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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:10

Décryptage du projet de réforme des retraites du gouvernement:

             Travailler plus pour gagner moins !

 

La réforme des retraites présentée par le gouvernement est un véritable rouleau compresseur

contre le travail :

- âge légal de départ repoussé de 60 à 62 ans,

- durée de cotisations relevée à 41,5 annuités,

- droit à la retraite à taux plein repoussé à 67 ans.

Et les contreparties en terme de prise en compte de la pénibilité et de taxation du capital sont dérisoires.

 

􀂄 Relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations : double peine 

En combinant recul de l’âge légal et hausse de la durée de cotisations, le gouvernement applique la double peine aux salariés : travailler plus pour gagner moins. La poursuite du relèvement de la durée de cotisations annuités en 2020 va faire encore baisser le niveau moyen des pensions. Alors que celles-ci ont déjà baissé entre 15 et 20 % depuis les réformes Balladur-Fillon. Le gouvernementpourtant s’assied donc allégrement sur son engagement de « ne pas baisser les pensions » formulé dans son document d’orientation du 14 mai.

Ce relèvement de la durée de cotisations va amplifier l’application de la « décôte » sur les

pensions instaurée par la loi Fillon. Et même dans l’hypothèse où ils travailleraient jusqu’à 65

ou 66 ans, les salariés ayant des durées insuffisantes de cotisations, comme les femmes aux, verront quand même baisser leur pension. En effet le gouvernement a carrières fractionnées

décidé de relever de 65 à 67 ans l’âge à partir duquel la décôte cessera de s’appliquer auxsalariés n’ayant pas atteint une durée suffisante de cotisations.

Le relèvement de l’âge légal ont commencé à travailler tôt de + 4 mois par an de juillet 2011 à 2018) plutôt qu’à 2020 ou 2030 comme envisagé initialement, cette mesure sera encore plus brutale. C’est donc principalement sur le dos des  ouvriers et des employés que seront faites des économies. D’autant que cette mesure est présentée par le gouvernement comme le pivot de sa réforme, dont il sera l’élément le plus« rentable ».

Alors même que Nicolas Sarkozy s’était engagé en 2007 et en 2008 à ne pas relever l’âge légal de la retraite : - « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer. » (interview de Nicolas Sarkozy au Monde le 27 janvier 2007) - interrogé sur RTL le 27 mai 2008 sur la perspective de relèvement de l’âge légal, Sarkozy avait aussi répondu très clairement : « j’ai dit que je ne le ferai pas. Je n’en ai  pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour cela"

Ce mensonge montre que le gouvernement et Sarkozy profitent de la crise pour aller encore

plus loin dans la casse du système de retraite que ce qu’ils avaient pu espérer faire il y à 2 ou 3 ans.

 

􀂄 Une machine à produire du chômage et des déficits

L’explosion du nombre de chômeurs âgés sera l’autre effet dramatique du relèvement de l’âge

légal. Aujourd’hui les deux tiers des travailleurs sont déjà hors emploi quand ils atteignent 60. Alors que les entreprises se débarrassent déjà en masse des salariés à partir de 55 ans, on

ans voit mal pourquoi elles les garderaient de surcroît jusqu’à 62 ans. Les 2/3 des actifs contraints

d’attendre de 60 à 62 ans pour partir en retraite risquent donc d’être chômage ! Concrètement

cela représente environ 750 000 actifs et donc une hausse potentielle du chômage de. Avec une allocation moyenne de 13 000 euros par an 465 000 personnes à partir de 2020 versée aux chômeurs indemnisés, ces 465 000 nouveaux chômeurs représenteraient un coûtCela conduirait donc à supplémentaire de 6 milliards d’euros par an pour les Assedic.augmenter de 60 % le déficit actuel de l’assurance chômage Non seulement le gouvernement ignore ce risque d’augmentation du chômage, mais il prétend même contre toute vraisemblance récupérer des « excédents » virtuels de l’assurance chômage pour financer les retraites à horizon de 2018. Pour cela il table sur une baisse du chômage sans proposer pourtant la moindre mesure pour l’emploi. Et alors qu’au contraire sa réforme va augmenter le chômage !

