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23 octobre 2010 6 23 /10 /octobre /2010 06:06
Guillaume Duval
Rédacteur en chef d’Alternatives économiques | Article Web - 21 octobre 2010
 

Face à la mobilisation croissante des lycéens et étudiants, les défenseurs de la réforme des retraites affirment que le report de l'âge minimal de départ en retraite n'aggraverait pas le chômage des jeunes. Ils ont malheureusement tort, au moins à court terme…

 

 

° Les défenseurs de la réforme ont raison d'insister sur la complexité du lien entre âge de départ en retraite et niveau d'emploi.

  Il n'y a rien d'automatique en effet à ce qu'un emploi libéré par le départ d'un senior soit occupé par un jeune. Ce départ peut aussi être l'occasion pour une entreprise de supprimer l'emploi en question, voire de délocaliser toute une activité si, par exemple, de nombreux « baby boomers » partent en retraite en même temps… Dans de tels cas de figure, retarder le départ des personnes concernées aurait pour résultat de préserver des emplois dans l'immédiat, même si ce ne sera sans doute que très provisoire

 

° De plus, tous les économistes conviennent qu'à long terme le niveau de l'activité économique tend à s'ajuster à celui de l'offre de travail.

Autrement dit : si les seniors restent plus longtemps en emploi, on finira bien par trouver autre chose à faire faire aux jeunes qui arrivent sur le marché du travail. Et donc, au final, il y aura à la fois plus d'activité économique et d'emplois.

Certains pays, parviennent en effet à avoir des taux d'emplois élevés tant pour les seniors que pour les jeunes. Et pas seulement les plus libéraux et les plus inégalitaires, puisque cela concerne notamment les pays scandinaves. Cet ajustement n'a cependant rien d'automatique : en France cela fait déjà trente ans qu'on n'a toujours pas trouvé quoi faire faire à 10 % de la population active…

De plus, à long terme nous sommes tous morts comme le rappelait fort justement John Maynard Keynes.

 

° Or, ce qui, sous certaines conditions, peut être vrai à long terme ne l'est en tout cas certainement pas à court terme : dans l'immédiat la hausse de la population à la recherche d'un emploi engendrée par le recul de l'âge de départ en retraite va bien se traduire par des difficultés supplémentaires pour les jeunes.

 C'est d'ailleurs un phénomène qu'on a déjà observé depuis le début de la crise. Les réformes des retraites antérieures ainsi que le durcissement des conditions d'accès à la Dispense de recherche d'emploi pour les chômeurs et au dispositif « Carrières longues » mis en place en 2003 pour les retraites anticipés, ont déjà entrainé un recul sensible de l'âge de départ des seniors.

Du coup, et aussi du fait de l'arrivée dans cette tranche d'âge de générations nombreuses, on a assisté depuis deux ans à une hausse significative de l'emploi des 55-64 ans (+ 274 000 personnes entre le 2ème trimestre 2008 et le 2ème trimestre 2010 selon les chiffres de l'enquête emploi), malgré une crise sans précédent depuis 1929 qui a causé la perte de 500 000 emplois dans le secteur concurrentiel. Tandis que, a contrario, l'emploi des jeunes de 15 à 29 ans, déjà très faible en France, reculait lui nettement (- 133 000 personnes entre le 2ème trimestre 2008 et le 2ème trimestre 2010). Une tendance qui devrait donc se poursuivre et s'aggraver si la réforme des retraites proposée par le gouvernement est adoptée.

 

° Le choix implicite fait avec cette réforme est bien d'avoir, dans l'immédiat, moins de retraités et plus de chômeurs, notamment chez les jeunes

  Sur le plan des comptes publics, un tel choix est d'ailleurs rationnel : un chômeur, surtout s'il est jeune et n'a pas encore travaillé, coûte beaucoup moins cher à la collectivité qu'un retraité

 Mais pour l'avenir du pays, il est difficile de considérer que ce calcul cynique puisse être un choix optimal.

 

Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques | Article Web - 21 octobre 2010
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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 09:47

Dans toute enquête criminelle on commence par se demander à qui profite le crime.
Brusquement à l'approche de la 6ième journée nationale d'action contre la réforme des retraites il y a des violences. Alors que lors des 5 précédentes, tout était calme.

Bernard Thibault appelle au "dialogue". Eric Woerth répond : "le temps du dialogue est terminé, il y a de la violence, il nous faut la combattre." [France Info, 19/10/2010, 19:00]. Il faut faire un dessin ou tout le monde a compris ?

Chambéry 19/10/2010, 18h00 avenue De Boigne, des jeunes encagoulés jettent des pierres sur un cordon de robocops (CRS ou gendarmes mobiles). Ça dure un bon moment...Puis trois des ces jeunes, l'instant d'avant les plus hardis à jeter des  pierres, remontent un brassard orange sur leur manche droite, foncent
sur l'un d'entre eux et l'immobilisent.
Remarquable coordination car immédiatement surgissent une dizaine de robocops qui protègent le groupe. Et devant les commerçants médusés on voit trois jeunes encagoulés embarquer un de leurs potes sous la protection des robocops.

Sur la photo ci-dessous, un de ces "brassards oranges", sweat à cagoule gris et bandeau noir, APRÈS l'interpellation ci-dessus racontée.

(Petite parenthèse : Je me trouvais là pour montrer à un petit jeune  comment les choses se passent. En gros j'étais un peu dans le rôle du vieux mustang qui montre à un jeune poulain quelle herbe ne pas brouter. Avec un peu d'expérience et les policiers étant si prévisibles, je savais où me mettre pour montrer, en toute sécurité, la fameuse scène à mon jeune protégé. Merci aux policiers d'avoir été fidèles au rendez-vous. Sans quoi la leçon n'aurait pas été complète.)

En tous cas, je vous le dis, ces "casseurs", ils tombent chaque fois rudement bien pour arranger les affaires d'un gouvernement désapprouvé par 71% des Français sur ce projet des retraites, mais certainement approuvé par une majorité pour "maintenir l'ordre".

NB : Pour sembler "maintenir l'ordre" et rassurer les citoyens, encore Brassards_Oranges.JPGfaut-il qu'il y ait désordre ...

non ? ...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Un témoignage très détaillé, avec une vidéo à l'appui:

http://guybirenbaum.com/20101023/nous-etions-entoures-d’hommes-en-noir-capuche-et-echarpe-leur-servant-a-se-couvrir-le-visage/

 

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PARIS, 21 oct 2010 (AFP)
Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche, PG) a estimé jeudi, à propos des débordements lors de manifestations contre la réforme des retraites, que les casseurs "sont des sarkozystes militants".
"Qui casse aujourd'hui est un sarkozyste militant!", a lancé le président du PG à l'issue d'une conférence de presse du Front de gauche. "Ceux qui jettent des pierres, incendient, cassent des vitrines sont des sarkozystes militants, ils n'ont peut-être pas leur carte (...) mais la seule et unique personne à qui ils rendent service, c'est le président Sarkozy".
"Nous les regardons avec dégoût", a ajouté l'eurodéputé, appelant "la police républicaine à faire preuve du plus grand sang froid" et "à ne pas se laisser entraîner dans des escalades qui ne serviraient que les violents".

Mais "il y a des moments où on trouve que certains groupes ont un comportement un peu étrange : nous voyons des gens qui cinq minutes jettent des pierres et la minute d'après, ont un brassard...", a-t-il argué.
"Il y a des photos et on a dit à nos amis de photographier et filmer beaucoup et de tout mettre sur les réseaux sociaux, c'est la meilleure des protections", a-t-il recommandé, soulignant qu'il n'y a "aucune espèce de complaisance du Front de gauche et de ceux en lutte avec les violents".
"C'est deux mondes, ce sont les chevau-légers du sarkozysme qui viennent agresser le mouvement social en cassant", selon M. Mélenchon.
A ses côtés, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a souligné que les "violences auxquelles on assiste sont très marginales et très mises en scène", y voyant le "résultat d'une stratégie de tension et provocation du gouvernement".
"On voit devant certains quartiers ou certains lycées une présence policière totalement démesurée" et il y a "quelques éléments dont on aimerait bien savoir d'où ils sortent et par qui ils sont organisés, parce que tout ça ne semble pas relever de la génération spontanée", a-t-il ajouté, alors que le mouvement social est "très tranquille" et que "les jeunes et les adultes défilent ensemble dans la joie et le calme".

http://www.lepartidegauche.fr/editos/arguments/3156-provocations-policieres-la-preuve-par-lexemple

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LYON: 19/10/10.... Des flics déguisés en militants CGT!

 

...de plus, je voulais vous signaler un incident qui nous a été rapporté par notre secrétaire de syndicat.
 Il était sur la place Bellecour avant le début de la manif du 19 octobre avec ses collègues pompiers et des groupes de jeunes, quand  ils ont assisté à une agression verbale et physique de la part d'individus, qui portaient des badges CGT, vis à vis d'un groupe de jeunes.

 

      Les pompiers se sont interposés et ont réussi à ceinturer les  agresseurs(ce sont des pompiers et ils sont costauds!).Tant et si bien  qu'ils ont eu la surprise de voir ces individus sortir leur carte de police pour se défendre car c'était des flics de la BAC !

 

 Non mais est ce que vous y croyez ?!!!
 J'ai beau me dire qu'ils sont capables de tout, j'en suis quand même  pas revenu !
 Du coup, les pompiers leur ont arraché leurs badges CGT et leur ont  dit qu'ils valaient mieux pour eux qu'ils foutent le camp, ce qu'ils ont  fait!
 Cet incident illustre la faiblesse du pouvoir qui n'a plus d'autres choix, face à la forte mobilisation populaire, que de faire de la provocation pour faire capoter la résistance à toutes les saloperies qu'il décide!

 

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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 20:10

Décryptage du projet de réforme des retraites du gouvernement:

             Travailler plus pour gagner moins !

 

La réforme des retraites présentée par le gouvernement est un véritable rouleau compresseur

contre le travail :

- âge légal de départ repoussé de 60 à 62 ans,

- durée de cotisations relevée à 41,5 annuités,

- droit à la retraite à taux plein repoussé à 67 ans.

Et les contreparties en terme de prise en compte de la pénibilité et de taxation du capital sont dérisoires.

 

􀂄 Relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations : double peine 

En combinant recul de l’âge légal et hausse de la durée de cotisations, le gouvernement applique la double peine aux salariés : travailler plus pour gagner moins. La poursuite du relèvement de la durée de cotisations annuités en 2020 va faire encore baisser le niveau moyen des pensions. Alors que celles-ci ont déjà baissé entre 15 et 20 % depuis les réformes Balladur-Fillon. Le gouvernementpourtant s’assied donc allégrement sur son engagement de « ne pas baisser les pensions » formulé dans son document d’orientation du 14 mai.

Ce relèvement de la durée de cotisations va amplifier l’application de la « décôte » sur les

pensions instaurée par la loi Fillon. Et même dans l’hypothèse où ils travailleraient jusqu’à 65

ou 66 ans, les salariés ayant des durées insuffisantes de cotisations, comme les femmes aux, verront quand même baisser leur pension. En effet le gouvernement a carrières fractionnées

décidé de relever de 65 à 67 ans l’âge à partir duquel la décôte cessera de s’appliquer auxsalariés n’ayant pas atteint une durée suffisante de cotisations.

Le relèvement de l’âge légal ont commencé à travailler tôt de + 4 mois par an de juillet 2011 à 2018) plutôt qu’à 2020 ou 2030 comme envisagé initialement, cette mesure sera encore plus brutale. C’est donc principalement sur le dos des  ouvriers et des employés que seront faites des économies. D’autant que cette mesure est présentée par le gouvernement comme le pivot de sa réforme, dont il sera l’élément le plus« rentable ».

