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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 17:28

Un bon congrès du Parti de la Gauche européenne et une décision du Parti de Gauche français de suspendre son adhésion jusqu'après les élections municipales en France, à cause du choix majoritaire des communistes de Paris. Cela veut-il dire que le PG suspend aussi sa participation aux réunions du Front de gauche ? Je ne le pense pas et en tout cas ne le souhaite pas.

Le Front de gauche, les français en ont bien besoin pour ouvrir une alternative vraiment de gauche et faire front à la droite et l'extrême-droite. Ca me chauffe ces bisbilles !!!

Deux articles sur le sujet, issus de la revue "Regards". Je partage l'avis de Roger Martelli et Clémentine Autain. Un 3e d'Eric Coquerel, dirigeant du Parti de Gauche  qui explique la position du PG. 

Henri Moulinier

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Mélenchon parti de la Gauche Européenne

Par Guillaume Liégard| 16 décembre 2013       

Il y a des jours, franchement, où la moutarde vous monte au nez. Et bien c’est mon cas. Depuis mercredi 11 décembre, je suivais les travaux du congrès du Parti de la Gauche Européenne réuni à Madrid. Créé en 2004 à Rome, le PGE regroupe des partis communistes, socialistes ou Rouge et Vert d’une vingtaine de pays européens. Et dans l’ensemble je trouvais que cela se passait bien, très bien même.

D’abord parce que le congrès a décidé de choisir Alexis Tsipras comme candidat à la présidence de la Commission européenne. C’est un signal fort, celui de la résistance sans concessions aux politiques d’austérités. C’est aussi un encouragement à nos amis grecs qui peuvent demain porter au pouvoir, avec Syriza, un parti qui n’entend pas se plier aux diktats de la troïka.

Ensuite le dimanche 15 décembre, la motion [1] sur l’écosocialisme portée par cinq organisations [2] a été adoptée avec 48% de votes pour et 43% de votes contre. Au regard des traditions productivistes de bon nombre de partis communistes, ce résultat représente une petite surprise et c’est une belle victoire, notamment pour le PG qui a fait de l’écosocialisme, le cœur de son projet politique. Il faut souligner que les partis à l’initiative de ce texte ont la particularité d’être des formations relativement récentes et, à l’exception du PG, elles sont le regroupement de plusieurs forces politiques d’histoires différentes.

Evidemment, tout cela était trop simple et le congrès devait aussi élire le président du PGE. Dans son intervention à la tribune, Martine Billard co-présidente du PG a mis en avant « le refus d’une image brouillée » pour annoncer que la délégation du PG voterait contre la candidature de Pierre Laurent. Jusque là rien de bien nouveau sous le soleil, la divergence politique est connue, sa traduction par un vote de défiance était logique et attendue. Mais après la réélection de Pierre Laurent à la tête du PGE, le Parti de Gauche dans un communiqué a annoncé qu’il suspendait sa participation au PGE : « La clarté de notre campagne des européennes ne doit pas être mise en danger par la stratégie portée par Pierre Laurent de rejoindre la liste du PS aux municipales à Paris. Rien ne doit venir brouiller le sens politique du vote pour nos listes. Nous décidons donc de suspendre notre participation au PGE jusqu’aux élections municipales ». Bizarrerie de cette décision, le PG se prive d’un cadre avec les autres partis européens à cause de Pierre Laurent qu’il rencontre tous les lundi matins lors de la réunion hebdomadaire des différentes composantes du Front de Gauche : magie de la dialectique sans aucun doute.

Le choix d’Alexis Tsipras, l’engagement écosocialiste, ces deux décisions fortes du congrès aurait dû permettre de donner confiance, de remobiliser et d’offrir une perspective dans une situation politique délicate. Il n’en sera rien et tout cela est immédiatement passé à la trappe avec une seule nouvelle en boucle : le Parti de Gauche qui suspend sa participation et un nouvel avatar des bisbilles au sein du Front de Gauche. Non vraiment, du grand art.

