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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 05:54

 

 

La sixième réforme du  système des retraites  ne marque pas d’inflexion profonde de gauche, même si quelques mesures limitées semblent vouloir prendre en compte la pénibilité du travail et les études des jeunes. Même si le gouvernement manœuvre en recul en évitant d’augmenter la CSG (supportée à 70 % par les salariés) et de toucher au régime des retraites des fonctionnaires ou de désindexer totalement les retraites (dont la revalorisation est cependant décalée dans l’année de plusieurs mois, d’avril à octobre) .

La continuité de la politique de la droite …

L’essentiel est bien ailleurs, dans la continuité des mesures imposées par la droite :

  • L’indexation des retraites demeure calculée sur l’indice des prix, qui minore le poids de l’inflation des dépenses du quotidien (chauffage, alimentation, …). Balladur, en 1993, avait mis en cause l’indexation prenant en compte l’inflation ET la hausse des richesses créés (hausse du PIB). Hollande maintient ce choix qui contribue à réduire le pouvoir d’achat des retraités, alors que des millions d’entre eux connaissent la pauvreté, après toute une vie de labeur.
  • Le montant des retraites demeure, pour le privé, calculé sur les 25 dernières années d’activité, et non plus comme avant sur les dix meilleures années. Autre coup de couteau amputant les retraites. La droite l’a fait. Hollande le maintient.
  • F. Fillon avait fait voter un texte de loi comportant un article indexant automatiquement espérance de vie et durée des cotisations. Hollande maintient cette indexation. Alors que l’espérance de vie en bonne santé a diminué d’un an depuis 2010 selon l’INSEE, à cause des conditions de vie et de travail de millions de chômeurs et de travailleurs précaires, mais aussi de l’allongement du l’âge de départ à la retraite.
  • L’âge effectif de départ à la retraite n’a plus rien à voir avec l’âge légal, officiel permettant de partir en retraite, qui demeure à 60 ans. En fait le départs effectifs se font de plus en plus au-delà de 60 ans.

Et l’aggravation de la politique anti-jeunes

            Au lieu de revenir à l’âge de départ possible à 60 ans à taux plein, Hollande et son gouvernement en rajoutent une couche en durcissant les conditions pour avoir une retraite à taux plein et en allongeant encore la durée de cotisation. La barre est mise à 43 ans, contre 41 ans aujourd’hui, d’ici 2020. Cette durée de cotisation sera portée à 41 ans et 3 trimestres en 2020 pour atteindre 43 annuités d’ici à 2035. Ce sont les actifs nés à partir de 1973 qui vont en supporter les conséquences. Un jeune âgé aujourd’hui de 30 ans, qui a alors, en moyenne, cotisé 30 trimestres, serait amené à devoir cotiser encore 142 trimestres pour profiter d’une retraite pleine, a calculé Nicolat Dutant, journaliste à l’Humanité (29 août 2013).

            Ce calcul, tous les jeunes peuvent le faire. Cela veut dire, dénonce l’UNEF, le syndicat étudiant, que les jeunes devront « attendre 67 ans pour bénéficier d’une retraite à taux plein ». « Le message est clair : au chômage aujourd’hui, il faut en plus renoncer à une retraite de qualité demain ». Certes, le gouvernement évoque la possibilité de favoriser le rachat de trimestres d’études, en mettant en place une aide forfaitaire (environ .1.000 euros) tout en limitant ces participations à 4 trimestres. Une mesure insuffisante car le coût du rachat d’une seule année d’étude revenant à 4.000 euros, beaucoup de jeunes seront pénalisés en raison de parcours professionnels chaotiques ou faute d’épargne disponible. Ce qui fait dire à l’UNEF que c’est « un dispositif inopérant».

Une période catastrophique pour l’emploi qui n’est pas finie !

            Un salarié sur 2 est encore en activité à l’âge de 60 ans ! Donc cette mesure d’allongement de la durée de cotisation arrêtée par F. Hollande et le gouvernement va pénaliser les jeunes, parce qu’ils entrent tardivement sur le marché du travail. Et nous l’avons vu le rachat possible de 4 trimestre est un leurre. Ce qui est significatif c’est que les experts gouvernementaux ne mises pas sur une baisse notable du chômage dans les années à venir ! Sinon, ils se seraient rendus compte que moins de chômeurs, ce serait plus d’actifs employés DONC COTISANTS, de quoi mieux équilibrer les comptes !!!

En fait, une réforme peut en cacher une autre, scandaleuse !!!

