photo : AFP/AFP

Amnesty International vient de publier des clichés satellite attestant d'une progression de la surface de ces camps dont Pyongyang conteste l'existence même. L'ONG diffuse également des témoignages glaçants de survivants.

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Les quelques récits glanés ces dernières années sur les conditions de vie du pays le plus fermé au monde permettaient d'imaginer l'enfer subi au quotidien par la population nord-coréenne. Mais, cette fois-ci, de nouvelles images viennent s'ajouter aux maux.

Publiées jeudi par Amnesty International, des photos satellites montrent une progression des infrastructures de répression et notamment l'évolution permanente de deux des principaux camps de prisonniers de Corée du Nord. Et, ce, malgré les dénégations des autorités du pays qui démentent toujours l'existence de ces camps de travail destinés aux prisonniers politiques. Et alors même que des estimations indépendantes font état de 100.000 à 200.000 personnes incarcérées y compris des enfants.

Un grand nombre de détenus n'ont commis aucun crime et ont simplement été internés parce qu'ils faisaient partie de la famille d'une personne considérée comme coupable de graves infractions politiques. «Ils sont emprisonnés au titre de la «culpabilité par association», une forme de sanction collective», indique l'ONG.

Sur les photos ci-dessous, prises la première fois en 2011 et la seconde fois cette année, on peut voir les camps n°15 et 16. On voit apparaître de nouveaux bâtiments destinés au logement et une progression des installations consacrées à la production. D'autre part, l'organisation a constaté le maintien d'un solide dispositif de sécurité.

Le camp n°16 s'étend sur une superficie de 560 km2, soit trois fois la surface de la ville de Washington, et se situe dans le nord du pays. Il contient, selon les estimations datant de 2011, environ 20.000 prisonniers. L'exploitation minière, forestière et agricole fait toujours partie des tâches des détenus tandis que de nouvelles prises de vue montrent l'élargissement d'une zone d'activité industrielle.

À l'intérieur, les conditions de vie sont effroyables comme le prouvent les témoignages d'anciens détenus ou d'anciens responsables rapportés par Amnesty International. Ainsi de M. Lee, un transfuge nord-coréen qui a fait partie des responsables de la sécurité du camp n°16 dans les années 1980 et jusqu'au milieu des années 1990. Lors d'un entretien avec Amnesty International en novembre de cette année, il a décrit certaines méthodes d'exécution des prisonniers: «Les détenus étaient forcés de creuser leur propre tombe avant d'être tués à coups de marteau dans la nuque».

«Les détenus étaient forcés de creuser leur propre tombe avant d'être tués à coups de marteau.»

M. Lee, ancien responsable d'un camp de travail jusqu'au milieu des années 1990.

Il a également vu des fonctionnaires pénitentiaires étrangler des détenus avant de les battre à mort à l'aide de bâtons en bois. Autre atrocité, des femmes «disparaissaient» à la suite de viols: «Après avoir passé une nuit «au service» de hauts responsables, les femmes devaient mourir pour que personne ne découvre ce secret. C'est la même chose pour la plupart des camps de prisonniers politiques.»

Le camp n°15 s'étend lui sur une superficie de 370 km2 et se situe dans le centre du pays. Il contenait, selon les estimations de 2011, pas moins de 50.000 personnes emprisonnées. Depuis 2011, 39 bâtiments servant au logement ont été démolis, 6 nouveaux blocs de logements ont été construits. «Le nombre de prisonniers se trouvant dans les camps, et ce qu'il advient d'eux, est inconnu», indique l'ONG.

Un autre témoignage vient éclairer sur les méthodes brutales à l'intérieur du camp. Kim Young-soon, détenue dans le camp n° 15 entre 1980 et 1989 a été témoin de l'exécution, en public, de deux personnes qui avaient été surprises alors qu'elles tentaient de s'échapper: «Ils ont été conduits sur une estrade après avoir été passés à tabac. On les a attachés à des poteaux en bois avant de leur tirer dessus trois fois, dans la tête, dans la poitrine et dans les pieds.»

Dans son communiqué, Amnesty International exhorte les autorités nord-coréennes à «libérer immédiatement et sans condition tous les prisonniers d'opinion détenus dans les camps pour prisonniers politiques et à fermer ces camps sans délai.» De son côté, les autorités nord-coréennes ont qualifié de «menteurs» les témoins entendus par la commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'Homme en Corée du Nord. Celle-ci doit présenter en mars 2014 son rapport final au Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

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Published by henri Moulinier - dans Liberte!!!
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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