Notes

[1] Le texte de la motion (en anglais pour l’instant) www.lepartidegauche.fr.

[2] Le Parti de Gauche, Syriza (Grèce), Die Linke (Allemagne), Le Bloco (Portugal) et L’Alliance Rouge et Verte (Danemark).

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Front de gauche : il est encore temps

Par Clémentine Autain, Roger Martelli| 16 décembre 2013                        

Après des années de dispersion amère à la gauche du Parti socialiste, la création du Front de gauche, à la fin de 2008, fut un salvateur ballon d’oxygène. L’espoir était de retour et la dynamique de l’élection présidentielle en a montré la fécondité. Il n’est pas question de revenir en arrière. Une gauche de gauche a toute sa place dans le paysage politique français, mais cette place ne peut être réellement occupée sans une condition, non suffisante mais cardinale : l’unité.

La décennie écoulée l’a amplement démontré. Chaque fois que la gauche de gauche est rassemblée, autour d’un objectif clair (par exemple le Non au Traité constitutionnel européen), elle change la donne. Chaque fois qu’elle est divisée (par exemple l’élection présidentielle de 2007), elle laisse à d’autres forces le devant de la scène. Pendant longtemps, la gauche de transformation sociale a trouvé son expression politique la plus forte dans un vote communiste élargi. Ce n’est plus le cas et ce ne sera plus le cas. Mais nul ne peut penser qu’il va occuper à lui seul l’espace politique ainsi libéré. Si le PCF actuel pensait qu’il n’a qu’à attendre patiemment le retour du balancier, il se risquerait aux désillusions cuisantes de 2002 et 2007. Mais si, en revanche, telle ou telle force, tel ou tel courant se laissaient aller à tourner le dos au Parti communiste, ils se voueraient à l’échec et, avec lui, à l’échec de toute la gauche transformatrice.

Les élections de 2014 ne peuvent pas se traduire par des scores du Front de gauche en-deçà de ceux de 2012. « Les » élections… Les municipales comme les européennes. Le choix du PCF dans plusieurs grandes villes complique la situation ? Sans nul doute. Mais il y a suffisamment de communes, grandes, moyennes ou petites, où le Front de gauche est en lice pour porter les couleurs d’une politique locale ambitieuse, à rebours des logiques d’austérité. Ces listes doivent recueillir en mars le score le plus élevé possible. Elles n’y parviendront pas dans un climat national de rancœur et de suspicion réciproque. Et, lors des européennes du printemps, le Front de gauche doit porter une espérance plus large encore, à l’échelle de tout le continent. Il ne le pourra pas si ses acteurs ne retrouvent pas l’enthousiasme militant unitaire de 2012.

Il n’est pas trop tard.

  Le Front de gauche s’est accordé sur une visée stratégique assurée : énoncer une critique radicale de l’option sociale-libérale pour déblayer la voie d’une gauche rassemblée autour de ses valeurs émancipatrices, sociales et écologiques. Critique et rassembleur, à toutes les échelles, de la commune à l’Europe : c’est notre marque de fabrique. Elle ne vivra, elle ne se verra que si nous sommes ensemble, résolument ensemble, quelles que soient les difficultés. La nécessaire clarté ne passe pas avant l’unité, tout simplement parce que, sur le fond stratégique, nous avons déjà bâti notre communauté essentielle.

Retrouvons donc sans tarder l’allant de notre unité. Nous réfléchirons ensuite à notre avenir. Sans doute nos tensions disent-elles aussi, malgré nous, une limite de ce que nous avons construit. Nous sommes un espace militant : c’est notre force. Mais nous n’avons pas réussi à fonctionner autrement que comme un cartel : c’est notre faiblesse. Ne plus être un cartel, inclure – et pas seulement pour coller les affiches – tous les militants et sympathisants qui, par dizaines de milliers, ont donné de la force à notre candidat en 2012 : ce défi est devant nous. Il faudra scrupuleusement respecter le désir de ceux qui veulent conserver leur autonomie organisationnelle. Mais le Front de gauche a le devoir d’ouvrir ses portes et ses fenêtres s’il veut être à la hauteur de la responsabilité qui est la sienne : être un outil au service du peuple pour construire une alternative politique.

