°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Mais que fait la police? Pendant près d’une heure et demie, samedi après-midi, le quartier Port du Rhin est devenu un no man’s land aux mains des black blocks, qui ont incendié une pharmacie, un ancien poste de douane, un hôtel Ibis et ont aussi saccagé une église. Dans le voisinage, les riverains râlent ce lundi, alors que les photographes amateurs pullulent pour immortaliser les décombres.
La police a-t-elle laissé sciemment le champ libre aux casseurs?
La question taraude les principaux acteurs de ce samedi de vandalisme.
Le sénateur-maire PS de Strasbourg, Roland Ries, souhaitait dimanche «que les responsables de la police expriment la stratégie qui a été menée» et «les raisons pour lesquelles on est arrivé à de pareilles dégradations et à de pareilles exactions».
De son côté,
le Mouvement pour la Paix, tout en condamnant «très fermement les groupes de casseurs», estime que «
les forces de police ont eu un comportement inacceptable». Sur France Inter, le porte-parole du NPA
Olivier Besancenot affirme avoir été pris dans «une vraie souricière», accusant les autorités d'avoir «tout fait» pour que la manifestation anti-Otan «parte en schweppes».
Plus grave, un responsable syndical de la police allemande a rapporté lundi que des policiers français auraient refusé des renforts allemands lors des manifestations anti-Otan qui ont dégénéré en violences samedi à Strasbourg. «Des collègues des forces d'intervention (allemandes, positionnés sur le Pont de l'Europe, à la frontière, ndlr) nous ont dit "nous pouvions aider, mais les policiers français n'ont pas voulu"», a expliqué Reiner Wendt, responsable fédéral pour le syndicat de la police DPolG. Il n'a pas pu donner plus de détails: «Nous devons d'abord enquêter sur ce qui s'est passé».
(...)
Où était le gros des forces de l’ordre ce samedi après-midi là?
Près de 9.000 policiers et gendarmes, ainsi que 1.500 militaires et autant de pompiers, avaient été mobilisés pour ce sommet.
Deux hypothèses prévalent.
- Soit les uniformes étaient en d’autres points pour sécuriser les convois d’officiels
- Soit ils sont restés volontairement en retrait pour ne pas provoquer les manifestants après deux premiers jours houleux. L’Intérieur ne souhaite pas nous éclairer.
Mais même en intervenant,
peu après 16 heures, les forces de l’ordre ont semblé perdues dans les ordres et contre-ordres.
En témoigne la «prise» de la voie ferrée, qui traverse et surplombe le quartier port de Rhin. Les gendarmes mobiles, bien implantés sur la zone, ont ensuite étrangement rejoint le pied de la butte. Un casseur, puis un deuxième, sont partis en éclaireur sur ce point. Quelques minutes plus tard, près de deux cents membres des black blocks ont surgi
pour arroser copieusement les CRS, replié près du poste d'aiguillage
rue Coulaux.
Pourquoi avoir abandonné un point stratégique? (...)