             Le Medef est sorti satisfait récemment de sa rencontre avec le Premier Ministre. Pourquoi ? Tout … simplement ca ce dernier a répondu favorablement à la vieille exigence du Medef de basculer les cotisations familles vers l’impôt. Ce n’est pas rien comme enjeu : 34 milliards, alors que l’augmentation des cotisations sociale vont augmenter pour les salariés, mais aussi pour les entreprises. Celles-ci débourseraient alors 2,2 milliards d’euros. A comparer avec les 34 milliards que le patronat pourrait récupérer !!! Et qui paierait l’augmentation des impôts ? Pas les actionnaires des grandes sociétés, soigneusement ignorés, alors qu’il ne paient pas de cotisation sociale ! Pas les grandes sociétés qui minorent leurs impôts en France en jouant avec les prix de transfert vers les paradis fiscaux, dont beaucoup sont liés à des pays membres de … l’Union Européenne !

Ne laissons pas faire : agissons ensemble !

            Ne nous laissons pas abuser par cette prétendue « réforme » de F. Hollande et son gouvernement ! Il faut la combattre et mettre dans le débat politique d’autres solutions, telle la taxation de ces fameux dividendes des actionnaires et cela au même niveau de cotisation sociale que les salariés !

            Alors le 10 septembre, mais aussi après, ouvrons le débat, agissons ensemble, très largement.

Henri Moulinier

30 août 2013

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 07:48

le NON de socialistes à tout nouveau recul :

                     pas un trimestre de plus, pas un euro de moins !



 Les militantes et militants qui ont lancé cet appel de socialistes, http://www.socialistes-pour-les-retraites.fr/, remercient les signataires qui ont répondu à leur proposition de manifester le NON de socialistes à tout nouveau recul.

Cet appel réunit déjà 1 200 « premières signatures » alors que, membres de la fédération socialiste des Pyrénées-Atlantiques, nous l'avons lancé à la mi-juillet après avoir fait adopter, par le bureau fédéral 64, une résolution qui refusait toute baisse du montant des pensions.
Maintenant, nous proposons à toutes et à tous les signataires de faire signer toutes les militantes et tous les militants socialistes de leur entourage. Nous voulons que la vigilance socialiste s'exprime parce qu'elle redonnera confiance aux électrices et électeurs de gauche qui doutent, qui manifestent souvent leur déception et parfois leur colère.
Nous savons qu'une position affirmée, venue de l'intérieur du Parti Socialiste et disant « pas un trimestre de plus, pas un euro de moins », facilitera les mobilisations unitaires qui marqueront la rentrée sociale et qui seront nécessaires pour construire le rapport de forces face au Medef et à la droite.

Nous rendons public cet appel par la conférence de presse que nous tiendrons, avec des responsables socialistes signataires, le samedi 24 août, à 18 heures, à La Rochelle (hôtel Mercure). Soyez-y nombreux !
Notre démarche est très simple, elle peut obtenir le soutien de la majorité des socialistes et l'approbation de la majorité du peuple de gauche que nous voulons encourager à se mobiliser contre les exigences du Medef. En effet, l'enjeu immédiat, par rapport auquel nous nous positionnons, se résume dans notre exigence : aucun nouveau recul. Les travailleurs ont assez payé !
Nous n'attaquons pas le gouvernement de François Hollande, qui est notre gouvernement puisque nous l'avons mis en place. Nous nous défendons contre une nouvelle attaque, que programme le Medef depuis longtemps. Exigence contre exigence. Celle du Medef, celle du peuple de gauche.
Nous refusons notamment la mesure qui a la faveur du patronat : l'allongement du nombre d'annuités qui, rendant le taux plein inatteignable, ferait sévèrement baisser les pensions et pousserait les plus riches vers les assurances privées…

Aujourd'hui, ce sont celles et ceux qui ont mis en place le gouvernement et sa majorité, qui se mobilisent. Ce n'est pas comme en 2010, ce n'est pas à la droite que nous demandons la satisfaction de nos revendications. C'est pourquoi, le peuple de gauche, uni, peut et doit gagner.
Le NON socialiste à tout nouveau recul est le signe que cette unité est en marche et qu'elle sera majoritaire. Notre intervention dans le mouvement social qui se prépare est indispensable pour y créer cette confiance. Nous proposons de réunir les signataires dans chaque département, chaque ville, pour faire connaître l'appel.
Nous vous proposons de faire connaître, par communiqué et conférence de presse, les signataires de votre fédération et votre soutien aux manifestations du mardi 10 septembre. Nous vous proposons d'y distribuer massivement le texte de l'appel, de ses signataires départementaux et des responsables nationaux signataires.