Alors même que Nicolas Sarkozy s’était engagé en 2007 et en 2008 à ne pas relever l’âge légal de la retraite : - « Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer. » (interview de Nicolas Sarkozy au Monde le 27 janvier 2007) - interrogé sur RTL le 27 mai 2008 sur la perspective de relèvement de l’âge légal, Sarkozy avait aussi répondu très clairement : « j’ai dit que je ne le ferai pas. Je n’en ai  pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour cela"

Ce mensonge montre que le gouvernement et Sarkozy profitent de la crise pour aller encore

plus loin dans la casse du système de retraite que ce qu’ils avaient pu espérer faire il y à 2 ou 3 ans.

 

􀂄 Une machine à produire du chômage et des déficits

L’explosion du nombre de chômeurs âgés sera l’autre effet dramatique du relèvement de l’âge

légal. Aujourd’hui les deux tiers des travailleurs sont déjà hors emploi quand ils atteignent 60. Alors que les entreprises se débarrassent déjà en masse des salariés à partir de 55 ans, on

ans voit mal pourquoi elles les garderaient de surcroît jusqu’à 62 ans. Les 2/3 des actifs contraints

d’attendre de 60 à 62 ans pour partir en retraite risquent donc d’être chômage ! Concrètement

cela représente environ 750 000 actifs et donc une hausse potentielle du chômage de. Avec une allocation moyenne de 13 000 euros par an 465 000 personnes à partir de 2020 versée aux chômeurs indemnisés, ces 465 000 nouveaux chômeurs représenteraient un coûtCela conduirait donc à supplémentaire de 6 milliards d’euros par an pour les Assedic.augmenter de 60 % le déficit actuel de l’assurance chômage Non seulement le gouvernement ignore ce risque d’augmentation du chômage, mais il prétend même contre toute vraisemblance récupérer des « excédents » virtuels de l’assurance chômage pour financer les retraites à horizon de 2018. Pour cela il table sur une baisse du chômage sans proposer pourtant la moindre mesure pour l’emploi. Et alors qu’au contraire sa réforme va augmenter le chômage !

 

D’autant que l’emploi des seniors est justement le parent pauvre des annonces du gouvernement. Il vante des mesures qui existent déjà et dont l’efficacité est nulle. Le cumul  emploi-retraite ne concerne par exemple que 2 % des retraités. Et l’obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés de signer un accord sur l’emploi des seniors est la plupart du temps piétinée par les entreprises. Et quand elles le signent, cela ne garantit pas véritablement l’emploi des seniors et se contente d’améliorer l’information ou le tutorat des salariés (parfois pour mieux les préparer à leur licenciement avant la retraite !).La seule mesure nouvelle avancée par le gouvernement est une aide supplémentaire pour les entreprises représenterait 14 % du salaire brut. Plutôt que de pénaliser financièrement les entreprises qui se débarrassent de leurs salariés après 55 ans (comme le faisait la contribution Delalande supprimée par la droite), le gouvernement préfère donc verser une nouvelle aide aux employeurs. Une mesure qui est totalement contradictoire avec l’objectif de rééquilibrage des comptes. Car si cette aide marchait, son coût amputerait d’autant les économies faites pour les retraites grâce au maintien au travail de salariés jusqu’à 62 ans.

 

􀂄 Carrières longues et pénibilité : des annonces bidons

Pour faire passer la pilule du recul de l’âge légal, le gouvernement a prévu quelques mesures

de pur affichage, dont l’application ne concernera qu’une infime partie des salariés.

Les annonces sur la pénibilité relèvent d’une grossière aumône. Choisis « individuellement »

parmi les invalides, malades professionnels et victimes d’accidents du travail, à peine 10 000

salariés par an pourront bénéficier de ce dispositif et ainsi espérer partir avant 62 ans. Il

n’existera donc aucun droit collectif lié à la pénibilité du travail.

 

Les annonces sur les carrières longues sont tout aussi illusoires. Le gouvernement prétend

« pérenniser et élargir » ce dispositif de la loi Fillon de 2003 qui a permis à 600 000 personnes

de partir avant l’âge légal en ayant commencé à travailler très jeunes. Or le gouvernement. Alors qu’il oublie de préciser qu’il a considérablement réduit ce dispositif depuis 2 bénéficiait à plus de 100 000 bénéficiaires par an jusqu’en 2008, les critères ont été fortement resserrés et le nombre de bénéficiaires est tombé à 30 000 en 2009. Or le gouvernement propose aujourd’hui d’en faire bénéficier 90 000 personnes à horizon 2015. Présentée comme une avancée (« élargir le dispositif carrières longues »), cette annonce sera donc en fait un  recul puisque le nombre de bénéficiaires sera moins important en 2015 qu’il ne l’était en 2008 ! Cette annonce ne constitue donc nullement une contrepartie de masse à l’allongement

de la durée légale qui frappera de plein fouet les ouvriers et employés ayant commencé à travailler jeunes.

 

􀂄 Baisse du salaire des fonctionnaires et retraite à 62 ans pour les  fonctionnaires sont aussi touchés de plein fouet. L’augmentation de près de 3 points de leurs cotisations retraites diminuera leur salaire net. Et cela ne rapportera rien au régime de retraites par répartition et ne contribuera donc pas à rééquilibrer les comptes de la sécurité retraites comme on l’entend parfois dans les médias.

Cette hausse de cotisations des fonctionnaires est particulièrement injuste car :

- les fonctionnaires cotisent certes moins (7,85 % contre 10,55 % dans le privé) mais ils  bénéficient d’un taux de remplacement plus faible : 77 % contre 84 % pour les salariés du privé pour une carrière complète.

Et leurs primes ne sont pas prises en compte dans le calcul des retraites à la différence du privé. Ils bénéficient d’un taux de remplacement plus faible : 77 % contre 84 % pour les salariés du privé pour une carrière complète.

- les salaires des fonctionnaires sont plus bas que dans le privé à niveau de diplôme égal; ils reculeront donc encore !

- les salaires des fonctionnaires ont déjà reculé depuis plusieurs années, faute de revalorisation à la hauteur de l’inflation (rien que sur 2008 les salaires des fonctionnaires ont été revalorisés de 0,8 % alors que l’inflation était de 1,9 %, soit une baisse de 1,1 % du salaire net !)

Avec cette baisse de salaire des fonctionnaires, le gouvernement s’aligne sur les plans d’austérité élaborés par le FMI dans plusieurs pays d’Europe.

 

Les fonctionnaires vont aussi subir le relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations.

 Y compris pour les métiers dits d’ « active », dont la dangerosité ou la difficulté justifiait jusque

là des départs à 50 ou à 55 ans. Pompiers, policiers, douaniers, gardiens de prison,alors que leurs

contrôleurs aériens et égoutiers devront ainsi travailler 2 ans de plus

conditions de travail se sont lourdement dégradées sous l’effet de la RGPP et de la politique

du gouvernement. Pire, les infirmières ont non seulement perdu depuis quelques mois l’acquis

de leur départ en retraite à 55 ans en vertu du nouveau statut infirmier, mais les infirmières  nouvellement recrutées devront désormais travailler jusqu’à 62 ans ! Une véritable

provocation compte tenu des conditions de travail dans les hôpitaux notamment.

  

􀂄 Les riches et le capital passent entre les gouttes

A eux seuls fonctionnaires seront plus mis à contribution que l’ensemble du capital et des hauts revenus. A horizon 2020, ils seront ponctionnés de 4,9 milliards par an contre 4,6 milliards pour le capital et les hauts revenus.

Si l’on regarde au niveau de l’ensemble de la réforme, l’injustice du projet du gouvernement est résumée par un chiffre : 90 % des efforts seront supportés par les travailleurs et 10 %  seulement par le capital et les hauts revenus. Ces derniers ne paieront que 4 milliards d'euros  sur les 42 milliards de besoin à couvrir à l’horizon 2018. Ces 4 milliards sont dérisoires comparés aux 30 milliards d’euros par an de baisses d’impôts distribuées par la droite aux plus riches depuis 2002.

Le relèvement de 1 point de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu (passage de 40 à 41

%) est particulièrement dérisoire quand on sait que ce taux supérieur est passé de 52,75 % àCette mise à contribution est 40 % depuis que la droite est arrivée au pouvoir en 2002.

donc purement symbolique et sans commune mesure par rapport aux avantages engrangés par

les hauts revenus depuis 2002.

 

􀂄 Aucune garantie pour l’équilibre des comptes

Comme la réforme Fillon de 2003, qui devait garantir l’équilibre jusqu’en 2020, cette réforme sera aussi inefficace. D’emblée, le gouvernement a ramené ses engagements sur 2018,et qu’il avait même

alors qu’il avait d’abord affiché des prétentions à « 2020 ou 2030 » préparé le débat sur les retraites en agitant des chiffres à 2050. Cela suffit à démontrer la  malhonnête du procédé. Cette réforme ne rétablira de toute façon pas l'équilibre des comptes en 2018 comme elle le prétend.

 Comme on l’a vu, elle ne propose aucune mesure pour créer les emplois nécessaires à son financement. Et elle va même contribuer à augmenter le chômage.Faute de dégager des ressources nouvelles en partageant les richesses trouvé une grossière astuce. Il veut éponger les déficits qui vont s’accumuler jusqu’en 2018. Doté de 33 milliards d’euros,en dispersant les actifs du Fonds de réserve des retraites principalement grâce aux marges de manoeuvre dégagées sous le gouvernement Jospin, ce fond n’était pourtant destiné qu’à équilibrer les régimes entre 2020 et 2050. Le gouvernement continue ainsi le dépeçage des ressources publiques sans le moindre scrupule pour l’appauvrissement durable de l’Etat que cela induit. Il prépare ainsi la faillite générale du. système par répartition. Et son remplacement par la capitalisation

 

Face à un tel rouleau compresseur, un double mot d’ordre s’impose à nous.

- Exiger le retrait du projet de réforme du gouvernement dans les mobilisations du 24 juin puis

celles qui suivront notamment à la rentrée.

- S’engager à abroger ces mesures si un gouvernement du Front de Gauche arrive au pouvoir en

2012.

C’est le sens des communiqués de presse diffusés mercredi 16 juin par le Parti de Gauche dès

l’annonce par le gouvernement de cette réforme

 

Secteur Etudes du Parti de Gauche

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Un collectif retraite était en cours de constitution à La Rochelle.
 
En cédant aux injonctions du PS qui a fait ôter, par le PCF, de l'expression commune prévue par le collectif pour le 24 juin, la mention "l'abrogation des réformes Balladur et Fillon", mention pourtant contenues, dans l'expression nationale du Front de Gauche sur les retraites, dans les tracts internes du PCF
la direction de la Fédération du PCF 17 a fait le choix du moins disant social et rendu impossible la participation du Parti de Gauche au collectif retraite de La Rochelle dans les conditions actuelles.
 
Vous trouverez ci joint le communiqué que nous publions ce jour, mettons en ligne et vous invitons a diffuser dans vos réseaux sociaux.
 
La seule réponse que nous pouvons apporter, c'est de toutes et tous nous retrouver derrière la banderole du Parti de Gauche le 24 juin à La Rochelle et de défiler ensemble !
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16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 14:06
ATTAC FRANCE -  FONDATION COPERNIC

 

Communiqué  des signataires de l’appel national- 16-6-10
« Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites »

http://www.exigences-citoyennes-retraites.net
Un verdict couperet pour les retraites : la répartition guillotinée

 

      Ainsi, le gouvernement a-t-il tranché comme ses prédécesseurs l’avaient fait en 1993 et en 2003, en n’écoutant que le chant du Medef et restant sourd à toutes les propositions émanant de la société ne rentrant pas dans sa logique. Avant même qu’il entame un simulacre de concertation tout était dit : hors de l’obligation de travailler toujours plus, point de salut pour les retraites, et surtout pas de quartier pour les retraités.