 

D’autant que l’emploi des seniors est justement le parent pauvre des annonces du gouvernement. Il vante des mesures qui existent déjà et dont l’efficacité est nulle. Le cumul  emploi-retraite ne concerne par exemple que 2 % des retraités. Et l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de signer un accord sur l’emploi des seniors est la plupart du temps piétinée par les entreprises. Et quand elles le signent, cela ne garantit pas véritablement l’emploi des seniors et se contente d’améliorer l’information ou le tutorat des salariés (parfois pour mieux les préparer à leur licenciement avant la retraite !).La seule mesure nouvelle avancée par le gouvernement est une aide supplémentaire pour les entreprises représenterait 14 % du salaire brut. Plutôt que de pénaliser financièrement les entreprises qui se débarrassent de leurs salariés après 55 ans (comme le faisait la contribution Delalande supprimée par la droite), le gouvernement préfère donc verser une nouvelle aide aux employeurs. Une mesure qui est totalement contradictoire avec l’objectif de rééquilibrage des comptes. Car si cette aide marchait, son coût amputerait d’autant les économies faites pour les retraites grâce au maintien au travail de salariés jusqu’à 62 ans.

 

􀂄 Carrières longues et pénibilité : des annonces bidons

Pour faire passer la pilule du recul de l’âge légal, le gouvernement a prévu quelques mesures

de pur affichage, dont l’application ne concernera qu’une infime partie des salariés.

Les annonces sur la pénibilité relèvent d’une grossière aumône. Choisis « individuellement »

parmi les invalides, malades professionnels et victimes d’accidents du travail, à peine 10 000

salariés par an pourront bénéficier de ce dispositif et ainsi espérer partir avant 62 ans. Il

n’existera donc aucun droit collectif lié à la pénibilité du travail.

 

Les annonces sur les carrières longues sont tout aussi illusoires. Le gouvernement prétend

« pérenniser et élargir » ce dispositif de la loi Fillon de 2003 qui a permis à 600 000 personnes

de partir avant l’âge légal en ayant commencé à travailler très jeunes. Or le gouvernement. Alors qu’il oublie de préciser qu’il a considérablement réduit ce dispositif depuis 2 bénéficiait à plus de 100 000 bénéficiaires par an jusqu’en 2008, les critères ont été fortement resserrés et le nombre de bénéficiaires est tombé à 30 000 en 2009. Or le gouvernement propose aujourd’hui d’en faire bénéficier 90 000 personnes à horizon 2015. Présentée comme une avancée (« élargir le dispositif carrières longues »), cette annonce sera donc en fait un  recul puisque le nombre de bénéficiaires sera moins important en 2015 qu’il ne l’était en 2008 ! Cette annonce ne constitue donc nullement une contrepartie de masse à l’allongement

de la durée légale qui frappera de plein fouet les ouvriers et employés ayant commencé à travailler jeunes.

 

􀂄 Baisse du salaire des fonctionnaires et retraite à 62 ans pour les  fonctionnaires sont aussi touchés de plein fouet. L’augmentation de près de 3 points de leurs cotisations retraites diminuera leur salaire net. Et cela ne rapportera rien au régime de retraites par répartition et ne contribuera donc pas à rééquilibrer les comptes de la sécurité retraites comme on l’entend parfois dans les médias.

Cette hausse de cotisations des fonctionnaires est particulièrement injuste car :

- les fonctionnaires cotisent certes moins (7,85 % contre 10,55 % dans le privé) mais ils  bénéficient d’un taux de remplacement plus faible : 77 % contre 84 % pour les salariés du privé pour une carrière complète.

Et leurs primes ne sont pas prises en compte dans le calcul des retraites à la différence du privé. Ils bénéficient d’un taux de remplacement plus faible : 77 % contre 84 % pour les salariés du privé pour une carrière complète.

- les salaires des fonctionnaires sont plus bas que dans le privé à niveau de diplôme égal; ils reculeront donc encore !

- les salaires des fonctionnaires ont déjà reculé depuis plusieurs années, faute de revalorisation à la hauteur de l’inflation (rien que sur 2008 les salaires des fonctionnaires ont été revalorisés de 0,8 % alors que l’inflation était de 1,9 %, soit une baisse de 1,1 % du salaire net !)

Avec cette baisse de salaire des fonctionnaires, le gouvernement s’aligne sur les plans d’austérité élaborés par le FMI dans plusieurs pays d’Europe.

 

Les fonctionnaires vont aussi subir le relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations.

 Y compris pour les métiers dits d’ « active », dont la dangerosité ou la difficulté justifiait jusque

là des départs à 50 ou à 55 ans. Pompiers, policiers, douaniers, gardiens de prison,alors que leurs

contrôleurs aériens et égoutiers devront ainsi travailler 2 ans de plus

conditions de travail se sont lourdement dégradées sous l’effet de la RGPP et de la politique

du gouvernement. Pire, les infirmières ont non seulement perdu depuis quelques mois l’acquis

de leur départ en retraite à 55 ans en vertu du nouveau statut infirmier, mais les infirmières  nouvellement recrutées devront désormais travailler jusqu’à 62 ans ! Une véritable

provocation compte tenu des conditions de travail dans les hôpitaux notamment.

