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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 19:38

                             

Premier président noir d'Afrique du Sud, prix Nobel de la paix en 1993, Nelson Mandela, héros de la lutte contre l'Apartheid, s'est éteint ce jeudi soir à l'age de 95 ans.

Nelson Mandela "s'est éteint", a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma, avant de rendre un long hommage à l'ancien président sud-africain. "Notre cher Madiba aura des funérailles d'Etat", a-t-il ajouté, annonçant que les drapeaux seraient en berne à partir de vendredi et jusqu'aux obsèques.

Nelson Rolihlahla Mandela est rentré à la maison. C’est ce que l’on dit dans la culture zouloue, quand quelqu’un de très âgé décède. Comment, dès lors, ne pas rapprocher ce dernier voyage de son tout premier. Il n’avait que neuf ans. Son père venait de rendre l’âme à Qunu, village que l’enfant doit quitter. Il raconte : «Qunu était tout ce que je connaissais et je l’aimais sans réserve, comme un enfant aime le premier lieu où il a vécu. Avant de disparaître derrière les collines, je me suis retourné et j’ai regardé mon village pour ce que je croyais être la dernière fois. J’ai vu les huttes simples et les gens occupés à leurs corvées; le ruisseau dans lequel j’avais sauté et joué avec les autres garçons; les champs de maïs et les pâturages bien verts où les vaches et les moutons broutaient paresseusement.

"Le passé que je quittais"

J’ai imaginé mes amis en train de chasser les oiseaux, de boire du lait au pis d’une vache, ou de s’amuser dans le réservoir au bout du ruisseau. Mais surtout, mes yeux sont restés fixés sur les trois huttes où j’avais connu l’amour et la protection de ma mère. Ces trois huttes, je les associais à tout mon bonheur, à la vie elle-même et j’ai regretté amèrement de ne pas les avoir embrassées avant de partir. Je ne pouvais imaginer que l’avenir vers lequel je marchais pourrait en tous points se comparer au passé que je quittais » (extrait d'Un long chemin vers la liberté, Nelson Mandela Editions Fayard)

Né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le district d’Umtata, capitale de ce qui était alors le Transkei (aujourd’hui une partie de la province du Cap oriental), Mandela ne s’appelait pas encore Nelson, un prénom anglais et chrétien voulu par une institutrice pour complaire aux maîtres blancs. Car si l’apartheid ne sera officiellement instauré qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, la ségrégation est bel et bien déjà en place dans l’Union sud-africaine d’alors. Il est Rolihlahla Madiba.

Madiba est le nom de son clan, de la tribu thembu du peuple Xhosa. Il est de souche royale. Rolihlahla, en xhosa, signifie « celui qui crée des problèmes ». Quelle prémonition! D’ailleurs, dès 1941, alors qu’il a à peine vingt-trois ans, il se fait remarquer lors d’une grève à l’université de Fort Hare où il étudie. La cause ? Une employée noire a été frappée par un intendant blanc.

Slovo, First, Tambo et Sisulu

Cette liberté, Mandela ne la veut pas que pour lui. Il ne peut se sentir libre si tout autour de lui ce n’est qu’oppression raciale et sociale. C’est parce qu’il a voulu emprunter jusqu’au bout ce long chemin vers la liberté qu’il a su se nourrir de la pensée des autres, laisser mûrir son esprit pour mener le combat le plus large possible.

Avocat, il va faire la connaissance de Joe Slovo, de Ruth First, blancs et communistes, d’Oliver Tambo et de Walter Sisulu. Ces derniers, déjà membres du Congrès national africain (ANC) vont lui ouvrir de nouveaux horizons, ceux de la lutte politique. Mais, dans un premier temps, Mandela se laisse subjuguer par les thèses africanistes d’Anton Lembede, un des rares avocats noirs d’Afrique du Sud. Au sein de la Ligue des jeunes de l’ANC (ANCYL) récemment créée et dirigée par Lembede, Mandela s’oppose « fermement à l’entrée des communistes ou des Blancs ». Il dira plus tard, au début des années soixante : « Il fallait être le jeune politicien inconsidéré que j’étais en 1949 pour prétendre que les communistes puissent être nos ennemis. »

De fait, si dès sa naissance en 1912, l’ANC inscrit son action dans la non-violence et un certain africanisme, la création du parti communiste d’Afrique du sud (CPSA qui se transformera plus tard en SACP) en 1921 aura une influence non négligeable. Les communistes se battent en effet pour une société non raciale et ne prônent pas la non-violence. De quoi attiser l’intérêt de bon nombre de militants de l’ANC et qui deviendront des idées majoritaires même si les finalités de l’ANC et du SACP, au-delà de la lutte de libération, ne sont pas totalement les mêmes. C’est dans la lutte que verra le jour la Triple Alliance, constituée de l’ANC, du SACP et de la COSATU (la centrale syndicale), toujours en place. Cette influence s’est fait sentir très tôt. En 1955, au moment de l’adoption de la Charte de la Liberté, véritable boussole de l’ANC, qui affirme que « l’Afrique du Sud appartient à tous ceux qui y vivent, Noirs et Blancs », la notion de « non-racial » est déjà centrale.

Lutte armée

Mandela ne tarde pas à imposer la lutte armée comme moyen de mettre à bas l’apartheid. « Nous avons toujours cru à la non-violence comme tactique » et non comme stratégie, précisera-t-il. « Quand les conditions nous dictaient d’utiliser la non-violence, c’est ce que nous faisions ; et quand elles nous dictaient de renoncer à la non-violence nous nous y pliions » (Conversations avec moi-même. Lettres de prison, notes et carnets intimes,  Nelson Mandela, Editions de la Martinière. Extrait de « Conversation avec Richard Stengel). A la tête de l’ANCYL il crée donc en 1961 l’Umkhonto we Sizwe (la « lance de la Nation »), le MK, l’organisation militaire qu’il codirigera avec Joe Slovo (au nom du parti communiste).

A son fidèle ami, Ahmed Kathrada, emprisonné avec lui à Robben Island, il dira: «Disons que l’un des sujets controversés lorsque nous avons monté le MK, était la manière de le contrôler. Nous voulions éviter le militarisme, le but était de créer une force militaire à partir de l’organisation politique, et c’est sur ce principe qu’il a été fondé.» Cette même année, il part lui-même en formation «politico-militaire», qui l’amènera notamment en Chine, en Ethiopie et en Algérie auprès du FLN. De nombreux MK bénéficieront d’entrainements spécifiques (politique, militaire, renseignements, santé…) dans les pays socialistes, en URSS, en Tchécoslovaquie, en Allemagne de l’est et à Cuba notamment. Les pays occidentaux ont choisi leur camp, celui de l’apartheid. Pour l’anecdote, ce n’est qu’en juillet 2008 –oui, vous avez bien lu!– que les Etats-Unis retireront Mandela et l’ANC de leur liste noire du terrorisme.

Prisonnier matricule 466/64

Le 5 août 1962, à peine rentré de son périple, il est arrêté. Il écope de cinq ans de prison. Il est jugé de nouveau quelques temps après avec Walter Sisulu, Govan Mbeki, Ahmed Kathrada, Denis Goldberg… C’est le fameux procès de Rivonia. En avril 1964, devant ses juges qui le condamneront à la perpétuité, Mandela déclare: «J’ai combattu la domination blanche, j’ai combattu la domination noire. J’ai chéri l’idée d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et atteindre. Mais s’il en était besoin, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir».

En France, au même moment, à la tribune de l’Assemblée nationale, au nom des députés communistes qui sont les seuls (et le resteront pendant des décennies) à s’en préoccuper, Marie-Claude Vaillant-Couturier intervient en faveur de Mandela et de ses co-inculpés. Elle leur apporte le soutien du PCF. Un soutien qui ne se démentira jamais.

Mandela va rejoindre sa cellule dans le bagne de Robben Island, une île au large de la ville du Cap. Il décrit ainsi le lieu: «Robben Island –autrefois colonie de lépreux, puis forteresse gardant l’entrée du port du Cap durant la Seconde guerre mondiale-, un petit affleurement calcaire, blafard, battu par le vent, pris dans nasse du courant de Benguela, dont l’histoire se résume aux années d’oppression de notre peuple. Ma nouvelle maison.»

Il devient le prisonnier matricule 466/64. Il ne recouvrira la liberté que vingt sept ans plus tard. «La prison ne vous vole pas seulement votre liberté, elle essaie aussi de vous déposséder de votre identité», écrit-il. «C’est par définition un état purement autoritaire qui ne tolère ni indépendance ni individualité.» Au combat politique s’ajoutait donc celui pour la dignité du prisonnier. «Toute demande de livre qui contenait le mot «rouge», même s’il s’agissait du «Petit Chaperon rouge», était rejetée par les censeurs», se souvient-il. Jusqu’en 1977 et l’intervention du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), comme tous les autres prisonniers politiques, il dormait, jusque là, sur un simple et pauvre matelas. En 1982, il est transféré à la prison de Poolsmoor, où il restera jusqu’en 1988 avant d’être placé à la prison Victor-Verster jusqu’à sa libération.