L'obligation de travailler toujours plus
      Refusant de reconnaître que le niveau moyen des retraites par rapport aux salaires avait reculé de 15 à 20 % parce que nombre de salariés ne pouvaient déjà pas satisfaire à l’obligation actuelle de cotiser 40,5 ans et parce que les deux tiers d’entre eux étaient déjà hors emploi à 60 ans, il va encore aggraver cette baisse du niveau des pensions en portant la durée de cotisation à 41,5 ans en 2020.

      Alors que l’âge moyen de cessation d’activité est inférieur à 59 ans, le gouvernement recule l’âge légal de départ à 62 ans dès 2018, ce qui est encore plus rapide que ce qui était envisagé, et, de manière parallèle, celui auquel on peut partir à taux plein, c’est-à-dire sans décote. Seront particulièrement pénalisés, non seulement ceux qui auront commencé à travailler tôt, mais aussi de nombreux salariés, essentiellement des femmes, qui devront attendre plus longtemps, en situation de précarité, l’âge du taux plein pour ne pas subir de décote. Annoncé comme devant être une « réforme juste », le projet présenté ne comporte rien qui soit à même de réduire les inégalités de pensions entre les hommes et les femmes et au contraire, celles-ci ne pourront que se creuser.

La "pénibilité" qu'au cas par cas!
      Donnant pleine satisfaction au patronat, il n’envisage de prendre en considération la pénibilité du travail qu’au cas par cas et ce sera au salarié de faire la preuve médicale que son métier à été pénible. La retraite devient vraiment une affaire de gestion individuelle dans laquelle le droit collectif à la protection disparaît.

      Poursuivant la même tactique politicienne de division du salariat, les fonctionnaires sont encore montrés du doigt et pénalisés, alors que, à qualification égale, le niveau de leur pension est équivalente à celle des salariés du privé comprenant le régime général de base et le régime complémentaire. L’augmentation du taux de cotisation pour les fonctionnaires n’est en fait qu’une façon déguisée de baisser leur salaire.

      Par petits bouts, à tour de rôle, toutes les catégories voient leurs conditions se dégrader, chaque recul de l’une servant à justifier le recul de la suivante, avec une double, voire triple peine pour les femmes, les travailleurs précaires et ceux qui sont restés longtemps au chômage. En condamnant les salariés âgés à travailler toujours plus tard, on aggrave les difficultés d’entrée dans la vie active des jeunes. L’Insee vient d’établir que dans le contexte de la crise, le taux de chômage des jeunes s’est encore accru, de même que la proportion de salariés, hommes et femmes, en sous emploi.

La baisse historique de la part salariale dans la richesse produiter est entérinée
      Commencée sur la base d’un mensonge grossier « il n’y a qu’une solution, travailler plus », la contre-réforme Sarkozy-Fillon-Parisot s’achève en prévoyant un nouveau hold-up sur la richesse produite par les travailleurs. Le gouvernement et le patronat ont nié la possibilité de trouver de véritables sources de financement supplémentaire parce qu’ils entendaient conserver « l’acquis » des classes possédantes au cours des dernières décennies. La baisse historique de la part salariale dans la richesse produite est entérinée. Pourtant, la soumission à cotisation des revenus financiers distribués par les entreprises à leurs actionnaires et créanciers permettrait de réunir des ressources supérieures au déficit de toutes les caisses de retraite, et cela dès aujourd’hui et pour demain. Le gouvernement se contente de prévoir un prélèvement sur le capital ridiculement bas de 3,7 milliards en 2010 alors que le déficit annoncé dépasse 32 milliards.

      Au-delà  des contrevérités que gouvernement et patronat assènent quotidiennement en matière de financement des retraites, ce qui est en jeu, c’est la place du travail dans la vie, la place des travailleurs et des retraités à qui il n’est reconnu que le devoir d’exister comme subordonnés à l’exigence du capital et uniquement comme tels. Ce qui est en jeu aussi, c’est le type de développement humain qui est promu : à la nouvelle contre-réforme des retraites correspond un modèle d’où est exclue la possibilité d’utiliser les gains de productivité pour réduire la durée du travail et dans lequel la société est vouée à jamais au productivisme.

      Tout cela serait simplement absurde si cela n’intervenait pas dans un moment caractérisé par une crise majeure, inédite par les multiples dimensions qu’elle comporte, du financier à l’économique, du social à l’écologique, et du politique au culturel. En un mot, la destruction progressive des retraites par répartition est la figure de proue de la stratégie des classes dominantes cherchant à faire d’une pierre deux coups :

- faire payer la crise aux salariés, aux retraités et aux populations les plus fragiles

-  trouver de nouveaux espaces à la marchandisation et à l’accumulation financière.

Ce n’est pas simplement absurde, c’est mortifère pour la société. 
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AFP - 16/06/2010 à 15h16
Le gouvernement repousse l'âge de la retraite à 62 ans
 

Le gouvernement a opté mercredi pour un recul de l'âge légal de retraite de 60 à 62 ans, revenant sur une conquête sociale de l'époque Mitterrand, afin de ramener à l'équilibre en 2018 un système promis à de lourds déficits.

Photographe : Bertrand Guay AFP :: Le ministre du Travail Eric Woerth lors d'une conférence de presse sur le projet de réforme des retraites le 16 juin 2010 à Paris
photo : Bertrand Guay , AFP

 

Syndicats et opposition ont fustigé en choeur le projet gouvernemental, dénonçant le décalage entre les efforts demandés aux salariés et ceux demandés à d'autres sources de financements comme le capital.

Le sort de la retraite à 6O ans était en réalité scellé depuis longtemps, l'exécutif ayant tout juste laissé filtrer des hésitations entre un curseur porté à 62 ou 63 ans, ce que des sources syndicales ont interprété comme une mise en scène.

 

Le recul sera progressif, à raison de quatre mois par an:

 les assurés nés après le 1er juillet 1951 - les premiers touchés - devront ainsi attendre d'avoir 60 ans et quatre mois pour liquider leur pension.

° L'âge du taux plein, qui permet à un assuré de partir à la retraite sans décote même s'il ne dispose pas de la durée de cotisation nécessaire, sera lui aussi décalé de deux ans, à 67 ans, d'ici à 2023.

° Tous les âges de référence seront aussi repoussés de deux ans dans la fonction publique et les régimes spéciaux, à compter de 2017 pour ces derniers.

° La convergence public-privé, l'un des enjeux de la réforme, se traduira essentiellement par un alignement sur 10 ans du taux des cotisations retraite des fonctionnaires sur celui du privé (soit une hausse de près de 3 points).

° Quant à la durée de cotisation pour une retraite pleine, elle passera selon le projet à 41 ans et trois mois à partir de 2013 et pourrait continuer à évoluer jusqu'à 41,5 ans en 2020, comme l'envisageait la réforme Fillon de 2003.

 

"Relever l'âge légal à 62 ans en 2018 est une position à la fois raisonnable et efficace", a plaidé le ministre du Travail Eric Woerth.

° Financièrement, c'est en tous cas la pierre angulaire du projet, avec des économies espérées de 19 milliards d'euros en 2018, soit près de la moitié du besoin de financement du système attendu à plus de 40 mds cette année-là.

° L'autre mesure à l'impact financier le plus important est le "gel de l'effort financier de l'Etat" pour les retraites des fonctionnaires, considéré par le gouvernement comme une recette de plus de 15 mds, ce que Force Ouvrière a qualifié de "tour de passe-passe".

 

La France n'est pas "un gigantesque réservoir d'impôts nouveaux",

a répliqué Eric Woerth aux syndicats et à l'opposition, qui demandaient plus de financements, alors que le volet recettes de la réforme apporte autour de 4 mds d'euros par an.

° L'exécutif a prévu un prélèvement de 1% sur la tranche supérieure de l'impôt sur le revenu, écornant pour la cause le bouclier fiscal, et des taxes sur le capital seront aussi relevées (sur les plus-values mobilières et immobilières, les dividendes et intérêts, et les stocks-options).

° Un coup de rabot sera aussi porté aux allégements de charge des employeurs et les retraites chapeaux seront davantage taxées.

° En attendant le "déficit 0" promis pour 2018, les trous accumulés seront financés par le Fonds de réserve des retraites (FRR), qui ne devait à l'origine servir qu'après 2020.

Parmi les contreparties au recul de l'âge légal, le gouvernement prévoit de maintenir le droit à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant une incapacité physique "avérée" au moment de la retraite. "Aucun pays au monde ne l'a fait", s'est félicité M. Woerth.

 

L'argument n'a pas touché les syndicats.

° La CFDT, qui avait soutenu la réforme de 2003, a condamné cette fois un projet "injuste et inefficace".

° La CGT a invité le gouvernement à "réécrire" son texte, tandis que FO a demandé son "retrait".

° Même la CFE-CGC, seul syndicat à accepter un recul de l'âge légal, a jugé que "le compte n'y est pas en termes de ressources et de financement".

 

Le Medef a salué de son côté un "pas important", tout en regrettant les prélèvements sur les entreprises.

Les piques ont aussi fusé dans les rangs de l'opposition: le PS a déploré une réforme "irresponsable" tandis que les Verts ont parlé d'une "iniquité révoltante".

Sans surprise, l'heure était davantage aux louanges dans la majorité, où Xavier Bertrand, le secrétaire général de l'UMP, a salué "une grande réforme".

 

Le projet dévoilé mercredi n'est pas une version définitive:

Nicolas Sarkozy a demandé à M. Woerth de "recueillir" les remarques et suggestions des partenaires sociaux d'ici à vendredi avant de finaliser le projet, qui doit arriver le 13 juillet devant le Conseil des ministres.

Au-delà, les syndicats misent surtout sur leurs prochaines mobilisations, d'abord celle du 24 juin, pour faire fléchir le gouvernement.

 

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Décryptage du projet de réforme des retraites du gouvernement

        Travailler plus pour gagner moins !

 

La réforme des retraites présentée par le gouvernement est un véritable rouleau compresseur

contre le travail :

- âge légal de départ repoussé de 60 à 62 ans,

- durée de cotisations relevée à 41,5 annuités,

- droit à la retraite à taux plein repoussé à 67 ans.

Et les contreparties en terme de prise en compte de la pénibilité et de taxation du capital sont

dérisoires.

 

 

 

Relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations : double peine pour

les salariés

En combinant recul de l’âge légal et hausse de la durée de cotisations, le gouvernement

 

applique la double peine aux salariés : travailler plus pour gagner moins

 

La poursuite du relèvement de la durée de cotisations

annuités en 2020 va  faire encore baisser le niveau moyen des pensions . Alors que celles-ci

ont déjà baissé entre 15 et 20 % depuis les réformes Balladur-Fillon.  Le gouvernementpourtant

s’assied donc allégrement sur son engagement de « ne pas baisser les pensions » 

formulé dans son document d’orientation du 14 mai.

Ce relèvement de la durée de cotisations va amplifier l’application de la « décôte » sur les pensions instaurée par la loi Fillon. Et même dans l’hypothèse où ils travailleraient jusqu’à 65 ou 66 ans, les salariés ayant des durées insuffisantes de cotisations, comme  les femmes aux carrières fractionnées

, verront quand même baisser leur pension. En effet le gouvernement a décidé de relever de 65 à 67 ans l’âge à partir duquel la décôte cessera de s’appliquer aux salariés n’ayant pas atteint une durée suffisante de cotisations.

