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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 09:38

Je vous propose d'ouvrir une page d'information pluraliste et de discussion sur l'Allemagne, que beaucoup considèrent comme un modèle à suivre. Les infos données ci-dessous par mon ami Joël Da Silva méritent réflexion! 

Je vous propose aussi de voir le dernier numéro de la revue économique "Alternatives Economiques", celui de septembre 2012, n° 316, qui est disponible en kiosque (3,80 euros).  Intitulé "Pourquoi on ne s'en sort pas", il comprend une série d'articles fort interessants, dont l'un, pages 10-12 porte sur l'Allemagne. Il s'intitule "Les raisons du blogage allemand" et comporte un encart p. 12 qui s'intitule "L'austérité n'explique pas les succès allemands".

Compétitivité-prix et compétitivité structurelle: ce n'est pas la même chose 

En définitive, l'Allemagne bénéficie de 2 grands avantages "compétitifs", non en termes de compétitivité-prix, mais de compétitivité structurelle, qualitative:

"L'essor des exportations allemandes depuis les années 2000 est lié avant tout à l'explosion de la demandes des pays éergents vis-à-vis d'une industrie spécialisée de longue date dans les créneaux adéquats.

C'est le cas particulier du secteur des machines :en 2011, cette branche d'activité occupait 1,1 million de personnes outre-rhin, la moitié des effectifs de toute la zone euro, contre 210 000 en France. Quand les Chinois, les Indiens ou encore les Brésiliens se sont mis à construire de nouvelles usines par centaines, ils y ont installé des machines allemandes et non des machines françaises, qui dans la plupart des domaines n'existent pas

De même, l'industrie allemande a profité de sa spécialisation, ancienne elle-aussi, dans les voitures haut de gamme: quand une fraction significative de 1,3 milliards de Chinois est devenue suffisamment riche pour s'acheter de grosses cylindrées, ils se sont précipités sur les BMW, les Audi et les Mercédes, et pas sur les Renault ou les Citroën...".

Henri Moulinier

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Les infos et réflexions de Joël Da Silva, militant syndical CGT et acteur du Front de Gauche:

" De l'emploi, il en faut !!

La France et d'autres dans la panade, l'Allemagne aussi  

RWE AG est un conglomérat allemand œuvrant dans le secteur de l'énergie. Fondé en 1898, son siège social est à Essen. À travers ses filiales, il distribue électricité, gaz, eau et services environnementaux à plus de 120 millions de clients (particuliers et entreprises), principalement en Europe et en Amérique du Nord.

2ème producteur d'électricité en Allemagne.

Info: « Le 14 août, le groupe allemand RWE a annoncé un durcissement de son programme de restructuration avec la suppression de 2 400 emplois supplémentaires. Avec le plan déjà élaboré à l’automne dernier, ce sont 10 400 emplois que RWE souhaite supprimer d’ici fin 2014. »

Commentaire: Le pays champion du concept « je maîtrise la crise » nous dévoile ses batteries de mesure . Exemplaire pour l’Europe, il y a du soucis à se faire !

 L'Allemagne: un modèle à suivre ?

Info:« En Allemagne, le ministère fédéral de l’économie a décidé de ne pas financer la construction de nouvelles centrales électriques charbon et gaz. Selon un porte-parole du ministère, le retrait de ce plan de financement serait motivé par la volonté de la Commission européenne de soumettre les aides de l’état en faveur de tels investissements à des conditions plus strictes. »

Commentaires: Avec l’arrêt du nucléaire, les Allemands vont s’éclairer et se chauffer à la bougie à moins que la France ne leur exporte ce qu’ils ont besoin ?

Pendant que l’on regardait les JO, d’autres réfléchissaient (les chantres du libéralisme) comment franchir la barre du nombre de chômeurs. Quel pays aura la médaille d’or ?

Seule l’action des salariés, avec leurs organisations syndicales, l’appui du Front de Gauche et l’ensemble de la société civile pourra infléchir cette politique dévastatrice dans toute l’Europe".

Joël DA SILVA.21 août 2012.

