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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 10:28

L’ accord entre les dirigeants de l’Eurogroupe annoncé hier, 25 mars 2010 ( voir texte complet en fin d'article), pourrait marquer une rupture historique dans la construction européenne. Pour la première fois les dirigeants européens appellent au secours le Fonds Monétaire International pour aider un pays de la zone euro, la Grèce.
L’accord ( voir texte intégral plus bas dans cet article) est très imprécis sur les mécanismes de cette aide, et stipule qu’elle ne serait sollicitée « qu’en dernier ressort ».

Mais il s’agit d’un abandon majeur de souveraineté des capitales européennes
.
- Non contentes d’avoir renoncé à toute politique budgétaire européenne autonome 
    - Non contentes d’avoir confié le pouvoir monétaire à une Banque centrale européenne  indépendante de tout contrôle démocratique 
      - Non contentes d’avoir dérégulé les marchés financiers et de laisser les fonds spéculatifs saigner à blanc les salariés, les PME, les services publics et maintenant les États eux-mêmes,
les autorités de la zone euro décident aujourd’hui de partager la responsabilité de la monnaie européenne avec le Fonds Monétaire International. Ce dernier, largement contrôlé par les États-Unis, a toujours agi en fonction des intérêts de l’industrie financière internationale. C’est sans doute pour cela que les dirigeants européens, sur l’insistance d’Angela Merkel, ont accepté de lui confier les rênes.
La BCE de M. Trichet n’aurait-elle pas donné assez de garanties de son orthodoxie financière ?
 
En même temps que les dirigeants de l’Eurogroupe prenaient cette décision, on apprenait que l’enquête ouverte par les autorités de régulation financière européenne sur la spéculation contre l’euro n’a donné aucun résultat : les régulateurs n’ont pas pu identifier les fonds spéculatifs qui attaquent la Grèce, et ont transmis le dossier … aux services secrets [« Dérivés : l’accès à l’information progresse », Les Échos, 26-27 mars http://www.lesechos.fr/info/marches/020439181770-derives-l-acces-a-l-information-progresse.htm ] !
Déjà, le 16 mars dernier, les ministres des finances européens avaient renoncé à imposer aux fonds spéculatifs la simple obligation… de s’enregistrer.

La démission du pouvoir politique devant les spéculateurs est véritablement indécente
, au moment où se préparent partout, à commencer par la France, des plans de restrictions draconiennes dans les dépenses publiques et la protection sociale, pour satisfaire ces mêmes fonds spéculatifs qui ont provoqué la crise financière et l’aggravation des déficits publics ! 
Il n’y a qu’une manière de stopper cette descente aux enfers de l’euro, de l’Europe et des peuples européens, que le sort de la Grèce préfigure :
- il faut taxer et réguler fortement les transactions financières, en commençant sinécessaire à l’échelle européenne
-Il faut aussi que les États puissent emprunter à faible coût auprès de la BCE. Le FMI n’aura de légitimité à intervenir que le jour où, totalement réformé et démocratisé, il sera devenu une agence de l’ONU responsable de la stabilité financière et monétaire, ce bien public mondial.

Attac France,
Montreuil, le 26 mars 2010

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Dossier : Zone euro

  •  
    Ceci est sans doute l’une des meilleures études jamais publiées sur l’euro depuis sa création. Son auteur, Bernard Connolly, est un ancien haut fonctionnaire de la Commission européenne, dont il a été brutalement congédié, en 1997, après avoir publié un ouvrage magnifiquement prémonitoire (The Rotten Heart of Europe)


    Jusqu’au début de la crise financière mondiale, l’Union monétaire européenne était peut-être l’exemple au monde le plus flagrant d’un système Madoff (Ponzi Scheme <http://en.wikipedia.org/wiki/Ponzi_scheme> ) à grande échelle.
    Plusieurs pays de la zone euro (l’Espagne, la Grèce, le Portugal et l’Irlande), avaient des déficits courants élevés ou croissants, que ne justifiaient ni l’attrait d’une croissance rapide de la productivité ni celle de taux de rentabilité attendus sur les investissements. En fait, la croissance de la productivité ne cessait de diminuer, alors que les déficits y augmentaient.
    L’Espagne, par exemple, avait enregistré une croissance effectivement nulle de la productivité totale des facteurs depuis le début de la décennie : une grande partie de son taux de croissance relativement rapide ne provenait que d’une baisse du chômage et d’un niveau très élevé d’immigration.
    L’Italie, même si son compte courant affichait un déficit relativement faible, appartenait conceptuellement au même groupe, car l’évidente inquiétude de sa population quant aux perspectives d’avenir du pays aurait dû engendrer un excédent net courant, les Italiens épargnant en prévision d’une baisse future de leurs revenus.