Ce sera notre tâche après les échéances électorales. D’ici-là, un impératif unique : le souffle irrépressible de l’unité.

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Le point de vue d'Eric Coquerel, dirigeant national du Parti de Gauche

AU NOM DU FRONT DE GAUCHE

DR Crédit Michel Soudais. la force du Front de Gauche en mouvement le 1er décembre

 

                         Madrid où se tenait le congrès du PGE. J’ai d’autant plus envie d’écrire sur le bilan de ce congrès que j’en ai été privé en raison d’obligations professionnelles.

Commençons par ce que les médias ne retiendront pas ou peu : le contenu (on parie ?). Le Parti de Gauche s’est en effet énormément investi dans la préparation programmatique de ce congrès. Avec des résultats excellents puisque la résolution finale est dominée par la nécessité d’une franche rupture avec l’UE actuelle et les traités.

Deuxième, et énorme acquis, l’adoption surprise dimanche matin (48% de votes pour et 43% contre) d’une motion sur l’écosocialisme proposée par le PG et appuyée par Syriza (Grèce), Bloco (Portugal), Alliance rouge-verte (Danemark) et die Linke (Allemagne) unis pour dire que l’écosocialisme est l’avenir de la gauche. (communiqué : http://www.lepartidegauche.fr/actualites/actualite/coup-tonnerre-ecosoci...)

Pour autant la décision de suspendre de façon provisoire notre participation au PGE a été prise. Jusqu’aux municipales très exactement soit 4 mois. C’est en quelque sorte une suspension conservatoire. Je sais qu’elle fait débat même si elle ne constitue pas, à mon sens, la décision la plus importante de ce congrès. En tous cas, elle ne peut constituer une surprise. Le 18 octobre, j’avais fait, au nom du PG, une déclaration à la conférence des Présidents du PGE à Madrid pour dire notre désaccord avec la candidature de Pierre à la présidence du PGE. Devant l’intéressé, j’avais expliqué que dans une période historique qui réclame toujours plus de clarté face à une social-démocratie devenue la voiture-balai du néolibéralisme, il était impossible qu’à la veille d’une confrontation électorale avec elle à l’échelle de l’UE, le PGE se donne pour président un responsable politique défendant l’alliance derrière le PS français aux municipales et plus particulièrement dans la capitale où nul ne pouvait ramener se scrutin à un seul enjeu local. Or rien, depuis, n’est venu transformer la donne. Rien : ni au PGE, ni au niveau national dans le Front de Gauche.

Au PGE, nous avons pourtant tenté un compromis en proposant une coprésidence paritaire qui aurait eu l’avantage de répondre à une exigence exprimée par sa commission féministe depuis longtemps et de pouvoir élire à ce poste une candidate présentant un autre profil vis-à-vis de la social-démocratie. Je précise que cette proposition n’était pas faite pour y installer une co-présidente issue du PG. Cela permettait de sortir par le haut de la situation : on nous a refusé de proposer cet amendement au vote alors même qu’il aurait été vraisemblablement majoritaire au congrès ! Devant le refus qui nous a été opposé, l’issue ne peut–être une surprise pour personne. L’élection de Tsipras, leader de Syriza, un parti qui a justement fait de l’indépendance vis-à-vis de la social-démocratie les raisons de son succès, à la candidature à la présidence de la commission européenne face à Martin Schultz, est une grande et bonne chose. C’est cela la nouvelle importante de ce congrès avec les évolutions programmatiques déjà évoquées. Mais cette candidature qui s’oppose du coup clairement au social-libéralisme est du coup contradictoire avec la réélection de Pierre. Voilà pourquoi notre délégation a choisi de pointer cette contradiction en posant un acte fort même s’il est provisoire et symbolique.

