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"Après avoir épuisé le filon des emprunts immobiliers des pauvres, les banques américaines se jettent sur une nouvelle manne : les polices d'assurance décès. En rachetant à bas prix celles des grands malades et des vieux, elles refabriquent des produits dérivés basés sur la durée de vie des détenteurs
Pour relancer la « machine à titriser », le plan des établissements financier est simple : racheter massivement les assurances décès à de personnes âgées ou gravement malades en cash mais sous leur prix (à 30 ou 40% de leur valeur), les grouper en titres et les revendre comme des produits financiers.
Quant aux profits, ils viennent avec le corbillard.
« La mort, seule, est une certitude », faisait dire Maupassant à un de ses personnages.
Suivant la leçon, les banques américaines exploitent ce qu'il reste aux épargnants américains, dégoûtés de la Bourse et échaudés par les fonds : les polices d'assurance décès.
Comme le révélait le New York Times <http://www.nytimes.com/2009/09/06/business/06insurance.html>,Wall Street s'agite aujourd'hui autour de ce nouveau matériau et les banques d'affaires, de Goldman Sachs au Crédit Suisse, frappent par dizaine à la porte du cabinet DBRS, spécialisé dans les risques liés à l'épargne sur la vie.
Le plus gros risque : les progrès de la médecine !
Car, dans ce petit arrangement macabre avec la finance, plus le titulaire de la police d'assurance meurt vite, moins l'acquéreur a à cotiser longtemps et plus les profits sont hauts. D'où l'intérêt de viser les vieux et les malades.
Or, si, dans la crise des subprimes, le risque était l'insolvabilité des foyers américains ayant emprunté pour acheter un bien immobilier, le risque de ces « subprimes de la mort », c'est que les détenteurs des polices vivent trop longtemps !(...)
Un marché potentiel de 500 milliards de dollars rien qu'aux Etats-Unis
Dans cette histoire, les financiers de Wall Street se moquent du moment où les sujets passeront de vie à trépas : leurs bénéfices reposent très majoritairement sur la titrisation et la commercialisation de ces produits.
Et il y a du produit à titriser : le New Yortk Times <http://www.nytimes.com/2009/09/06/business/06insurance.html> évoque un marché potentiel de 500 milliards, alors que 26000 milliards de dollars d'assurances décès sont actuellement commercialisés aux Etats-Unis(...)
En France, les opérateurs sont déjà prêts !
Mais il ne faut pas croire que nous soyons protégés par le mur de l'Atlantique. Outre les filiales londoniennes des établissements financiers titriseurs de bons sur la mort, la France a elle-même une petite expérience en la matière.
Au début des années 2000, la Macif avait déjà commercialisé des titres d'assurance auto : rachetant les polices d'assurances aux conducteurs, elle avait permis de fabriquer des produits pour spéculer sur les accidents de voiture ! (...)
Car, sans l'intermédiation des assureurs, rien n'est possible !