    Tous ces pays étaient extrêmement peu compétitifs sur les marchés internationaux. Dans le cas des quatre premiers, une forte demande intérieure avait pour conséquence que leur manque de compétitivité se traduisait par des déficits importants de leur balance commerciale. Dans le cas de l’Italie, étant donné la faiblesse de la demande intérieure, son manque de compétitivité entraînait un ralentissement de la croissance alors même que le reste du monde était en plein boom. Cependant il était clair que, pour les cinq pays, les résultats économiques obtenus et les prix de marché qui prévalaient en 2007, et avant, excluaient toute possibilité politiquement réaliste de les voir rester dans les rails des normes et contraintes budgétaires en principe imposées par l’Europe. Or, la dette de ces pays, on la détenait bien volontiers, en fait avec enthousiasme. C’était ça le « système Madoff ». (Ponzi Scheme)
    Lire la suite sur le site gaullisme.fr ci-dessous:
  • Par Institut Turgot  (Texte au format PDF <http://www.gaullisme.fr/Zone%20eur1.pdf> )

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    Le point de vue du Blogfinance:
    "Aide de l'Union Européenne à la Grèce: voie royale pour le FMI "

    http://www.leblogfinance.com/2010/03/aide-de-lue-grece-voie-royale-fmi.html#more

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    Bruxelles, le 25 mars 2010

    DÉCLARATION DES CHEFS D'ÉTAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA ZONE EURO


    Nous réaffirmons que tous les membres de la zone euro doivent mener des politiques nationales

    saines conformes aux règles agréées. Ils ont une responsabilité partagée pour la stabilité

    économique et financière dans la zone.

    Nous soutenons pleinement les efforts du gouvernement grec et saluons les mesures additionnelles

    annoncées le 3 mars qui permettront d'atteindre les objectifs budgétaires pour 2010.


    Nous reconnaissons que les autorités grecques ont pris des actions ambitieuses et résolues qui

    devraient permettre à la Grèce de retrouver la pleine confiance des marchés.

    Les mesures de redressement prises par la Grèce constituent une contribution importante au

    renforcement de la soutenabilité budgétaire et de la confiance des marchés. Le gouvernement grec

    n'a demandé aucune aide financière. Par conséquent, aujourd'hui, aucune décision n'a été prise pour

    activer le mécanisme décrit ci-dessous.


    Dans ce contexte, nous réaffirmons notre volonté de prendre, si nécessaire, des mesures déterminées  et coordonnées, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble, tel que  décidé le 11 février.

    Dans le cadre d'un accord comprenant une implication financière substantielle du Fonds monétaire international et une majorité de financement européen, nous sommes prêts à contribuer à des prêts  bilatéraux coordonnés.

    Ce mécanisme, complétant un financement du Fonds monétaire international, doit être considéré  comme un dernier recours, ce qui signifie en particulier que le financement de marché est  insuffisant. Les déboursements des prêts bilatéraux seraient décidés par les États membres de la  zone euro à l'unanimité et soumis à de fortes conditionnalités, sur la base d'une évaluation menée

    par la Commission européenne et la BCE. Nous nous attendons à ce que les États membres de la

    zone euro participent au prorata de leur part au capital de la BCE.


    L'objectif de ce mécanisme ne sera pas de fournir un financement au taux moyen des emprunts des  pays de la zone euro, mais comportera des incitations pour retourner vers des financements de marché le plus vite possible par une tarification adéquate du risque.
    Les taux d'intérêt seront  non concessionnels, c'est-à-dire qu'ils ne contiendront aucun élément de subvention. Les décisions  prises dans ce cadre seront pleinement compatibles avec le traité et les législations nationales.  Nous réaffirmons notre engagement à mettre en oeuvre des politiques économiques destinées

    à restaurer une croissance forte, stable et durable afin de favoriser les créations d'emplois et la

    cohésion sociale.    

    En outre, nous nous engageons à promouvoir une forte coordination des politiques économiques

    en Europe. Nous considérons que le Conseil européen doit renforcer le gouvernement économique

    de l'Union européenne et nous proposons de renforcer son rôle dans la coordination  macroéconomique et la définition d'une stratégie de croissance européenne.  La situation actuelle démontre le besoin de renforcer et de compléter le cadre existant pour assurer  la soutenabilité budgétaire dans la zone euro et de renforcer sa capacité à agir en temps de crise.