Car au niveau du Front de Gauche non plus les choses n’ont, pour le moment, pas évolué. Là encore nous avons pourtant été clair. Egalement en octobre, j’ai soumis une adresse à nos partenaires au nom de mon parti. L’objectif : que par des actes, même symboliques, le Front de Gauche réaffirme une stratégie nationale pour les municipales. Cette stratégie réclame une concrétisation simple. Elle a d’ailleurs a été mise en pratique à toutes les élections depuis la création du Front de Gauche : c’est l’autonomie vis-à-vis du PS au premier tour pour permettre aux électeurs de trancher entre les deux lignes qui fracturent les forces de gauche. A cela, Pierre Laurent nous a répété ne pas comprendre puisqu’en juin nous lui avions expliqué que nous saurions gérer ensemble, autant que possible, les quelques villes où le PCF partirait derrière le PS. Il a raison : connaissant les contradictions internes à notre principale partenaire et ses statuts qui donnent une large part, y compris en terme de décision stratégique, à ses militants, et élus, locaux, nous savions que nous allions devoir faire avec des exceptions. Mais j’écris bien des exceptions. Cela n’a rien d’une nuance. Des exceptions du type de celles que nous avons su accepter lors des régionales de 2010 (où dans 5 régions sur 22 le PC était parti avec le PS au premier tour). Gérer des exceptions oui mais pas une stratégie différente ! Soit celle géométrie variable défendue depuis la rentrée de septembre par le secrétaire national du PCF lui-même pour le pays et plus particulièrement pour Paris où il a mis tout son poids dans la balance pour que ses camarades votent, de très peu pourtant, le ralliement au PS. Du coup, voilà donc le Front de Gauche seule force d’ampleur nationale à ne pas présenter une stratégie claire à cette première élection nationale depuis l’élection de François Hollande !

Est-ce que la politique du gouvernement aurait évolué positivement pour expliquer pareille remise en cause ? C’est l’inverse : que ce soit sur le budget, la hausse de la TVA, les retraites, sa gestion de la mobilisation des « bonnets rouges », la politique du bouc émissaire de Valls, ce gouvernement poursuit son inflexion à droite. Nos parlementaires s’apprêtent d’ailleurs à rentrer franchement dans l’opposition en votant contre le budget. Le PS aurait-il pris ses distances avec lui ? C’est l’inverse. Jamais il n’y a eu aussi peu de contestation interne à la politique du gouvernement en son sein comme le montrent les votes récents à l’assemblée nationale sur les retraites ou le budget. Et je comptabilise pourtant les abstentions comme signes de cette contestation. Enfin y aurait-il eu la moindre éclaircie dans la social-démocratie européenne ? C’est l’inverse. Certains espéraient une « rébellion » ce week-end des militants du SPD consultés sur l’accord avec la CDU. La réponse (75 % pour la coalition) fait de ceux qui veulent nous persuader de la capacité de changer de l’intérieur les partis sociaux-démocrates de dangereux illusionnistes. Le plus vieux et plus puissant des partis sociaux-démocrates, le SPD, a choisi de participer à une coalition dirigée par Angela Merkel. Désormais gagnée au néolibéralisme, les Partis socialistes choisissent donc l’alliance avec d’autre néolibéraux plutôt qu’avec la gauche. Voilà leur règle : de leur point de vue elle est logique mais les éloigne toujours plus de l’idée que nous nous faisons de la gauche. On comprendra du coup qu’il est plus que jamais nécessaire d’être indépendant et d’établir un rapport de force avec les partis sociaux-démocrates jusqu’à les dépasser.

