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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 12:30

Jean-Claude Guilbaud, dans son éditorial de Sud-Ouest Dimanche du 23 septembre 2013, sous le titre "Sont-ils devenus sourds ?" met en relation le "creusement très net des inégalités et une aggravation aussi préoccupante de la pauvreté" - déjà 8,7n millions de pauvres en 2011 et la situation depuis ne s'est pas améliorée - (que met en évidence une étude de l 'INSEE publiée le 20 septembre) et le "climat de panique de nos responsables qui s'émeuvent dans un climat de panique municipale de l'irrésistible montée du Front National".

   Il interroge: "Pourquoi"? Il fait référence à une étude publiée par la Fondation Jean-Jaurès  (prochje du PS) en ce mois de septembre, étude intitulée "Le point de rupture", réalisée pat 2 sociologues: Alain Mergier et Jérôme Fourquet.

Pour résumer, écrit Jean-Claude Guilbaud, cette étude explique que le FN est en train de devenir "la" référence pour une partie des milieux populaires et des classes moyennes, car le FN leur  tend un miroir "dans lequel les plus pauvres et les classes moyennes reconnaissent l'expérience qu'ils vivent: la fragilisation du lien social, la croissance de leur vulnérabilité, l'imprévisibilité du lendemain". Le PS et l'UMP leur paraiisent sourds à cette destruction de leur vie quotidienne, écrit J.C. Guilbaud. Leur choix du FN n'est donc plus seulement un vote "protetataire" comme il le fut longtemps. Puisque rien n'a marché, essayons cette dernière carte, se disent-ils.

Cela interoge sur l'orientation de la politique économique et sociale actuelle, qui pour l'essentiel poursuit celle de N. Sarkozy et surtout sur notre capacité, politique, syndicale, associative, a ouvrir d'autres perspectives citoyennes. Il y a urgence!!! Le Front de gauche pou ce qui le concerne doit prendre toutes ses responsabilités politiques, déasser les ornière des candidatures aux municipales, faire front en ouvrant une perspective, en mettant en débat des propositions, en exigant de ce pouvoir une AUTRE politique!

Je vous propose de lire la synthèse de cette étude et d'en discuter.

Henri Moulinier

 

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29 Août 2011

Le point de rupture

Enquête sur les ressorts du vote FN en milieux populaires - Uniquement en téléchargement -

par Jérôme Fourquet Alain Mergier

Téléchargez l'essai gratuitement  (682,91 ko)

 

Le constat est sans appel: les milieux populaires ne croient plus en la capacité d’action des politiques. Ils attendent des réponses pertinentes et volontaristes mais n’entendent aujourd’hui que le discours de Marine Le Pen. Pour que le FN ne conserve pas ce monopole, il est urgent de répondre à la demande de protection qu’ils expriment.

 

Télécharger la synthèse : Synthèse point de rupture (pdf - 220,02 ko)

 

Synthèse

 

Il y a urgence à s’interroger sur les raisons du succès de Marine Le Pen en prévision du prochain scrutin présidentiel. Qu’est-ce qui conduit un grand nombre d’électeurs de catégorie populaire à songer au vote Front national ? Bien sûr la réalité des milieux populaires n’est pas homogène et de multiples facteurs sont susceptibles d’expliquer l’intention de vote frontiste. Alain Mergier et Jérôme Fourquet ont toutefois choisi d’adopter l’hypothèse suivante : entre fin 2010 et début 2011, quelque chose a basculé dans l’opinion et en particulier dans les milieux populaires, et l’effet d’attraction produit par le discours de Marine Le Pen s’explique par un fond commun de représentations structuré par un sentiment général d’« insécurisation ». La tension sociale est réelle, la révolte et la colère sont à leur comble parmi les ouvriers et le sentiment d’injustice gagne du terrain parmi la classe moyenne. Qu’est-ce qui a basculé dans l’opinion ?

 

Une nouvelle évolution vient d’abord parachever le mouvement de décrédibilisation croissante du pouvoir politique. L’idée se répand en effet selon laquelle le pouvoir réel et effectif serait non plus aux mains des politiques mais des marchés financiers, pendant que l’image d’un pouvoir sans partage détenu par l’oligarchie financière et confisqué à la sphère politique s’impose dans les milieux populaires. Le monde politique se trouve ainsi décrédibilisé non plus seulement au titre de son incompétence et de ses abus, mais au titre, désormais, de son impuissance. A cela s’ajoute l’idée d’une « Europe de la contrainte », qui démunit la politique nationale française face à la concurrence internationale. En sus des diktats des marchés financiers et des contraintes imposées par l’Europe s’ajoute encore la question de la dette. Dans les milieux populaires, l’endettement national est aussi compris par analogie avec l’endettement, ou plutôt le surendettement du foyer, dont la menace plane comme le spectre d’une catastrophe dont on ne peut pas se relever. Dans ces conditions, Marine Le Pen en dénonçant le carcan de la construction européenne et en défendant ardemment un retour au franc rencontre un public conquis.