Le relèvement de l’âge légal 

ont commencé à travailler tôt

de + 4 mois par an de juillet 2011 à 2018) plutôt qu’à 2020 ou 2030 comme envisagé initialement, cette mesure sera encore plus brutale. C’est donc principalement  sur le dos des ouvriers et des employés

que seront faites des économies. D’autant que cette mesure est présentée par le gouvernement comme le pivot de sa réforme, dont il sera l’élément le plus « rentable ». Alors même que Nicolas Sarkozy s’était engagé en 2007 et en 2008 à ne pas relever l’âge légal de la retraite : 

« Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer. » (interview de Nicolas Sarkozy au

Monde le 27 janvier 2007)- interrogé sur RTL le 27 mai 2008 sur la perspective de relèvement de l’âge légal, Sarkozy avait aussi répondu très clairement :

« j’ai dit que je ne le ferai pas. Je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour cela »

Ce mensonge montre que le gouvernement et Sarkozy profitent de la crise pour aller encore

plus loin dans la casse du système de retraite que ce qu’ils avaient pu espérer faire il y à 2 ou3 ans.

 

Une machine à produire du chômage et des déficits

L’explosion du nombre de chômeurs âgés sera l’autre effet dramatique du relèvement de l’âge légal.

Aujourd’hui  les deux tiers des travailleurs sont déjà hors emploi quand ils atteignent 60 ans

. Alors que les entreprises se débarrassent déjà en masse des salariés à partir de 55 ans, on

voit mal pourquoi elles les garderaient de surcroît jusqu’à 62 ans. Les 2/3 des actifs contraints

d’attendre de 60 à 62 ans pour partir en retraite risquent donc d’être chômage ! Concrètement

cela représente environ 750 000 actifs et donc une  hausse potentielle du chômage de 465 000 personnes à partir de 2020 . Avec une allocation moyenne de 13 000 euros par an

versée aux chômeurs indemnisés, ces 465 000 nouveaux chômeurs représenteraient un  coûtCela conduirait donc à

supplémentaire de 6 milliards d’euros par an pour les Assedic. 

augmenter de 60 % le déficit actuel de l’assurance chômage 

Non seulement le gouvernement ignore ce risque d’augmentation du chômage, mais il prétend

même contre toute vraisemblance récupérer des « excédents » virtuels de l’assurance

chômage pour financer les retraites à horizon de 2018. Pour cela il table sur une baisse du

chômage sans proposer pourtant la moindre mesure pour l’emploi. Et alors qu’au contraire sa

réforme va augmenter le chômage !

D’autant que l’emploi des seniors est justement le parent pauvre des annonces du. Il vante des mesures qui existent déjà et dont l’efficacité est nulle. Le cumul

gouvernement

emploi-retraite ne concerne par exemple que 2 % des retraités. Et l’obligation pour les

entreprises de plus de 50 salariés de signer un accord sur l’emploi des seniors est la plupart du

temps piétinée par les entreprises. Et quand elles le signent, cela ne garantit pas véritablement

l’emploi des seniors et se contente d’améliorer l’information ou le tutorat des salariés (parfois

pour mieux les préparer à leur licenciement avant la retraite !).

La seule mesure nouvelle avancée par le gouvernement est une aide supplémentaire

pour les entreprises

. Il s’agit d’une aide à l’embauche de chômeurs de plus de 55 ans qui

représenterait 14 % du salaire brut. Plutôt que de pénaliser financièrement les entreprises qui

se débarrassent de leurs salariés après 55 ans (comme le faisait la contribution Delalande

supprimée par la droite), le gouvernement préfère donc verser une nouvelle aide aux

employeurs. Une mesure qui est totalement contradictoire avec l’objectif de rééquilibrage des

comptes. Car si cette aide marchait, son coût amputerait d’autant les économies faites pour les

retraites grâce au maintien au travail de salariés jusqu’à 62 ans.

 

 

 

Carrières longues et pénibilité : des annonces bidons

Pour faire passer la pilule du recul de l’âge légal, le gouvernement a prévu quelques mesures de pur affichage, dont l’application ne concernera qu’une  infime partie des salariés

 

Les annonces sur la pénibilité relèvent d’une grossière aumône. Choisis « individuellement » parmi les invalides, malades professionnels et victimes d’accidents du travail, à peine 10 000 salariés par an pourront bénéficier de ce dispositif et ainsi espérer partir avant 62 ans. Il n’existera donc  aucun droit collectif lié à la pénibilité du travail.

Les annonces sur les carrières longues sont tout aussi illusoires. Le gouvernement prétend « pérenniser et élargir » ce dispositif de la loi Fillon de 2003 qui a permis à 600 000 personnes de partir avant l’âge légal en ayant commencé à travailler très jeunes. Or  le gouvernement oublie de préciser qu’il a considérablement réduit ce dispositif depuis 2 ans. Alors qu’il bénéficiait à plus de 100 000 bénéficiaires par an jusqu’en 2008, les critères ont été fortement resserrés et le nombre de bénéficiaires est tombé à 30 000 en 2009. Or le gouvernement propose aujourd’hui d’en faire bénéficier 90 000 personnes à horizon 2015. Présentée comme une avancée (« élargir le dispositif carrières longues »),

cette annonce sera donc en fait un recul puisque le nombre de bénéficiaires sera moins important en 2015 qu’il ne l’était en 2008 !

Cette annonce ne constitue donc nullement une contrepartie de masse à l’allongement de la durée légale qui frappera de plein fouet les ouvriers et employés ayant commencé à travailler jeunes.

 

 

 

Baisse du salaire des fonctionnaires et retraite à 62 ans pour les infirmières

Les fonctionnaires sont aussi touchés de plein fouet. L’augmentation de près de 3 points de

leurs cotisations retraites diminuera leur salaire net. Et  cela ne rapportera rien au régime deet ne contribuera donc pas à rééquilibrer les comptes de la sécurité sociale comme on l’entend parfois dans les médias.

retraites par répartition 

Cette hausse de cotisations des fonctionnaires est particulièrement injuste car :

- les fonctionnaires cotisent certes moins (7,85 % contre 10,55 % dans le privé) mais  ils bénéficient d’un taux de remplacement plus faible : 77 % contre 84 % pour les salariés du privé pour une carrière complète.  Et leurs primes ne sont pas prises en compte dans le calcul de leur retraite à la différence du privé. les salaires des fonctionnaires sont plus bas que dans le privé à niveau de diplôme égal  ; ils reculeront donc encore !

- les salaires des fonctionnaires ont déjà reculé depuis plusieurs années , faute de revalorisation à la hauteur de l’inflation (rien que sur 2008 les salaires des fonctionnaires ont été revalorisés de 0,8 % alors que l’inflation était de 1,9 %, soit une baisse de 1,1 % du salaire net !)

Avec cette baisse de salaire des fonctionnaires, le gouvernement s’aligne sur les plans d’austérité élaborés par le FMI dans plusieurs pays d’Europe. Les fonctionnaires vont aussi subir le relèvement de l’âge légal et de la durée de cotisations. Y compris pour les métiers dits d’ « active », dont la dangerosité ou la difficulté justifiait jusque là des départs à 50 ou à 55 ans.

Pompiers, policiers, douaniers, gardiens de prison, contrôleurs aériens et égoutiers devront ainsi travailler 2 ans de plus  alors que leurs conditions de travail se sont lourdement dégradées sous l’effet de la RGPP et de la politique du gouvernement. Pire, les infirmières ont non seulement perdu depuis quelques mois l’acquis de leur départ en retraite à 55 ans en vertu du nouveau statut infirmier, mais  les infirmières nouvellement recrutées devront désormais travailler jusqu’à 62 ans

! Une véritable provocation compte tenu des conditions de travail dans les hôpitaux notamment.

 

 

 

Les riches et le capital passent entre les gouttes

A eux seuls fonctionnaires seront plus mis à contribution que l’ensemble du capital et des hauts revenus. A horizon 2020, ils seront ponctionnés de 4,9 milliards par an contre 4,6 milliards pour le capital et les hauts revenus. Si l’on regarde au niveau de l’ensemble de la réforme, l’injustice du projet du gouvernement est résumée par un chiffre :  90 % des efforts seront supportés par les travailleurs et 10 % seulement par le capital et les hauts revenus.

Ces derniers ne paieront que 4 milliards d’euros sur les 42 milliards de besoin à couvrir à l’horizon 2018. Ces 4 milliards sont dérisoires comparés aux 30 milliards d’euros par an de baisses d’impôts distribuées par la droite aux plus riches depuis 2002.

Le relèvement de 1 point de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu (passage de 40 à 41

%) est particulièrement dérisoire quand on sait que  ce taux supérieur est passé de 52,75 % àCette mise à contribution est

40 % depuis que la droite est arrivée au pouvoir en 2002. 

donc purement symbolique et sans commune mesure par rapport aux avantages engrangés par

les hauts revenus depuis 2002.

 

 

 

Aucune garantie pour l’équilibre des comptes

Comme la réforme Fillon de 2003, qui devait garantir l’équilibre jusqu’en 2020, cette réforme sera aussi inefficace. D’emblée,  le gouvernement a ramené ses engagements sur 2018, alors qu’il avait d’abord affiché des prétentions à « 2020 ou 2030 »  et qu’il avait même préparé le débat sur les retraites en agitant des chiffres à 2050. Cela suffit à démontrer la malhonnête du procédé. Cette réforme ne rétablira de toute façon pas l'équilibre des comptes en 2018 comme elle le prétend. Comme on l’a vu, elle ne propose aucune mesure pour créer les emplois nécessaires à son financement. Et elle va même contribuer à augmenter le chômage.

 

Faute de dégager des ressources nouvelles en partageant les richesses

trouvé une grossière astuce. Il veut  éponger les déficits qui vont s’accumuler jusqu’en 2018. Doté de 33 milliards d’euros,

en dispersant les actifs du Fonds de réserve des retraites

principalement grâce aux marges de manoeuvre dégagées sous le gouvernement Jospin, ce fond n’était pourtant destiné qu’à équilibrer les régimes entre 2020 et 2050. Le gouvernement continue ainsi le dépeçage des ressources publiques sans le moindre scrupule pour l’appauvrissement durable de l’Etat que cela induit.  Il prépare ainsi la faillite générale du système par répartition. Et son remplacement par la capitalisation

 

 

Face à un tel rouleau compresseur, un double mot d’ordre s’impose à nous.

° Exiger le retrait du projet de réforme du gouvernement dans les mobilisations du 24 juin puis celles qui suivront notamment à la rentrée.

° S’engager à abroger ces mesures si un gouvernement du Front de Gauche arrive au pouvoir en

2012.