Bref, nous vous proposons de faire campagne pour l'intérêt des travailleurs et pour l'honneur du socialisme et de la gauche. 

Pierre Ruscassie
(membre du BF 64), pour les initiateurs de l'appel

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20 juin 2013 4 20 /06 /juin /2013 06:41

Avertissement. Ceci est une fable où, comme La Fontaine dont on boirait bien l’'eau, on ne va pas se gêner pour animaliser les comportements des peuplades françaises.

 Au risque que la sensiblerie épidermique des concernés se prenne la fouettée et que, cul rougi, ils aillent grommelant que c’'est faire injure à leur humaine nature que d'’ainsi les rabaisser à leur bêtise plus constituée que constitutive. Allons, tant pis ! Qu'’ils grognent, braient ou tremblent en feuilles mortes, le droit à la caricature s’'exercera sans faiblir.

Argument. Notre gouvernement de gauche s’'en prend à l’'âge de la retraite et veut le reculer. Pourquoi pas ? Les populations vieillissent en bonne santé et il n’y pas de raisons que les baby boomers qui pètent la forme continuent à se gaver quand leurs petits-enfants peinent à entrer dans la carrière.

L'’ennui, c’est que cette atomisation d'un progrès social fatigué semble découler d’'une stricte pensée comptable. Le désastre, c’'est qu’il y a coalition des avidités, des renoncements et des peurs pour sédimenter l’'encéphalogramme plat des réflexions sur le partage du temps de travail et sur l’'entremêlement des trois temps de la vie (formation, production, loisirs).

Proposition. En France, le chômage dépasse les 10% et le désoeœuvrement des jeunes flirte avec les 25%. Et c'’est dans ce pays que l'’on voudrait maintenir ad vitam les seniors dans l’'emploi et confiner ad nauseam les jeunes adultes dans un statut de dépendance puérile ?

C'’est ridicule, pour ne pas dire criminel. Il faut au contraire que la gauche, si elle existe encore, reprenne la marche en avant de la réduction choisie du temps de travail. Après les 35 heures, il faut passer à la semaine de 4 jours. Au-delà du contrat de génération que Hollande peine à mettre en oeœuvre, il faut instaurer la retraite à la carte. Il s'’agit de travailler moins pour travailler tous, afin de restaurer un contrat social en charpie.

C’'est tout à fait possible sans rien perdre de cette sacro-sainte compétitivité que vénèrent tant nos excellences agenouillées devant le veau d'’or du capitalisme financier. Lisez Pierre Larrouturou (1), dernier des Mohicans à croire encore possible une embellie sociale quand les nuées économiques font se pâmer les gorets, reculer les ânes et frissonner les trembleurs.

Les gorets. Ils ne pensent qu’à leur panse. Ils sont mondiaux et décomplexés, offshore et optimisés. Pour assurer leurs vieux jours, ils n’ont jamais compté sur un Etat-nation qu’ils se sont acharnés à dépecer. Ils savent comment mettre leurs avoirs à l’abri. Et sont juridiquement outillés pour les transmettre au mieux à leurs ayants droit.

Indécrottables, nos gorets pas gênés s’acharnent à faire honte aux RMistes, de leur paresse congénitale. Sentencieux, ils reprochent aux demandeurs d’'emploi leur refus de se retrousser les manches à n'’importe quelle condition. Méprisants, ils pointent l'’égoïsme des

classes 
moyennes, devant les «nécessaires» sacrifices.

 

Pleine aux as, cette corporation charcutière est surtout faite de petits et grands patrons, de professions libérales et de commerçants fortunés, d’'héritiers divers et variés. Le pire, c'’est que sa goinfrerie sans frein fait envie. D’'autant qu'’elle s'’est trouvé des porte-voix «culturels» tels Gérard Depardieu et Johnny Hallyday, assez popus pour entretenir l'’illusion d’une rébellion gauloise, d’'une fronde à la Gavroche.

Les ânes. Il y a l’'âne bâté de droite qui porte la charge de ses donneurs d’'ordre et qui ressasse qu'’il faut travailler plus pour gagner plus, tout en pensant bien fort qu'’il faut travailler plus pour gagner moins.

