Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 10:32

Les chefs d’Etat et de gouvernement européens se sont mis d’accord sur un pacte de croissance de 120 milliards d’euros lors d’un sommet à Bruxelles qui se terminait vendredi 29 juin. Certains doutes ont toutefois été émis sur le caractère nouveau de ces fonds, dans la mesure où au moins la moitié devrait être tirée des fonds régionaux.

Ces mesures, approuvées déjà par F Hollande pour la France, mais aussi par l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne, comprennent l'augmentation du capital de la Banque européenne d'investissement, la réallocation des fonds d'aides régionaux non dépensés et le lancement d'obligations pour la réalisation de projets (« project bonds ») visant à cofinancer de grands programmes d'investissement public.

Ces 120 milliards d'euros seront tirés de différentes sources :

• La B.E.I. (Banque européenne d’Investissement) verra son capital augmenter de 10 milliards d'euros, ce qui accroîtra sa capacité totale de prêt de 60 milliards d'euros.

• Les dirigeants ont également décidé que les fonds structurels non dépensés (55 milliards d'euros) seraient réalloués à des mesures en faveur des petites et moyennes entreprises et de l'emploi des jeunes.

Les nouveaux project bonds, les emprunts obligataires pour le financement de projets (5 milliards d'euros), seront lancée cet été pour des initiatives dans les secteurs de l'énergie, des transports et du haut débit.

Mais à court terme : quel effet réel ?

Selon un article d'EurActiv France, des doutes ont toutefois été émis quant à la possibilité que ces sommes puissent être mobilisées rapidement pour stimuler la croissance économique à court terme. Si l’effet de levier fonctionne bien, des garanties publiques seront adossées à des projets financés via des obligations émises par des entreprises, à hauteur de 4,5 milliards d’euros. Choisir les projets et mettre en place une structure de financement prend souvent plusieurs années et il est donc peu probable qu'ils aient rapidement des répercussions sur le terrain.

« Les infrastructures prennent des années, parfois 5 ans. » Ce ne sont pas des mesures qui relancent immédiatement l’activité », a expliqué, à EurActiv France, Florence Pisani, économiste chez Dexia Asset Management. 

Des fonds régionaux avec un effet microscopique sur l'économie grecque

Concernant les fonds structurels pour le développement régional, d'autres questions demeurent quant à leur efficacité, notamment en Grèce. Selon Marc Lemaitre, chef de cabinet de Janusz Lewandowski, le commissaire au budget, leur impact est « microscopique ».

« La Grèce est en récession profonde avec des taux de contraction de 6% à 7% par an », a-t-il déclaré à EurActiv France. « Or, les fonds structurels représentent 1,5% à 2% du PIB grec et le pays doit réduire ses dépenses publiques de 3% à 5% par an. Ce sont ces éléments qui sont dominateurs et l’on perçoit très peu les effets bénéfiques d’injections qui sont d’un ordre inférieur. »

 Plus grave pour la démocratie

François Hollande ne respectera pas ses engagements de campagne électorale de renégocier le TSCG ( le Traité sur la Stabilité, la coordination et la Gouvernance de l'Europe). Celui-ci a dit: "Dans la campagne, je voulais renégocier le traité pour y mettre ce qui n'y était pas: la croissance et des mesures de stabilité".

F. Hollande se contente d'un pacte pour la croissance et l'emploi de 120 milliards, qui n'est pas réellement une nouveauté, mais une "resucée d'une proposition de la Commission Européenne en début d'année", écrit l'Humanité du 2-7. Ce Pacte n'a pas la même valeur juridique que le TSCG, puisqu'il s'agit d'une annexe aux conclusions du sommet européen des Chefs d'Etats et de gouvernements.

Le dispositif austéritaire demeure! Le coeur du Traité sur la Stabilité , la coordination et la Gouvernance de l'Europe demeure intégralement avec la fameuse "règle d'or" imposée par le couple Merkel-Sarkozy, c'est à dire l'obligation permanente d'un budget public en quasi-équilibre (à 0,5 % près du PIB); avec une contrôle à priori de la Commission Européenne, des sanctions à la clé. C'est une capitulation, non une "renégociation" du Traité !

* Voir article précédant:

Lettre à F. Hollande: non au pacte budgétaire, oui à un référendum

Diaporama : projet de Traité européen Merkel-Sarkozy du Mécanisme Européen de Stabilité :

         projet de traité européen        

Henri Moulinier


Partager cet article

Repost 0
Published by henri Moulinier - dans Et maintenant - avec Hollande
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Henri MOULINIER
  • Henri MOULINIER
  • : Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
  • Contact

Profil

  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

Recherche

Pages

Catégories