C’est le sens des communiqués de presse diffusés mercredi 16 juin par le Parti de Gauche dès

l’annonce par le gouvernement de cette réforme

Parti de Gauche

, le gouvernement a(10 milliards en 2010).de départ de 60 à 62 ans va  pénaliser en premier lieu ceux qui. Et en choisissant une application rapprochée à 2018 (à raisonde 40,5 annuités jusqu’à 41,5

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 07:15
Le scandale provoqué par les révélations du Canard déchainé ont fait mouche. Mme Boutin et le gouvernement reculent, l'Elysée, responsable, se tait courageusement.
Le pire, c'est que les 9 500 euros de sa mission s'ajoutaient aux 6 000 euros de sa pension de députée et aux    2 000 euros de son mandat de Conseillère Générale. Une misère: au total: 17 500 euros. Mme Boutin abandonne ses 9 500 euros
Va-t-elle être sur la paille? il ne lui reste plus que ... 8 000 euros par mois + des avantages de fonction + 4 ou 5 collaborateurs ( amis de son ancienne équipe ministérielle recasés). Une misère ... face au millions de travailleurs (sous)payés au SMIC ou en dessous!!! 
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Commentaire personnel:
 
Et dans le même temps, on apprend que le gouvernement de sa Majesté Nicolas entend, comme partout en cette Union Européenne (ultralibérale), baisser les salaires de fonctionnaires, comme l'ont appris les congressistes de la CFDT réunis  à Tours (Sud-Ouest du 9/6/10).
Comment: par la hausse de 7,85% à 10,65% des cotisations acquittées par les fonctionnaires, qui seraient "alignés" sur le secteur privé
 
Un "alignement" par le bas entre salariés du public et du privé, mais pas pour le patronat
C'est toujours la même rangaine: les fonctionnaires sont mieux lotis que les salariés du privé, à qui le gouvernement a mis en cause des droits ( comme le calcul de la retraite, maintenant sur les 25 dernières années, ce qui induit une baisse forte des pensions). Alors, après, au nom de "l'égalité", il faut que les fonctionnaires y passenr aussi.
Mais c'est toujours le même monde du travail qui paie!!!
Pendant ce temps là, les revenus du capital des grandes entreprises (placements spéculatifs, dividendes des actions d'autres entreprises, ...) sont toujours ... épargnés par les cotisations sociales. Alors que cela permettrait de rapporte à la S.S. entre 20 et 25 milliards, à taux égal à celui sur les salaires.
Oui, pourquoi ne pas les faire cotiser au même niveau que les revenus du travail (salaires et traitements)??? Mais là, silence! On ne touche pas à ces revenus du capital, les revenus des copains de Nicolas Sarkozy!
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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 07:40

 

Le 5 avril 2010, il y a eu très exactement un siècle que la loi sur les « retraites ouvrières et    paysannes », les « ROP », a été votée : assurance pour tous ceux disposant d’un revenu limité, âge légal de la retraite fixé à 65 ans, rapidement abaissé à 60 ans dès 1912. Même s’il s’agissait encore de capitalisation, ce fut le premier texte créant un vrai régime de retraite : obligatoire et destiné à tous.Nos retraites ont donc cent ans !

 

Depuis un siècle, la droite n’a eu de cesse de vouloir remettre en cause ce droit. Car celui-ci est subversif à plus d’un titre.

-  Les retraites par répartition reposent en effet sur un prélèvement sur la richesse produite qui échappe au capital. Elles sont un élément clé du partage des richesses dans notre pays.

-  De plus, elles reconnaissent le droit de chacun à vivre sans travailler pendant une partie de sa vie, ce qui était autrefois le privilège exclusif des rentiers.

 Notre système de retraites concentre donc des enjeux économiques et symboliques considérables. Cela en fait une cible de choix pour tous ceux qui veulent « réformer » la société française dans un sens plus favorable aux intérêts du capital. Les retraites ont été souvent attaquées. Elles le sont aujourd’hui à nouveau par le projet de réforme du gouvernement Fillon.

 

  Voici l'analyse et les propositions du Parti de Gauche:

La retraite est un droit pas une aumône

Une phrase de Jaurès résume au mieux la position de la gauche vis à vis de cette loi instituant les retraites ouvrières et paysannes :  

« Nous la votons pour avoir le principe, nous la votons malgré les sacrifices qu’elle impose à la classe ouvrière. Mais, demain, nous vous demanderons un âge abaissé, (…) demain nous vous demanderons une retraite plus élevée, une participation plus large des assurés à la gestion des caisses … »

C’est dans cette histoire là que nous nous inscrivons : nous sommes les héritiers de celles et ceux qui ont lutté pour obtenir des droits tout en sachant qu’il faudrait ensuite les rendre effectifs et les

approfondir.

La ligne de conduite du Parti de gauche est simple : « La retraite dans le vrai sens du mot, dans le sens normal du. Jaurès encore … mot, est une somme suffisante pour permettre au vieillard, (…) de continuer sans autre élément, sans autre discours, dans le milieu où il a vécu jusque là une existence décente et indépendante »

 

Nous sommes face un choix de société : quelle place réserve-t-on aux personnes de plus de 60 ans  

sachant que l'espérance de vie en bonne santé générale est de 59 ans pour un ouvrier et de 69 ans pour un cadre (données INED). L'allongement de l'espérance de vie après 75 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes n'a pas de conséquence directe sur l'état de santé à 60 ans.

Les plus de 60 ans représentent 22,6 % de la population et le total des retraites versées 12,8 % du PIB. Il n'est donc pas scandaleux que si leur part augmente dans la population, les ressources les concernant augmentent en conséquence.. Par ailleurs, le rapport actifs-retraités n'est pas aussi négatif en France que dans les autres pays d'Europe. Mais surtout, ce qui importe ce n'est pas le nombre d'actifs potentiels mais bien le nombre de cotisants car des actifs au chômage ne peuvent participer au financement des retraites. Il est donc regrettable que le COR n'ait pas souhaité faire de simulation sur la base du taux de l'indice de fécondité finale actuel de 2,1  puisque  ses calculs de 2007, avaient démontré que le passage du taux de fécondité de 1,7 à 1,9 entraînait une diminution de 40 % des besoins de financement à l'horizon 2050

à paramètres constants.

 

Les retraités ne sont pas une charge mais une richesse pour le pays. La philosophie implicite du projet gouvernemental est que chacun doit travailler jusqu’à ce qu’il ne soit plus en état de le faire. La possibilité qu’une personne en bonne santé puisse vivre sans être soumis au travail salarié et au rapport de subordination qu’il implique serait alors niée. Qui peut pourtant contester le rôle social que jouent aujourd’hui ceux que l’on appelle souvent les       « jeunes retraités » parce qu’ils sont encore très actifs ? Leur activité libre produit de la richesse pour tous : développement des associations, contribution à la vie civique, enrichissement des relations familiales, développement de services socialement utiles…Plus fondamentalement, la retraite est un droit parce qu'il est légitime de ne pas passer toute sa vie à la gagner. Il nous faut réhabiliter le droit au temps libre, le droit à la lenteur, à la

rêverie et y compris le droit à ne rien faire à l'opposé de cette course à la concurrence, à la compétition qu'on veut nous dicter constamment.

La remise en cause du droit au départ à 60 ans et l'allongement de la durée de cotisation que veut imposer le gouvernement signifierait donc à la fois une nouvelle dégradation du partage inégal des richesses dans notre pays et la remise en cause du droit à des retraites pleinement émanci- patrices.

Nous la refusons donc pour cette double raison.

La réforme générale du système des retraites qui est envisagée par le gouvernement et le Medef n'est pas non plus acceptable dans ses objectifs : passer d’un dispositif à « prestations définies » à un

système « à cotisations définies ».

 

Nous voulons préserver, consolider le double acquis de 1945  

°maintenir un régime par répartition, c’est-à dire dans lequel les cotisations des actifs paient les retraites versées. Ce régime s’oppose à celui de la capitalisation, dans lequel l’épargne que

représentent les cotisations est accumulée dans des fonds de pension, et ensuite reversée sous

forme de rente viagère. Faut-il souligner combien dans une économie casino un tel système est

un miroir aux alouettes, l’épargnant/retraité risquant à tout instant de perdre son capital ; c’est

ce qui est arrivé au Chili, c’est ce qui est arrivé à tous ceux dont le retraites sont tributaires des

fonds de pension anglo-saxons. Dans un tel système il n’y a pas de droit, il n’y a que des

risques. Ce serait une formidable régression. 

   

°préserver et élargir le système de « prestations définies » qui est celui du Régime général Dans ce cadre, la future pension de retraite pour une carrière complète est connue : 50% du salaire jusqu'à un montant de 2.885 euros - et les critères du départ à la retraite sont

définis à l’avance : nombre d’annuités, âge de départ à taux plein.

 Ce sont les cotisations qui doivent être calculées en conséquence pour arriver à l’équilibre financier. Nous refusons  clairement d’aller vers un système à « cotisations définies », tel que étudié par le COR, car dans le cas des régimes par points ou celui des comptes notionnels, le montant de la pension

est inconnu. Nous refusons que nos retraites puissent être remises en cause subrepticement.

 

STOP aux reculs

L'indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires (1987), l'augmentation de la durée

de cotisation de 37,5 ans à 40 (privé Balladur 1993, public Fillon 2003) et le calcul du salaire de

référence sur les 25 meilleures années et non plus 10 (1993) devaient tout régler. Le résultat est

connu. Les comptes sont encore en rouge et le nombre de retraités pauvres a brutalement augmenté.

° Conséquence du calcul sur les 25 meilleures années, le taux de remplacement, c'est-à-dire le rapport entre le montant de la retraite et le salaire de fin de carrière, qui était de 78% en 1993,

72% en 2007 devrait selon les prévisions du Comité d’Orientation des Retraites (COR) ne plus

être que de 65% en 2020 et 59% en 2050.

° Cumulé avec la dégradation de l’emploi, ce mode de calcul des pensions entraîne la

paupérisation d’un grand nombre et en tout premier lieu des femmes dont 30 % doivent

attendre 65 ans pour pouvoir prendre une retraite à taux plein contre 5% des hommes (retraite

moyenne des femmes : 826 euros). C'est ainsi qu'aujourd'hui 10% des 14,5 millions de retraités

ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté de 910 euros.

° Le pouvoir d‘achat des retraités est bloqué ! Mais une telle indexation masque en réalité une

diminution du pouvoir d’achat car l’indice des prix sous-estime lourdement la réalité. Le recul

des droits ne touche donc pas que les futurs nouveaux retraités, il atteint aussi les anciens

retraités.

 

Le retour à l'équilibre est possible : les propositions du P.G.

° Le problème des retraites n’est pas essentiellement lié à la démographie mais à l’insuffisance

d’emplois.

Le nombre de retraités est passé de 7 millions à 15 millions de retraités en 3 décennies sans quasiment

de hausse de cotisation. C'est la création d'emplois, environ 2 millions en 10 ans, qui a permis de

financer cette augmentation. Le document d’orientation présenté par le gouvernement reconnaît luimême

qu’une baisse du chômage diminuerait fortement le besoin de financement. Mais il ne fait rien

pour y parvenir. Et il prend comme base de ses calculs un chômage de 7 ou 4,5%, excluant par avance

le retour au plein-emploi.

L'insuffisance actuelle de recettes est très largement due aux effets de la crise et à la montée du

chômage qui en est la conséquence. 680 000 emplois net ont ainsi disparu en moins de 18 mois ce qui

représente environ 300 milliards de perte pour les régimes de retraite pour les 15 ans à venir en raison

de la chute de la masse salariale.

Il est possible de garantir l’équilibre des régimes de retraites (tous et pas seulement le Régime

général) à très court terme et jusqu’à l’horizon 2020. A cet horizon cela nécessite de rechercher selon

les prévisions du COR de 40 à 50 Md€ (entre 1,7 et 2,1 pts de PIB) de recettes supplémentaires.

° En résumé, à législation constante, il faut parvenir à mobiliser entre 1,7 et 2,1 points de PIB pour retrouver l’équilibre financier. Le déficit de 2010 de 32,2 milliards est à  comparer avec les profits distribués qui représentent 4% du PIB soit 76,84 milliards et servent surtout  ou à spéculer ou à des dépenses somptuaires par ailleurs très souvent néfastes pour la planète.