Et puis, il y a l’'âne de gauche qui recule, qui n'’a pas la franchise de reconnaître qu’'il a abjuré ses ambitions égalitaires. C’est un âne pas très franc du collier, prêt à céder sur beaucoup, de crainte de voir toute la cargaison verser dans le ravin. Entendons-nous bien ! Les politiques ne sont pas seuls à braire à la mort de l’'imagination sociale. Les syndicalistes, les associatifs, les intellectuels, eux aussi, ont mis genou à terre, en ânes déculottés qui fanent leurs espoirs à la mangeoire de la pensée.

Les trembleurs. Ceux qui grelottent en regardant l’'horizon qui noircit à foison, c'’est vous, c’est moi. Tous, nous courbons l'’échine dans l'’attente du knout libéral. On attend que ça nous dégringole sur le râble, trop content d’'être encore salarié en CDI, pensant à compléter notre pension menacée, activant nos maigres réseaux pour pistonner nos gamins sans perspectives.

Nous sommes ces trembleurs, qui refusons de comprendre que la préférence française pour le chômage est une ruse de la raison capitaliste pour nous faire tenir tranquilles. Il ne tient qu’à nous, pauvres pommes, de profiter ensemble des gains de productivité générés par la robotisation et le numérique, au lieu de laisser les actionnaires s’'en pourlécher.

L'’angoisse nous corrode le cerveau quand il faudrait balayer au seuil de nos peurs.

Libération - 17 juin 2013  - Par LUC LE VAILLANT

(1) «La gauche n’a plus le droit à l’'erreur», Michel Rocard et Pierre Larrouturou (Flammarion).

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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 08:36

Contribution à la table ronde n°4 –

Assurer l’avenir des retraites et de notre protection sociale

Retraites : pour un choc de répartition

ATTAC - Fondation Copernic


Les précédentes réformes de retraite ont eu des effets catastrophiques, qui n’ont pas fini de se faire sentir. Une étude récente de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques a calculé que si les réformes de 1993, 2003 et 2008 s’étaient appliquées aux affiliés de la CNAV et de la MSA-salariés de la génération 1938, ceux-ci auraient eu des pensions de base réduites de 28 % en moyenne lors de la liquidation, et de 35 % sur l’ensemble de leur période de retraite.

Comme précédemment, l’argument « on vit plus vieux, il faut travailler plus longtemps » est invoqué, et il semble de bon sens. Notons pourtant que l’augmentation de l’espérance de vie ne date pas d’aujourd’hui et que, par le passé, le partage de la richesse produite a permis qu’elle s’accompagne de la diminution du temps passé au travail et d’une amélioration globale du niveau de vie. Mais surtout, vouloir augmenter la durée de cotisation relève d’une double hypocrisie.

*Hypocrisie quand on sait qu’une grande partie des salarié-es (plus de la moitié pour la génération 1942) est déjà hors emploi au moment de liquider leur retraite. Repousser encore ce moment revient simplement à prolonger cette période hors emploi, qui peut être de chômage, de pré-retraite, en tout cas de précarité, et donc à enfermer dans les minimas sociaux en attendant de pouvoir toucher une pension. Augmenter la durée de cotisation revient au final à faire baisser le montant des pensions sans oser le dire.

*Hypocrisie encore car vouloir faire travailler les salariés plus longtemps dans le contexte actuel de chômage revient aussi à rompre le contrat entre les générations. Car la solidarité intergénérationnelle a deux faces. Les actifs paient les pensions des retraités, et les salariés âgés se retirent de l’emploi pendant que les nouvelles générations y accèdent. Décaler l’âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes et celui des seniors, plutôt que payer des retraites. Ainsi, depuis le recul de l’âge de départ de 60 à 62 ans, on constate bien une hausse du taux d’activité de 15 % entre 2010 et 2012 pour la tranche d’âge de 55 à 64 ans… accompagné d’une augmentation de plus d’un tiers de la part des chômeurs dans cette tranche d’âge !

  Tandis que les jeunes font les frais du maintien forcé en emploi des seniors : leur taux de chômage dépasse 26%, l’écart de taux de chômage entre les moins de 25 ans et l’ensemble des actifs atteint un record.

*Enfin, ce qui est important est moins l’espérance de vie que l’espérance de vie en bonne santé, et toutes les années de retraites ne sont donc pas équivalentes. Prolonger la durée d’activité, alors même que la souffrance au travail se développe et que de nouvelles pathologies apparaissent, obère le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement des meilleures années de retraite. 