Voilà pourquoi le débat en cours au sein du FDG, et plus particulièrement au sein du PCF en réalité, ne peut-être contourné en mettant entre parenthèses les Municipales comme on nous y invite. Tout d’abord parce qu’on ne peut disjoindre deux élections si proches sur le calendrier. C’est d’ailleurs ce que nous écrivions dans le texte stratégique du Front de Gauche de janvier 2013. Dans son discours conclusif au PGE, Pierre Laurent n’a d’ailleurs pas manqué de les lier. C’est enfin d’autant moins possible que l’an prochain reviendront, le même jour, d’autres scrutins qui reposeront de nouveaux ces questions : cantonales et régionales. Laisser penser que, désormais, la stratégie électorale pourrait être à géométrie variable est en réalité le moyen de mettre non pas les municipales entre parenthèse mais les Européennes. Tout cela renvoie sur le fond à notre positionnement vis-à-vis du gouvernement et le PS : toute alliance politique avec lui nous assimile, même de façon critique, à sa politique. Nous serons alors châtiés avec lui… Et nous laisserons à la seule droite et extrême droite l’apanage de l’alternative. Or l’objectif du Front de Gauche, sa raison d’être, est de l’empêcher en se mettant en capacité de rassembler une majorité alternative.

Voilà pourquoi je défends plus que jamais la pertinence du Front de Gauche. Je saisis là l’occasion de répondre à un article de Libération paru ce week-end laissant entendre que derrière la suspension provisoire de notre participation au PGE se cacherait en réalité une prise de distance vis à vis du FDG. Comment croire que le Parti cofondateur du Front de Gauche, c’est à dire le rassemblement le plus large possible de l’autre gauche pour renverser le rapport de force vis-à-vis de la social-démocratie, entend prendre ses distances avec lui ? Je suis, au contraire, toujours plus convaincu de cette stratégie comme de la nécessité et l’utilité de présenter des listes FDG aux Européennes pour répondre là aussi à cet article. Mais le Front de gauche est avant tout une stratégie et une ambition bien plus qu’un cartel. Et c’est bien pourquoi nous refusons de l’affaiblir en acceptant une stratégie à géométrie variable : parfois derrière le PS, parfois avec le Front de Gauche. Ce serait rendre illisible ce que nous avons mis cinq ans à construire et nous renvoyer à la marginalité. Dans les faits chacun constatera d’ailleurs que le Parti de Gauche continue à œuvrer au renforcement du FDG. Nous l’avons fait en proposant une marche le 1er décembre couronnée de succès. Nous le faisons en essayant de construire le maximum de listes répondant à sa stratégie, donc autonomes au premier tour des listes gouvernementales, y compris au détriment du nombre de nos têtes de liste. Enfin nous le faisons en mettant en oeuvre, partout où c’est possible, des preuves concrètes d’une majorité alternative. C’est le cas dans les dizaines de municipalités où nous ferons alliance, sur la base du refus de l’austérité, avec des groupes locaux et des militants EELV. C’est aussi ce que j’ai essayé pour ma part de tester lors d’une intervention à la convention nationale sur les Européennes du MRC en proposant d’ouvrir des discussions pour d’éventuelles listes communes pour sortir de l’Europe d’austérité. C’est enfin le même type de proposition que j’ai lancé lors du débat de l’émission Arrêt sur image aux représentants de Nouvelle Donne présents sur le plateau soit Pierre Larrouturou et Bruno Gaccio. (voir : http://www.arretsurimages.net/emissions/2013-12-13/Nouvelle-donne-il-est...) pour les placer devant leurs responsabilités. Avec toujours le même objectif : rassembler le plus largement possible tous ceux qui contestent l’hégémonie sociale-démocrate sur la gauche même si, parfois, on ne croit pas trop à la volonté de nos potentiels partenaires de faire le pas nécessaire. Qu’importe, je maintiens la nécessité d’être unitaire pour deux vu la gravité de la situation.

