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23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 22:44

L'homme de la revanche

par Pierre Garrat

 En annonçant à la fin du second débat de la primaire qu’il ne veut pas d’Anne-Laure Jaumouillié sur sa liste en cas de victoire le 1er décembre, Jean-François Fountaine a confirmé ce que disait Maxime Bono mi-novembre : il n’a pas voulu, et ne veut pas, rassembler.

 

était la sécurité. Il lui fallait aussi tenir ses nerfs pour ne pas être trop méprisant avec son adversaire et montrer sa bonne volonté. De ce point de vue, sur l’heure de débat organisée par les différents médias locaux cette semaine, tout s’est plutôt bien passé...pendant les 58 premières minutes. Jusqu’à cette phrase où il annonce qu’en cas de victoire, il ne proposera pas à Anne-Laure Jaumouillié d’être sur sa liste.
Quel que soit le vainqueur du 1er décembre, c’est une faute politique majeure, pour plusieurs raisons.
D’abord sur le résultat de la primaire lui-même. Celui-ci est si incertain qu’on se gardera bien de dire, à cette heure, si l’erreur de JFF est fatale ou pas. Mais elle a tout pour mobiliser au maximum l’électorat potentiel d’ALJ. Cette semaine la candidate risquait gros : son programme, son grand meeting et les deux débats où elle était attendue au tournant. Sans être flamboyante, elle a fait le job et garde la main dans la campagne. Cette dernière phrase du débat lui donne, en plus, les armes pour la dernière semaine.
Rassemblement : clef de la réussite d’une primaire ouverte
 Ensuite, le candidat soutenu par le PRG donne lui même du crédit à ce qu’a dit Maxime Bono mi-novembre pour expliquer son soutien à son adjointe aux finance plutôt qu’à son ami : Jean-François Fountaine ne veut pas rassembler. Or, comme dans les autres primaires ouvertes, quelque soit le vainqueur, quelque soit l’écart, le rassemblement, dès le soir du vote, est la clef de la réussite d’une telle consultation.
L’image de la primaire de 2011, c’est François Hollande et Martine Aubry main dans la main sur le perron de Solférino juste après les résultats. On sait que l’un a battu l’autre, on sait qu’ils ne s’aiment vraiment pas. Mais une fois la campagne de désignation terminée, il s’agit de faire bloc. Et de travailler ensemble et dans le même sens. Car c’est ce qu’attendent les militants et électeurs de la primaire. Si non le processus n’est pas crédible.
En fait, Jean-François Fountaine et son équipe nient tout l'intérêt de la primaire ouverte à La Rochelle. Elle est (ou était) une vrai chance pour la gauche rochelaise. Pour nous, c’était même la meilleure chose qui pouvait lui arriver : l’affrontement entre les deux gauches rochelaises était enfin assumé. Car la fracture dépasse celle de 2012, dépasse le seul Parti Socialiste et dépasse une traditionnelle opposition centre-gauche / gauche. Et les deux candidats ont des styles, des visions, des stratégies si différentes qu'ils incarnent à merveille cette fracture.
S’en remettre aux électeurs de gauche (même si le “de gauche” est le plus souvent dit en chuchotant chez JFF), c’était se donner l’occasion de régler le problème plus ou moins sereinement, et, peut-être, dans la durée. Et cela que le vainqueur soit Anne-Laure Jaumouillié ou Jean-François Fountaine.
Un bras d’honneur
 Or, s'il gagne, en faisant un bras d’honneur à ceux qui n’ont pas voté pour lui, “le patron” ferait littéralement exploser une gauche rochelaise, déjà mal en point. Sait-il seulement que sa liste, s’il sort vainqueur le 1er décembre, il devra la faire valider par les militants socialistes ? Et que s’il ne fait pas le rassemblement, on ne fera, cette fois oui, que rouvrir les plaies de 2012 ? Jean-François Fountaine nous dit en fait qu’il n’a aucune envie de mettre fin à la guerre des gauches.
Jean-François Fountaine et son camp font parti des vainqueurs de la législative, puisqu’ils étaient pour la plupart des soutiens d’Olivier Falorni contre Ségolène Royal. Et pourtant depuis le début de la campagne primaire, c'est lui qui endosse le costume du candidat de la revanche. C'est lui qui ne cesse de ressasser 2012 en agitant à tout les instants le scalpe de Ségolène Royal. L'antéchrist !
Un choix risqué, car il y a bien que les électeurs falornistes du premier cercle qui ne sont pas passé à autre chose. Un choix d’autant plus risqué dans une primaire de gauche quand on sait que les deux tiers des électeurs de cette même gauche ont voté Ségolène Royal lors du second tour de la législative de 2012.
Crépeau ! Crépeau ! Crépeau ! Avant d’utiliser l’ancien député-maire à tort et à travers, il faudrait se souvenir de son principal héritage politique : l’union de la gauche rochelaise, contre vents et marées, mère de toutes les victoires. Et aujourd’hui, c’est dit très clairement, ceux qui ont brisé ce talisman en 2012 ne veulent qu’une chose : marcher encore une fois dessus.Plus que jamais en votant Falorni le 17 juin 2012, la droite rochelaise a fait un bon investissement sur l’avenir. Charge aux électeurs de gauche de leur donner raison ou pas.

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Published by henri Moulinier - dans Municipales La Rochelle 2014
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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