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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 12:55

Les fausses leçons de Villeneuve-sur-Lot

Par Roger Martelli| 24 juin 2013
Les fausses leçons de Villeneuve-sur-Lot
 

Ce dimanche, lors des élections partielles de Villeneuve-sur-lot, le candidat UMP, Jean-Louis Costes a battu le FN avec 53,76% des voix. De là à en conclure que la solution d’un front républicain constitue l’unique rempart contre le FN, il n’y a qu’un pas…qu’il ne faut pas franchir.

 

Le Front républicain n’a pas fait pas recette à Villeneuve-sur Lot. L’UMP a battu le FN au second tour, mais près de 15 % des votants ont déposé un bulletin blanc ou nul. Ce niveau élevé d’électeurs faisant le geste de ne pas choisir est le fruit d’une radicalisation de la droite. Depuis un an, elle fait tant de cadeaux symboliques à l’extrême droite, qu’elle ne peut espérer apparaître comme le meilleur rempart, même par défaut. Les leaders de la droite classique ne peuvent pas défiler avec les amis de Marine Le Pen un dimanche et, le dimanche suivant, appeler droite et gauche à se rassembler contre le FN.

Comment contrer la montée du Front ? La droite est confrontée à un dilemme : doit-elle s’en démarquer ou rivaliser. La situation n’est pas plus simple à gauche. Le Front républicain y est une réponse fréquemment évoquée. Mais on sait désormais qu’il nourrit la confusion de la droite et de la gauche. Il démobilise donc la gauche et stimule le transfert de l’électorat déçu vers la solution extrême. Solution alternative : refuser le clivage droite-gauche et s’installer en dehors du « système ». Ce serait, au fond, l’équivalent à gauche de la posture à droite du Front national. Il y a fort à parier que cette voie conduirait au désastre.

Historiquement, le refus du clivage gauche/droite a toujours marché à l’extrémité de la droite ; il n’a jamais créé de dynamique politique à gauche. Vouloir sortir du système revient à attiser le ressentiment, des « petits » contre les « gros » ou du « haut » contre le « bas ». Le ressentiment, c’est la colère des désespérés ; c’est tout ce qui reste, quand on ne croit plus à une société de justice et de liberté. Sortir du système, au lieu de le contester et de le subvertir, c’est renoncer à l’espérance et au partage ; qu’on le veuille ou non, c’est renoncer à la République, et donc s’abandonner aux despotes, ceux du pouvoir ou ceux de l’argent.

Faut-il donc s’ancrer à gauche et, pour assurer une présence de la gauche au second tour, faut-il se résoudre à l’union de toute la gauche au premier tour ? C’est LA fausse bonne idée… Si la gauche perd, ce n’est pas parce qu’elle est plurielle, mais parce qu’elle ne donne plus d’espérance. Or la base de la désespérance, c’est l’idée selon laquelle on ne peut pas grand-chose face aux contraintes présumées de l’économie, aux lois d’airain de la concurrence sur les marchés. La désespérance commence quand on se met à accepter les inégalités pour peu qu’elles ne soient pas « exagérées », quand on prône la « gouvernance » parce que l’on ne croit plus à la possibilité de gouverner, quand on préfère l’ordre réputé « juste » au partage des avoirs, des savoirs et des pouvoirs.

Pour retrouver l’espérance, il n’est pas de voie plus courte que de restaurer la gauche dans ses valeurs fondamentales. Non pas la répéter dans ses mots et ses formes d’hier, mais la continuer en la transformant, en cultivant ce qui a fait sa force, en corrigeant ce qui l’a fourvoyée. Or l’erreur la plus grave est celle qui s’est amorcée, voilà un peu plus de trente ans, quand le premier gouvernement de gauche de la Ve République a fait le choix de la rigueur et de l’austérité. Ni Front républicain ni union de la gauche à l’ancienne. Seule une gauche transformée saura faire la preuve de son dynamisme et de son pouvoir d’attraction. Et alors, la droite, toute la droite, aura du souci à se faire…

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Published by henri Moulinier - dans Une autre politique à gauche
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Jean-Louis BACQUÉ 26/06/2013 00:35


 


Le CHAOS de la « DÉMOCRATIE REPRÉSENTATIVE » et l'autonomie du corps électoral.






Nous vivons dans une Monarchie, quel que soit l'adjectif adjoint, il s'agit d'une Monarchie, tête d'une oligarchie élective, cheville ouvrière de ceux qui
détiennent le Pouvoir réel : les détenteurs des Capitaux.


Ce système a été mis en place à la suite d'un coup-d'état en 1958, avec la SFIO « à l'avant garde de la V° République (sic) ».


Les codes électoraux ont été conçus de façon à désigner pour une durée déterminée, l'alternance de deux regroupements politiques Droite et Gauche, [Bonapartisme
bipolaire] dominant le peuple que représente le Corps Électoral.


Entre deux élections, l'imposture démocratique consiste à confisquer le débat par médias interposés, entre les deux partis dominants, laissant de côté les citoyens,
choisissant les thèmes de débat, et manipulant les initiatives, le calendrier, les interlocuteurs experts officiels expliquant au bon peuple ce qu'il convient de penser.


L instrumentalisation du Front National pour déterminer l'alternance des partis au pouvoir, avec la complicité des médias et des journalistes connivents
« dédiaboliseurs », aboutit au résultat illustré à Villeneuve sur Lot, du Chaos [Abstentions, Blancs et nuls, votes FN], la « lepenisation des esprits » aboutit à la
banalisation des idées « nationales et socialistes » sous des oripeaux de respectabilité.






La tâche première qui est la notre consiste à réfléchir sur les perversions de la Démocratie dite « démocratie représentative » qui aboutit au résultat
que l'on voit, pour, dans la perspective d'une Constituante en vue de la VI° République, établir enfin la possibilité d'expression permanente des citoyens, leur droit à l'information, leur droit
au débat non usurpé par les médias, leur droit de participation à la décision et au contrôle de son application.


L'AVERTISSEMENT de VILLENEUVE sur LOT doit constituer un leçon sévère, et le début d'un changement.






Le Conseil National de la Résistance constituait un FRONT RÉPUBLICAIN parce que son programme était républicain et progressiste. En 2002 la soumission sans
condition au vote Chirac a été une reddition sans conditions, elle n'était pas un Front Républicain fondé sur des valeurs et un programme républicain et progressiste et a préparer le terrain pour
ce qui se passe.


Un Front Républicain ne peut être sans principes, il ne peut cautionner une dérive nationaliste socialiste, fut-elle menée sous cape,  par un candidat
d'opposition






 

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  • : Henri MOULINIER
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  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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