Vaccination contre la grippe A (H1N1).

 

Seuls les groupes Nouveau Centre et GDR (communistes, Verts) ont d'ailleurs voté en faveur de cette commission d'enquête, la première lancée en vertu du "droit de tirage" (une commission d'enquête par session parlementaire) accordé aux différents groupes par la révision constitutionnelle de 2008.

En dépit de l'abstention de l'UMP et du PS, la commission d'enquête a été acceptée. Pour qu'une telle demande soit rejetée, il faut en effet une majorité de 3/5e de votes contre.


"Il ne s'agit pas d'accuser mais d'enquêter",
a lancé Jean-Luc Préel en présentant la demande de commission d'enquête du Nouveau centre. "Il nous faut connaître les raisons de ce non-succès de la vaccination pour pouvoir faire face à d'éventuelles nouvelles pandémies", a-t-il ajouté.

Le NC a notamment fait valoir que, pour faire face aux dangers de la pandémie de grippe H1N1, le gouvernement s'était lancé, avant l'été 2009, dans une politique d'acquisition de 94 millions de doses de vaccins et qu'au final, seules 5,6 millions de personnes ont été vaccinées.

Selon le groupe centriste, "les investigations de la commission doivent être centrées sur le déroulement et l'organisation de la campagne de vaccination".


Abstentions...
° L'UMP s'est abstenue,
le député Jean-Pierre Doord (UMP) se justifiant en déclarant: "l'heure n'est pas au ton accusateur ni à la recherche de bouc-émissaires! Ne faisons pas le procès de la prudence. Qu'aurions-nous fait si la pandémie avait été plus grave ou si nous n'avions pas eu suffisamment de vaccins?".

En janvier déjà, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, avait déploré l'initiative du NC, y voyant même une démarche "inamicale".

° A l'inverse, Marisol Touraine (PS) a considéré que cette commission d'enquête venait "en appui du gouvernement". "M. Sauvadet lui-même dit qu'il n'est nullement question de remettre en cause la politique suivie. Franchement, pour une commission d'enquête, on n'a jamais rien vu d'aussi frileux et précautionneux!", a-t-elle lancé.

Elle a justifié l'abstention de son groupe en soulignant que les députés socialistes avaient vainement demandé, dès septembre, une mission d'information sur le sujet.

"Cette commission d'enquête a tout pour devenir une commission d'étouffement", a-t-elle conclu.

° Jacqueline Fraysse (PCF) a souligné que la campagne de vaccination avait été "un échec" tout en estimant qu'il était "indispensable de faire la clarté".

Cette commission d'enquête "est nécessaire, nous la votons donc en voulant croire qu'elle saura aller au-delà de son intitulé trop restrictif", a-t-elle dit en souhaitant que cette commission "n'élude aucune question (...) y compris sur le contenu des contrats passés avec les laboratoires".