 

Le système actuel peut être renforcé et amélioré

Au-delà de ce retour à l’équilibre financier à législation constante, le Parti de Gauche refuse la

régression qu’impliquent les mesures Balladur-Fillon et notre projet est de revenir dès que possible à

des dispositions plus favorables ; cela aura un coût supplémentaire, on peut l’estimer à environ 3

points de PIB à l’horizon 2020, soit 60 milliards d’euros actuels

 

Nos propositions sont axées autour des principes suivants :

garantir le droit au départ à 60 ans et  le rendre effectif dans les régimes complémentaires,

où l’âge de départ reste fixé à 65 ans. Cette possibilité de départ doit se faire sans pénalisation

quelle que soit la durée de cotisation (suppression de la décote).

assurer un taux de remplacement moyen d’au moins 75 % du dernier salaire.

Cela suppose d'aller vers la remise en cause des mesures qui ont provoqué la baisse :

le  calcul des retraites sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures années dans le privé.

Dans la situation actuelle de l’emploi — emplois précaires, chômage — le calcul du salaire de référence sur 25 années pénalise dramatiquement tout ceux qui ont eu à la subir.

- l’indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires.

Le pouvoir d’achat des retraites ne doit pas être « cristallisé » au moment de leur liquidation ; le pouvoir d’achat des retraités ne doit pas être décroché de l’évolution générale mais la suivre. Il en va d’ailleurs de même des « salaires portés au compte ».

-

permettre à ceux qui ont des carrières longues de partir à taux plein, même avant 60 ans.

Depuis trois ans qu’elles sont supposées avoir été engagées, les discussions sur la pénibilité voulues par les organisations syndicales n’ont toujours pas permis de déboucher. L’inégalité des carrières, l’inégalité des espérances de vie en retraite rendent le régime actuel antiredistributeur. Il est temps de mettre fin à cette injustice. Tous ceux qui ont commencé à travailler tôt doivent pouvoir partir en retraite à taux plein, dès lors que leur carrière est complète.

- faire qu’aucune retraite ne soit en dessous du SMIC.

La loi Fillon de 2003 fixait 85 % du SMIC comme objectif, qui n’est évidemment pas atteint. Mais qui peut vivre dignement aujourd'hui avec si peu ? Il faut donc augmenter fortement le minimum contributif pour y

parvenir et l'indexer sur le SMIC pour éviter le décrochage continuel tel qu'il existe actuellement.

 

valider les périodes de chômage en référence au salaire antérieur

réfléchir à la prise en compte d'une partie des années d’études

. Le développement de la scolarité fait désormais partie des nécessités sociales ; aujourd’hui le dispositif de rachat des annuités est prohibitif et de fait réservé aux plus riches. Les richesses pour financer de telles mesures existent. Selon le rapport du COR, le PIB atteindrait 3 800 milliards en 2050 et le déficit des retraites 115 milliards d’euros, soit un peu plus de 3 % du PIB. Donc indépendamment de la validité d'une telle estimation du PIB en 2050, si ce scénario se réalisait, 3 points de PIB en plus pour les retraites ne représente pas un fardeau excessif. En effet, une autre répartition des richesses est possible. Il suffit de rétablir un autre rapport entre la part des salaires qui a baissé de plus de 8 points en 30 ans et la part du capital.

 

Plusieurs leviers peuvent permettre d’y parvenir :

- une politique volontariste de création d’emplois et de reconversion écologique 

(dans un régime par répartition, le volume des cotisations est décisif pour assurer le financement ; à titre d’exemple la création de 300 000 emplois par an de 2010 à 2020 rapporterait 24 Md€ par an en retour pour les retraites). Pour garantir l'équilibre de l'ensemble des régimes de retraite, la solution n'est pas de faire travailler plus longtemps des salariés déjà épuisés. C'est au contraire d'offrir un emploi à tous les chômeurs dont les plus de 50 ans ainsi que l'accès au plein temps pour tous les salariés, surtout des femmes, victimes des temps partiels contraints, deux options qui n'ont pas été retenues par le COR.

Le retour à un taux de chômage frictionnel de 3% est possible mais ce n'est pas l'option du capitalisme

financier qui veut poursuivre la pression sur les salaires pour continuer à favoriser les profits des

actionnaires qui ont pourtant explosé en vingt ans au détriment des revenus du travail. Pourtant l'arrêt

du bradage de l'industrie et de certains services par les délocalisations, le soutien à une production

socialement et environnementalement responsable et une reconversion écologique de l'économie

privilégiant les circuits courts entre production et consommation ainsi que des produits réparables

permettraient un maintien et une création massive d'emplois et donc les recettes nécessaires pour la

protection sociale.

- une augmentation des cotisations patronales

 

(suppression des exonérations, instauration d’une surcotisation sur les emplois précaires et à temps partiel, augmentation du plafond de cotisation, hausse du taux de cotisation…). Le gouvernement refuse cette option. Pour cela il dramatise l’augmentation nécessaire de 3,8 points en 2010, sans signaler qu’il s’agit d’une année de crise. Il prétend qu’une telle augmentation menacerait l’emploi. En réalité elle menacerait seulement le niveau historiquement élevé des profits. Rappelons que le taux des cotisations patronales n’a pas augmenté depuis 1979 (à part le transfert d’une cotisation d’allocation familiale lors de la création de la CSG en 1991) et qu’il a même diminué de fait avec les exonérations dégressives jusqu’à 1,5 fois le SMIC.

- un élargissement de l’assiette des cotisations

 

à l’intéressement, à la participation, à l'épargne salariale et aux stock options au même taux que la masse salariale. Il faut aussi revoir la taxation des retraites chapeau. Pour l’heure le gouvernement se contexte d’une formule: « le Gouvernement n’exclut pas, dans une logique d’équité, de prévoir de nouveaux prélèvements sur des assiettes et des revenus ciblés. » La prudence et le flou de cette phrase signale que, si seulement elle voyait le jour, il ne s’agirait au mieux que d’une mesure d’affichage symbolique. En fait, le gouvernement ne prévoit aucune recette supplémentaire pour les caisses de retraite puisque cette contribution est prévue pour abonder le Fonds de Solidarité Vieillesse dont le déficit atteint 3,2 milliards d'euros.

- la suppression du bouclier fiscal, un prélèvement sur les profits des banques, une taxation des

revenus financiers 

 

Nos pistes de réflexion pour une réforme ambitieuse

Au-delà des orientations que nous opposons au projet du gouvernement, nous souhaitons ouvrir une

réflexion sur le système de retraites que mettrait en place un gouvernement du Front de Gauche.

Savoir où aller, c’est d’abord se souvenir de ses origines : l’ordonnance fondatrice d’octobre

1945 sur la Sécurité sociale. Son exposé des motifs mérite d’être rappelé; il souligne, en des termes

qui sont toujours d’actualité, les principes constitutifs qui sont au fondement de notre sécurité sociale ;

ceux là mêmes que nous opposons aux coups que la droite voudrait porter à notre protection sociale.

- «La Sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des

moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions

décentes

 

organisation nationale d’entraide obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu’elle englobe et quant aux risques qu’elle couvre. Le but final à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la population du pays contre l’ensemble des facteurs d’insécurité ; un tel résultat ne s’obtiendra qu’au prix de longues années d’efforts persévérants….»

Ambitieux, prématuré, au lendemain de la Libération, ce projet s'est heurté aux résistances de

certaines professions et n’a pu être pleinement concrétisé.

L'histoire nous a donc laissé une multiplicité de régimes entraînant des inégalités significatives. Or à

carrière similaire, le montant de la retraite devrait être équivalent. Actuellement, si les petites retraites

du secteur public sont un peu meilleures, sauf pour les femmes, que celles du secteur privé, les cadres

du public sont eux désavantagés. Ainsi la retraite moyenne versée par la CNACRL (fonction publique

hospitalière +territoriale) est de 1150 euros contre 1200 euros en moyenne dans le secteur privé. Seule

la moyenne de la fonction publique d'Etat est plus élevée à 1800 euros, mais cela est dû au poids des

enseignants qui relèvent de la catégorie A. En réalité, mieux vaut être un cadre retraité de Total que

d'EDF.

C’est pourquoi, afin de donner aux retraites une lisibilité qu’elles n’ont pas, nous voulons conforter et élargir le Régime général.

Par ailleurs, les salariés subissent désormais des carrières professionnelles multiples, heurtées,

morcelées, ce qui se traduit au moment de la retraite par l’addition de plusieurs pensions de retraites

souvent pour des petits montants, chacune dépendant de règles différentes, et dont le total est

incompréhensible. La situation de « polypensionné » est désormais très largement répandue et ne

cesse d’augmenter.

N'est-il pas temps, dans le respect des spécificités propres aux différents régimes, que les salariés, et

de façon plus large tous ceux qui relèvent d’un « régime aligné » (salariés agricoles, RSI) puissent se

retrouver dans un dispositif clarifié ?

 

Deux voies d’évolution, distinctes mais complémentaires peuvent être envisagées :

° Le régime général a vocation à devenir le régime de base de tous.

 

Les règles de liquidation des retraites du Régime général s’appliquent d’ores et déjà aux retraites de base des régimes dits « alignés » ; d’autres régimes pourraient faire leurs, ces règles. Leur spécificité se matérialisant par la création d’un régime complémentaire spécifique permettant aux différentes catégories de salariés de

préserver les droits qui sont les leurs.

 

° Le régime général a vocation à devenir le régime unique des salariés.

 

L’existence d’un « salaire plafond » limite l’espace contributif du RG. Ainsi les retraites qu’il sert sont insuffisantes pour assurer les « moyens suffisants » voulus par l’ordonnance de 1945. Aussi, cette insuffisance a-t-elle entraîné la création des régimes complémentaires du privé : rapide pour les cadres (l’AGIRC a été créé en mars 1947), tardive pour les non cadres (l’ARRCO date de décembre 1961). Le RG pourrait progressivement conquérir cet espace ; le déplafonnement des cotisations en serait un levier essentiel.

 

Conclusion

Au-delà de la répartition des richesses, c’est un choix de société qui se joue.

° Ce n’est pas l’intérêt général des retraités et futurs retraités qui guide les choix du gouvernement.

Alors que les Etats se sont lourdement endettés pour sauver les banques, les plus « fragiles » comme

la Grèce sont aujourd’hui attaqués — avec le concours des agences de notation internationales qui

déterminent la « solidité » des emprunts réalisés par les Etats — par une spéculation qui s’enrichit sur

leur dette. Avec sa contre-réforme de régression sociale et d’austérité budgétaire, Sarkozy veut

envoyer aux financiers et aux banquiers un message destiné à les rassurer : la politique menée

préservera leurs profits !

° Nous n’acceptons pas cette logique capitaliste libérale qui fait fi du bien-être des populations.

Depuis un siècle et demi, les progrès technologiques, les gains de productivité, les luttes sociales, ont

permis la diminution du temps de travail et l’augmentation du temps libre, par la réduction journalière

(journée de 8 heures) ou hebdomadaire (48, 40, 35 heures), par la réduction annuelle (congés payés),

par la réduction sur la vie (retraite à 60 ans). On travaille aujourd’hui deux fois moins qu’en 1900

mais on produit beaucoup plus de richesses. Il nous faut maintenant de plus prendre en compte les

limites de la planète. Cela n'invalide pas l'exigence d'une autre répartition des richesses, au contraire,

cela exige d'intégrer la solidarité et la responsabilité par rapport à notre planète dans la réflexion sur le

type de répartition des richesses à l'échelle de notre pays et plus globalement donc à l'échelle

planétaire.

 L’alternative est donc entre les exigences de rentabilité du capital et les aspirations au

progrès et à l’émancipation humaine.  Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à lapréoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité…» (...)