On n’aura donc compris qu’il n’est pas là question d’un différend personnel avec Pierre Laurent et encore moins d’un clivage avec l’ensemble du PCF où je suis persuadé que de la base au sommet les questions abordées dans cette note se posent. C’est en réalité un débat d’importance sur la stratégie à mettre en œuvre à l’échelle européenne comme nationale, donc un débat noble. Voilà pourquoi nous n’acceptons pas de tourner la page municipale ce qui serait accepter de fait la stratégie à géométrie variable. C’est par la politique que nous sortirons de cette difficulté. Nos partenaires connaissent nos propositions. Elles consistent à réaffirmer l’autonomie comme le cap du FDG pour les élections à venir. Pour les municipales cela consiste, par exemple, à réserver le logo et l’appellation FDG aux listes autonomes, à mettre en place une coordination nationale de campagne des listes conduites par une tête de liste Front de Gauche, à des initiatives centrales de ces listes. Autant de propositions que nous avions faites dans notre adresse. En définitive nous voulons un FDG en cohérence avec la décision de présenter Alexis Tsipras face à Martin Schutz. Je suis convaincu que seule cette cohérence nous permettra d’être compris par tous ceux qui contestent la politique de François Hollande. Cela vaut bien quelques débats et désaccords entre nous car c’est la raison d’être du FDG qui est en jeu. Je suis convaincu que nous avons les moyens de les dépasser.

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Jean-Luc Mélenchon, sur son blog, extraits

Au congrès du PGE notre motion écosocialiste devient majoritaire

Le congrès du PGE (Parti de la Gauche Européenne) vient de se tenir à Madrid. C’est un parti qui regroupe une série de nouveaux partis comme le PG français ou le Syriza grec, le Die Linke allemand ou le Bloco portugais, l’alliance Rouge Vert du Danemark et une série (mais pas tous) d’anciens Partis Communistes d’Europe de l’Ouest ou de l’Est. Accolé à une fondation, il dispose d’importants moyens. Le PGE fonctionnait jusque-là au consensus. Ce congrès a interrompu cette habitude, qui aboutissait à l’étouffement des débats et des initiatives, dans une routine fade qui condamnait le parti à une certaine illisibilité dans des moments cruciaux, comme au moment de l’adoption du traité budgétaire. Depuis son adhésion, notre parti a pris au sérieux sa participation aux travaux et à l’action quand il y en a eu. L’inclusion de la thèse de la Révolution citoyenne dans les thèses du PGE est le résultat de ce travail de dialogue approfondi. Je le mentionne parce que la thèse de la Révolution citoyenne n’est pas la reprise, sous vocable euphémisé, de l’ancienne thèse sur la révolution socialiste. Mais cela ne suffisait pas au renouveau doctrinal, selon nous.

