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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 22:32

 

Un consensus semblait exister autour de la décision de F. Hollande d'intervenir militairement au Mali face à l'avancée des groupes islamistes radicaux. Il y avait urgence à réagir. Le Conseil de Sécurité de l'ONu avait voté une résolution - n° 2085 - permettant à la France d'intervenir. Mais qui doit réagir et comment ?

Mais il l'a fait sans consulter le Parlement au préalable. Et dans quel but réel a-t-il décidé de l'intervention de l'armée française seule, et cela non seulement pour arrêter la progression de ces groupes, mais pour leur faire la guerre. Cette intervention devait se faire sous le paravent des troupes africaines de la CEDEAO et se traduire par un appui logistique.

Je m'interroge sur la vrai fausse évidence de cette intervention militaire solitaire de la France

S'agit-il de stopper l'offensive des fondamentalistes, après la prise de Konna le 10 janvier? Ou bien s'agit-il d'une guerre dans la durée ? "Un coup d'arrêt a été porté et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires" s'est félicité F. Hollande le 12-1, "mais notre mission n'est pas achevée" a-t-il précisé. Ainsi, de fait, F. Hollande engage nos troupes pour un coflit de longue durée.

Deux articles ci-dessous méritent réflexion sur les intentions affichées et les intentions réelles? N'y a-t-il pas intérêt économique de la France et d'une de ses grandes sociétés, dans un domaine "hautement stratégique" ?

La guerre ne semble pas si facile que prévue et une résistance semble devoir faire durer le conflit miltaire. Et ses effets collatéraux se font sentir (voir l'opération des fondamentalistes en Algérie).

L'urgence absolue n'était-elle pas de permettre le déploiement d’une force d’interposition internationale mandatée par les Nations unies pour mettre fin aux conquêtes des groupes armés et protéger les populations civiles en proie à la terreur des combats, comme le dit le Mouvement de la Paix ?

Ne met-on pas les pieds dans un "boubier" ?

Rappelez-vous l'arrivée des Etats-Unis en Afghanistan en 2001 (octobre): l'objectif affiché par les Etats-Unis était de capturer Ben Laden et de détruire l'organisation islamiste al-Qaida. Onze ans plus tard, l'OTAN a échoué à circonscrire a menace fonadamentaliste et devrait quitter le pays en 2014, alors que les talibans contrôlent une grande partie du pays et pourraient revenir au pouvoir. "Pire, en lançant une guerre mondiale contre le terrotisme, comme si on pouvait mener un conflit armé contre un concept, Washington a largement contribué à créer un arc de tension s'étendant de Kaboul aun Yémen en passant par l'Irak, et qui touche aujourd'hui le Mali" écrit Marc de Miramon, dans l'Humanité dimanche du 17-23 janvier 1013. Certe, le Mali n'est pas l'Afghanistan et ces fondamentalistes au Mali ont voulu imposer une dictature de la Charia très stricte, dans un des pays les plus pauvres du monde....

Silence sur les dérives islamistes de la "révolution" syrienne.

Notre gouvernement et le Chef de l'Etat n'ont pas les mêmes accents envers ces dérives islamistes avec "l'armée de libération de la Syrie", que nous aidons, avec les pays (islamistes du Golfe, tels l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Mais ces pays"alliés" sont géostratégiques, entendez ... très riches en pétrole! C'est pourquoi F Hollande a maintenu son voyage aus Emirats, en compagnie d'une délégation de grands patrons. Il devrait également, en 2013,se rendre ... eau Qatar et Arabie Saoudite ! Pays comme chacun le sait, où l'idéologie Wahhabite eimpose une véritable charia! Allez donc voir le film "Wajdja" tourné par une femme d'Arabir Saoudite, en Arabie, non ... sans difficulté !

Henri Moulinier

Carte des richesses naturelles du Mali

Sans commentaire

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Un article de Roger Martelli, co-directeur de Regards

L'émotion à propos du Mali est naturelle. Se forger un point de vue n'est pas simple. Je n'ai donc envie de dénigrer personne, dans notre espace tout au moins. J'ai essayé, pour le site de Regards, d'exprimer un point de vue, que j'espère à la fois engagé et raisonné.