 

Propositions du Parti de Gauche - Mai 2010 

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Autres articles sur ce blog condcernant le dossier des retraites:

Retraites : un oubli qui en dit long…

Front de gauche et retraites: des solutions alternatives

Retraites: propositions gouvernementales en trompe-l'oeil

 

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29 mai 2010 6 29 /05 /mai /2010 15:15

 
Dans son article « Financement des retraites : l’enjeu des cotisations patronales », Bernard FRIOT, professeur d’économie et sociologie à l’université <http://www.lequotidien.re/actualites/archives/recherche/universite.html> Paris X,

écrivait :

        « On oublie toujours, quand on raisonne sur l’avenir des retraites, que le PIB progresse d’environ 1,6 % par an, en volume, et donc qu’il double, à monnaie constante, en 40 ans. C’est pourquoi nous avons pu multiplier par 4,5 les dépenses de pension depuis 1960 ».

 

 Pourquoi une information aussi déterminante est-elle censurée ?  

  Parce que tout simplement un petit calcul facile, montrerait que ceux qui nous gouvernent, nous prennent pour des demeurés.
         - En effet : si aujourd’hui 10 actifs produisent un gâteau de 100 et qu’ils ont à charge 4 retraités. C’est 14 personnes qui se partagent un gâteau de 100.

                                    Ainsi la part de chaque personne est de (100 : 14) soit 7,14.
         - Si dans quarante ans, 10 actifs produisent un gâteau de 200 et qu’ils ont à charge 8 retraités. Ce seront 18 personnes qui se partageront un gâteau de 200.

                                   Ainsi la part de chaque personne sera de (200 : 18) soit 11,1.
            C’est limpide ! Il sera donc possible de financer des retraites au même niveau qu’avant leurs réformes à remonter le temps. De plus, la part de gâteau restante pour l’investissement et l’élévation du niveau de vie sera bien plus importante en 2040 (en monnaie constante).


            Alors, où est donc le problème ?
            Pourquoi cet acharnement à détruire un système qui fonctionne bien ?

Parce que le système social français, mis en place par le Conseil national de la résistance (CNR) en 1945, met en rage les hommes d’affaires et les financiers pour des raisons évidentes.
            Par exemple, il leur est impossible de réaliser des plus values « boursières » sur 40% de notre part salariale (les fameuses cotisations sociales patronales) qui payent notre retraite et notre santé, en toute dignité et responsabilité. N’oublions pas que ces cotisations sociales représentent notre salaire différé qui est le fruit de notre travail. Il ne s’agit ni d’assistanat ni de charité patronale comme le laisse entendre une mauvaise propagande.


            Et c’est bien là que se situe tout l’enjeu de leurs réformes : les classes dirigeantes rêvent de faire main basse sur notre salaire différé.        

  Pour s’emparer de cette « galette », leur stratégie consiste à réduire nos droits pour nous contraindre, de plus en plus, à financer notre santé et notre retraite par des assurances privées.
            Ils ont d’ailleurs déjà commencé : les réductions de cotisations patronales se multiplient depuis 2002 et atteignent déjà près de 30 milliards chaque année.

Combien de ces 30 milliards sont allés aux investissements productifs ? Combien d’emplois créés ? Quelle efficacité au regard des sommes englouties ? Quelle évaluation ? De plus, le fait que notre système fonctionne bien sans aller faire un tour sur les tapis verts des casinos boursiers met en évidence l’inutilité et le rôle prédateur des acteurs de la sphère financière.

                        Ceci est confirmé de façon magistrale dans le Monde Diplomatique de Février sous le titre : « Faut-il fermer la bourse? »
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Autres articles sur le dossier des retraites, sur ce blog:

Les retraites: un choix de société , un droit, pas une aumône! 

Front de gauche et retraites: des solutions alternatives

Retraites: propositions gouvernementales en trompe-l'oeil

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 15:21

 CASSER LES RETRAITES POUR MIEUX RELANCER LA FINANCE

Contrairement à l'eau tiède que déversent quotidiennement les pseudo-experts, la réforme proposée sur les retraites ne règle en rien les déficits actuels et futurs du régime général des retraites qui ont pour cause principale, les précédentes réformes, la multiplication des exonérations de cotisations patronales et la stagnation des salaires. Alors que le taux d'emploi des 55- 60 ans est très faible, repousser la retraite au-delà de 60 ans ne fera qu'augmenter les bataillons de chômeurs, et transférera donc les coûts des caisses de retraites vers celle des Assedic.

 

Parce qu'elle aggrave les ponctions sur le travail et soulage le capital, cette nouvelle contre-réforme ne peut conduire qu'à un nouvel échec. Elle organise l'asphyxie progressive du régime par répartition fondé sur la solidarité pour inciter les salariés solvables à souscrire des assurances privées.

L'objectif est clair : réorienter d'immenses masses de capitaux pour mieux alimenter l'incendie de la finance. Au fond, la crise financière et l'inquiétude légitime des peuples est pour la droite

une formidable opportunité pour poursuivre sa besogne de casse des services publics et des mécanismes de solidarité. En prévoyant pas moins de 100 milliards d'euros de réduction supplémentaire de dépenses publiques sur 3 ans, la droite applique la «stratégie du choc». Et pour marteler plus durablement son credo libéral, elle entend le graver dans le marbre constitutionnel.

 

Décidément, les mêmes recettes ne peuvent conduire qu'aux mêmes échecs dont on voit les ravages aujourd'hui en Grèce et partout en Europe. Pour battre la droite il est plus que jamais nécessaire de lui opposer une véritable alternative. La bataille des retraites est centrale : notre ambition est de contribuer, à l'image de ce que nous avons réussi en 2005 sur le traité constitutionnel, à une immense mobilisation citoyenne dans tout le pays.

 Avec l'objectif de sortir du débat comptable étriqué qu'on veut nous imposer, de dénoncer la fausse monnaie du projet gouvernemental, mais surtout d'en faire une véritable question de civilisation : quelles solutions pour financer durablement nos retraites, pour faire de ce troisième temps de vie un temps pour soi, un temps pour les autres ?

 

Il nous faut une gauche à la hauteur.

  Aux côtés des organisations syndicales unies, à l'instar du rassemblement initié par Copernic et Attac, le Front de Gauche entend travailler à une véritable alternative qui ne cède en rien aux sirènes libérales. Ensemble, dénonçons ce marché de dupes et construisons les solutions alternatives de financement qui permettront de pérenniser nos retraites et d'augmenter les pensions.

 

FACE A LA CRISE ET AUX ATTAQUES DU GOUVERNEMENT :

LE FRONT DE GAUCHE RÉPOND PRÉSENT !

Nous sommes des millions aujourd'hui dans toute la France, mobilisés contre une réforme gouvernementale qui n'a d'autre but que de casser notre système de retraite. Nous nous opposons avec la même détermination à son plan de rigueur qui, comme tous ceux menés en Europe, compte faire payer aux peuples la crise et les conséquences de la spéculation financière. Nous avons dénoncé le Traité constitutionnel européen puis celui de Lisbonne et ils nous ont traités d’irresponsables. Aujourd’hui, les mêmes se révèlent incapables d’agir sur un marché financier qu’ils ont voulu libre et sans contrainte. Leur échec n’est pas le nôtre ! Il faut qu’à gauche s’impose, dans les mobilisations et dans les urnes, une véritable alternative à ce système. C’est plus que jamais l’ambition du Front de Gauche.

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La retraite à 60 ans, comme l'accès aux soins et la réduction du temps de travail, ce ne sont pas des dogmes, ce sont des droits, et une nécessité

pour qui souhaite réellement voir la durée de vie continuer de s'allonger.

 

CARTONS ROUGES

 

Strauss-Kahn

 

:

«Je ne fais pas des 60 ansun dogme.»

 

 

Jean-Pierre Raffarin

(à propos de la crise grecque) : «Au fond, nous avons un juge international qui sont les

opinions publiques internationales.»

Cette opinion publique là, ce sont les marchés prédateurs, prêts à mettre à genou les peuples pour s'assurer de nouveaux marchés, résolus à de nouvelles coupes sombres dans les dépenses socialement utiles pour augmenter ses marges.

 

Frédéric Lefèvre

 

:

«Il faudra travailler 50% de sa vie.»

Lefèvre fait exploser le compteur de la durée de cotisation. Vite, offrons-lui une retraite anticipée !

 

José Manuel Barroso

 

:

«Les dirigeants de l’UE disposent d’un immense réservoir d’expertise où puiser.»

Oui, ceux-là mêmes qui nous déjà envoyé cent fois dans le mur, ceux là même que les peuples européens ont désavoué à chaque fois qu'ils sont consultés. Il est temps de faire du neuf.

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RETRAITES

                  LE FRONT DE GAUCHE PROPOSE

 

La retraite est un droit auquel nous sommes très attachés. Les années gagnées

en espérance de vie doivent permettre d’augmenter le temps de la retraite.

° Un départ à 60 ans à taux plein 

 

 

° Un système basé sur les cotisations salariés et employeurs

° Un régime de retraite par répartition avec une indexation des pensions sur les salaires et non les prix.

 

 

Nous voulons abroger les réformes Balladur et Fillon et le retour aux dix années de références pour le secteur privé.

° Un régime complémentaire actuel à consolider et à pérenniser 

 

 

° Les dispositions spécifiques pour les femmes 

 

 

° La prise en compte des années d’études et de formation dans le calcul de la retraite.

 

C'EST POSSIBLE AVEC UNE AUTRE POLITIQUE

ET UN AUTRE PARTAGE DES RICHESSES

Depuis 30 ans, les salariés français ont augmenté leur productivité et la richesse produite par notre pays considérablement. Captés aujourd’hui par la finance aux profits des actionnaires et des fonds spéculatifs, il faut les réorienter avec principalement :

- Mise en place de cotisation au même taux que pour les salaires sur les revenus financiers des entreprises ainsi que sur les dividendes et autres systèmes d’intéressement pour la protection sociale dont les retraites. Cela rapporterait 

 

22 milliards pour les retraites

- Supprimer les 

 

30 milliards d’exonération de cotisations sociales  dont bénéficie le patronat. Ces cadeaux n’ont créé, ni sauvé aucun emploi, pire ils ont permis aux entreprises de financer leurs délocalisations.

- Une grande politique de recherche et d’industrie et de planification écologique, mobilisant autrement le crédit bancaire, pour l’emploi, la formation et les salaires, pour solidifier les caisses de protection sociale et de retraite. 100 000 emplois, ce sont

2 milliards de cotisations sociales de plus.

- Une réforme du financement passant par une refonte des cotisations

avec la modulation de leur calcul, pour pénaliser les entreprises qui

réduisent l’emploi et les salaires.

 

POUR DÉFENDRE LES RETRAITES

IL FAUT UNE GAUCHE QUI NE RECULE PAS !

É C O L O G I E • S O C I A L I S M E • R É P U B L I Q U E

 

 

Faire Front ENSEMBLE

RCS B

doivent être maintenues et

améliorées par la négociation.

dans le cadre de négociations avec les organisations syndicales.(75% du salaire de référence) pour tous

et toutes avec la prise en compte de la pénibilité, négociée avec les organisations syndicales, de professions particulières donnant droit à des départs anticipés.

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 07:33

Le gouvernement vient d’adresser aux syndicats et au patronat son « Document d’orientation sur la réforme des retraites » ( voir texte complet).

 Il persiste et signe dans son intention d’aggraver encore les conditions de travail des salariés et celles dans lesquelles ils pourront prendre leur retraite. Trois dimensions caractérisent ce projet : le gouvernement ment, il manipule l’opinion et il fait preuve d’une mauvaise foi sans pareille.

 

Mensonges

Le gouvernement affirme que « la véritable cause du déséquilibre de nos régimes de retraites est la démographie ».

C’est doublement faux.