La « Révolution citoyenne » est une stratégie. Il faut dire au service de quel projet. Ici, il est question de la rupture avec le productivisme et de la reformulation du projet collectiviste dans le sens d’un projet d’intérêt général humain. Ce travail, nous l’avons conduit sans désemparer pendant deux ans, essentiellement sous la houlette de Corinne Morel-Darleux. Les thèses sur l’écosocialisme, adoptées à Paris en 2012, ont été présentées dans une dizaine de pays et traduit en une quinzaine de langues. Comment l’idée pouvait-elle cheminer dans le congrès du PGE ? Nous avons décidé de nous mobiliser au plus haut niveau. En amont du congrès, deux séances du secrétariat national de notre parti en plénière ont permis un débat sur le fond et la méthode qui serait employée au congrès. La délégation, conduite par Martine Billard co-présidente de notre parti, intégrait tous les responsables du parti qui avait été en charge d’une partie du dossier Europe ou Ecosocialisme. Deux exceptions : Eric Coquerel et moi dont il avait été décidé que nous n’irions pas au congrès. Un système de contact et de compte rendu permanent a permis à tout notre bureau national de suivre l’évolution du travail. Une téléconférence fut même organisée le premier soir. Tout cela pour signaler combien nous avons pris au sérieux ce congrès. Sur place, réunie à intervalle régulier, notre délégation s’est attelée a un intense travail de dialogue. La répartition des langues parlées par les membres de notre délégation permettait un accès direct aux plus importantes délégations. Quand il fut devenu évident que la thèse écosocialiste, pourtant soutenue depuis des mois dans les commissions de travail ad hoc sombrerait dans les sables mouvant, conformément à son mandat, notre délégation a voulu porter le débat devant le congrès. Très rapidement les nouveaux partis tombèrent d’accord avec nous. Le texte de l’amendement fut rédigé en commun et soumis au vote. C'est ainsi que le PG, avec l'alliance rouge-verte du Danemark, le Bloco du Portugal, die Linke en Allemagne et Syriza pour la Grèce, ont proposé une motion faisant de l’écosocialisme l’axe de l’orientation idéologique proposé au Parti de la Gauche européenne. Un texte présenté en amendement, en cohérence avec le texte politique général. Celui-ci avait été déjà sérieusement retravaillé en amont par nos délégués pour réaffirmer sans ambiguïté un rejet complet de la ligne libérale de la social-démocratie, la nécessité d'une alternative au capitalisme et la stratégie de la Révolution citoyenne. « Avec l'écosocialisme comme projet et la Révolution citoyenne comme stratégie de réappropriation de la politique par chacun, la gauche européenne peut se donner les outils pour mener de front lutte institutionnelle, bataille culturelle et résistances de terrain » a expliqué à la tribune du congrès Corinne Morel Darleux. Après débat, l’amendement a été nettement adopté : 47,6 % pour, 42,9% contre, 9,5% abstention. Nous n’avons pas compris pourquoi la délégation du PCF a voté contre. Nous pensions que le rapprochement idéologique était déjà accompli sur ce point. Une abstention aurait été comprise, compte tenu du débat des communistes français sur le nucléaire.

Quoi qu’il en soit, Martine Billard avait tracé notre ligne d’action dés le début du congrés : « la responsabilité de nos partis, du Parti de la Gauche européenne est de tracer une alternative politique qui redonne espoir à nos peuples. C’est le sens que veut donner le document politique qui nous est proposé. Il affirme clairement la nécessité d’une rupture avec les traités européens et les politiques menées en Europe et dont la responsabilité est partagée entre la droite et la social-démocratie. Dans ce contexte, il est absolument nécessaire pour reconquérir la confiance de nos peuples et renforcer le PGE de construire une cohérence entre nos textes et nos pratiques. Aussi, nous saluons la proposition de présenter Alexis Tsipras à a présidence de la Commission européenne comme symbole de la lutte des peuples contre les politiques d’austérité. Nous sommes aussi convaincus que cette stratégie d’autonomie de nos partis du PGE doit s’exprimer dans nos élections nationales. Comme elle doit s’incarner au plus haut niveau de représentation du PGE. En France, nous aurons des élections municipales deux mois avant l’élection européenne. Ces élections sont à deux tours. Le Parti de Gauche défend l’existence de listes autonomes du Front de Gauche dès le premier tour de ces élections.  Malheureusement, à Paris, Pierre Laurent, le secrétaire national du Parti communiste, a décidé que le PCF partirait avec le PS dès le 1er tour. Cela pose un problème pour l’image de la présidence du PGE. Nous considérons que le fait que le président du PGE, appelle à aller sur la même liste que les socio-démocrates deux mois à peine avant l’élection européenne brouille le message d’autonomie du PGE, et ce, pas seulement en France. Aussi, au nom du Parti de Gauche, j’ai le regret, comme nous l’avions annoncé il y a deux mois, de vous dire que nous voterons contre la reconduction du mandat de Pierre Laurent. Ce n’est ni une remise en cause de la personne, ni du travail fait. C’est une divergence politique. C’est le refus d’une image brouillée pour le PGE. »