1985, appel à boycotter l'Apartheid

Entretemps, les manifestations pour la libération de Nelson Mandela, la lutte pour le démantèlement de l’apartheid, ne cessent de se développer dans le monde. En France, les Rencontres nationales contre l’apartheid, le Mouvement anti-apartheid ainsi que le Mouvement de la jeunesse communiste et le parti communiste français (PCF), sont à la pointe du combat. La Fête de l’Humanité 1985 en porte la marque. Un immense concert, réunissant Max Roach, Eddy Louis, Salif Keita, Bernard Lubat et Manu Dibango, est donné. Une délégation élue par les centaines de milliers de participants, conduite par le directeur du journal de l’époque, Roland Leroy, est chargée de se rendre à Matignon pour exiger que la France boycotte à 100% le régime de l’apartheid.

En 1986, « l’Humanité » et « l’Humanité Dimanche » publient un numéro hors-série titré: «Liberté pour Mandela». En juillet 1988, Mandela fête ses soixante-dix ans en prison. Georges Marchais, alors secrétaire général du PCF, lui adresse un message l’assurant, de la part des communistes français, de «nos sentiments de respect et de solidarité, de notre engagement à apporter à votre combat et à celui de votre peuple la contribution croissante qu’ils appellent». Il ajoute : «Nous combattons et combattrons toutes les complicités, d’où qu’elles viennent, à l’égard d’un pouvoir qui a montré à l’opinion française jusqu’où il pouvait aller en faisant assassiner sur notre sol notre camarade Dulcie September (abattu à Paris par l’apartheid en 1988, ndlr).»

Solly Smith, successeur de Dulcie, se verra remettre, le 20 juillet, dans les locaux de «l’Humanité», plus de 3.000 messages de soutien adressés par les lecteurs. «Le Nobel pour Mandela»: la proposition faite par Georges Marchais est approuvée par les participants au meeting de la Fête de l’humanité 1988. Cette campagne va crescendo. Le 9 décembre, sous un chapiteau dressé au Champ-de-Mars, 20.000 personnes participent à une soirée où se succèdent musique et témoignages. A La Courneuve, la Fête de l’Humanité 1989 se met aux couleurs de l’ANC. Le portrait de Nelson Mandela est partout, popularisant encore plus le combat contre l’apartheid et pour la libération du dirigeant sud-africain.

"Seul un homme libre peut négocier"

C’est dans ce contexte que le pouvoir blanc, soumis à des pressions intérieures et extérieures, décide d’entamer des discussions avec Nelson Mandela. Celui-ci, en réalité en contact avec la direction en exil de l’ANC grâce à un ingénieux système –résultat de l’«opération Vula»- refuse tout compromis. Le régime d’apartheid tente en réalité de diviser l’ANC et le parti communiste d’une part, d’obtenir l’arrêt de la lutte armée de l’autre. Mandela ne s’y laisse pas prendre. En 1985, dans un discours, qu’il parvient à faire sortir et qui est lu par sa fille Zindzi, il explique: «Je suis membre du Congrès national africain. J’ai toujours été membre du Congrès national africain et je resterai membre du Congrès national africain jusqu’au jour de ma mort». Il lance à l’adresse du président sud-africain, P.W. Botha: «Qu’il renonce, lui, à la violence. Qu’il dise qu’il va démanteler l’apartheid. Qu’il lève l’interdiction qui pèse sur le Congrès national africain. Qu’il libère tous ceux qui ont été emprisonnés, assignés à résidence, ou exilés à cause de leur opposition à l’apartheid». Et Mandela de poursuivre: «Seul un homme libre peut négocier. Les prisonniers ne peuvent établir de contrats (…) Je ne peux m’engager à rien tant que vous, le peuple, et moi, nous ne sommes pas libres. Votre liberté et la mienne ne peuvent être séparées. Je reviendrai ». (Extrait de Un long chemin…)

Le 15 octobre 1989, sept compagnons de Nelson Mandela, emprisonnés avec lui, sont libérés par le pouvoir de l’apartheid. «Je savais que je n’aurai plus longtemps à attendre», écrit Mandela dans son autobiographie. De fait, le 11 février 1990, le leader du Congrès national africain (ANC), symbole de la lutte contre le pouvoir ségrégationniste blanc, sort de sa prison. Une libération fêtée dans le monde entier par tous ceux qui se sont mobilisés depuis des années parce que c’est la première grande victoire contre ce régime honnis, soutenu presque jusqu’au bout par les «démocraties occidentales».

Lui dont on ne connaissait que quelques photos réalisées dans les années 50, alors qu’il n’avait que la quarantaine, stupéfait le monde entier ému, avec sa chevelure grisonnante. Mais avec le recul, ce qui a sans doute le plus surpris lorsqu’on l’a vu avec, à ses côtés, celle qui était encore son épouse, Winnie, c’est la dignité de cet homme que le pouvoir blanc ne voulait pas seulement faire plier: il voulait le briser. Il n’y est pas parvenu.

Lors de son premier discours, prononcé depuis le balcon de l’hôtel de ville du Cap, il dit: «Je suis là devant vous non pas comme un prophète mais comme un humble serviteur du peuple. Ce sont vos inlassables et héroïques sacrifices qui m’ont permis d’être là aujourd’hui. Je remets entre vos mains les dernières années qui me restent à vivre». Surtout, au grand dam des dirigeants de l’apartheid et de ceux des pays occidentaux, il exprime sa profonde gratitude à l’ANC, au parti communiste sud-africain et aux combattants de l’Umkhonto we Sizwe (MK). Bien que libre, à ce moment-là, Mandela, comme tous les Noirs d’Afrique du Sud, ne possèdent toujours pas le droit de vote et l’apartheid est toujours en place. «Je suis un membre loyal et discipliné de l’ANC, en accord total avec sa stratégie et sa lutte sur tous les fronts», lance-t-il devant une foule combattive. «Nous n’avons pas d’autres choix que de continuer la lutte armée». Il demande également le maintien des sanctions économiques contre l’Afrique du Sud.

Politiquement, les années qui suivent sa libération sont éprouvantes. Les négociations, commencées le 2 mai 1990, traînent en longueur. Il apparaît que le président blanc Frederik De Klerk, soutenu par les Occidentaux, cherche avant tout à conserver le pouvoir et, comme toujours, à diviser l’ANC et le parti communiste. Pendant qu’il discute, sa police poursuit d’ailleurs sa répression. Certains tentent, aujourd’hui, d’oublier les manœuvres de De Klerk, voyant en lui un visionnaire et un homme de paix. C’est oublier que la lutte de l’ANC et de ses alliés, le soutien des progressistes et des démocrates dans le monde entier, ont contraint ce régime à desserrer l’étau.

Sur les conseils du précieux Joe Slovo, devenu secrétaire général du SACP, conscient de la stratégie de la droite blanche et des risques de guerre civile, il propose de négocier un partage du pouvoir, dite «clause du crépuscule», qui permettra l’organisation d’élections libres. En 1993, il reçoit, avec De Klerk, le prix Nobel de la paix.


Premier vote à 75 ans

Lorsque Nelson Mandela vote pour la première fois de sa vie, il a 75 ans. C’est en avril 1994, à l’issue d’une campagne électorale épuisante dont on se demande comment un homme de son âge a pu le supporter. Certainement grâce à cet enthousiasme qu’il avait chevillé au corps et qui lui faisait dire pendant les meetings électoraux : «Je voudrais tous vous mettre dans ma poche. J’ai 75 ans, et avec vous j’ai l’impression d’en avoir 16. Vous êtes ceux qui m’inspirez à chaque jour de ma vie ». Elu président, il se met tout entier au service de cette cause: bâtir une nouvelle nation, une nation débarrassée de l’apartheid où le mot «race» n’a plus aucune signification. En ce sens, la création de la Commission vérité et réconciliation (TRC) a permis d’ouvrir un chemin original, «entre amnistie et amnésie» parce que, comme le répétait Mandela «nous pouvons pardonner mais nous ne pouvons pas oublier».

Dès le début de sa présidence, Madiba ou Tata comme les Sud-africains vont de plus en plus l’appeler affectueusement, va se consacrer à l’avenir du pays. A la tête d’un gouvernement d’union nationale, il tente de tenir le cap malgré des relations conflictuelles avec l’un de ses vice-présidents, Frederik De Klerk, dernier président de l’apartheid… et quelques tensions avec le chef zoulou, ministre de l’Intérieur, Mangosuthu Buthelezi. En 1996, au lendemain de l’adoption d’une nouvelle constitution par le parlement, la coalition éclate. De Klerk démissionne. Thabo Mbeki, l’autre vice-président, est de plus en plus sur le devant de la scène. Mandela s’efface peu à peu. En 1997, il cède la présidence de l’ANC. En 1999, comme il l’avait annoncé, il ne brigue pas un nouveau mandat et se retire. Un exemple pour le continent africain.