  

􀂄 Les riches et le capital passent entre les gouttes

A eux seuls fonctionnaires seront plus mis à contribution que l’ensemble du capital et des hauts revenus. A horizon 2020, ils seront ponctionnés de 4,9 milliards par an contre 4,6 milliards pour le capital et les hauts revenus.

Si l’on regarde au niveau de l’ensemble de la réforme, l’injustice du projet du gouvernement est résumée par un chiffre : 90 % des efforts seront supportés par les travailleurs et 10 %  seulement par le capital et les hauts revenus. Ces derniers ne paieront que 4 milliards d'euros  sur les 42 milliards de besoin à couvrir à l’horizon 2018. Ces 4 milliards sont dérisoires comparés aux 30 milliards d’euros par an de baisses d’impôts distribuées par la droite aux plus riches depuis 2002.

Le relèvement de 1 point de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu (passage de 40 à 41

%) est particulièrement dérisoire quand on sait que ce taux supérieur est passé de 52,75 % àCette mise à contribution est 40 % depuis que la droite est arrivée au pouvoir en 2002.

donc purement symbolique et sans commune mesure par rapport aux avantages engrangés par

les hauts revenus depuis 2002.

 

􀂄 Aucune garantie pour l’équilibre des comptes

Comme la réforme Fillon de 2003, qui devait garantir l’équilibre jusqu’en 2020, cette réforme sera aussi inefficace. D’emblée, le gouvernement a ramené ses engagements sur 2018,et qu’il avait même

alors qu’il avait d’abord affiché des prétentions à « 2020 ou 2030 » préparé le débat sur les retraites en agitant des chiffres à 2050. Cela suffit à démontrer la  malhonnête du procédé. Cette réforme ne rétablira de toute façon pas l'équilibre des comptes en 2018 comme elle le prétend.

 Comme on l’a vu, elle ne propose aucune mesure pour créer les emplois nécessaires à son financement. Et elle va même contribuer à augmenter le chômage.Faute de dégager des ressources nouvelles en partageant les richesses trouvé une grossière astuce. Il veut éponger les déficits qui vont s’accumuler jusqu’en 2018. Doté de 33 milliards d’euros,en dispersant les actifs du Fonds de réserve des retraites principalement grâce aux marges de manoeuvre dégagées sous le gouvernement Jospin, ce fond n’était pourtant destiné qu’à équilibrer les régimes entre 2020 et 2050. Le gouvernement continue ainsi le dépeçage des ressources publiques sans le moindre scrupule pour l’appauvrissement durable de l’Etat que cela induit. Il prépare ainsi la faillite générale du. système par répartition. Et son remplacement par la capitalisation

 

Face à un tel rouleau compresseur, un double mot d’ordre s’impose à nous.

- Exiger le retrait du projet de réforme du gouvernement dans les mobilisations du 24 juin puis

celles qui suivront notamment à la rentrée.

- S’engager à abroger ces mesures si un gouvernement du Front de Gauche arrive au pouvoir en

2012.

C’est le sens des communiqués de presse diffusés mercredi 16 juin par le Parti de Gauche dès

l’annonce par le gouvernement de cette réforme

 

Secteur Etudes du Parti de Gauche

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Un collectif retraite était en cours de constitution à La Rochelle.
 
En cédant aux injonctions du PS qui a fait ôter, par le PCF, de l'expression commune prévue par le collectif pour le 24 juin, la mention "l'abrogation des réformes Balladur et Fillon", mention pourtant contenues, dans l'expression nationale du Front de Gauche sur les retraites, dans les tracts internes du PCF
la direction de la Fédération du PCF 17 a fait le choix du moins disant social et rendu impossible la participation du Parti de Gauche au collectif retraite de La Rochelle dans les conditions actuelles.
 
Vous trouverez ci joint le communiqué que nous publions ce jour, mettons en ligne et vous invitons a diffuser dans vos réseaux sociaux.
 
La seule réponse que nous pouvons apporter, c'est de toutes et tous nous retrouver derrière la banderole du Parti de Gauche le 24 juin à La Rochelle et de défiler ensemble !

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  • : Henri MOULINIER
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  • henri Moulinier
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Acteur du Front de gauche. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.

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