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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:11

Le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, accompagné de militants du Front de gauche, a dénoncé vendredi 13 avril 2012 devant le siège de l’Autorité des marchés financiers (AMF) le lancement d’un nouveau contrat à terme sur la dette française.

Des militants du Front de Gauche, armés de pancartes, se sont massés devant le siège de l’AMF, place de la Bourse, dans le centre de Paris, en scandant: « ils spéculent au tirage, ils dégagent au grattage! », en ce vendredi 13.

« En organisant un marché à terme sur la dette française, la Bourse allemande a organisé un moyen de prendre à la gorge le peuple français sitôt qu’elle en aura l’intention », a dénoncé M. Mélenchon.

La société Eurex, spécialiste des produits dérivés et filiale du groupe boursier allemand Deutsche Börse, doit lancer lundi un contrat à terme sur les obligations d’Etat françaises de long terme. Le FG et EELV ont protesté. 

« La finance s’apprête à sauter à la gorge de notre pays, dès que l’élection aura lieu, et peut-être même avant! », a poursuivi M. Mélenchon.

 La finnce s'apprête à sauter à a gorge de notre pays!

S’adressant au président de l’AMF, Jean-Pierre Jouyet, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, et par ailleurs camarade de promotion du candidat PS François Hollande à l’ENA, a déclaré: « J’ai bien noté que lui partageait notre analyse en disant que c’était le plus mauvais signal qui est donné par cette Bourse ».

« Je le mets en garde, il ne faudra pas que son passé d’ancien ministre de monsieur Nicolas Sarkozy le conduise à quelques douceurs ou tendresse que ce soit à l’égard des conspirateurs financiers, car il nous en rendra compte personnellement! A bon entendeur salut! », a-t-il fini.

M. Jouyet avait estimé jeudi que le lancement d’un contrat à terme sur la dette française n’est pas un bon signal dans le contexte actuel, et qu’il risquait d’être considéré comme spéculatif.

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 * Vidéo de l'intervention de J L Mélenchon devant l'Autorité des MarchésFinanciers :

http://www.dailymotion.com/video/xq3mxg_melenchon-vient-devant-l-amf-pour-denoncer-la-finance_news

 *Site de la Société privée Eurex, promotteur de ce nouveau marché financier:

http://www.eurexchange.com/index.html

" New futures on French government bonds
From April 16, new futures contracts on long-term French government bonds will complement the Eurex fixed income segment. The Euro-OAT Futures (Obligations Assimilables du Trésor) will add to the range of our efficient hedging tools for the European bond market. more "

http://www.eurexchange.com/download/documents/circulars/cf0522012e.pdf

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Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle de 2012, le 11 avril.

Pendant que Sarkozy et Hollande se font des querelles de mots sur la finance, celle-ci vient de s’offrir un nouveau pouvoir considérable en France. Je condamne la création annoncée pour lundi 16 avril prochain d’un nouvel instrument spéculatif contre la dette française. Lancé par la bourse de Francfort sur le Marché européen des produits dérivés, ce           « contrat à terme sur les obligations d’Etat françaises » va offrir des moyens considérables aux spéculateurs pour attaquer notre pays.

Ce nouvel instrument de faire de l’argent sur le dos de notre peuple a aussitôt été saisi par les banksters qui ont déjà déclenché la crise de 2008 aux USA puis celle de la dette en Europe, comme les banques anglo-saxonnes Morgan Stanley et Barclays Capital.

Face à ce nouveau coup de force de la finance contre notre pays, je m’étonne du silence de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement pourtant si prompts à agiter la menace des marchés financiers contre la gauche.

J’invite François Hollande à prendre conscience du danger qui menace et à rejoindre ma stratégie de combat. Je préviens que si je suis élu, ces contrats seront interdits comme toutes les ventes à découvert et les CDS non adossés. Je préviens que des poursuites seront engagées contre ceux qui ont préparé ou facilité la mise en place de ces mesures contre les intérêts économiques fondamentaux de la nation (article 410-1 du code pénal).