 L’objectif annoncé pour la nouvelle « réforme » est de combler un déficit des régimes de retraites plus important que prévu, qui serait d’environ 20 milliards en 2020. Il y a d’abord là un élément paradoxal. Car l’aggravation du déficit est la conséquence directe des politiques d’austérité qui jettent la France et l’Europe dans une spirale récessive et entrainent une montée du chômage… et donc des déficits.

Dans son rapport de décembre 2012, le Conseil d’orientation des retraites explique ainsi « la dégradation beaucoup plus rapide que prévu des comptes des régimes de retraite du fait de la chute des recettes liée à la crise ». Le rapport Moreau fait le même constat. Pourtant, ce qu’il propose est de réduire encore les dépenses en faisant porter l’essentiel de l’effort sur les salarié-es et les retraité-es, qui n’ont aucune responsabilité dans la crise.

Difficile de considérer qu’un montant de 20 milliards d’euros constituerait un déficit insoutenable des caisses de retraite, lorsque la même somme est attribuée sans contrepartie aux entreprises via le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ! En finir avec l’austérité, relancer l’emploi par une réduction du temps de travail et une politique audacieuse d’investissement en matière sociale et écologique permettraient déjà de résoudre une bonne partie du problème.

La part des retraité-es augmentant dans la population, il est nécessaire, à moins de vouloir lesappauvrir, d’accompagner cette évolution en attribuant aux pensions une part plus grande de la richesse créée. Il est ainsi possible de relever progressivement les cotisations patronales en baissant en parallèle les dividendes versés aux actionnaires (cette part est en effet passée en trente ans de 3 % à 9 % de la valeur ajoutée brute des sociétés non financières, sans aucune justification économique). L’investissement productif ne serait ainsi pas touché et cette mesure n’aurait pas d’impact sur les prix. La sacro-sainte compétitivité des entreprises serait donc épargnée. Le rapport du COR de décembre 2012 indique que l’augmentation du taux de cotisation pour équilibrer le système de retraites est de l’ordre de 2 % en 2020. Rien d’inaccessible. Mais il est vrai, et c’est là que le bât blesse, cela suppose un « choc de répartition » et non un choc de compétitivité.

Une voie supplémentaire pour améliorer le financement des retraites, systématiquement négligée, est celle de l’activité des femmes. Le taux d’activité des femmes est sensiblement inférieur à celui des hommes (84,2 % contre 94,8 % dans la tranche des 25-49 ans en 2010). De nombreuses femmes souhaiteraient travailler professionnellement mais y renoncent, ou se contentent d’un emploi à temps partiel, par manque de solution pour l’accueil des enfants. Il y a donc de larges marges de progrès pour réaliser l’égalité. Si l’activité des femmes rejoignait celle des hommes, l’effectif de population active serait supérieur d’environ 5 % (4.8 % en 2020, 4.9 % en 2030) à celui retenu par les projections actuelles. En première approximation, cette augmentation se traduirait, à taux égal de chômage, par un accroissement de même ampleur - près de 5 % - du volume de cotisations. À comparer donc au besoin pour 2020, chiffré à 2% par le COR ! Cet accroissement du taux d’activité des femmes serait d’autant mieux bienvenu que des besoins collectifs nombreux restent à satisfaire et que des activités utiles correspondantes pourraient être créées. De même, supprimer les inégalités salariales entre les femmes et les hommes permettrait d’augmenter très sensiblement les recettes de cotisations.

Bref, des solutions existent à condition de rompre avec les politiques actuelles et la logique d’un capitalisme financier prédateur. Les conditions préalables en sont un arrêt des politiques d'austérité et une action énergique en faveur de l'emploi par une reconversion industrielle écologique, la réduction du temps de travail, la formation, le développement des crèches, ...

Les objectifs pour un système équitable et durable de retraite comportent le droit à la retraite à 60 ans à taux plein, la revalorisation du minimum contributif au niveau du SMIC pour une carrière complète, la convergence de la durée de cotisation nécessaire pour une pension à taux plein avec la durée moyenne de vie active constatée, l’élimination des inégalités de pension entre les femmes et les hommes et la prise en compte effective de la pénibilité, sans oublier celle des métiers à prédominance féminine.

Les moyens à mettre en oeuvre pour financer ces objectifs sont un rééquilibrage du partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits distribués, ces derniers (notamment les dividendes) étant soumis à cotisation ; une augmentation de l’activité des femmes en levant les obstacles qu’elles rencontrent, et la réalisation de l’égalité des salaires entre les femmes et les hommes ; la suppression des allègements inutiles de cotisations sociales, ainsi que la majoration du taux de cotisation patronale sur l'emploi à temps partiel.

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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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