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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 06:48

Pour le Front de gauche, "l'austérité n'est pas un passage obligé"

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a obtenu ce mardi soir le vote de confiance de l'Assemblée nationale, grâce aux 302 suffrages des députés socialistes, écologistes, radicaux de gauche et trois élus ultramarins. Les élus du Front de gauche ont préféré s'abstenir.

Pour les députés du groupe Gauche démocrate et républicaine, moins trois de ses membres ultramarins (Bruno Nestor Azérot (Martinique), Huguette Bello (Réunion) et Gabriel Serville (Guyane)), il s'agit non "pas d'un vote d'opposition, mais d'un vote de construction" contre les mesures de rigueur économique annoncées par le chef du gouvernement lors de son discours de politique générale. 

Résultats contraires à ceux souhaités 

Pour André Chassaigne, le président du groupe GDR, ce vote "veut dire : "Nous pensons que vous faites fausse route". L'austérité n'est pas la solution. Une politique de rigueur aboutit aux résultats contraires à ceux recherchés, on l'a constaté dans beaucoup de pays. Beaucoup d'économistes disent qu'il faut sortir de ce carcan et qu'il faut avoir des politiques de croissance qui permettent de répondre aux attentes sociales mais qui permettent aussi de relancer l'économie."

Jeter le gant face aux marchés

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, perçoit un renoncement derrière les mesures de rigueur du gouvernement: "A s'en tenir là et en appelant les députés à ratifier le pacte budgétaire européen, qui sera le principal obstacle à la souveraineté nationale et aux changements voulus par les Français, le Premier ministre sera vite conduit à jeter le gant dans le combat à mener contre les marchés financiers, les institutions bancaires et une Troïka européenne plus éloignés que jamais des intérêts populaires".

              DIAPORAMA projet de traité européen

Pour le Parti de gauche, les objectifs du chef du gouvernement en vont pas assez loin. "Aucun engagement précis n'est annoncé contre les licenciements boursiers et la possibilité de préemption d'entreprises fermées alors qu'il existe des repreneurs intéressés", souligne sa confondatrice, Martine Billard. 

Offensif sur la fiscalité 

André Chassaigne, le député du Puy-de-Dôme annonce que ses collègues du Front de gauche développeront des "propositions alternatives", en particulier sur la fiscalité en prônant une politique "beaucoup plus offensive pour les tranches supérieures de l'impôt sur le revenu". "Il faudra aussi revoir l'impôt sur les sociétés ainsi que la politique d'allègements des cotisations sociales", a remarqué M. Chassaigne.

A lire sur ce blog:

Pacte européen pour la croissance: Hollande ne respecte pas ses engagements

Lettre à F. Hollande: non au pacte budgétaire, oui à un référendum

F. Hollande: la "croissance" pour faire passer la pillule du Traité européen sur la règle d'or?

 

Site d'Attac: "Sortir du piège de la dette"

   http://www.france.attac.org/newsletter/sortir-du-piege-de-la-dette-lettre-dinfo-ndeg1-0

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Vous avez dit « relance » ou « dettes » ?

La Cour des Comptes vient de rendre son rapport sur l’état des lieux en insistant sur son caractère désastreux. Ce n’est pas une surprise : ce n’est pas parce qu’il avait mauvais caractère qu’une majorité d’électeurs ont viré Sarkozy.

On peut en tirer deux conclusions diamétralement opposées.

La première apparaît de bon sens pour qui gère ses comptes personnels ou ceux de sa famille : pour éviter le surendettement, il faut savoir attendre avant de dépenser et de satisfaire ses envies.

Mais l’économie ne ressemble pas à la gestion d’un budget familial

L’économie c’est du travail et des transports, de la formation et de la santé, du bien-être, des logements, de la culture et même des loisirs.

