Espace de débat pour contribuer à l'élargissement du Front de gauche, la victoire de la gauche pour une réelle alternative au néolibéralisme et au capitalisme
Le congrès du PCF a atteint des sommets de platitude et de sectarisme.
Quand les propos ne fustigeaient pas qui s'interrogeait sur le devenir de l'organisation des communistes, ils se répartissaient entre l'incantation selon laquelle les choix faits par les communistes sont toujours les bons et la proclamation d'un avenir meilleur issu de la persévérance.
La chasse systématique à toute velléité d'amélioration du Parti fut particulièrement nette lors du débat des amendements.
Le texte final est - si cela est possible - encore plus fermé que la proposition de départ. Afin de se constituer une majorité contre toute novation le regroupement autour de Marie-George Buffet impliquait l'éviction de ceux qui avaient commis le délit d'évoquer le dépassement du PCF. Pour la première fois depuis 1985 une divergence était proclamée incompatible avec la participation à une direction. Pour compenser le vide ainsi créé, cette recherche de majorité s'est étendue à l'espace occupé par ceux qui refusent toute novation, lesquels n'ont eu de cesse d'en réclamer d'avantage, A. Gérin allant jusqu'à revendiquer 25% de la composition du CN.
L'évènement a été la liste alternative de candidatures au CN regroupant dans leurs diversités celles et ceux qui réclamaient l'ouverture du chantier de l'organisation des communistes.( voir ci-dessous le texte et les votes pour la liste alternative) De ne pas faire de leurs différences un obstacle a permis à de multiples voix - y compris des délégués ne s'identifiant aucune des sensibilités sur la liste - d'exprimer le refus de voir le Parti glisser vers ce qu'il y a de plus régressif et sectaire.
Il est devenu visible qu'entre régression et avancée, il n'y a guère d'espace. Cela a permis que d'un congrès ficelé ne sorte pas un message unilatéralement négatif et désespérant mais aussi le sentiment qu'entre ce qui se passe à « l'intérieur » du PC et à « l'extérieur » une dynamique nouvelle est possible.
Editorial de Pierre Zarka dans "communisme.mouvement@free.fr " - voir le bulletin complet n°26Pour recevoir régulièrement ou/et permettre à des amis de recevoir le bulletin, prenez contact sur http://communisme.mouvement.free.fr _______________________________________________________________________________________ Site national du Pcf: http://www.pcf.fr ________________________________________________________________________________________________
Le texte intégral de la profession de foi de la listealternative « Ensemble pour une alternativecommuniste »:
«Des millions de citoyennes et citoyens, dans notre pays, espèrent en un autre avenir que celui qu'ils vivent. Face à une droite agressive, ultralibérale et autoritaire, ils attendent de la gauche des réponses à la mesure de cette aspiration aux changements urgents et durables. Sortir la gauche de la crise d'alternatives dans laquelle elle est, impose de mettre en débat et en construction, les grandes transformations nécessaires de notre société et de se donner les moyens politiques de leur réalisation.
Le PCF peut y contribuer ;
Le communisme ancré dans l'action politique peut donner du sens à cette révolution démocratique nécessaire.Cela n'est possible qu'au prix d'une profonde transformation. Nous avons des hypothèses différentes sur la manière dont cette transformation peut se déployer.Nous avons surtout en commun la forte et évidente conviction que rien ne serait pire que la conservation. Quand tout bouge, on ne peut rester ce que nous sommes. Chacune et chacun, à sa façon, a agi pour un débat extraordinaire, qui n'a pas eu lieu et qui reste à mener.
Nous avons considéré que l'expression du pluralisme d'opinion doit être préservée, aujourd'hui et demain, au sein des directions. C'est la condition de l'efficacité, quand tout est si complexe ; c'est la condition pour que personne ne soit laissé sur le bord du chemin et pour qu'aucune porte sur l'avenir ne soit refermée. Nous sommes très inquiets de ce qui pourrait, à l'issue du congrès, apparaître comme de l'immobilisme, voire de la régression de fait. On ne peut prétendre changer et laisser à l'écart les camarades qui, depuis des années, se battent pour de la novation communiste.