Que cela soit clair : nous ne demandions rien pour nous même. Même lorsque nous avons proposé la création d’une co-présidence pour instaurer la parité. Idée acceptée et reportée au prochain congrès pour une raison inexpliquée. De même, il ne s’agissait pas de mettre en difficulté le PCF dans le PGE. Un autre membre du PCF, non engagé dans une liste avec les socialistes, aurait reçu notre aval, quel qu’il soit. Mais Pierre Laurent a semblé ne rien vouloir entendre ni comprendre, alors même que tout le monde cherchait un consensus, que la reconduction d’un président du PGE est un fait nouveau par rapport à la tradition de rotation, et que le cumul de mandats aurait dû conduire a rechercher un soulagement de son activité. En vain. Il fallut donc partir de cette intransigeance pour réfléchir. Etrange. Il est regrettable que Pierre Laurent ait cru utile de fustiger « les donneurs de leçons » dans son intervention de clôture, sur un ton et un état d’esprit qui n’était pas celui du congrès. Et, pour finir, il fut bien incongru de le voir défendre, en clôture de congrès du PGE, la liste municipale de Paris…

Pour autant, l’important pour nous était l’axe idéologique. Devenu idéologiquement majoritaire sur sa proposition stratégique, tout en restant ferme sur son exigence de clarté en tous points, le PG a joué le jeu et il a tenu tous ses engagements vis-à-vis du PGE. Il n’a pas présenté de candidat à la présidence. Son but n’était pas de provoquer une bataille de personnes. Au demeurant, le rôle est apparu extrêmement limité dans une organisation qui fonctionne encore pour l’essentiel au consensus en ce qui concerne le quotidien, fait de réunions dans tous les coins d’Europe. Dans une tribune parue en espagnol, François Delapierre avait nettement tracé la ligne rouge à ne pas franchir : « nous n’avons pas fait tout ce chemin pour nous replacer si peu que ce soit dans les wagons de la social-démocratie ». La participation du PG au PGE est donc suspendue jusqu’à la fin des municipales.

 

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Published by henri Moulinier - dans Front de gauche: à élargir
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Henri Moulinier 18/12/2013 23:20


Le programme l'Humain d'abord est né de la construction unitaire du Front de gauche. Et c'est l'unité autour d'un candidat commun qui a permis une large dynamique citoyenne dépassant le cadre des
militants des organisations.C'est cette unité agissante, force de critique et force de proposition sur la base du programme" l'humain d'abord" qu'il faut relancer et élargir.


Il est clair que des stratégies différentes sont à l'oeuvre pour les présentes élections municipales. Les positions sont maintenant connues et arrêtées. Nous en tirerons les leçons. Pour autant,
ne figeons pas les choses, car d'autres échéances importantes nous attendent, à commencer dès mai par les électione européennes: un sacret enjeu politique majeur! Et le PGE est une fédération de
partis nationaux, non un carcan européen comme l'est l'actuelle construction européenne. Chaque formation conserve sa liberté.

Bacqué Jean-Louis 18/12/2013 00:41


LE NÉCESSAIRE DÉBAT


L'unité ? L'unité, si elle se résume à un slogan sans contenu, perd tout son sens et n'est plus qu'une invocation, une incantation.


Le Front de Gauche a été une concrétisation en action de l'unité de Gauche sur un programme, l'Humain d'abord. Les entourloupes électoralistes menées en dehors de ce programme, hors de
l'information et du débat au sein du Front de Gauche, a été une rupture de cette vocation unitaire.


Un débat est nécessaire au sein du PGE qui vient de choisir le président du PGE en la personne qui représente la désunion de Gauche par son alliance parisienne avec le PS, alors que, dans le même
temps, le PGE choisit Alexis Tsipras comme candidat à la Présidence de la Commission Européenne. C'est tout simplement incompréhensible.


Comment expliquer cela aux peuples en lutte contre les politiques austéritaires qui leur sont imposées ?


QUELLE UNITÉ ET POUR QUOI FAIRE ?

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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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