L’économie c’est investir, c’est-à-dire d’abord dépenser. Le meilleur exemple que nous ayons connu est la manière dont la société française s’est reconstruite après les désastres de la seconde guerre mondiale. Commencer par dépenser. Pour une Sécu qui venait d'être créée alors qu’il y avait moins de cotisants qu’aujourd’hui (moins de femmes salariées) ; pour des services publics à reconstruire ou à construire. Cela a débouché sur les années d’essor que l’on appelle les trente glorieuses.

Evidemment, on pourrait réduire les dépenses d’armements sans dommages. Réduire les dépenses pour le système de santé ou de la formation, réduire le pouvoir d’achat en laissant chacun se dépatouiller pour le logement, le chauffage, la culture sans solidarité de la part de la société, c’est aggraver le chômage et affaiblir l’économie. C’est le serpent qui se mord la queue.

La crise bancaire n’a rien à voir avec les dépenses sociales de l’Etat mais avec la spéculation et les placements toxiques. Quand l’Etat vient ainsi au secours des banques, c’est-à-dire nous, avec nos impôts, en retour elles prêtent de l’argent à des taux faramineux.

Alors qui doit payer ?

* Les entreprises du CAC 40 ont versé 44,6 milliards d’euros aux actionnaires en 2011, soit une progression de 15%. Les profits des grandes entreprises ont augmenté de 35%. Les paradis fiscaux abritent 800 milliards d’euros pour la part française. Comme le Président de la Cour des Comptes affirme qu’il faut trouver 33 milliards pour 2013, sans doute que cela n’est pas très difficile à condition de les prendre où ils se trouvent, mais il s'arrête en chemin : quelques petits milliards sur les niches fiscales au profit des plus riches alors que le déficit pourrait être comblé par la fin de ces privilèges.

* La Banque centrale européenne prête mille milliards aux banques privées à un taux de 1% et celles-ci prêtent aux états à 4 ou 6%. L’argent immobilisé par la spéculation en France représente plus du double du budget de l’État. 60% des profits réalisés par le travail ne sont pas réinvestis dans l’économie réelle. Et comme la spéculation rapporte davantage aux gros actionnaires que l’activité utile, relancer l’activité ne pourra que rétrécir les marges des gros actionnaires : plus d’argent dans la vie, c’est moins d’argent dans les coffres.

Les actionnaires sont la seule catégorie sociale dont on ne dit pas qu’ils coûtent trop cher et à qui on ne demande pas de faire des « efforts ».

Certaines dépenses sont vitales.

Comme par exemple l’hôpital public. Les Hôpitaux ou l’Ecole devraient bénéficier de prêts à zéro pour cent : on ne doit pas pouvoir se faire de l’argent comme des parasites sur le dos de la santé et de la survie des gens ni sur celui de leur formation. Les emprunts toxiques et les dettes illégitimes qu’ils subissent devraient être simplement annulés.

Mais cela pose un problème : comment les actionnaires qui tirent leurs fortunes du système actuel accepteraient-ils de perdre une part de leur fortune ? Autant nous avons besoin de travail, d’intelligence, d’argent pour financer les activités nécessaires, autant nous n’avons pas besoin d’actionnaires. Dans ce cadre, une réforme de la fiscalité demandant aux plus riches, aux entreprises et aux placements spéculatifs de participer au redressement national prend toute sa valeur.

Une fois que l’on a posé ce problème, que fait-on ?

  La leçon à tirer de la lutte en faveur des retraites en automne 2010, est que, comme le dit le proverbe : « on n’est jamais si bien servi que par soi-même ». Nous pouvons faire entendre nous-mêmes, haut et fort, sans attendre le gouvernement la nécessité de prendre l’argent là où il est.

A l’exécutif…de s’exécuter.

Etienne ADAM, Pierre COURS-SALIES, Pierre ZARKA

(Fédération pour une Alternative sociale et écologique - FASE)

 

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Published by henri Moulinier - dans Et maintenant - avec Hollande
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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