 

Quant à la place que tient la question de l’insécurité dans les milieux populaires, il appert à l’analyse qu’elle constitue l’élément structurant d’un rapport au monde autour duquel s’organise l’expérience des catégories les moins favorisées. Certes ce thème de l’insécurité est largement instrumentalisé par pléthore de discours populistes. Reste que ces derniers ne rencontrent un écho que parce que la réalité à laquelle ils s’adressent y est disposée. Dans les milieux populaires, l’insécurisation (terme préférable à l’insécurité en ce qu’il permet de désigner un processus de dégradation de la sécurité sans tomber dans la caricature d’un monde qui aurait perdu toute règle) renvoie d’abord à l’insécurisation physique. Mais elle ne s’y réduit pas et concerne aussi le sentiment d’être dépossédé de sa culture et de ses valeurs face à la présence imposante des populations immigrées dans des zones d’habitation à forte concentration populaire. L’insécurisation se rapporte également aux inquiétudes économiques quant à la perte de pouvoir d’achat, d’emploi, d’argent, de salaire, mettant en péril la possibilité pour chacun d’être un acteur à part entière de la société. C’est finalement le contrat social lui-même qui apparaît comme fragilisé et qui constitue un nouveau registre de l’insécurisation. Le dérèglement d’une société qui sacrifie ses enfants serait le signe que la France est en train de sombrer…

 

Malgré le discrédit qui frappe le personnel politique en général, auquel s’ajoute l’image de sa connivence avec les milieux affairistes et financiers dont Nicolas Sarkozy constitue la figure emblématique, les milieux populaires sont bien loin de rejeter la politique comme mode d’action. La prochaine élection présidentielle apparaît à cet égard comme investie d’enjeux cruciaux. Dans cette conjoncture, Marine Le Pen bénéficie pleinement d’une dynamique anti-système dans laquelle s’inscrit l’idée que le clivage droite / gauche n’est plus pertinent. Le vrai clivage pour les milieux populaires se situerait aujourd’hui entre une offre politique volontariste, capable de reconquérir le pouvoir effectif contre l’hégémonie des marchés, et une offre politique par trop fataliste qui s’y plie. Dans cette logique, l’attente principale se préoccupe moins de compétence et de programme que de détermination, et d’affirmation de capacité d’action.

 

Le succès de Marine Le Pen dans les milieux populaires s’explique somme toute assez naturellement, en ce qu’elle semble disposer du monopole de la reconnaissance de l’expérience populaire. Mais la réponse à la demande populaire – demande légitime de sécurisation et de protection, qui ne cesse de prendre de l’ampleur au sein de la classe moyenne – n’est pas condamnée à être réponse une populiste. Croire cela, c’est signer la démission de la démocratie. La protection est une notion qui renvoie à un état social que la démocratie doit garantir.

 

 Il y a urgence à ce que les partis qui refusent de formuler des réponses populistes à des problèmes populaires formulent des réponses positives et pertinentes à la demande de sécurisation

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commentaires

chb 08/10/2013 21:11


Commentaire de syndicalistes après une manifestation devant l'Assemblée hier :


" les accords sans principe et le soutien d’un parti socialiste totalement solidaire d’une politique gouvernementale tournée contre les travailleurs, la soumission à Bruxelles et à l’Union
européenne, l’abandon de la souveraineté populaire c’est le passeport pour la défaite électorale et la montée de l’extrême droite !"


La claque de Brignolles est un signal d'alarme : le 40 % des exprimés pour le F'Haine et la piètre performance d'une gauche dénaturée, mais surtout l'abstention très massive, qui montre le dégoût
majoritaire pour la politique de notre "démocratie" bien peu exemplaire.

chb 30/09/2013 23:38


 


Lordon, sur Mediapart, indique que, face à l'habile stratégie du FN notamment sur le thème de la souveraineté (thème de gauche), on est stupéfaits tétanisés. Ce parti s'acharne à nous déposséder
de tout, en effectuant un tête à queue doctrinal apparent.


« Voilà le FN devenu démondialisateur, et c'est toutes les thématiques de la démondialisation qui semblent en être irréversibement souillées.


Marine Lepen a même dit « lutte des classes » pendant la campagne des présidentielles de 2012.


