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26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 08:31

Un témoignage d'un scientifique qui sait de quoi il parle: Jean Jouzel, Vice-Président du GIEC, le Groupe Intergouvernemental d'experts sur l"évolution du climat. Inquiétant, la cécité des dirigeants politiques de cette planête, des "républicains" américains qui tiennent aujourd'hui Obama, ert qui expriment les intérêts des groupes pétroliers et chimiques. Mais aussi, inquiétant le silence des chefs d'Etat de l'Union Européenne, tous occupés à faire subir l'austérité renforcée à leurs peuples, pour faire payer les plans d'aides aux banques (Interview dans l'Humanité). Un article aussi de Léonore Mahieux dans Sud-Ouste du 29 novembre 2010: pertinent lui aussi                       HM

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Pour info, 2 liens extérieurs fort interessants:  

* Le rapport de l'Académie des Sciences sur "le changement climatique"  du 26-10-2010:

       http://www.academie-sciences.fr/publications/rapports/pdf/climat_261010.pdf  

* Une video et un article :

              témoignages de spécialistes

Dans le cadre du projet Echo des Alternatives (www.alter-echos.org), durant 6 mois, ont été réalisées des dizaines d'interviews de spécialistes du climat, de militants d'organisations sociales et environnementales, d'intellectuels, d'individus engagés pour des modes de vie plus soutenables. Sans détour, ils nous ont confié leurs attentes vis-à-vis de Cancun, des négociations officielles et des initiatives de la société civile. La vidéo de 8 minutes et l'article qui suivent sont un condensé de quelques-unes de ces réponses

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Jean Jouzel: 

Parvenir à relancer les négociations sur le climat 

 

 

À quelques jours de la conférence de Cancun au Mexique, le vice-président du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, Jean Jouzel, se montre assez pessimiste.

 

Quel est l’état de la connaissance scientifique du réchauffement climatique ?

Jean Jouzel. Le groupe de travail du Giec sur l’état des connaissances scientifiques devrait achever son rapport d’ici à fin 2013. De premiers enseignements peuvent déjà être tirés:

*  Les émissions de gaz à effet de serre continuent de progresser. La crise économique a provoqué un léger recul en 2009 mais depuis elles sont reparties à la hausse de façon importante.

* Deuxième enseignement : le climat continue de se réch auffer même si, comme l’a montré le plateau du début des années 2000, le phénomène n’est pas linéaire. La première décennie de ce siècle est la plus chaude que nous ayons connue. Nous sommes sur une tendance de progression située entre 0,1 et 0,2 degré par décennie conformément aux prévisions du premier rapport.

Concernant les causes du réchauffement, rien dans l’état des connaissances scientifiques ne m’apparaît de nature à remettre en question son caractère anthropique et le rôle essentiel joué par les émissions de gaz à effet de serre. À mon avis, rien ne permet non plus de réévaluer l’impact de causes naturelles comme le forçage solaire.

Concernant, l’évolution à venir du climat, des simulations sont en cours. Leurs résultats seront connus à partir de l’année prochaine. Quoi qu’il en soit, nous constatons que le réchauffement climatique se poursuit et il pourrait être très important d’ici à la fin du siècle. Je rappelle que pour le contenir dans la limite de 2 degrés, il faut diviser par deux, voire trois, le volume des émissions d’ici à 2050 par rapport à leur niveau de 1990. Cet objectif sera d’autant difficile à atteindre que nous ne sommes toujours pas parvenus à stabiliser les émissions.

 

 Le Giec a décidé de modifier son fonctionnement. Quelles corrections seront apportées ?

Jean Jouzel. L’audit sur les procédures de fonctionnement du Giec est une demande du Giec lui-même et de l’ONU. Il a été réalisé par le conseil interacadémique qui regroupe les académies des sciences de plusieurs pays. L’audit est accompagné de trois types de recommandations/

* Les premières qui sont d’ores et déjà mises en œuvre visent à rendre encore plus rigoureuses les procédures d’écriture des rapports pour s’assurer que les commentaires des relecteurs soient intégrés correctement ou pour, au fur et à mesure des étapes de rédaction, mieux débusquer les erreurs et les corriger.

* Le Giec va aussi se doter d’outils de communication et d’information, peu efficaces jusqu’à présent, ce qui aboutissait à des simplifications ou à des déformations outrancières de ses travaux.