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DES FINASSERIES DILATOIRES ET MALFAISANTES,

par François Leclerc

http://www.pauljorion.com/blog/?p=41751#more-41751

Les performances allemandes en matière de chômage ont un coût, que l’Office fédéral des statistiques, Destatis, vient de détailler. Dans les années 2000, les lois Hartz ont réformé le marché du travail et la protection sociale, et l’on en observe pleinement les conséquences aujourd’hui. Résultat : les travailleurs à bas salaires et les retraités connaissent une paupérisation croissante tandis que la concentration de la richesse s’accentue (10% des foyers accaparent 53% de la richesse privée, estimée à 10.000 milliards d’euros, contre 45% il y a dix ans).

La précarité accentuée du travail et l’absence de salaire minimum ont contribué à la création d’une importante couche de travailleurs pauvres, qui ont du mal à vivre de leur travail : plus d’un sur cinq sont dans ce cas dans les entreprises de moins de dix salariés. Les retraités peinent à obtenir une pension assurant le minimum vital, bien qu’ayant exercé régulièrement un métier qualifié et cotisé durant 35 à 45 années. À l’instar des retraités américains, ils sont de plus en plus nombreux à faire des petits boulots pour boucler leurs fins de mois. La société à deux vitesses est devenue une réalité structurelle. Tel est l’envers du décor d’un modèle allemand donné en exemple.

Ces réformes structurelles qui sont préconisées dans toute l’Europe ont un double avantage. Elles contribuent à réduire le coût du travail et à diminuer celui de la protection sociale et des retraites dans une société où le nombre de cotisants diminue. Non seulement en raison de l’évolution de la pyramide des âges mais également d’un chômage lui aussi structurel et de la diminution des salaires. Mais leur effet étant moins immédiat que les réductions de salaire – telles qu’elles sont massivement opérées en Grèce, en Espagne et au Portugal – elles sont plus faciles à adopter et suscitent moins de réactions.

La montée de celles-ci dans ces mêmes pays finit par être préoccupante, conduisant les bonnes âmes à préconiser de privilégier les réformes de structure et de ne pas mettre l’accent sur les diminutions de salaires. Le gouvernement portugais vient même de reculer devant le véritable haut-le-coeur qu’il a soulevé en augmentant les cotisations sociales des salariés pour diminuer celles des entreprises, tandis que le gouvernement espagnol tente de protéger sa base électorale de petits retraités et rentiers et par là même d’augmenter les retraites.

En Espagne, l’accent est mis sur le recul du départ à la retraite à 67 ans dans le cadre des discussions en cours, ce qui aboutira à progressivement réduire le coût global des pensions. Mais en Grèce, où on ne joue plus, de nouvelles diminutions immédiates des salaires des fonctionnaires sont exigées par le FMI, qui est soupçonné de jouer la politique du pire pour aboutir à ce qu’une nouvelle restructuration de dette à la charge de la BCE, c’est-à-dire des Européens, s’impose faute d’autre solution.

Une recette miracle qui associerait la diminution du coût du travail et du budget de l’Etat tout en ne plongeant pas l’économie dans la récession est recherchée, mais elle reste introuvable. Les appels à la modération des plans de rigueur que l’on entend ne sont pas suivis par les représentants des créanciers – Union européenne, BCE et FMI – car ils ne permettent pas de dégager un rapide excédent budgétaire primaire (hors remboursement de la dette) nécessaire au financement du désendettement dans les délais requis.

Ces mêmes créanciers seraient pourtant arrivés à la conclusion, selon Handelsblatt, que le calendrier de désendettement fixé au gouvernement grec dans la cadre de son second plan de sauvetage est irréaliste et ne sera pas respecté. Pour que l’endettement de la Grèce baisse en 2020 à 120% du PIB (contre 161% attendu fin 2012), il faudrait que l’excédent primaire atteigne 4,5% du PIB dès 2014, ce qui n’est plus envisageable en raison de la récession qui s’approfondit.

Temporiser en jouant les réformes structurelles est contradictoire avec le rythme du désendettement réclamé, n’aboutissant pas à dégager les excédents requis. Chercher des effets immédiats l’est également, car cela accentue la récession, diminue les recettes fiscales et accroît le coût des interventions sociales. Donner un peu de mou à la laisse, comme c’est actuellement le cas, ne fait que reporter le problème à demain.

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Published by henri Moulinier - dans Union européenne: son avenir
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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