Voici le lien : http://www.regards.fr/web/mali-assez-de-tartufferie,6094

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Une analyse interessant de la situation au Sahel, prononcée en décembre 2012:

Mali, Sahel: des constats et des questions ...

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L’intervention militaire française au Mali vise-t-elle à assurer les intérêts d’Arereva

Les soldats français vont-ils risquer leur vie au Mali pour « la France » ? Pour empêcher « l’islamisation » de la région ? Pour défendre la « conditions des femmes et de la liberté d’expression », comme l’indiquait Bernard Kouchner sur BFMTV ce samedi, ou pour qu’Areva puisse obtenir les droits d’exploitation d’une mine d’uranium de 5’000 tonnes dans le sud-ouest du pays qu’elle convoite depuis de nombreuses années ? 

L’intervention française, baptisée « Opération Serval », du nom d’un félin africain, a été décidée après que les islamistes d’Ansar Edine ait pris plusieurs positions dans le sud du pays, notamment la région de Komma, et menaçaient de prendre la capitale Bamako, et donc d’avoir un contrôle total du pays. 

Une situation qui posait un problème à la France, non pas pour les raisons « humanitaire » si chères à Bernard Kouchner et autres BHL, mais plus vraisemblablement parce que la société Areva, groupe industriel français spécialisé dans les métiers du nucléaire, en particulier l’extraction de minerai d’uranium, bataille depuis plusieurs années pour obtenir l’exploitation de quelques 5’000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17’000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako. 

L’histoire de l’exploration du sous-sol de la région de Faléa ne date pas d’hier : 

*Dans les années 1970, déjà, la Cogema (l’ancien nom d’Areva) et le Bureau de Recherche Géologique Minière en collaboration avec la société d’Etat malienne (SONAREM) avaient effectué travaux de prospection. L’exploitation n’avait pas semblé rentable à l’époque, notamment du fait de l’enclavement de la zone, des problèmes d’accès à l’eau et de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la mine. Depuis, le contexte mondial a changé et c’est désormais une véritable « colonisation minière » qui se joue au Mali. 

*Depuis 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin d’effectuer des forages et recherches à Faléa. Rockgate a produit en 2010 un rapport préliminaire, qui a ensuite été complété par Golder Associates, une société internationale de « conseils dans les domaines connexes de l’énergie » qui indique « que le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ». 

*Depuis 2011, Rockgate a mandaté l’entreprise française Foraco, basée à Marseille et cotée en bourse à Toronto, pour l’aider dans l’expansion des explorations et forages à Faléa. 

La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois « qu’Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa. » 

De là à penser que l’intervention militaire française au Mali vise principalement à protéger les intérêts d’Areva, il n’y a qu’un pas.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

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Condamnons l’état de guerre, exigeons l’état de Paix !

Le gouvernement français a décidé une intervention militaire au Mali ce vendredi 10 janvier, sans consultation du Parlement. Le Mouvement de la Paix refuse l’argumentaire permanent du caractère inéluctable des interventions militaires. Celui-ci place les citoyens devant une politique du fait accompli, induit par l’urgence d’une situation pour laquelle la communauté internationale ne s’est pas dotée des moyens de préventions nécessaires.

Le Mouvement de la Paix exprime toute sa solidarité avec le peuple malien qui souffre depuis plusieurs mois d’inacceptables violences perpétrées par des groupes armés se réclamant de l’islam radical.

Rajouter la guerre à la guerre n'apporte aucune solution 

*L’histoire récente démontre clairement que rajouter la guerre à la guerre n’apporte aucune solution à un quelconque conflit. L’exemple libyen, grandement responsable de l’actuelle situation au Mali, oblige la Franceet la communauté internationale à repenser leurs stratégies, en vue de réellement protéger les populations. 

*Les interventions militaires extérieures ont des effets directs sur la population française, prise en otage par l’instauration d’un climat de peur permanente de l’ennemi invisible, et donnant lieu au maintien et au renforcement du plan Vigipirate avec le dévoiement continuel de la présence de l’armée sur le territoire impliquant une situation de guerre sans fin. 