    Pour le futur, la surveillance des risques économiques et budgétaires et les instruments de leur

    prévention, y compris la procédure pour déficit excessif, doivent être renforcés. En outre, nous

    devons disposer d'un cadre robuste pour la résolution des crises, respectant le principe de la

    responsabilité budgétaire de chaque État membre.

    Nous demandons au Président du Conseil européen d'établir, en coopération avec la Commission,

    un groupe de travail avec les États membres, la présidence tournante et la BCE pour présenter au

    Conseil, avant la fin de l'année, les mesures nécessaires pour atteindre cet objectif, en explorant

    toutes les options pour renforcer le cadre juridique. "


     Source officielle, voir:
          http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/pressdata/fr/ec/113564.pdf

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     Grèce, euro : le carcan des traités     
     Bernard Cassen    
      
      Les plans de « sauvetage » financier de la Grèce aujourd’hui – sans doute de l’Espagne et du Portugal demain, et d’autres Etats après-demain - n’ont nullement pour objet de « sauver » un pays. Il s’agit d’éviter à tout prix l’effondrement d’une construction monétaire, l’euro, et, par voie de conséquence, celui des fondements idéologiques de la construction européenne.

    La décision de créer une monnaie unique européenne, principale disposition du traité de Maastricht de 1992, constituait un défi à la logique
     Elle imposait en effet la même politique monétaire à des économies aussi différentes que, par exemple, celles de l’Allemagne et de la Grèce. Par définition, cette politique, quelle qu’elle soit, pouvait seulement servir un intérêt national particulier - structurel ou conjoncturel -, et donc desservir d’autres intérêts nationaux. En l’occurrence ce sont les intérêts allemands, et eux seuls (un euro « fort » remplaçant un mark « fort »), qui présidèrent à sa définition.
     
    L’euro aurait eu un sens dans une zone économique relativement homogène,
     comme les Etats-Unis pour le dollar, disposant par ailleurs d’instruments de transferts financiers internes massifs (ce qui est le cas avec le budget fédéral américain), décidés par une autorité politique unique (la présidence et le Congrès) agissant elle-même en étroite coordination avec une banque centrale : la Réserve fédérale. Sans parler d’une langue unique, l’anglais, et d’une culture de la mobilité de la main d’œuvre.
     
    Aucune de ces conditions n’est remplie dans l’Union européenne (UE).
    -  
    Son budget représente seulement environ 1 % du produit intérieur brut de l’ensemble des Etats membres. -  La mobilité en son sein ne peut être que très limitée, ne serait-ce que pour des raisons linguistiques
    -  Les politiques européennes ne visent pas à résorber les inégalités de développement économique et social, accrues par l’entrée de dix nouveaux membres en 2004 et de deux autres en 2006, mais, au contraire, à les utiliser pour favoriser les délocalisations internes et le dumping social. Si harmonisation il y a, elle se fait vers le bas.
    -  Enfin, les capacités d’intervention économique et financière des Etats ont été transférées par les traités successifs (dont celui de Lisbonne), non pas à des autorités démocratiques supra-étatiques, mais, pour l’essentiel, au marché et à des instances dites « indépendantes », ce qui signifie en réalité gardiennes des dogmes ultra-libéraux : la Commission et la Banque centrale européenne (BCE).
     
    Véritable carcan, les règles de l’UE lui interdisent de participer, en tant que telle, au « sauvetage » financier de l’un de ses 27 pays membres
     La BCE a « sauvé » des banques qui ont ensuite spéculé indirectement contre l’euro, mais elle ne peut pas accorder des prêts à l’un des 16 membres de l’eurozone !
     Prisonnière d’une monnaie unique dont la surévaluation ne profite qu’à l’Allemagne, la Grèce (et ce sera bientôt le cas pour les autres pays en difficulté) peut seulement compter, si l’on peut dire, sur un vague soutien « politique » de l’UE (qui joue également, vis-à-vis des marchés financiers, le rôle de gendarme des engagement pris par son gouvernement), sur des prêts que lui consentiraient d’autres Etats et sur… le Fonds monétaire international (FMI).
     
    Face à ce lamentable bilan, l’absurdité des traités européens éclate désormais au grand jour
     Les gouvernements des Vingt-Sept, qui les ont fait adopter au nom des principes libéraux, sont maintenant obligés de les violer plus ou moins discrètement pour sauver l’UE contre elle-même !
     On peut douter que ce grand écart entre les dogmes et la réalité puisse durer très longtemps.
      

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Published by henri Moulinier - dans Union européenne: son avenir
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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