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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 17:09

 

Agriculture paysanne, transition énergétique, relocalisations: le Front de gauche a fait de la planification écologique la colonne vertébrale de son programme. Alors qu’Europe Écologie-les Verts piétine dans les sondages, son candidat s’imposera-t-il comme le rouge-vert de la présidentielle ?

On connaissait la pastèque, verte à l’extérieur et rouge à l’intérieur. Jean- Luc Mélenchon, ce serait plutôt l’inverse. Le candidat du Front de gauche semble percer sur un terreau où l’on avait rarement vu pousser la gauche marxiste: celui de l’écologie.

Transition énergétique, agriculture paysanne et relocalisation s’affichent au menu de ses meetings. Portant haut sa « planification écologique », Jean-Luc Mélenchon la défend comme la colonne d’un programme qu’il prône tout en rupture avec les politiques libérales. Avec un argument phare : l’intérêt de l’écologiste ne s’oppose pas à celui de l’ouvrier. La phrase est claire, simple, presque évidente. Elle tranche pourtant avec les discours attendus d’une gauche de tradition productiviste.

LE LOGEMENT AU COEUR DE LA PLANIFICATION ECOLOGIQUE

Longtemps perçu au mieux comme une question secondaire, au regard des difficultés sociales qui constituent le lot des populations précaires, au pire comme un enjeu s’opposant à leurs intérêts, l’environnement roulait dans les programmes rouges comme une pomme verte tout au fond d’un panier. « C’est vrai, admet André Chassaigne, député communistes et auteur du livre Pour une Terre commune (Arcane 17, 2010 ). Mais, contrairement à ce que l’on croit, notre prise de conscience écologiste a démarré voilà plusieurs décennies. » Une trentaine, estime le responsable du PCF, qui la fait remonter au temps où la perspective de l’épuisement des ressources est devenue incontournable. Pollution, enjeux sanitaires, réchauffement climatique : les crises environnementales ont fini de la hisser au rang des questions majeures.

Surtout, « on a réalisé qu’enjeux environnementaux et sociaux se rejoignaient ». Illustration par l’exemple, avec l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, donc les consommations énergétiques. « Où se trouvent les passoires aujourd’hui ? reprend l’élu. Dans les logements les plus anciens. » La mise en oeuvre d’un vaste plan de rénovation pourrait générer, selon certains chiffres, la création de plus de 400 000 postes. Autre exemple : celui du transport, dont l’intermodalité accrue en milieu urbain bénéficierait aux populations dont le lieu de vie s’avère le plus éloigné du lieu de travail, à savoir en grande majorité les banlieusards. L’industrie, enfin, n’est pas en reste. Les délocalisations ont conduit à cette double ineptie que l’industrie française s’est écroulée, tandis que les produits de consommation courante font le tour de la terre avant d’atterrir dans le panier des consommateurs, rappellent en coeur les protagonistes du Front de gauche. Où la boucle est bouclée.

TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET RELANCE ÉCONOMIQUE

« Il n’y aura pas de rupture environnementale sans une rupture avec les modes de production actuels et le capitalisme qui les porte ! » clamait Jean-Luc Mélenchon, fin janvier, face aux militants du réseau France Nature Environnement (FNE) rassemblés en congrès. « Renforcer le revenu ouvrier, c’est lui permettre de mieux manger. C’est donc sécuriser le revenu paysan et favoriser une agriculture familiale », poursuivait-il, pour conclure d’un tonitruant : « Le capitalisme vert n’existe pas. » En creux : l’idée que la transition écologique accompagnera la relance économique.

Le discours séduit-il ? Sans doute, à voir sa progression dans les sondages. Le discours séduit-il les écolos ? Impossible à l’établir statistiquement. Des secousses se ressentent sur le terrain, où l’on voit des transferts s’opérer entre Europe Écologieles Verts et le Front de gauche. Épicentre du mouvement : la signature, il y a quelque mois, de l’accord Verts-PS sur le nucléaire. « Il s’est conclu dans une période charnière où il devenait possible d’affirmer une certaine radicalité à gauche et l’idée que la réponse à la crise par l’austérité ne peut pas convenir. Or, le PS ne me paraît pas porter cette rupture », explique Thomas Giry, ex-militant EELV, qui a rejoint depuis la formation de Jean-Luc Mélenchon. Même sentiment chez Sandrine Figuié, élue-EELV de Martigues, qui vient elle aussi de quitter un parti dans lequel elle militait depuis une quinzaine d’années. « Sur le terrain, les luttes sociales se mènent avec les copains du Front de gauche, pas ceux d’EELV », souligne-t-elle par ailleurs. L’un comme l’autre l’expriment à l’identique. « Avant, on restait chez les Verts, à défaut d’autre chose. Avec Mélenchon s’est dessinée l’existence d’un ailleurs pour les écolos. »

  • A lire:

La planification écologique ou le temps long du développement

Social et écologie, les points de vue de Bruno Genty (FNE), François Cosserat (MNLE) et Karine Gavand (Greenpeace)

Toute la campagne du Front de gauche dans l'Humanité

MARIE-NOËLLE BERTRAND

L'Humanité - 6-3-2012

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Déçus par l'accord EELV-PS, séduits par un Mélenchon plus clair sur le nucléaire, des écologistes expliquent pourquoi ils se tournent vers le Front de Gauche: 

Stéphane Lavignotte, ancien responsable des VertsThomas Giry membre du conseil fédéral d'EELV
Mireille Teulé
Sandrine Figuié, élue EELV à Martigues
Simon Imbert-Viers, conseiller fédéral EELV et responsable de la commission immigration
Paul Ariès ex président du Centre Europe Tiers-Monde ( ONG habilitée à la commission des droits de l'homme de l'ONU )

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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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