Pour le Mouvement de la Paix, l’urgence absolue est de permettre le déploiement d’une force d’interposition internationale mandatée par les Nations unies pour mettre fin aux conquêtes des groupes armés et protéger les populations civiles en proie à la terreur des combats.

Le Mouvement de la Paix

Saint-Ouen, le 13 janvier 2013

 

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Published by henri Moulinier - dans Intervention au Mali
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commentaires

chb 09/05/2013 20:07


 


Aminata Traoré, invitée en 2010 à la Rochelle par le PS, a été interdite de conférence par Normal 1er. Lire pourquoi dans son témoignage « Le naufrage et l’offense. Le Mali à rendre aux
Maliens »
http://www.legrandsoir.info/le-naufrage-et-l-offense-le-mali-a-rendre-aux-maliens.html

chb 09/05/2013 19:53


 


Merci les "socialistes" pour cette édifiante leçon : le peuple, cet enfant, ne doit rien savoir des actes commis en son nom (surtout ne rien savoir des pâtées que ses soldats
prennent en son nom ...).


Quant à ceux qui, par naïveté particulièrement aiguë, ou par intérêt sordide en flagrant délit de mensonge, qui chantent de ci, de là, que la France est venue "aider les Maliens",
"pays partenaire", etc ... on ne leur demandera pas de rester dormir devant leur écran pour bisounours, mais simplement de réfléchir à ceci - si cela est encore dans leurs
moyens :
. un État soudain renversé à quelques mois d’un changement démocratique :
. une sécession de sa partie la plus riche, à la faveur d’un surarmement de milices lié au renversement de Kadhafi et à la dispersion prévisible de ses arsenaux ;
. le financement de ces milices par des États en odeur de sainteté - jamais même seulement soupçonnés, alors même que ce financement est avéré - par la coalition occidentale, ces mêmes milices
déstabilisant l’État syrien laïc et téléguidées par les "démocraties" ;
. un État illégitime appelant au secours l"ancienne puissance colonisatrice, alors même que le Mali d'il y a six mois ne se prêtait pas à ce petit jeu ;
. les richesses immenses du nord Mali, où les intérêts français - de puissance nucléaire sécurisant ses sources - sont plutôt sereins de constater que l’armée a enfin une occasion de les
protéger.


Realpolitik, système social organisé de prédation contre tout ce qui pourrait encore lui rapporter quelques décennies de survie.
Ce système s’alimente de la mort, quitte à la créer de toutes pièces quand elle n’est pas assez active. La déstabilisation de la Libye alimente les marchands d’armes, comme celle de la Syrie.
Rien d’un complot ici. Le capitalisme ordinaire.


D'après jgn, blog du MondeDiplo, 16 janvier, c'est à dire avant que nos représentants ne se "prononcent" au Parlement.

chb 22/01/2013 23:51


La carte qui justifie le sacrifice de maliens, et de chair à canon "islamiste" etc. est parue sur Les Echos le 15/1 :
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/industrie-lourde/actu/0202497386013-des-enjeux-strategiques-plutot-qu-economiques-a-l-intervention-528511.php

chb 21/01/2013 23:45


 


Il manque, sur la carte, les ressources probables en gaz et pétrole.


Sur le site de Mondialisation.ca / GlobalResearch.ca, d'autres articles intéressants quant aux tenants et aboutissants des opérations néo colonialistes du siècle. Par exemple :


http://www.mondialisation.ca/le-mali-en-miettes-a-qui-le-tour/5318874


http://www.mondialisation.ca/al-qaida-sert-decran-de-fumee-a-la-recolonisation-de-lafrique-du-nord-par-lotan/5319872


En attendant, un petit pense-bête pour qui se perdrait dans nos croisades et élans démocratiques :


Islamistes en Syrie : gentils.
Islamistes en Afghanistan : méchants (sauf en 90).
Islamistes en Libye : gentils.
Islamistes au Mali : méchants.
Islamistes en Egypte : gentils.    (Merci à Tarci).