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Mercredi 11 avril 2012

La finance invente une nouvelle arme contre la dette française

Les financiers ne sauraient être accusés d’un quelconque cynisme. C'est donc une simple coïncidence si la société allemande Eurex, contrôlant le marché à terme de Francfort, a annoncé le lancement d’un nouveau produit dérivé sur la dette française pour le 16 avril. Une semaine tout juste avant le premier tour de l’élection présidentielle ! Depuis cette annonce, certains boursiers s’alarment, parlent d’attentat financier .

De quoi s’agit-il exactement ? Officiellement, Eurex va proposer à ses clients, “hedge funds”, banques et autres, des produits sur les obligations françaises à dix ans (OAT), pour se couvrir à la hausse comme à la baisse. «Avec l’introduction de ce nouveau contrat, nous répondons à l’intérêt grandissant des intervenants sur le marché, à la recherche de produits de couvertures plus élaborés », a expliqué un des responsables de la société de bourse allemande.« De plus, ajoute-t-il sans rire, le marché de dette publique française va vraisemblablement bénéficier de ces nouvelles opportunités

 Profiter des opportunités !

Profiter des opportunités ! Les traders évoquent plutôt une nouvelle arme de destruction massive contre la France, contre l’euro, au moment où l’Espagne paraît appelée à être la nouvelle victime expiatoire de la zone euro, où les écarts de taux ne cessent de se creuser entre la France et l'Allemagne et tous les autres. « Dans le contexte actuel de tensions sur les dettes européennes, lancer un tel produit revient à ouvrir la porte à une attaque spéculative sur la France, surtout dans un moment d’ élections », grince-t-on au sein de la Banque de France.

 *Spéculer contre la dette française a toujours été possible. Mais jusqu’alors, il fallait de gros moyens financiers. Seules les banques ou les très grands fonds spéculatifs s’y risquaient. Il fallait soit s’engager sur des ventes à découvert sur les titres obligataires eux-mêmes, c’est-à-dire mobiliser plusieurs dizaines voire centaines de millions d’euros, soit acheter des credit default swap (CDS). Le ticket d’entrée pour ces derniers est d’au moins 10 millions de dollars. Et le pari repose sur la dernière extrémité : la faillite.

*Les produits dérivés que s’apprête à lancer Eurex sont d’une tout autre nature. Ils permettent normalement de se couvrir contre les variations monétaires de la dette obligataire. Ils permettent surtout de spéculer à découvert, avec une mise limitée. Les options d’Eurex sont fixées à 100.000 euros pièce. Sachant que leur effet de levier est estimé entre 10 et 20 fois la mise, les dégâts peuvent être rapides. Les hedge funds et autres fonds spéculatifs vont donc pouvoir parier sur la chute de la dette française, sans mobiliser beaucoup de fonds.

 

*D’autant que le risque est très limité. A la différence du marché des CDS, si opaque au point de ne pouvoir indiquer qui sont les détenteurs et les responsables en dernier ressort, les nouveaux produits dérivés seront négociés sur un marché réglementé, c’est-à-dire encadré et sans risque de contrepartie. Chaque soir, la chambre de compensation, en l’occurrence Eurex Stream (ex-Clearstream), fera la balance entre les perdants et les gagnants. Pour le monde financier, c’est l’idéal.

 Pour le monde financier, c'est l'idéal !

« Les dérivés pour spéculer sur la dette existaient déjà, mais ils étaient négociés de gré à gré. Un marché transparent et réglementé est toujours préférable à un marché de gré à gré », relève Pascal Canfin. Mais ajoute le député écologiste, devenu un spécialiste des questions financières au Parlement européen, « la difficulté est que la réglementation ne permet pas de distinguer entre la protection et la spéculation. Si Eurex s’engage sur ce marché, c’est pour le développer. Ajouter de la liquidité revient à ajouter de la volatilité, de l’instabilité et de l’insécurité. Dans le contexte politique actuel, les aspects négatifs l’emportent largement sur les positifs ».