Ces dernières années, il a beaucoup œuvré pour renforcer la lutte contre le Sida et s’est consacré au Fonds pour l’enfance avec sa dernière épouse, Graça Machel. Affaibli, il n’est plus apparu publiquement depuis la Coupe du monde football qui s’est tenue en Afrique du Sud en 2010. Rattrapé par la tuberculose qu’il avait contractée en prison, il a multiplié les séjours à l’hôpital.

Nelson Rohlihlahla Madiba Mandela s’en est allé. Il est rentré à la maison. Il ne laisse pas un peuple orphelin mais un peuple qui le remercie de tout ce qu’il a fait et qui lui sait gré d’avoir permis son émancipation. L’archevêque Desmond Tutu aime à dire: «Nous avions les terres. Les Afrikaners sont arrivés avec la Bible et nous ont dit: «Fermons les yeux et prions». Lorsque nous les avons rouverts, ils avaient pris nos terres et nous avaient laissés la Bible».

Par son attitude et son abnégation au service de son peuple et de son organisation, Mandela leur a rendu ces terres et a réunifié le pays. C’est ainsi qu’il a pu dire: «Bienvenue au sein de la race humaine, Blancs et Noirs sans distinction. Nous avons réalisé quelque chose d’extraordinaire». Dans ce «nous» réside tout Mandela.

Source: l'Humanité

  • A lire aussi:

Mandela, le long combat pour la liberté

Mandela et les autres héros de la lutte anti-Apartheid

Les grandes dates de Nelson Mandela:

>>1964-1989, Nelson Mandela, matricule 446-64 à Robben Island

>>30 avril 1999: quand Nelson Mandela a quitté la scène politique

 

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 14:37
Droit de vote pour les résidents étrangers dès 2014 !

Je signe l'appel !Ont signé...


Le suffrage universel a été une longue conquête dans l’histoire de la République.

Si, en 1793, lors de la Révolution, la première République en adopta le principe, il fut réellement mis

en oeuvre par la IIe République, après la Révolution de 1848. Mais le suffrage resta limité aux hommes

jusqu’en 1944, lorsque fut enfin instauré, à la Libération, le droit de vote pour les femmes. Trente ans

plus tard, en 1974, l’âge du droit de vote fut abaissé de 21 à 18 ans.

En 1998, les étranger(e)s citoyen(ne)s des pays de l’Union européenne résidant en France ont été

admis(es) au vote et à l’éligibilité pour les élections municipales et au Parlement européen.

En mai 2000, l’Assemblée nationale vote une proposition de loi accordant le droit de vote et

d’éligibilité aux élections municipales pour les étranger(e)s extracommunautaires, qui résident légalement

sur le territoire depuis cinq ans au moins. Le Sénat, à son tour, le 8 décembre 2011, adopte cette même

proposition. Il reste à mettre en oeuvre la révision constitutionnelle nécessaire.

De nombreux(ses) responsables politiques de gauche, et aussi du centre et de droite, se sont

exprimé(e)s en faveur de ce droit.

En 2012, lors des élections présidentielles et législatives, la nouvelle majorité a inscrit cette réforme

dans son programme. Conformément à ses engagements dans sa déclaration de politique générale,

le Premier ministre, en juillet puis en septembre, a promis qu’il y aurait un projet de loi en 2013.

Près de deux millions et demi d’étranger(e)s extracommunautaires vivent et travaillent dans des

communes où elles/ils participent à la vie locale et paient des impôts. Nombre d’entre

elles/eux sont responsables d’associations, délégué(e)s de parents d’élèves, délégué(e)s syndicaux(cales)...

La vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il n’existe aucune raison pour que toutes

celles et tous ceux qui résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale. Il est temps de

franchir une nouvelle étape pour l’élargissement du suffrage universel, la démocratie, la cohésion

sociale et pour l’égalité des droits.

Les promesses électorales faites depuis plus de trente ans, approuvées par les électeurs(trices) à

au moins quatre reprises, depuis 1981, doivent maintenant être tenues.

Nous appelons à la mobilisation citoyenne pour que cette réforme, essentielle pour une République ouverte et fraternelle, soit mise en oeuvre dès les élections municipales de 2014.
Monsieur le président de la République,

Nous vous demandons d’engager le processus de révision constitutionnelle permettant d’instaurer le droit de vote et d’éligibilité pour nos concitoyen(ne)s résident(e)s étranger(e)s aux élections locales, dès les municipales de 2014.

Cet impératif d’égalité et de démocratie est urgent !

PDF - 316.3 ko
Télécharger la pétition


Je signe l'appel !Ont signé...


A l’appel de 95 Associations, syndicats ou partis
Associations Syndicats Partis
  • Banlieues actives ,
  • Aseca - LETTRE DE LA CITOYENNETÉ,
  • ACER (Association pour une citoyenneté européenne de résidence),
  • COLLECTIF « VOTATION CITOYENNE »,
  • COFRACIR (Conseil français de la citoyenneté de résidence),
  • LDH (Ligue des Droits de l’Homme),
  • MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples),
  • SOLIDARITÉ LAÏQUE,
  • ACORT (Assemblée citoyenne des originaires de turquie),
  • IPAM,
  • CEDETIM,
  • ATTAC FRANCE,
  • AMF (Association des marocains de france),
  • ATMF (Association des travailleurs maghrébins de france),
  • ANECR (Association nationale des élus communistes et républicains),
  • COPAF (Collectif pour l’avenir des foyers),
  • FTCR (Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives),
  • FTDA (France terre d’asile),
  • L.E. (Ligue de l’enseignement),
  • SOS RACISME,
  • UTAC (Union des tunisiens pour l’action citoyenne),
  • RUPTURES,
  • LES INDIVISIBLES,
  • FONDATION COPERNIC,
  • VÉRITÉ ET JUSTICE POUR L'ALGÉRIE,
  • ABCR (Association biterroise contre le racisme),
  • ASSOUEVAM (Association de soutien aux étrangers du val de marne),
  • Printemps LIGUEUR (Réseau de ligueurs caennais),
  • Les diffuseurs HUMANISTES (Association locale pour les droits),
  • RESFIM (Collectif réseau d'education sans frontières île de mayotte),
  • GROUPE NON-VIOLENT LOUIS LECOIN (Défense de l'homme, des libertés et de la paix.),
  • RESF (Réseau éducation sans frontière),
  • Mouvement UTOPIA,
  • MTCF (Mouvement citoyen des tunisiens en france),
  • Sortir du colonialisme ,
  • Association NEDJMA,
  • ATAMS,
  • FEVE (Fédération des élu/es verts et écologistes),
  • Association HORIZOME (Strasbourg, hautepierre),
  • REF (Réseau euromed france),
  • AVÀ BASTA (Collectif antiraciste de corse),
  • Gauche citoyenne 94,
  • V.I.S.A. (Vigilance et initiatives syndicales et antifascistes),
  • Association GAUCHE CITOYENNE 94 (L’association départementale gauche citoyenne 94),
  • Collectif DIVERSI-T37,
  • GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s),
  • Association AGIR CONTRE LE RACISME (A.C.R.) (Nice),
  • Valomet PAYS DE LOIRE GAZA JERUSALEM,
  • Collectif National Droit des Femmes ,
  • Association TET-LLÄ (Migrants & Solidarité internationale - toulouse),
  • Mouvement de la Paix ,
  • Partage (Bezons),
  • Association MEMORIAL 98,
  • EMMAÜS Pointe rouge (Association marseille),
  • UJFP (Union Juive Française pour la Paix)
  • CFDT (Confédération française démocratique du travail),
  • FSU (Fédération syndicale unitaire),
  • SM (Syndicat de la magistrature),
  • UNION SYNDICALE SOLIDAIRES,
  • CGT (Confédération générale du travail),
  • SE-UNSA (Syndicat des enseignants),
  • UNEF (Union nationale des étudiants de france),
  • FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne),
  • UNL (Union national lyceene),
  • SNES-FSU (Syndicat National des Enseignements de Second degré FSU),
  • Snpes-pjj/fsu SNPES-PJJ/FSU,
  • SNUCLIAS-FSU,
  • CGT RADIO-FRANCE,
  • CFDT MUTUALITE (Creteil - Ile De France),
  • SNJ-CGT (Syndicat national des journalistes cgt),
  • Cgt-Educ'Action ,
  • SNEP-FSU,
  • CFDT Taxis Parisiens ,
  • UL CGT Feurs ,
  • Union Départementale CFDT du RHONE
  • Jeune radicaux de gauche ,
  • MJCF (Mouvement des jeunes communistes de france),
  • MJS (Mouvement des jeunes socialistes),
  • Front de gauche - PCF (Parti communiste français),
  • Front de gauche - PG (Parti de gauche),
  • NPA (Nouveau parti anticapitaliste),
  • EELV (Europe écologie les verts),
  • Front de gauche - CETA (Convergences et alternative),
  • Front de gauche - FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique),
  • Front de gauche - GA (Gauche anticapitaliste),
  • Front de gauche - GU (Gauche unitaire),
  • Front de gauche - LES ALTERNATIFS,
  • Front de gauche - PCOF (Parti communiste des ouvriers de france),
  • Front de gauche - RETS (République et socialisme),
  • PRG (Parti radical de gauche),
  • Jeunes Ecologistes ,
  • Gauche Anticapitaliste corréze ,
  • UDB YAOUANK (UDB jeunes),
  • Front De Gauche Bezon ,
  • Rouge Vif 13
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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 09:03