* Le troisième type de recommandations porte sur la gouvernance du Giec et vise à introduire encore plus de transparence. Un groupe de travail a été désigné pour faire des propositions afin de les mettre en œuvre dans un avenir proche.

 

Qu’attendez-vous de Cancun ?

Jean Jouzel. Je reste assez pessimiste. Je crains que ce sommet ne suffise pas à relancer le processus pour aboutir à l’accord de réduction des émissions dont nous avons besoin pour contenir le réchauffement dans la limite de 2 degrés d’ici à la fin du siècle. Les négociations achoppent sur les intérêts contradictoires d’États comme la Chine et les États-Unis. Enfin, la récente victoire des républicains au États-Unis, qui sont en grande majorité hostiles à tout effort de leur pays en faveur du climat, vient encore plus compliquer les négociations.

 

Entretien réalisé par Pierre-Henri Lab

Société - le 25 Novembre 2010

Une planète et des hommes

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* Lire les articles du dossier "Préserver notre planête" sur ce blog:

                 Préserver notre planète

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29 novembre 2010 07h04 | Par SudOuest.fr, avec AFP 1 commentaire(s)

 

Après Copenhague,

 Cancun devient la capitale mondiale du climat

Un an après Copenhague, la cité balnéaire mexicaine de Cancun s'apprête à devenir aujourd'hui la capitale mondiale du climat, avec plus de 190 pays réunis pour tenter de redonner élan et crédibilité à des négociations qui piétinent.

 Cancun au Mexique devient la capitale mondiale du climat (PHOTO AFP)

Cancun au Mexique devient la capitale mondiale du climat (PHOTO AFP)

Du 29 novembre au 10 décembre, les négociateurs, rejoints vers la fin de la réunion par les ministres de l'Environnement et/ou de l'Energie de leur pays, vont chercher à acter un certain nombre d'avancées dans la lutte contre le changement climatique.

Mais au bord de la mer des Caraïbes, les attentes sont beaucoup plus modestes qu'avant la très médiatisée conférence de l'Onu sur le climat dans la capitale danoise.

Et le profil bien plus bas: les chefs d'Etat ne sont pas attendus pour signer un éventuel accord, et le centre de conférence n'est en rien pris d'assaut par les journalistes et ONG, comme il y a un an.

Quant au personnel masculin du secrétariat de la Convention-cadre de l'Onu sur les changements climatiques (CCNUCC) -- sous l'égide de laquelle se déroulent ces négociations--, il est dispensé de veste et de cravate... chaleur oblige, mais aussi signe d'une certaine décontraction?

Il est entendu depuis des mois qu'il ne faut pas attendre d'accord global et ambitieux, qui répartirait entre pays les efforts de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES), avec un objectif à la hauteur des exigences de la science.

La conférence de Copenhague s'était, elle, soldée par un accord conclu à la hâte par une vingtaine de chefs d'Etat, qui fixe comme objectif de limiter à 2° la hausse de la température du globe, sans calendrier et en restant flou sur les moyens d'y parvenir.

A Cancun, on évoque plutôt une "paquet équilibré" de mesures, comme la lutte contre la déforestation ou encore le transfert de technologies aux pays les plus vulnérables. "S'il y a un succès à Cancun, ça ne pourra être qu'un succès très modeste, voire un accord de façade", déclarait récemment l'ambassadeur climat de la France, Brice Lalonde.

Car au Mexique, se joue la crédibilité du long et complexe processus de négociation sur le climat, lancé sous l'égide de l'ONU il y a 18 ans, et qui piétine, avertissent nombre de négociateurs.

Si Cancun échoue", alors nous devrions vraiment nous demander si ce processus peut vraiment régler cette question très importante du siècle pour l'humanité", a déclaré dimanche le négociateur en chef de la Commission européenne, Artur Runge-Metzger.

Pour Yvo de Boer, l'ex-Monsieur climat de l'ONU, le consensus est difficile à atteindre quand "vous avez autour de la table 192 pays aux besoins très différents: producteurs de pétrole, petits Etats insulaires sur le point de disparaître, grands pays industrialisés qui veulent sauvegarder leurs avantages économiques, émergents qui veulent la croissance et éradiquer la pauvreté".

Mais, selon lui, l'Onu reste le meilleur cadre possible. Elle permet, dit-il dans une interview au National Geographic, d'offrir aux pays du Sud les plus pauvres qui "seront les premiers à subir les impacts" du changement climatique de "pouvoir au moins un peu parler des moyens de s'y adapter et de les aider".