Si on se laisse tout faucher, on va finir à poil en moins de deux. » http://www.dailymotion.com/video/x15ac99_frederic-lordon-revenir-aux-monnaies-nationales-pour-refaire-une-monnaie-commune_news?start=5

chb 27/09/2013 23:59


 


Sur les Roms :


La majorité gouvernementale croit-elle donc qu’en agitant les peurs sécuritaires, elle échappera au reproche de « laxisme » ? C’est tout le contraire : dans ce domaine, elle n’ira jamais assez
loin. La droite, en attendant peut-être l’extrême-droite, fera toujours mieux, c’est-à-dire pire. La gauche gouvernementale le paiera donc cher, y compris dans les urnes. En tout cas, les
sondages suggèrent déjà qu’elle n’y gagne rien – pas plus qu’hier la droite au pouvoir. Seul le Front national pourra récolter les fruits de cette politique.


En outre, les concessions au populisme identitaire et sécuritaire ne feront pas avancer le pays dans sa mobilisation citoyenne face à la dictature des marchés et aux destructions d’emploi, bien
au contraire. S’en prendre aux Roms ne suffira donc nullement à gagner les suffrages populaires. Cela ne peut que diviser, affaiblir là où il faut rassembler, agir. Singer la droite ? C’est
décidément un mauvais calcul.


http://www.labandepassante.org/petition/index.php


 

chb 24/09/2013 19:41


 


Plus la gauche est phagocytée par le P$, plus le F'Haine s'approche d'être la seule opposition crédible. Le gouvernement Hollande et ses cadeaux sans fin au capital et aux riches, ses
contre-réformes « incontournables » mais clairement de droite, sa politique étrangère de pantin belliciste de l'OTAN, son racisme anti-Roms et anti-pauvres, ses dénis de démocratie et
la corruption à tous les étages, a dégringolé à 24% parce que François Normal n'est plus que le président du 1% : il entraîne dans sa chute ses partenaires apeurés. La posture anti-Marine
d'un JLM ne fait pas un programme, et encore moins l'espoir. Quant au PCF qui se contente d'un strapontin à force de sauver les meubles, de se cacher sous le tapis après avoir fait tapisserie, il
finit de s'émietter.


S'il ne veut ni cette « gauche »-là, ni la droite UMP, que reste-t-il à l'électeur ?

Henri Moulinier 23/09/2013 07:47


Il faut s'interroger aussi sur le fort décrochage de la "cote" de ce cher Hollande et de sa politique: -5%, à 23 % aujourd'hui. 9a sent le rejet et la crise politique avec sa politique "de
l'offre", néolibérale, lui le "président des patrons" comml'a titré le quotidien "Libération" au début septembre. Problème: Marine Le Pen et le FN en profitent en amalgamant les 2 partis
dominants UMPS. Avec un discours plus national, teinté de critique de la "finance" ( je l'ai écouté à la TV lors de son discours à Marseilles). Discours "national-socialiste" ? Ca sonne comme en
Allemagne dans les années 1930. Mais AVEC UNE DIFFERENCE MAJEURE: le carcan néolibéral de l'actuelle construction européenne". Marine Le Pen dénonce ce "carcan", en oubliant sa nature
néolibérale, pour avancer sur le seul champ de la défense de la "France" face à ce carcan européen, et d'UNE FRANCE toutes catégories et classes confondues, sans un mot de dénociation des
multinationales, de la loi du profit capitaliste, de l'évasion fiscale... C'est plus facile pour elle de parler de l'évasion ... ou plutôt de l'invasion des immigrés, ceux-ci étant allusivement
associés à délinquance, insécurité. Pas un mot sur le pouvoir d'achat, la création d'emploi, les services publics.  

jean-louis Bacqué 22/09/2013 20:06


Les principaux partis, la presse et les médias baignent dans un flot culturel social libéral, oublieux que la devise de la République était "Liberté, Égalité, Fraternité", et qu'elle s'est s'est
progressivement diluée en une autre pratique: "Tricherie, Mensonge, Corruption(s), Cynisme et... Bonne Conscience".


Le premier travail à faire est de s'interroger sur le passage du "FN néolibéral" de J.M.Le Pen en un "FN national socialiste" de M. Le Pen et d'en identifier les conséquences.


Dans un climat de chaos politico culturel accompagnant la Crise, la perte de repères sociaux et politiques de couches sociales en souffrance matérielle et psychologique peut les pousser assez
naturellement vers les propositions "attrape tout" et sommaires d'un parti qui demeure dans le Système qu'il prétend dénoncer sans le remettre en cause, pour prendre la place des partis de la
"nomenclature" dans le lit des institutions monarchiques.


On a déjà vu ça après la Crise de 1929, et on a vu où cela a mené. Les "dédiaboliseurs", qui ne savent pas ce qu'ils font, devraient s'interroger sur leurs actes, leurs méthodes et les
conséquences de leurs pratiques...


La Résitance maintenant et l'Humain d'abord.

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  • : Henri MOULINIER
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  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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