 Une pétition et un appel à la mobilisation citoyenne pour le droit de vote des étrangers aux élections locales dès 2014 vient d'être initiés par plus de quarante organisations (associations, syndicats et partis politiques), dont la LDH. Pour signer:

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Droit de vote pour tous les résidents étrangers dès les élections municipales de 2014, pour une République ouverte et fraternelle 

Le suffrage universel a été une longue conquête dans l’histoire de la République. 

Si, en 1793, lors de la Révolution, la première République en adopta le principe, il fut réellement mis en œuvre par la IIe République, après la Révolution de 1848. Mais le suffrage resta limité aux hommes jusqu’en 1944, lorsque fut enfin instauré, à la Libération, le droit de vote pour les femmes. Trente ans plus tard, en 1974, l’âge du droit de vote fut abaissé de 21 à 18 ans. 

En 1998, les étranger(e)s citoyen(ne)s des pays de l’Union européenne résidant en France ont été admis(es) au vote et à l’éligibilité pour les élections municipales et au Parlement européen. 

En mai 2000, l’Assemblée nationale vote une proposition de loi accordant le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales pour les étranger(e)s extracommunautaires, qui résident légalement sur le territoire depuis cinq ans au moins. Le Sénat, à son tour, le 8 décembre 2011, adopte cette même proposition. Il reste à mettre en œuvre la révision constitutionnelle nécessaire. 

De nombreux(ses) responsables politiques de gauche, et aussi du centre et de droite, se sont exprimé(e)s en faveur de ce droit.

En 2012, lors des élections présidentielles et législatives, la nouvelle majorité a inscrit cette réforme dans son programme. Conformément à ses engagements dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, en juillet puis en septembre, a promis qu’il y aurait un projet de loi en 2013. 

Près de deux millions et demi d’étranger(e)s extracommunautaires vivent et travaillent dans des communes où elles/ils participent à la vie locale et paient des impôts. Nombre d’entre elles/eux sont responsables d’associations, délégué(e)s de parents d’élèves, délégué(e)s syndicaux(cales)..

La vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il n’existe aucune raison pour que toutes celles et tous ceux qui résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale. Il est temps de franchir une nouvelle étape pour l’élargissement du suffrage universel, la démocratie, la cohésion sociale et pour l’égalité des droits.

Les promesses électorales faites depuis plus de trente ans, approuvées par les électeurs(trices) à au moins quatre reprises, depuis 1981, doivent maintenant être tenues. 

Nous appelons à la mobilisation citoyenne pour que cette réforme, essentielle pour une République ouverte et fraternelle, soit mise en œuvre dès les élections municipales de 2014.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° 

Monsieur le président de la République, 

Nous vous demandons d'engager le processus de révision constitutionnelle permettant d'instaurer le droit de vote et d'éligibilité pour nos concitoyen(ne)s résident(e)s étranger(e)s aux élections locales, dès les municipales de 2014.

Cet impératif d'égalité et de démocratie est urgent  

Premiers signataires :

Associations : Aseca – Lettre de la citoyenneté, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association des Marocains de France (AMF), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr), Association pour une citoyenneté européenne de résidence (Acer), Attac France, Banlieues actives, Cedetim, Collectif pour l’avenir des foyers (Copaf), Collectif « Votation citoyenne », Conseil français de la citoyenneté de résidence (Cofracir), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), France terre d’asile (FTDA), Ipam, Les Indivisibles, Ligue de l’enseignement (LE), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Ruptures, Solidarité laïque, SOS Racisme, Union des Tunisiens pour l’action citoyenne (Utac).

Syndicats : Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), Syndicat des enseignants (SE-Unsa), Syndicat de la magistrature (SM), Union nationale des étudiants de France (Unef), Union syndicale Solidaires. 

Partis politiques : Europe écologie les Verts (EELV), Front de gauche (Convergences et alternative (CetA), Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Gauche anticapitaliste (GA), Gauche unitaire (GU), Les Alternatifs, Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti communiste français (PCF), Parti de gauche (PG), République et socialisme (RetS)), Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF), Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti radical de gauche (PRG).

 

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 18:27

La Ligue des droits de l'Homme, Section de La Rochelle-Aunis, organise une table ronde publique, citoyenne, sur le thème:

"POUR OU CONTRE LE DROIT DE VOTE DES ETRANGERS

         AUX ELECTIONS MUNICIPALES"

 Vendredi 7 décembre - 18h 15 à La Rochelle

Salle Emile Combes, Rue de la Pépinière

Co-animée par VINCENT REBERIOUX

Vice - Président national de la LDH

Nous y invitons les partis politiques et les élus locaux et nationaux. Cette rencontre donnera aussi la parole aux associations locales d'amis étrangers, aux syndicats et aux associations de notre agglomération, à tous les citoyen-ne-s.

D'ores et déjà, seront présent(e)s pour cette table ronde :

*Nanou JAUMOUILLE et J.P. CHANTECAILLE, Adjoints au Maire de

La Rochelle, représentant Maxime BONO, Maire.

* Soraya AMMOUCHE, Conseillère municipale, représentante du P.R.G.

* Joëlle LAPORTE-MAUDIRE, Adjointe au Maire de a Rochelle, E.E.L.V.

* Yannick AUGER et Dominique Le BRETON, représentants du PG

* René BLANCHEMANCHE, représentant du N.P.A.

* Fabien BRULAY, Secrétaire de la Section PS de La Rochelle

* Pierre DERMONCOURT, Conseiller municipal, représentant de l’UMP

* Arnaud JAULIN, Conseiller municipal, représentant du Modem.

* Brahim JLALJI, Adjoint au Maire, Secrétaire départemental du PCF.

* Habbib MOUFFOKES, Conseiller Municipal de La Rochelle.

* Jean Marc SOUBESTE, représentant d’E.E.L.V. 

Par ailleurs des responsables d’associations nous ont annoncé leur présence, d’autres sont attendus :

* Yefri BENZERGA, Président de l'Association des algériens 17

*  Dadou KHEL, Délégué régional de la Ligue de l'Enseignement

* J.R. KERNER, Responsable du D.A.L. 17

* Un représentant de l'Union Nationale des Lycéens 17


Comptant sur votre présence et sur la circulation de cette invitation.

Pour la Section LDH La Rochelle-Aunis

Henri MOULINIER, Président - Claudette HANS et Jacques CATRIN

Vice – Présidents

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Communiqué du collectif « Votation citoyenne »

- dont fait partie la LDH nationale – 

Paris, le 14 novembre 2012 

Droit de vote des étrangers : c'est maintenant ou jamais ?

Cent-unième proposition de François Mitterrand en 1981, cinquantième proposition de François Hollande en 2012, engagement renouvelé dans la déclaration de politique générale du Premier ministre en juillet puis en septembre – « il y aura un projet de loi l'an prochain en 2013 » –, le droit de vote des étrangers aux élections locales sera-t-il une fois encore sacrifié ?

C'est la question qui est posée suite aux déclarations de François Hollande qui marquent un recul inquiétant et selon lesquelles il semble prêt à renoncer à cette réforme, pourtant emblématique, sans réellement chercher toutes les voies pour parvenir à son adoption.

Renvoyant aux parlementaires la responsabilité de trouver une possible majorité des trois cinquièmes au Congrès, le Président exonère à bon compte son gouvernement sur un projet institutionnel qui est pourtant partie intégrante de la modernisation de la vie démocratique, portée par la majorité présidentielle.

Ecartant également le recours à un référendum, au motif de ne pas vouloir diviser les Français, le président de la République prend le risque de maintenir, de manière durable, les inégalités d'accès aux droits et à la citoyenneté pour tous. Ce renoncement serait pourtant un facteur de division et d'injustice bien plus grave encore !