A Copenhague, les pays industrialisés se sont engagés à mobiliser pour eux 30 milliards de dollars de 2010 à 2013, et 100 milliards par an d'ici à 2020.

A la veille de l'ouverture de la conférence, certains se méfiaient d'un accord au rabais, à l'instar de la Bolivie qui dit craindre que Cancun ne serve qu'à entériner l'accord de Copenhague, qui n'a pas été intégré à la CCNUCC, et  qu'elle rejette.

"Cancun ne doit pas être l'Accord de Copenhague, acte 2", a déclaré la délégation bolivienne dans un communiqué.
 

Les quatre enjeux


1.    Sauver le protocole de Kyoto. Les pays en développement en font un préalable : à Cancun, les pays industrialisés doivent s’engager  à donner une suite au protocole de Kyoto qui s’achève fin 2012. Même si les Etats-Unis n’en font pas partie, même si les pays signataires ne représentent plus que le tiers des émissions mondiales, c’est le seul instrument international qui contraigne les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.


2.    La forêt. L’enjeu est de taille : la déforestation génère plus de CO2 que les transports. La préservation des forêts tropicales est le dossier le plus mûr de Cancun. Avec le REDD (Reducing Emissions From  Deforestation and Degradation), un accord est possible pour protéger les forêts dans le monde. Le mécanisme REDD prévoit de verser des compensations financières aux pays qui évitent leur disparition ou leur dégradation, ou encore les maintiennent en l’état. Sur 4  milliards d’hectares de forêts dans le monde, deux notamment (les forêts du Brésil et du Congo) sont concernées. Cependant, le dossier reste complexe et personne ne s’attend à repartir de Cancun avec un accord opérationnel. L’espoir, pour les pays forestiers, est d’avoir davantage de visibilité pour la contrepartie de leurs efforts.


3.    La création d’un  « fonds vert ». Les pays industrialisés se sont engagés à Copenhague à verser 30 milliards de dollars sur la période 2010 – 2012 aux pays en développement, pour les aider à s’adapter aux conséquences du réchauffement. Cancun sera l’occasion de tirer un premier bilan du respect de cet engagement, mais aussi d’acter la création d’un « fonds vert », censé accueillir et gérer les 100 milliards de dollars que les pays riches se sont aussi engagés à mobiliser tous les ans à partir de 2020, pour les plus pauvres. L’ONU aura-t-elle la responsabilité de ce fonds vert, les pays eux-mêmes en tiendront-ils  les rênes ?  Enfin, l’origine des fonds doit provenir de financements innovants (taxes sur les avions et les transactions financières…). Ces mécanismes non plus ne font pas l’unanimité.


4.    Contrôler l’usage du fonds vert et vérifier les progrès réalisés par les Etats. C’est le préalable des pays industrialisés : mettre en place via le MRV (« Measurement, Reporting and Verification »), des procédures internationales de contrôle afin de vérifier que les pays utilisent efficacement l’aide financière qui leur est allouée et respectent leurs engagements de réduction ou de limitation de leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est une exigence délicate, car elle touche à la souveraineté des Etat : la Chine refuse pour le moment tout examen extérieur de ses résultats.
 

LES CHIFFRES DU CLIMAT

* 0,54 ° C de plus sur la Terre, en octobre 2010. Selon les scientifiques, la température moyenne à la surface des continents et des mers a été de 14,54 °C en octobre, soit 0,54 °C de plus que tous  les mois d’octobre du XXème siècle. En un siècle, la température à la surface du globe a augmenté de 0,75 °C.

 

* 3°5 C, c’est la tendance  de l’élévation de la température du climat, compte tenu des engagements actuels des Etats qui produisent 78 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre,  pour limiter le réchauffement climatique. +  2° C  était pourtant l’objectif intégré dans l’accord de Copenhague.

 

* 1 000 milliards de dollars, c’est le prix de l’échec de Copenhague pour la communauté internationale.

 

* 30 milliards de dollars, c’est ce que doivent mobiliser les pays industrialisés d’ici 2012, pour aider les plus pauvres à s’adapter et à lutter contre le dérèglement climatique, en attendant des financements plus conséquents et arriver à 100 milliards par an en 2020. Il s’agit du « fonds vert ».

 

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Published by henri Moulinier - dans Préserver notre planète
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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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