Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 10:09

 

 "Scandale", "fraude", "mafia", l'affaire de la viande de cheval roumain dans les plats Findus, voire d'autres"fabricants" de surgelés, n'est-il qu'un cas isolé? N'est-ce pas au contraire révélateur des stratégies commerciales et financières des firmes capitalistes, utilisant le monde comme fournisseur de "matières premières", comme l'écrit ci-dessous un journaliste de Sud-Ouest, au prix les plus bas possibles, pour réaliser le profit le plus grand possible ?

Findus n’est ni une erreur, ni un cas isolé

Multiples intermédiaires, jusqu’à Chypre, traders (spéculateurs) qui font leurs marges par simple jeu des vente-achat par téléphone ou internet, grand groupe de l’agro-alimentaire tel que Findus, tous les ingrédients son réunis pour traquer …jusqu’en Roumanie la « matière première » ! Cette carte éditée par « Idée », publiée le 10-12 par Sud-Ouest, est révélatrice !

 

 Findus-NEW.jpg

C’est toute une conception de l’économie, néolibérale   

Une économie à la recherche du profit immédiat, au prix de déplacements multiples à travers le monde (donc de consommation de carburant et de production de gaz à effet de serre), qui est en cause. C'est cette stratégie des grandes firmes qui pousse aux délocalisations, aux suppressions d'emplois chez nous, à la mise en concurrence des travailleurs des différents pays. C'est cette conception qui fonde l'actuelle construction européenne, celle où se déroule ce genre de "commerce", précisemment !    

 

 Faire toute la clarté

Dans le cas présent, juges et politiques doivent contribuer à faire toute la clarté sur cette « filière », comme le montre l’article ci-dessous de Bernard Broustet dans Sud-Ouest du 11-2-2013

Henri Moulinier


°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

 

"Lasagnes Findus : le soupçon pèse sur la filière, du Pays basque à la Roumanie

Suites judiciaires en perspective dans l'affaire des plats cuisinés au cheval, qui jette une lumière crue sur le fonctionnement du marché de la viande.

L'affaire des lasagnes ne cesse d'enfler. La présence de viande de cheval dans des produits surgelés censés ne contenir que du bœuf prend une dimension judiciaire et politique. La marque Findus, qui n'est peut-être pas la seule à écouler les produits incriminés, va porter plainte contre son fournisseur Comigel. Celui-ci, affirmant avoir été berné, va à son tour demander réparation à ceux qui lui ont vendu cette viande. Spanghero, filiale du groupe basque Lur Berri, et l'abattoir roumain dont Spanghero n'a pas, pour l'heure, dévoilé le nom, se retrouvent au cœur de la tourmente. Les tenants et les aboutissants de l'affaire peuvent se résumer ainsi. 

1. Bucarest - Castelnaudary 

Mise en cause, l'industrie roumaine se défend. « J'ai du mal à croire qu'un abattoir roumain ait pu livrer du cheval sous l'étiquette de bœuf », a ainsi déclaré à l'AFP le président de l'industrie agroalimentaire, Dragos Frumosu, évoquant les contrôles qui ont lieu dans les abattoirs de son pays. Et, d'après lui, l'importateur était obligé de vérifier la qualité de la viande lors de la réception, d'autant plus qu'il s'agissait d'une grosse quantité. 

Pour Barthélémy Aguerre, président de Spanghero, un tel travail n'est pas possible. « Le "minerai" [NDLR : la viande désossée] arrive dans des pains congelés de 10 kilos, tassés les uns contre les autres et regroupés en palettes de 800 kilos. Comme c'est du congelé, on ne peut pas vérifier sans ouvrir les emballages - et casser la chaîne du froid. » Dans ces conditions, Spanghero s'en tient, selon Barthélémy Aguerre, aux certificats accompagnant la viande, qui sont visés par les autorités douanières lors de l'entrée sur le territoire. Émis par l'abattoir, ces certificats apposés sur les emballages et sur des bordereaux d'accompagnement indiquent le lieu d'abattage et la nature de la viande (par exemple « jeune bovin »). D'après le président de Spanghero, l'entreprise ne peut faire autre chose que de s'y fier.

2. La viande, matière première 

Tel qu'évoqué par Barthélémy Aguerre, le processus d'échange de cette matière première pour lasagnes ou hachis parmentier évoque un peu celui du pétrole ou des céréales. « Spanghero, dit-il, se consacre surtout aux plats cuisinés, mais, comme nous avons d'importantes capacités frigorifiques, nous avons aussi une activité de négoce et de stockage. C'est pourquoi les transformateurs nous sollicitent. »

C'est dans ces conditions que Spanghero - ou plus exactement sa société cousine Poujol - a répondu à l'appel d'offres de Comigel, qui avait besoin de quantités apparemment importantes de minerai. Le prix proposé par Spanghero a permis à celui-ci de remporter tout ou partie du marché. La marchandise est arrivée de Roumanie au gré du planning des transporteurs. Et Spanghero l'a ensuite livrée à Comigel lorsque celui-ci en avait besoin.

Pour cette viande qui ne se situe pas dans le haut de la fourchette des goûts et des prix, pas question d'aller voir sur place élevages et abattoirs. L'affaire est passée par deux traders. Cette dernière profession joue un rôle énorme dans le grand marché de la viande, où les échanges internationaux sont considérables. Et, pour Lur Berri, les choses vont dans les deux sens. « Nous nous servons d'eux par exemple pour exporter de jeunes veaux vers la Grèce ou Chypre, dit Barthélémy Aguerre. Il y a des traders partout, et même au Pays basque. » 

3. Lur Berri sur le gril 

Comme beaucoup de coopératives, le groupe basque Lur Berri, qui compte de nombreux éleveurs parmi ses quelque 5 000 adhérents, a voulu se développer vers l'aval (abattage, transformation, etc.) pour peser plus lourd face aux distributeurs. Elle est le principal actionnaire du groupe Arcadie Sud - Ouest. Celui-ci, qui rassemble quatre autres coopératives, contrôle sept abattoirs, et il a racheté l'an dernier la société aveyronnaise Poujol, spécialisée dans le steak haché. 

En revanche, le rachat de Spanghero a été opéré non pas par Arcadie, mais par Lur Berri tout seul. À l'époque, apparemment, les actionnaires d'Arcadie n'étaient pas tous disposés à participer à cette opération. Lur Berri y est allé car, selon Barthélémy Aguerre, la société de Castelnaudary représentait un débouché pour la partie avant des carcasses (les morceaux les moins nobles et qui sont pour partie transformés en plats cuisinés). « Nous avons acheté la société en 2009 pour zéro, car la société était en mauvais état, souligne son actuel président, par ailleurs vice-président de Lur Berri. Nous l'avons restructurée, et elle est redevenue bénéficiaire en 2012. Mais, avec ce qui se passe aujourd'hui, je ne sais pas si elle le sera en 2013. » La question mérite en effet d'être posée".


Partager cet article

Repost 0
Published by henri Moulinier - dans Economie - libéralisme
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Henri MOULINIER
  • Henri MOULINIER
  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
  • Contact

Profil

  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

Recherche

Pages

Catégories