Un levier pour faire reculer la xénophobie et progresser la démocratie et la cohésion sociale,

Le droit de vote et d'éligibilité de tous les étrangers aux élections locales est un levier pour faire reculer la xénophobie et progresser la démocratie et la cohésion sociale, c'est pourquoi cette loi doit être inscrite par le gouvernement au calendrier parlementaire, au premier semestre 2013.

La majorité présidentielle n'a pas le droit de renoncer, elle doit s'engager clairement à mener à bien cette réforme au plus tôt.

      °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Veuillez trouver ci-dessous un lien vers l’émission« Cause commune, tu m’intéresse », diffusée le dimanche 2 décembre, de 16h à 17h, sur France Inter :

http://www.franceinter.fr/emission-cause-commune-tu-m-interesses-le-droit-de-vote-des-etrangers-0

Cette émission d’une heure est très complète. Elle peut permettre  d’avoir un bon « état des lieux »des arguments qui militent pour le droit de vote des étrangers aux élections locales.

Le représentant du collectif Votation citoyenne à cette émission est Bernard Delemotte de la Lettre de la citoyenneté, une excellente revue consultable sur Internet qui fait, depuis très longtemps, le point sur l’avancée de cette revendication en France, en Europe et dans le monde. Dominique Voynet y est interrogée en tant que maire de Montreuil (Seine-Saint-Denis) directement concernée par la question de la citoyenneté de résidence d’une part très importante de la population de sa ville

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 14:10

Le Président de la Ligue des Droits de l'Homme et du Citoyen met, dans le communiqué ci-dessous, les pieds dans le plat: François Hollande et son gouvernement, sa majorité parlementaire vont-ils reculer, renoncer à instaurer le droit de vote pour les étrangers no européens au prochaines élections municipales de 2014 ?

Une promesse de François... Mitterand déjà en 1981 !

Ce serait un signe fort, un des moyens de favoriser l'intégration d'étrangers non européens qui souvent vivent en France depuis des années, travaillent, paient (eux) des impôts locaux et nationaux en France (pas dans les paradis fiscaux!), constituent parfois une grande partie de la population de nos villes. 

Certes, la droite mène la bourre contre ce droit, alors que Nicolas Sarkozy ou Jean-Louis Borloo étaient pour. Doit-on surfer sur la vague montante du racisme, courber l'échine, renoncer? Ou bien doit-on prendre son courage à deux mains comme l'a fait le gouvernement de gauche en 1981-82 pour faire voter la suppression de la peine de mort, malgré une opinion publique majoritairement contre à cette époque?

Faire bouger nos parlementaires et les élu-e-s locaux

Certes, il faut obtenir une majorité des 2/3 des parlementaires. Raison de plus pour bouger, ensemble, pousser nos parlementaires et élus locaux à se prononcer. Faut-il renoncer, devant un rapport de foces parlementaires pour le moment inférieur à ces 2/3 ? "C’est si vrai que le maire de Paris, engagé de longue date dans cette revendication pour la démocratie, en est venu à hausser le ton pour rappeler que le gouvernement à le droit d’échouer, mais pas celui de renoncer." déclare, ci-dessous, le Président national de la LDH, Pierre Tartakowsky.

Ne devons-nous pas arrêter la spirale du renoncement à gauche et réagir tous ensemble ? Je le pense. Et vous ?

Henri Moulinier

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Droit de vote des étrangers : plus que jamais !

Le gouvernement est-il prêt, est-il décidé, à s’engager pour la mise en œuvre de l’engagement du candidat François Hollande concernant le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers ? Si la réponse est oui, il a un sérieux problème de communication. Après qu’un quotidien national du matin ait trompeté qu’il y renonçait, il se tait. Puis, explique, par les voix convergentes de sa porte parole et de son premier ministre que « c’est compliqué », « pas pressé, en tout cas pas prioritaire », que « la crise d’abord »…

A ce stade, ce n’est plus un flottement, c’est un échouage, comme dans « échouer », ou comme dans « échec ».

Répétons avec fermeté que cette mesure n’est pas « luxueuse » ; elle est en retard sur nombre de pays européens. Elle vise à combler le déficit démocratique aussi important que malsain qui divise la population de nombreuses villes en une population de citoyens électeurs d’un coté, et une autre, privée de vote. Elle vise à rétablir une égalité de traitement entre résidents étrangers européens et étrangers résidents non européens, les seconds étant privés de ce dont bénéficient les premiers. Elle constitue enfin un élément parmi d’autres pour contrer les effets délétères de la crise sociale et économique en confortant l’effectivité de la notion d’égalité.

C’est dire que sa dimension emblématique n’est pas que symbolique ; elle est enracinée, profondément, dans le sol des contradictions économiques, sociales, idéologiques que la promesse du « changement, maintenant » vise à résoudre.

La droite a parfaitement saisi l’hésitation fatale qui semble paralyser l’exécutif ; elle redouble d’efforts et de hurlements pour lui faire barrage, excipe d’une pétition nationale et se légitime d’un renversement de l’opinion publique dont attestent les sondages et qu’elle a, dans une large mesure, provoqué. Elle le fait moins pour contrer l’élargissement du corps électoral que pour alimenter une pédagogie du renoncement.

Autant de raisons qui devraient conduire le gouvernement à faire preuve de détermination. Reculer dans ce contexte tendu, reviendrait à adresser un message de désespoir a tout le monde « désolé, finalement, c’est trop dur » ; c’est aussi dire clairement qu’une partie de la population qui vit en France ne mérite pas qu’on se batte pour ses droits ; c’est enfin avouer un état de faiblesse que la droite se hâtera d’exploiter, jusqu’à provoquer la crise dont d’ores et déjà elle rêve a voix haute. Bref, ce serait pire qu’une erreur, ce serait une faute. Le faire au prétexte de la difficulté des temps serait un suicide.

C’est si vrai que le maire de Paris, engagé de longue date dans cette revendication pour la démocratie, en est venu à hausser le ton pour rappeler que le gouvernement à le droit d’échouer, mais pas celui de renoncer.

C’est fort bien vu. C’est pourquoi il nous revient de tout faire pour rappeler aux élus locaux, aux députés, aux ministres, que cette revendication est juste ; que nous y tenons ; et qu’une grande partie de l’avenir est suspendu à sa réalisation.

Pierre Tartakowsky, 

Président de la LDH nationale

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Sur ce blog:

François Hollande ne tourne-t-il pas le dos à une politique de gauche ?

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 19:39

Le mea culpa télévisé de DSK jugé choquant par les féministes

Le mea culpa télévisé de Dominique Strauss-Kahn n'a pas convaincu lundi les féministes, qui doutent de la sincérité de l'ex-directeur du FMI sur ses rapports avec les femmes et dénoncent un traitement de faveur médiatique.

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Photographe : Thomas Samson :: Manifestation de féministes devant le siège de TF1, le 18 septembre 2011 à Boulogne-Billancourt photo : Thomas Samson, AFP

"Mais quel scandale, quelle indécence! Le harcèlement, les viols, les violences sexuelles subis par les femmes quotidiennement ont-ils si peu d'importance qu'un homme soupçonné de tels agissements se voie offrir une tribune pareille pour minimiser la gravité de son comportement envers les femmes?", s'indigne La Barbe dans un communiqué, invoquant "un rouleau compresseur médiatique en marche pour réhabiliter les grands hommes", selon le groupe d'action féministe.

Pour l'avocate féministe Gisèle Halimi, l'interview, menée par Claire Chazal, était un "entretien de connivence où les liens d'amitié entre la journaliste (...) et DSK sont apparus gros comme des câbles".

"Il s'est mis dans la peau du comédien qui devait être pugnace et incisif", a-t-elle commenté.

Avis partagé par Nelly Martin, de la Marche mondiale des femmes, qui fustige le "côté méprisant et froid" de l'ancien patron du FMI, pas "crédible même quand il a voulu jouer le pauvre homme".

"Ce qui est choquant, c'est le fait qu'il n'a aucun regret, aucun regret envers Nafissatou Diallo, envers les femmes qu'il poursuit de ses envies mâles et autoritaires", et le fait que la "faute morale" confessée "l'embêtait surtout car il n'a pas pu se présenter" à l'élection présidentielle, a-t-elle déclaré à l'AFP.

Les féministes regrettent par ailleurs que DSK n'ait pas levé "les zones d'ombre" sur ce qui s'est réellement passé dans la suite 2806 du Sofitel de New York le 14 mai, ou en France, en 2003, avec Tristane Banon.

"J'ai trouvé que c'était lamentable", a dit à l'AFP Olivia Cattan, présidente de l'association Paroles de femmes, étonnée de ces "relations sexuelles entre deux personnes qui ne ne connaissaient pas, en quelques minutes, non tarifiées" et présentées comme "consentantes".