Le texte amendé retenu par la commission est en deçà des exigences de l'heure ; il aggrave la logique initiale de la base commune dans un sens identitaire. Dans le même sens, le profil des directions retenues nous alarme par l'amputation d'une partie de nous-même qu'il opère. Il fragilise l'indispensable rassemblement auquel nous allons contribuer de toutes nos forces aux prochaines élections européennes. Nous voulons dire ensemble que, au lendemain du Congrès,nous poursuivrons dans notre parti l'effort de réflexion et d'expérimentation, pour la relance d'un communisme politique transformé, condition majeure d'une profonde restructuration du paysage politique à gauche. Et nous voulons dire ensemble, solennellement, que dans cet effort la mise à l'écart de quelque hypothèse que ce soit, l'ostracisme à l'égard de quelque point de vue que ce soit seraient des régressions dramatiques.Les modalités de métamorphose du PCF, les rassemblements à gauche pour faire force politique neuve, rien ne doit être occulté ou minoré.
La diversité est une nécessité. Elle est une richesse précieuse. Elle est la vie. Pour faire vivre pleinement ces points de vue, nos statuts ne nous laissent qu'une seule possibilité : nous déposons une liste alternative à celle conduite par Marie-George Buffet, afin de marquer l'exigence et l'espérance d'une profonde transformation de notre espace politique.
Nous respecterons la souveraineté des communistes. D'ailleurs nous sommes persuadés que la liste « officielle » sera élue dans sa totalité. La seule façon de corriger un message unilatéral adressé à nos concitoyens sera, par vos suffrages, de permettre à notre liste d'obtenir le plus grand nombre d'élus. »
Les parrains de la liste Christian Audoin, président du groupe communiste au Conseil régional (Corrèze), directeur de quotidien régional ; Jacques Bourgoin, maire de Gennevilliers ; François Dumon, dirigeant communiste ; Bernard Frederick, journaliste ; Jean-Claude Gayssot, ancien ministre ; Daniel Geneste, syndicaliste ; Marie- Thérèse Goutmann, ancienne parlementaire, bureau de section de Sète ; Patrick Hatzig, vice président Conseil régional de Lorraine, dirigeant régional du PCF ; Jean-Claude Lefort, député honoraire ; Roger Martelli, historien ; Jean-Louis Mons, ancien président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis ; Jean Prat, syndicaliste ; Jack Ralite, sénateur, ancien ministre ; Jacqueline Rouillon, maire de Saint-Ouen ; Georges Séguy, résistant, syndicaliste ; Lucien Sève, philosophe ; Pierre Zarka, animateur de l'OMOS et ancien directeur de l'Humanité.
Le « pôle transformateur », qui n'a rien de monolithique, s'est imposé dans la direction non par la fenêtre, mais par lagrande porte du vote des délégués du congrès. Personnalités au poids symbolique fort, tels Jean-Claude Lefort, Jack Ralite, Georges Séguy et Lucien Sève.Perte de lisibilité des orthodoxes Les mauvais résultats obtenus par les listes « identitaires », respectivement 10 % pour celle tirée par André Gérin et 5 % pour celle animée par Nicolas Marchant, a plusieurs explications: à l'écré- mage des délégués au cours des congrès fédéraux - qui concerne toutes les sensibilités critiques- s'est ajoutée la lassitude d'une parti des militants, mais aussi la désagréableimpression que les tractations de couloirs pour obtenir un nombre de placesplus élevés ont empêché l'expression d'orientations alternatives claires. Mais cela renvoie aussi au fait que le texte adopté à 68 % des délégués du congrès contient nombre d'éléments que les délégués attachés à la préservation du PCF en l'état souhaitent y voir figurer, mais aussi pas mal d'éléments contraires...
Au total, les problèmes posés avant le Congrès demeurent...