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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 08:49

            Séjournant chez des amis à proximité de Bayonne, je suis interpellé par les informations concernant le Docteur Bonnemaison, médecin à l'hopital de Bayonne. Ce débat interesse la région, mais interpelle aussi tout le pays, car il (ré)ouvre le débat sur l'euthanasie, un nécessaire débat citoyen, politique au plus haut point, qui nous concerne toutes et tous.

             La pétition de soutien au Docteur Bonnemaison, telle qu'elle est rédigée, est peut être un de ces moyens, sans pour autant mettre en cause le processus judiciaire engagé, donc la responsabilité du médecin. Sans confondre euthanasie et meurtre, confusion qui nuit au débat sur la fin de vie  HM

Pour info, site de la pétition de soutien au Docteur Bonnemaison: http://bit.ly/p2kdRC

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06h00 | Mis à jour 07h04
Par Pierre penin - Sud-Ouest

   

Ils font corps autour de Nicolas Bonnemaison

Entre personnel et patients, plus de 300 personnes ont manifesté leur soutien au médecin de l'hôpital de Bayonne mis en examen pour des injections létales.

 Le Dr Xabi Hernandoréna face à la presse et aux soutiens de Nicolas Bonnemaison. ph b lapègue

Le Dr Xabi Hernandoréna face à la presse et aux soutiens de Nicolas Bonnemaison. ph b lapègue

La justice (1) accuse d'empoisonnement le docteur Nicolas Bonnemaison et l'a mis en examen jeudi dernier. Il aurait pratiqué l'euthanasie sur quatre patients du centre hospitalier de Bayonne-Côte basque, à l'aide notamment d'un médicament à base de curare. Dès samedi, la stupeur passée, le soutien au médecin s'est organisé : mobilisation sur le réseau social Facebook, pétition (plus de 19 000 signatures en trois jours) et manifestation, hier après-midi, dans le hall de l'hôpital.

Cette initiative de collègues a permis de mesurer la popularité de Nicolas Bonnemaison, et l'émoi que provoque sa mise en cause. Personnel de l'hôpital et patients : plus de 300 personnes (2) ont tenu à dire officiellement leur solidarité. Le docteur Xabi Hernandoréna s'est avancé devant caméras et micros. « Je suis médecin depuis trente ans dans cet hôpital… »

Il a assumé sa responsabilité d'« ancien » et lu le texte aux mots pesés, lapidaire. Quelques lignes pour « témoigner des très hautes qualités morales, humaines et professionnelles du docteur Nicolas Bonnemaison, médecin, collègue et ami, énormément estimé au sein du centre hospitalier de Bayonne ».

Tout est dit, ou presque. Les manifestants n'entendent pas entrer dans le débat sur les faits dont s'est emparée la justice, pas plus que dans celui, passionnel, sur l'euthanasie. La brève intervention s'adresse à « l'homme » comme au « médecin », à sa famille, « dans cette épreuve difficile ». Point.

Hypocrisie sur l'euthanasie

Longs et pesants applaudissements. L'enceinte climatisée n'empêche pas une certaine touffeur de sentiments mêlés : incompréhension, désarroi et certainement colère rentrée contre « l'hypocrisie qu'il y a en France sur l'euthanasie ». L'expression, en passe d'être consacrée, fuse dans les échanges à bâtons rompus, après la lecture.

José l'emploie à plusieurs reprises. L'aide-soignant retraité a vingt-cinq ans d'hôpital derrière lui. « J'ai connu le docteur Bonnemaison quand il faisait son internat, ici. On allait jouer à la pelote ensemble. »

Ce témoin est « abasourdi ». « Je ne comprends pas ce qui se passe. Quand j'entends parler de prison à perpétuité, ça me fait mal pour Nicolas. Je suis certain que ce n'est pas le seul qui pratique ces gestes. » José mentionne son père, atteint d'un cancer généralisé. « On ne pouvait pas le toucher tellement il souffrait. On a pris la décision qu'il fallait… »

Nicole, 83 ans, et Renaud, son fils, viennent de signer la pétition en faveur de Nicolas Bonnemaison. « Il faut savoir mourir », affirme la dame. Elle subit des soins en oncologie (traitement du cancer) et appuie cette précision d'un « vous comprenez ». Renaud : « Ma mère nous a donné un mot d'ordre. Elle ne veut pas d'acharnement thérapeutique. » « J'ai dit à mes enfants de ne pas me laisser traîner », confirme celle-ci.

Débat sur la fin de vie

Les patients réunis expriment sans fard leur avis sur l'euthanasie. Le personnel s'interdit tout commentaire autre que l'allocution concertée. Surtout, ne pas évoquer la grave accusation. Personne ne s'écartera de cette ligne de conduite. « Nous sommes simplement là pour faire corps. Nous voulons simplement parler de l'homme, du confrère que nous estimons », consent le docteur Michel Claracq.

L'infirmière anesthésiste Valérie Lalanne se hasarde à évoquer « le nécessaire débat législatif sur la fin de vie », et cela apparaît comme une audace ultime dans ce climat d'extrême prudence.

Les manifestants, partagés entre défiance et besoin de la presse, ont défini une ligne dans l'avarice des mots. Ils s'y tiennent avec grande discipline. Il faut certainement voir dans cette économie le meilleur indicateur du malaise qui règne au sein de l'établissement.

(1) Hier, le parquet de Bayonne a fait appel de la décision du juge des libertés et de la détention de remettre Nicolas Bonnemaison en liberté sous contrôle judiciaire.

(2) Le centre hospitalier de Bayonne-Côte basque emploie environ 2 800 personnes, toutes catégories de personnel confondues, sur plusieurs sites.

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Published by henri Moulinier - dans Droits de l'Homme
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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