Accusé d'agression sexuelle aux Etats-Unis avant que la justice n'abandonne les poursuites pénales fin août, celui que les sondages donnaient comme le favori socialiste pour 2012 est toujours sous le coup d'une plainte au civil aux Etats-Unis et, en France, d'une plainte pour "tentative de viol" déposée en juillet par la romancière Tristane Banon.

Dimanche, DSK a reconnu une "faute morale" à New York, mais a martelé qu'il n'y avait eu "ni violence, ni contrainte, ni agression, ni aucun acte délictueux" contre Mme Diallo, s'interrogeant sur l'éventuelle motivation financière de la plaignante.

Concernant Mme Banon, il a démenti tout "acte d'agression", évoquant la "version imaginaire" de la jeune femme, qui devait s'exprimer lundi soir sur Canal+.

Pour Mme Martin, "la seule façon de pouvoir s'expliquer, ce n'est pas de venir devant TF1, (...) mais d'aller en justice. Une enquête est en cours, et lui peut tranquillement devant des millions de téléspectateurs donner sa version à lui".

Après la prestation de DSK sur TF1, Choisir la cause des femmes, présidée par Me Halimi, exige que les plaignantes ou leurs représentants puissent jouir d'un droit de réponse au JT de Claire Chazal dans les mêmes conditions.

"Ce qui est grave, c'est que chaque fois que la dignité des femmes est en cause comme cela, on tente de faire passer les femmes qui sont de pures victimes pour des affabulatrices", estime Me Halimi.

La Barbe s'interroge: "Que faut-il alors si l'affaire DSK n'y a pas suffi, pour qu'enfin on reconnaisse la domination masculine et ses ravages?"

 Marie-George Buffet, députée communiste (Front de gauche) déclare que "cette intervention ne méritait pas 25 minutes au J.T. de 20 heures. Le New York Times a titré sur un scenarion bien monté. C'est cette réalité qui me paraît choquante. On nous a dit qu'on allait connaître les faits et il n'en ai rien. Il n'y a aucune justification avancée par DSK. Il parle de "faute morale". Je ne sais pas ce que ça veut dire. S'il y a agression sexuelle, la justice doit passer. Il n'u a pas d'"excusez-moi". Les seules excuses à faire sont celles qui devraient $etre faites aux femmes concernées, Nafissatou Diallo et Tristane Banon. Je ne comprens pas cette espèce de faux mea culpa. Il n'y a pas eu un mot de regret par rapport à elles. De plus l'équité de parale n'est pas respectée. Quant est-ce que TF1 donnera la parole aux présumées victimes ? (...)". Au nom de quel pouvoir, cet homme a un droit de parole au JT de 20 heures quand elles n'ont droit à rien ? (...)".

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Je partage ces indignations au nom de l'égalité hommes-femmes, d'une humanité réunie et progressiste, en homme attaché à ces valeurs.

   H Moulinier

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 15:36

 

(Clémentine AUTAIN)
A l’heure où Dominique Strauss-Kahn est entré dans la salle d'audience du tribunal pénal de New York et s’est vu signifier les chefs d'inculpation d'agression sexuelle, tentative de viol et séquestration de personne retenus contre lui, Clémentine Autain a appelé à avoir « une pensée » pour la femme de chambre new-yorkaise. Figure de la Fédération pour une alternative sociale et écologique, la militante féministe et ex-adjointe du maire de Paris nous a expliqué pourquoi.



Sur votre blog, vous vous interrogez : « Qui a une pensée pour la femme de chambre ? ». Pourquoi ?

 

J’ai regardé abondamment les informations depuis hier et j’ai l’impression qu’un consensus s’est établi. La plupart de ceux qui réagissent à cette affaire appelle à « penser à l’homme qui traverse cette épreuve ». Il n’y a aucun mot pour la femme qui a déposé plainte, et peut-être, je dis bien peut-être, a été victime d’une agression sexuelle. Ce sont deux poids deux mesures qui me laissent stupéfaite. Ce n’est pas une lecture féministe des choses mais une lecture de classe : la femme de chambre qui est invisible et le patron du FMI qui reçoit des messages d’encouragement. Les faits ne sont pas établis, il faut respecter la présomption d’innocence mais il n’est pas exclu que cette femme ait été violée. Et il faut rappeler que le viol est un crime. Je suis stupéfaite par le manque de considération à l’égard de cette femme de ménage. Tout le monde a le mot « décence » à la bouche mais la décence, ce serait d’avoir au moins un mot pour cette femme........................................

LIRE LA SUITE de cet article :
http://www.elle.fr/Societe/Interviews/Affaire-DSK-pour-Clementine-Autain-la-decence-ce-serait-d-avoir-au-moins-un-mot-pour-cette-femme-1583462

SON BLOG :
http://clementineautain.fr/2011/05/16/une-pensee-pour-la-femme-de-chambre/
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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 09:03

Depuis l'écriture de l'article ci-dessous, le pouvoir Sarkozien et son Préfet de Charente-Maritime ont décidé d'expulser la cinquantaine de Roms qui vivaient de manière très précaire sur le terrain de Dompierre s/Mer. L'opération a été menée de nuit, à minuit, , en empêchant toute présence génante de citoyens et de journalistes.

 Le Roms étaient "consentants"... eux qui vivaient là depuis novembre dernier, sans que les services sociaux et la préfecture ne s'en occupent. Sarkozy a parlé, l'expulsion a eu lieu à l'insu du plein grè de ces pauvres malheureux, que des amis de la LDH locale ont essayé de secourir, avant leur départ.

Cela fait le titres des médias, l'affaire de Sarkozy (?), mais ça règle quoi???

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Voici, ci-dessous,  l'article de Pierre-Marie Lemaire paru dans le quotidien "Sud-Ouest" de lundi 8 Août. Je le publie intégralement car il est très démonstratif du traitement des Roms dans ce pays et par le Conseil Général de Charente-Maritime (présidé par un Ministre de Nicolas Sarkozy).

Sarkozy a déclaré la guerre aux Roms.

Les "autorités" se réveillent, dit le journaliste! Il faut passer à l'acte, faire ce qu'a décidé le petit Empereur de l'Elysée. Pour mieux tenter de faire oublierl'affaire Woerth-Bettencourt et le rejet de sa "réforme" des retraites.

  Un traitement humain est possible

J'apprécie le point de vue, certes très modéré, mais humain de Martial Durieux, le Maire de Dompierre s/Mer, car ces roumains sont citoyens européens, et "tous en situation régulière" affirme le journaliste de Sud-Ouest! Le Conseil général de Charente-Maritime serait mieux inspiré de prendre en compte l'accueil de ces familles Roms , dans d'autres conditions, plus humaines, en terme d'hygiène en particulier.

 

 Ne peut-on, effectivement, proposer une AUTRE solution?

 Un hébergement plus décent, un suivi, une démarche d'intégration? Car leur statut de citoyens européens, la mlibres circulation au sein de l'Union Européenne leur permet de jouer au chat et à la souris et de revenir en France après leur expulsion.

 Cette construction européenne chère à notre Président

Cette situation des Roms est aussi très expressive de cette construction européenne voulue par Sarkozy, avec son Traité de Lisbonne, construction qui a voulu s'élargir au plus vite vers l'Est, pour profiter de marchés nouveaux, d'une main d'oeuvre moins chère, en Roumanie entre autre, mettant en concurrence les pays et les travailleurs, au lieu de promouvoir un réel développement des ces pays pour favoriser la progression de leur niveau de vie, l'égalisation progressive de celui-ci avec nos pays, ceux qui sont les plus anciens membres de l'Union Européenne. L'immigration de Roms dans notre pays en est l'une des conséquences, d'autant qu'ils sont fort mal traité en Roumanie, j'ai pu le vérifier lors d'un voyage dans ce pays.  Mais le pyromane Sarkozy joue les pompiers pour faire avaler sa politique.   

                                                                                                    H.M.

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Sud-Ouest

Pierre-Marie Lemaire 

La Rochelle : Un camp de Roumains menacé d'évacuation

Des familles de Roms vivent depuis dix mois dans des conditions très précaires près de La Rochelle. La préfecture pourrait les faire expulser cette semaine.

 « C'est toujours mieux ici qu'en Roumanie », affirme Petrica (à gauche). Photo pascal Couillaud

« C'est toujours mieux ici qu'en Roumanie », affirme Petrica (à gauche). Photo pascal Couillaud

 

Une douzaine de caravanes fatiguées, quelques tentes rapiécées, de rares enfants qui jouent dans la poussière. Ils sont une soixantaine à vivre dans ce campement de fortune depuis le mois de novembre. Ils ont subi les rigueurs de l'hiver, les fortes pluies du printemps, les chaleurs de l'été… Pendant dix mois, personne ne s'est occupé d'eux. Et puis, tout à coup, c'est le branle-bas général. La justice juge, la préfecture réunionne, les forces de l'ordre se préparent. L'expulsion pourrait avoir lieu cette semaine.