"Il y a toujours beaucoup d'argent à faire dans les périodes troublées"

Certains traders se refusent à voir dans ce nouveau produit la bombe à neutrons que d’autres décrivent. « Ces dérivés existent sur la dette allemande », note l’un d’entre eux. Ils rappellent que de tels produits avaient déjà existé dans le passé pour la dette française. Au milieu des années 1980, le ministre des finances de l’époque, Pierre Bérégovoy, avait lancé des contrats à terme sur la dette française, négociés sur le Matif (marché à terme des instruments financiers). Ces contrats ont disparu en 1999, au moment où Paris et Londres, partisans de la négociation à la criée, ont perdu le marché de la dette européenne, face à Francfort, favorable aux ventes électroniques. A l’époque, il s’était trouvé des hauts fonctionnaires au ministère des finances et au Trésor pour regretter cette disparition : les obligations françaises allaient être pénalisées par rapport aux titres allemands, les Bunds, qui servent de référence à l’ensemble de la zone euro, déploraient-ils.

 Eurex: une société privée qui cherche qu'à faire du profit

Pourquoi Eurex éprouve-t-il le besoin de relancer de tels instruments treize ans après ? « Parce que les clients le demandent. C’est une société privée qui cherche qu’à faire du profit. Ils anticipent des tensions sur la dette française, et sont sans doute prêts à les nourrir. Il y a toujours beaucoup d’argent à se faire dans les périodes troublées » raconte un arbitragiste. Des hedge funds confiaient récemment au Financial Times que les dettes européennes étaient leur meilleure source de profits : elles leur avaient rapportés en 2011 entre 11 et 13% par an quand les autres investissements peinaient à faire du 4-5%.

 Déjà en Italie en 2009

Au printemps 2009, quelques mois après la réélection de Silvio Berlusconi comme premier ministre en Italie, la même société allemande avait lancé le même type de produits sur la dette italienne, avant de les compléter par des dérivés sur le court terme un an plus tard. En septembre 2011, en pleine tourmente dans la zone euro, alors que tous les regards se tournaient sur les obligations italiennes,affichant alors des taux de près de 7%, Eurex tirait le premier bilan de ses nouveaux produits. Pour s’en féliciter. « Les marchés financiers, touchés par la crise de confiance, ont besoin d’instruments appropriés, leur offrant des possibilités de couvertures plus sophistiquées pour les obligations des pays européens qui ne sont plus Triple A. Nos dérivés sont conçus pour apporter aux traders et gestionnaires de fonds des couvertures viables dans un environnement où les écarts de taux entre les dettes de la zone euro s’élargissent », insistait-il.

Si de tels instruments ne sont pas à l’origine de la spéculation sur les dettes de la zone euro, ils en facilitent la propagation, à moindre frais. Et rien ne peut endiguer leur capacité de nuisance. Personne ne peut les interdire.

Avec la ferveur des nouveaux convertis, les gouvernements européens, épris de libéralisme, se sont complètement abandonnés aux mains des marchés financiers. A l’exception de l’Allemagne qui a bataillé pour rapatrier le marché de sa dette chez elle afin d’en garder le contrôle, tous les autres l’ont laissé à des mains extérieures. Aujourd’hui, Eurex peut inventer les produits qu’il veut sur la dette française, italienne, espagnole, aucun gouvernement ne peut s’y opposer. Même si cela contrecarre ouvertement les tentatives de stabilisation de la BCE pour la zone euro. « J’ai proposé que l’on délivre des autorisations de mise sur le marché pour les produits financiers, comme on le fait pour les médicaments. Même si ce système n’est pas parfait, il permettrait d’instituer un contrôle. Mais, pour l’instant, cette proposition est restée lettre morte », explique Pascal Canfin. Comme tant d’autres.

 Sarkozy n'a en rien voulu mettre la finance sous contrôle

Cinq ans après le début de la crise financière, l’absence de dispositifs pour protéger l’Europe des dérives financières se mesure, grandeur nature . Les rodomontades des uns et des autres, assurant que « la spéculation, c’est fini, les paradis fiscaux, c’est fini », n’ont débouché sur rien. Il n’y a eu aucune volonté de remettre la finance sous contrôle. Les marchés ont désormais en main une arme supplémentaire contre la France. Combien de temps attendront-ils avant de s’en servir ?

Source: Mediapart

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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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