Jean-Louis Bacqué 20/01/2013 16:40


Quelques éléments à rappeler:


-la conséquence de la création coloniale des pays Africains, en 1920, entre Anglais et Français, et conséquence aussi de la persistance de la pensée colonialiste, de la continuation de la «
françafrique »,


-le rôle de la mondialisation sur la situation économique désastreuse du Mali (coton),


-la passivité de "l'Occident" en regard du pourrissement de la situation intérieure du Mali, institutionnelle, politique et militaire, décomposition voulue ou subie (?),


-la non résolution des revendications des Touaregs qui les a poussés dans les bras des islamistes radicaux,


-la tolérance de la Charia en Arabie Saoudite où elle est pratiquée dans sa forme des plus sévères, il existe un bourreau qui exécute au sabre les décisions de "justice" et tranche : têtes,
mains et pieds,


-le financement des groupes islamistes radicaux du Sahel par des États "amis de la France".


Prophétie auto-réalisatrice ?






PS: Comment se fait-il que l'on trouve des socialistes à l'origine et au déclenchement des Guerres coloniales ? Ça ne colle pas avec la doctrine socialiste.

Henri Moulinier 18/01/2013 15:24


Oui, clairement, il fallait arrêter l'avancée de ces fondamentalistes qui voulaient conquérir tout le Mali et y instaurer une dictature. Pour autant, l'intervention, encore solitaire pour
l'essentiel, de la France et de son armée, sans les autres pays européens, sans réellement les Etats africains du secteur, pose question. C'est un conflit international et les événements
d'Algérie le montrent. Je ne voudrais pas que l'intervention de la France cache d'autres enjeux plus géostratégique et économiques. Et que nous y soyons pour longtemps, comme dans d'autres pays
du Moyen-Orient. La décrépiyude de l'Etat et de l'armée malienne, les pratiques coloniales et néocoloniales n'ont pas favorisé, loin de là, un dévellopement de ce pays, pourtant riche en
ressources naturelles, que des sociétés (françaises comme AREVA) ont envie d'exploiter.


Mais la situation n'est pas simple et l'évolution dans les jours à venir nous éclairera peut-être. Reste que l'ONU ne semble pas avoir été sollicitée. Et que le déploiement de troupes africaines
se fait avec très peu d'empressement.

Patrick Job 15/01/2013 00:39


"Rajouter la guerre à la guerre ?" 


Que signifie cette formule ? Peut-on s'opposer à une guerre autrement ? Car la première agression est bien celle subie par les populations maliennes lorsque en mars dernier, les fachistes d'Aqmi
et d'Ansar Dine ont attaqué militairement les villes maliennes pour imposer la brutalité de la charia, couper les mains et les pieds, battre les récalcitrants en place publique, violer et lapider
les femmes !


Attendre qu'une coalition de l'ONU intervienne ? Mais l'attaque de Konna n'était que le prélude à la mise en coupe réglée de tout le Mali et même si presque 700 kilomètres séparaient encore les
bandes armées de Bamako, rien ne pouvait plus les arrêter désormais. Ce n'était plus qu'une question d'heures. Il était désormais trop tard pour attendre la coalition militaire de la Cédéao ou
les pressions éventuelles à exercer sur les financiers qatari. Alors, oui ! L'intervention  de l'armée française, appelée de ses voeux par le Mali et le peuple malien, se justifiait par
l'urgence de la situation. 


Bien sûr que les racines profondes de la guerre sont à chercher dans les intérêts d'Aréva et de Total et dans la politique de déstabilisation de l'État malien menée par la France au nom de ces
intérêts. La France en favorisant le réarmement du MNLA (il est impensable que les armes lybiennes aient traversé le Sahara tout entier sans que personne ne le sache) et les revendications
indépendantistes touaregs, avait cru agir favorablement pour son uranium et son pétrole, mais sans prévoir la prise de pouvoir d'Aqmi et des autres mouvements "narco-islamistes". Mais ce fait
lui-même est venu justifier l'intervention.


La question est maintenant de savoir comment poursuivre ? Les organisations civiles et militaires maliennes seront-elles en état de faire face à la guerre et à la paix ?

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  • : Henri MOULINIER
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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