Ils sont roumains. De cette minorité rom que le président de la République a désignée à la vindicte populaire le 28 juillet à Grenoble. Les deux premières familles sont arrivées dans l'agglomération rochelaise à l'été 2009. Expulsées d'Angoulins, au sud, elles ont trouvé refuge à l'est, dans un petit bois de Dompierre-sur-Mer où d'autres les ont rejointes. Le terrain est propriété du Département. Il jouxte le canal de La Rochelle à Marans, un coin de verdure prisé par les promeneurs, joggers et autres pêcheurs. « Les gens se plaignent », assure Jean-Louis Frot, vice-président du Conseil général de la Charente-Maritime (UMP). « Mais aucun incident n'a été signalé », ajoute-t-il.

Interdits de supermarché

Les conditions de vie sont des plus précaires. Les familles s'entassent dans des caravanes hors d'âge récupérées un peu partout. Pas d'électricité, pas d'eau, des bougies pour s'éclairer et une borne à incendie en guise de robinet.

« On ne se plaint pas, sourit Petrica, c'est toujours mieux ici que là-bas. Là-bas, il n'y a pas de place pour nous, pas de travail. Quand on en trouve un, c'est 200 euros par mois. Vous pourriez vivre, vous, avec 200 euros par mois ? »

Comment vivent-ils, ici ? « Des associations nous aident, on fait la manche. On trouve aussi des petits boulots au noir, mais ça, faut pas le dire ! Il n'y a jamais eu de problème depuis que nous sommes là. Sauf avec le gérant du Super U, qui refuse de nous laisser entrer. Alors, on va faire nos courses ailleurs. »

Petrica n'a pas entendu parler du désormais fameux discours de Grenoble. Il ignore que Nicolas Sarkozy a promu les Roms au rang de boucs émissaires et qu'il a donné l'ordre de fermer 300 campements dans les trois mois. « C'est du racisme, s'indigne-t-il, il n'a pas le droit ! Nous sommes roumains, citoyens européens. Pour nous, la France, c'est liberté, égalité, fraternité. »

La préfecture l'a fait vérifier, ils sont tous en situation régulière.

 

Départ volontaire ?

La machine administrative s'est mise en branle début juillet. Le Conseil général a saisi en référé le tribunal de grande instance de La Rochelle, qui a ordonné l'évacuation du campement. Jean-Louis Frot dit avoir eu notification de l'ordonnance le 27 juillet, la veille de la diatribe présidentielle. Le préfet, Henri Masse, lui a fait savoir par courrier reçu le 6 août qu'il était prêt à faire exécuter la décision de justice, « au besoin avec le recours de la force publique ».

Le maire de Dompierre, Michel-Martial Durieux (PRG), se serait bien passé de ces squatters encombrants. Le terrain n'est pas municipal, et la commune n'a aucune compétence dans ce domaine. S'il a demandé au Conseil général et à la préfecture de prendre leurs responsabilités, « c'est pour des raisons d'hygiène et de salubrité : on ne peut pas laisser des gens vivre dans des conditions pareilles ». Il plaide « pour une solution humaine ». Tout en sachant que l'époque n'est guère à l'humanité et que toute idée de relogement est exclue.

Moulinets sécuritaires ou pas, il risque de se passer à Dompierre ce qui se passe ailleurs. Une partie des Roumains vont accepter de rentrer au pays avec en poche l'aide au retour humanitaire : 153 euros par adulte, 46 euros par enfant. Puis ils reviendront, dans quelques semaines. Quant aux autres, s'ils quittent Dompierre, ce sera pour planter leurs caravanes ailleurs. « Personne ne veut partir… » confirme Petrica.

 

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5 août 2010 4 05 /08 /août /2010 08:12

APPEL CITOYEN UNiTAIRE....!!!

Une déclaration de 49 organisations:

Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité, fraternité,

Manifestations partout en France le 4 septembre, à 14h 

Paris, le 4 août 2010

 

 

Une avalanche de discours et d’annonces provocatrices s’est abattue depuis plusieurs jours sur notre pays. Jusqu’au plus haut niveau de l’Etat, on entend des propos qui étaient jusqu’à présent l’apanage de l’extrême droite. Le président de la République, lui-même, montre du doigt des communautés et des groupes sociaux entiers, stigmatise les Roms, les Gens du voyage, les étrangers, les Français qui ne sont pas « de souche », les parents d’enfants délinquants, etc. Ce faisant, il ne lutte en rien contre la délinquance, qui est répréhensible pour tout individu sans distinction de nationalité ou d’origine : il met délibérément en cause les principes qui fondent l’égalité républicaine, alors que déjà une crise sociale et économique d’une extrême gravité menace la cohésion de la société tout entière.

 

En quelques jours, les plus hautes autorités de l’Etat sont passées de l’exploitation des préjugés contre les Gens du voyage au lien, désormais proclamé, entre immigration et délinquance, puis à la remise en cause de la nationalité française dans des termes inédits depuis 1945. Ce qui est à l’œuvre dans cette démarche s’inscrit dans une logique de désintégration sociale porteuse de graves dangers.

 

Il ne s’agit plus du débat légitime en démocratie sur la manière d’assurer la sûreté républicaine, mais bien d’une volonté de désigner comme a priori dangereuses des millions de personnes à raison de leur origine ou de leur situation sociale. Quelle que soit la légitimité que confère l’élection, aucun responsable politique n’a reçu mandat de violer les principes les plus élémentaires sur lesquels la République s’est construite.

 

Parce que le seuil ainsi franchi nous inquiète pour l’avenir de tous, nous, organisations associatives, syndicales et politiques diverses mais qui avons en commun l’attachement aux principes fondamentaux de la République laïque, démocratique et sociale, rappelons avec force que l’article 1er de la Constitution « assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion », et que toutes propositions qui méconnaîtraient cette règle fondatrice de la démocratie constituent une atteinte à la paix civile.

 

Nous n’accepterons sous aucun prétexte que le nécessaire respect de l’ordre public soit utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires.

 

Nous appelons donc l’ensemble des citoyens de ce pays à manifester publiquement leur opposition aux stratégies de stigmatisation et de discrimination et aux logiques de « guerre » qui menacent le vivre ensemble. A cet effet, nous proposerons dans les prochains jours à la signature en ligne un « Appel citoyen » refusant toute politique de la peur ou de la haine. Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen à l’occasion du 140e anniversaire de la République, le samedi 4 septembre Place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, pour dire ensemble notre attachement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité qui sont et qui resteront notre bien commun.

 

 

Signataires : AC ! Agir ensemble contre le chômage, Les Alternatifs, Les amoureux au banc public, Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM), Association France Palestine Solidarité (AFPS), Association des Marocains en France (AMF), Association nationale des Gens du voyage catholiques (ANGVC), Association républicaine des anciens combattants (ARAC), ATTAC, Autremonde, Cedetim, Confédération française démocratique du travail (CFDT), Confédération générale du travail (CGT), La Confédération Paysanne, La Cimade, Le Cran, Droit au logement (DAL), Emmaüs France, Europe Ecologie, Fédération pour une alternative sociale et écologique (Fase), Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération nationale des associations d'accueil et de réinsertion sociale (FNARS), Fédération SUD Education, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), FNASAT-Gens du voyage, Fondation Copernic, France Terre d’Asile, Gauche unitaire, Groupe d'information et de soutien aux immigrés (GISTI), Les Jeunes Verts, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Ligue de l’enseignement, Marches européennes, Médecins du Monde, Le Mouvement de la Paix, Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), le Parti communiste français (PCF), le Parti de Gauche, le Parti socialiste (PS), Réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RAIDH), Réseau Education Sans Frontière (RESF), SNESUP-FSU, SOS Racisme, Syndicat des avocats de France (SAF), Syndicat de la magistrature (SM), Union syndicale Solidaires, Les Verts.

 

 

 

Contacts presse : vous pouvez contacter les services presse de chaque organisation signataire et pour la LDH : Virginie Peron 01 56 55 51 07 – virginie.peron@ldh-france.org

L’Appel citoyen « Face à la xénophobie et à la politique du pilori : liberté, égalité fraternité » appelant à une manifestation à Paris le 4 septembre 2010, place de la République à Paris, à 14h00, et partout en France, est ouvert à la signature sur le site

 http://nonalapolitiquedupilori.org/

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:44

«La femme réduite au chimpaInterview

Parité. Dans son livre à paraître vendredi, Elisabeth Badinter dénonce une offensive réactionnaire faisant de la maternité le Saint-Graal de la femme.

Par CHARLOTTE ROTMAN

Elle parle de «guerre idéologique souterraine», de «retour en force du naturalisme», de «culpabilisation des mères». Pour avoir observé les femmes autour d’elle, scruté les pratiques de la prosélyte Leche League (1) engagée dans une «bataille du lait», épluché les recommandations de certains pédiatres et des théoriciens de «l’instinct maternel», décortiqué le féminisme, Elisabeth Badinter décrit l’émergence d’un nouveau modèle, qui fait de la maternité le cœur de l’identité féminine. Dans son dernier opus intitulé le Conflit, la Femme et la Mère qui paraîtra vendredi chez Flammarion et fait déjà polémique, la philosophe analyse cette menace. Le livre est dédié à «Robert».

Qu’est-ce que la «bonne mère» aujourd’hui ?
C’est une mère qui revient aux fondamentaux. Elle allaite pendant six mois, ne met pas son bébé à la crèche ou pas trop tôt, parce qu’un bébé a besoin d’être avec sa mère et non dans un nid à microbes, elle se méfie de ce qui est artificiel et a des préoccupations écolo. Le petit pot est devenu un signe d’égoïsme, on revient à la purée écrasée par maman. Une bonne mère est constamment à l’écoute doit veiller au bien-être physique et psychologique de l’enfant ; c’est un full time job. J’oublie de dire que comme elle allaite à la demande, il est recommandé de mettre le bébé dans le lit conjugal. Cela nie l’intimité des adultes et exclut le père.

Il y a aussi un regret à voir la femme quitter son foyer, sa place naturelle est à la maison. On comprend qu’elle doit aller travailler, mais il faut qu’elle se débrouille pour être là quand les enfants arrivent de l’école. La «bonne maternité» impose des nouveaux devoirs qui pèsent sur celles qui ne les suivent pas. C’est une représentation à rebours du modèle qu’on a poursuivi jusqu’à présent, qui rend impossible l’égalité des sexes et malvenue la liberté des femmes. C’est un retour en arrière. Les femmes vont-elles se laisser convaincre de réendosser ce modèle-là ?

Quelle «révolution silencieuse» s’est passée sous nos yeux ces trente dernières années ?
La crise économique a rendu le travail plus dur, plus précaire, plus stressant. Les femmes sont les premières touchées : elles ont fait des études, cherchent du travail, sont sous-payées et jetables comme des Kleenex. C’est l’origine du bouleversement. Dans les années 90, la droite a proposé une allocation maternelle qui a renvoyé les femmes à la maison avec comme seul potage un demi-Smic. En même temps, on a assisté à la remise en cause du consumérisme. L’idée s’est imposée qu’on faisait fausse route dans la course aux ambitions inutiles et qu’une autre vie, plus conforme à la nature, était possible. Beaucoup de femmes ont été sensibles à ce discours. Et se sont dit : «Et si je prenais comme objectif de m’occuper de mon petit enfant, bref, d’être la mère idéale ?» Cela s’accompagne d’une critique générale du progrès scientifique, de la science «vendue à l’industrie». On s’est également précipité pour instaurer un principe de précaution. Tout cela a engendré de nouveaux comportements, de nouvelles peurs, propices à un retour aux fondamentaux.

Selon vous, ce contexte a favorisé l’idéologie de la nécessité de l’allaitement maternel.
On est passé de : «Vous avez le droit» d’allaiter, à «Vous devez». Les pressions d’ordre moral ont remplacé un choix légitime, sous la houlette de la Leche League. Je pense que la philosophie naturaliste au nom de laquelle on impose cela est dangereuse. Car elle ne laisse plus de place à l’ambivalence maternelle. Elle impose une conception unifiée des femmes. Nous pouvons toutes, nous devons toutes faire la même chose. C’est une réduction de la femme au statut d’une espèce animale, comme si nous étions toutes des femelles chimpanzés. Puisque c’est la nature qui l’impose : nous avons les mêmes réactions, les mêmes devoirs. La liberté de dire non est évacuée. Pour la Leche League il n’y a pas de prétexte recevable pour refuser d’allaiter, il faut persister. Il n’y a jamais aucun motif de dire non.

Vous écrivez : «dans une civilisation où le moi d’abord est érigé en principe, la maternité est un défi, voire une contradiction»…
C’est une situation schizophrénique. Ces trente dernières années, on a assisté à une montée de l’individualisme, de l’hédonisme, du moi d’abord. Cela rentre en contradiction avec l’impératif de plus en plus lourd qui est de faire passer l’enfant d’abord : depuis que les femmes bénéficient de la contraception, on doit tout à l’enfant qui n’a pas demandé à naître, comme allaiter à la demande. Sous-entendu celles qui ne le font pas sont coupables, égoïstes. De la montée de l’individualisme et de l’accroissement des devoirs maternels naît ce conflit interne à chaque femme et qui a aussi des conséquences sociales fantastiques. Car les sociétés oublient que les femmes possèdent une petite bombe atomique : celle de ne pas faire d’enfant. En Allemagne, Italie, Espagne, quand la société fait peser sur les épaules de la femme tout le poids de la maternité sans l’aider, les femmes font moins d’enfants ou pas du tout.

Selon vous, une «offensive naturaliste» est menée par une «sainte alliance des réactionnaires». Laquelle ?
Il y a une coagulation de l’écologie, de la Leche League, du féminisme naturaliste et du discours des spécialistes du comportement qui s’appuient les uns sur les autres. Le plus intéressant est de voir comment les militantes de la Leche League et les féministes différentialistes se sont retrouvées pour revaloriser la maternité, et en faire le cœur de l’identité féminine. Ces féministes veulent construire une société plus apaisée grâce aux vertus maternelles, dont les valeurs sont opposées au machisme. Les militantes de la Leche League pensent que la femme est naturellement mère, c’est donc un retour à une tradition millénaire. Mais les deux mouvements ont fait un bout de chemin ensemble et se sont emparés des théories du «lien» qui donnent aux hormones du maternage un rôle déterminant. Pour eux, l’amour maternel est la conséquence de nos hormones.

Quels sont les signes de la maternité écolo ?
Le meilleur exemple est celui des couches jetables. C’est tout à fait révélateur d’un état d’esprit que je redoute. Nathalie Kosciusko-Morizet a proposé une taxe sur les couches jetables, sans se soucier du travail que cela impose aux mères. Et contrairement à ce que pense Cécile Duflot, ce ne sont pas les hommes qui vont se précipiter en rentrant du travail pour aller mettre les couches à la machine. De même, il y a une méfiance vis-à-vis de la péridurale comme si en ôtant la souffrance, elle ôtait la valeur authentique et originelle de la naissance. La pilule est mal vue, car elle contrecarre un processus naturel. De même, il faut donner à l’enfant les fruits de la nature, lui épargner l’artificiel, le chimique, comme le lait artificiel.

Pour vous le bébé est devenu «le meilleur allié de la domination masculine».
Le pauvre bébé, malgré lui, tient sa mère prisonnière : la mère est au service des besoins de son enfant, elle doit se plier à ses horaires, il trône parfois dans le lit conjugal. C’est la mère la plus impliquée, cela donne au père l’autorisation morale de ne pas s’en mêler. Les hommes n’ont même pas eu à lever le petit doigt. Le bébé est devenu le maître et il justifie l’inégalité du partage parental. L’exclusion des pères est ainsi légitimée, alors que de plus en plus de jeunes pères éprouvent du plaisir à s’occuper de leur bébé.

Je crois que le thermomètre de la domination masculine demeure l’écart de salaire homme-femme. Or il y a une hypocrisie à gémir sur les écarts salariaux et en même temps à détourner les yeux de l’inégalité majeure : celle de la non-répartition des tâches familiales et domestiques, qui continue à occasionner une concurrence déloyale entre homme et femme. Les hommes sont pardonnés par avance de continuer à ne rien faire à la maison.

Comment résoudre ce conflit ?

La majorité des Françaises concilie la maternité et la vie professionnelle, elles sont nombreuses à travailler à temps plein quand elles ont un enfant. Elles résistent au modèle de mère parfaite, mais pour combien de temps ? D’autant qu’on assiste à un règlement de comptes entre générations. Certaines filles disent à leurs mères : «Je ne serai pas comme toi à courir entre le travail et les enfants, toujours pressée, et stressée, heurtée au plafond de verre». J’ai l’impression qu’aujourd’hui, on est peut-être à un tournant.

(1) La Leche League (ligue du lait en français) est une association fondée il y a plus de cinquante ans par des mères de famille de la banlieue de Chicago (Etats-Unis) désireuses de faire partager leur expérience positive de l’allaitement. Présente en France depuis 1979 , elle informe et soutient les allaitantes.


 Source: Libération - 10/2/2010

 

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