-  Le Conseil d’orientation des retraites a indiqué dans son rapport d’avril 2010 que la principale raison de l’aggravation des déficits sociaux était la crise financière : en 2006, donc avant la crise, le déficit de l’ensemble du système de retraite était de 2,2 milliards d’euros ; en 2008, il atteignait 10,9 milliards et il devrait être de 32,2 milliards en 2010.

- D’autre part, l’allongement de l’espérance de vie ne devient une catastrophe que si on refuse de mettre en débat la richesse produite, sa nature, son évolution et la manière dont elle est répartie.

 

Manipulations

Le gouvernement affirme s’engager à « écarter toute solution qui baisserait le niveau de vie des Français ou augmenterait le chômage ». Or, prétendre inciter les salariés à travailler plus longtemps, que ce soit en reculant l’âge légal de la retraite ou en augmentant la durée de cotisation, entraîne inéluctablement une baisse du niveau des pensions, malgré tous les serments qui prétendent le contraire. C’est déjà le résultat des contre-réformes de 1993 et de 2003, ce sera le cas avec celle de 2010 si elle est effective.

Alors que le chômage continue d’augmenter, le travail forcé des seniors se substituera à l’emploi des jeunes. Le « travailler plus » des uns se traduira par l’exclusion et la précarité des autres, jeunes, femmes, non diplômés. La reconnaissance de la pénibilité du travail semble se limiter pour le gouvernement aux salariés déjà « cassés » par leur travail, qu’on ne contraindra (peut-être) pas à travailler plus longtemps…

Toute alternative au « travailler plus » est a priori exclue sans possibilité de discussion : toute augmentation des cotisations est interdite. On nous dit que les déficits des régimes de retraite se chiffreront par dizaines de milliards d’euros, voire plus de 100 milliards en 2050 : mais on refuse d’accompagner l’évolution démographique par une augmentation des cotisations au fur et à mesure que la richesse s’accroît. Pourtant la seule application du taux de cotisation patronale aux dividendes distribués comblerait immédiatement tout le déficit actuel de la Caisse nationale d’assurance vieillesse, le régime général de la Sécurité sociale.

Quant à la « contribution supplémentaire de solidarité sur les hauts revenus et les revenus du capital sans restitution au titre du bouclier fiscal », elle restera largement symbolique au regard des sommes nécessaires. Le flou règne sur ces nouveaux financements, mais le choix de reculer l’âge légal de la retraite et/ou de rallonger la durée de cotisation est présenté comme ferme et définitif.

 

Mauvaise foi

Le gouvernement réaffirme l’impératif de solidarité et sa confiance dans le système par répartition. Mais il organise en même temps la baisse inéluctable du niveau des pensions parce que de moins en moins de salariés pourront satisfaire aux nouvelles obligations de travailler plus longtemps.

Il ouvre ainsi la voie à tous ceux qui, comme le Medef ou les compagnies d’assurance, veulent élargir le champ des retraites complémentaires par capitalisation auxquelles pourront souscrire les titulaires de hauts revenus ou de hauts salaires. Les inégalités sociales en seront encore aggravées, dans la société et au sein même du salariat.

Loin de consolider la solidarité du système par répartition, le document gouvernemental met au programme des prochaines années une « réforme systémique » pour transformer notre système en un système « par points » ou « par comptes notionnels ». Le Conseil d’orientation des retraites, dans son rapport de janvier, a montré comment une logique individualiste viderait alors de tout son sens le système par répartition. Les pensions seraient calquées sur les contributions personnelles de chaque salarié cotisant : adieu au principe de solidarité qui inspire les fondements de la Sécurité sociale. Alors même que – comme le reconnaît le Conseil d’orientation des retraites - cette réforme systémique n’aurait aucune efficacité face à un choc économique ou démographique.

La logique profonde de la réforme annoncée des retraites n’est donc pas de préserver la solidarité mais au contraire de rassurer les marchés financiers : à l’image de ce qui se passe en Grèce, en Espagne et maintenant partout en Europe, le gouvernement veut montrer sa détermination à faire payer la réduction des déficits publics aux salariés et à la population, en laissant intacts les revenus et le pouvoir de la finance.(...)

   

Attac France

 

document d-orientation du Gouvernement[1] document d-orientation du Gouvernement[1]   : texte complet

 

     ° sur ce blog une analyse des propositions du Parti Socialiste du 19/5/ 10

 

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 Financer les retraites à 60 ans :

            tout à fait possible, sauf pour le patronat vorace.

 

Pour celles et ceux qui ne seraient pas encore convaincus de la possibilité d'assurer le financement d'une retraite à 60 ans à taux plein pour tous, je vous joins un extrait d'un entretien de Bernard Friot (dont je vous conseille l'excellent bouquin qui vient de sortir "L'enjeu des retraites" Ed La Dispute), Professeur de Sociologie à l’Université de Paris Ouest Nanterre, avec JP Duparc, journaliste :

" L’arithmétique de Madame Parisot est à la fois ridicule et scandaleuse. Ridicule : en disant que nous ne pourrons pas assumer un retraité pour un actif en 2050 alors que nous en assumons un pour deux actifs aujourd’hui, c’est comme si elle avait dit en 1900 : les paysans vont passer de 30% à 3% de la population, la famine en 2000 est arithmétique.

 Le PIB augmente, en moyenne séculaire, de 1,6 % par an, c’est-à-dire qu’il double en monnaie constante tous les 40 ans.

-        Les pensions représentent aujourd’hui 13% d’un PIB de 2000 milliards d’euros, reste donc 1740 milliards.

-        Si elles représentent 20% d’un PIB de 4000 milliards d’euros en 2050, restera 3200 milliards, soit près du double d’aujourd’hui, parce qu’un actif en 2050 produira au moins autant que deux actifs aujourd’hui.

 

Il n’y a aucun problème démographique, la nullité de ce pseudo argument doit être dénoncée sans relâche. Il suffit d’affecter le quart des gains de productivité du travail à une hausse annuelle du taux de cotisation patronale pour que la place croissante des retraités dans la vie du pays soit reconnue sans aucun problème.

Mais l’arithmétique du Medef, qui est celle aussi du gouvernement, ajoute au ridicule le scandale : elle repose sur le fait que tous les gains de productivité du travail doivent aller au profit, et qu’il faut travailler plus si nous voulons gagner plus. C’est effectivement ce qui se passe depuis les trois dernières décennies, où la modération salariale(en réalité un pillage salarial) a été imposée prétendument pour sauver l’emploi.

Le financement des retraites ne peut reposer que sur une hausse régulière du taux de cotisation patronale afin d’éviter que les gains de productivité du travail aillent au profit pour alimenter la bulle spéculative (la part des dividendes dans le PIB est passée de 3,2% en 1982 à 8,5% aujourd'hui, soit l'équivalent de 90 milliards d'euros d'aujourd'hui qui sont ponctionnés tous les ans sur ce qui revenait autrefois aux salariés, c'est moi qui précise ! )"

 

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:48
Reflexions communes d'Attac et de la Fondation Copernic, qui démontent les faux arguments du gouvernement et du Medef
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1) L’âge moyen de départ à la retraite est de 61,5 ans, reculer l’âge légal de départ à la retraite ne changerait donc rien.

 

       L’âge moyen de « départ à la retraite » est celui auquel on fait valoir son droit à pension. Ce qui est important, c’est l’âge de cessation d’activité. L’âge moyen de cessation d’activité est de 58,8 ans, et six salariés sur dix sont hors emploi (chômage, invalidité, inactivité ou dispense de recherche d’emploi) au moment de liquider leur retraite. Ainsi, très souvent, les salariés ayant eu une carrière courte et/ou heurtée, en particulier les femmes, liquident leur retraite à 65 ans pour pouvoir bénéficier d’une pension à taux plein sans décote, alors même qu’ils sont déjà hors du marché du travail.

Reporter l’âge légal de la retraite au-delà de 60 ans aurait une double conséquence :

- les systèmes de chômage ou de préretraites vont devoir financer en plus ce que les systèmes de retraite financeront en moins, et, en parallèle, la période hors emploi avant l’âge de départ en retraite s’allongera pour beaucoup, avec des ressources dérisoires ou nulles.

-  L’âge du taux plein (65 ans) sera repoussé d’autant, signifiant qu’une proportion croissante de salarié-es devra reculer son départ pour atteindre la nouvelle borne ou bien avoir une pension amputée par la décote.

  

2) L’espérance de vie augmente, c’est normal de travailler plus longtemps. 

       L’augmentation de l’espérance de vie n’est pas nouvelle, elle n’a pas empêché que le temps passé au travail dans une vie baisse en parallèle. De plus, l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité, est beaucoup plus faible que l’espérance de vie.

Tout départ en retraite tardif obère de façon non négligeable le temps dont les salariés disposent pour jouir réellement de leur retraite.

Enfin, les jeunes entrent de plus en plus tard dans la vie active et de nombreux salariés, dont une majorité de femmes, ont des carrières discontinues et n’arrivent déjà pas à réunir le nombre d’annuités demandé, alors même que les entreprises se débarrassent des salariés âgés. L'augmentation de la durée de cotisation ou le report de l’âge légal de départ à la retraite aurait donc des conséquences importantes lors de la liquidation de la retraite et se traduirait en pratique par une pension réduite pour le plus grand nombre.

 

 

3) Les jeunes ne pourront pas financer les pensions des futurs retraités, il faut donc que ces derniers travaillent plus longtemps. 

       Pour que les jeunes puissent payer les pensions des retraités, il faut qu’ils ne soient pas au chômage et donc que les salariés âgés laissent leur place sur le marché du travail aux nouvelles générations. Décaler l'âge de départ à la retraite revient à préférer entretenir le chômage des jeunes plutôt que de payer des retraites. La retraite par répartition repose sur un contrat implicite : la génération qui travaille prend à sa charge la génération en formation et la génération partie à la retraite.

Ainsi, chaque génération monte sur les épaules de la précédente et la création de richesse est partagée entre actifs et retraités. C’est ce contrat intergénérationnel que le gouvernement et le patronat tentent de détruire en voulant faire travailler plus longtemps les générations les plus jeunes.

  

4) Le système par répartition ne sera plus capable de garantir des pensions décentes aux jeunes générations, celles-ci doivent donc d'ores et déjà se prémunir en se constituant un supplément de retraite par une épargne privée.

 

     Si on estime possible de compléter les cotisations pour le système public par répartition par des versements dans une épargne privée, qu'est-ce qui empêche alors d'augmenter les cotisations et de garantir une meilleure retraite grâce au système par répartition ?

 

 

5) Les fonctionnaires sont des privilégiés 

     Le mode de calcul de la retraite est différent dans le privé et dans le public, mais cela aboutit à un résultat similaire. Dans le secteur privé, elle est calculée sur les vingt-cinq meilleures années et les primes sont prises en compte. Dans le public, c’est le salaire des six derniers mois, mais les primes ne sont pas prises en compte, et la retraite complémentaire n’est pas de même niveau que dans le secteur privé.

 Selon l'Observatoire des retraites, la retraite est plus élevée pour les fonctionnaires civils de l’État que pour les salariés du privé, car la qualification est en moyenne plus élevée dans la fonction publique ; mais, à statut comparable, les retraites sont à peu près équivalentes.

 

 

6) Il y aura trop de retraités et pas assez d’actifs

 

     Les projections démographiques ne sont pas des vérités scientifiques et sont basées sur des hypothèses concernant plusieurs paramètres (fécondité, chômage, taux d’activité des hommes et des femmes, etc.).

Déjà, depuis quelques années, les projections ont beaucoup varié.

-  Ainsi, à la fin des années 1990, tous les rapports officiels prévoyaient un effondrement de la natalité. Il n’en a rien été.

-  Jusqu’à récemment, les mêmes rapports prévoyaient un effondrement de la population active dans le futur. Les dernières prévisions de l’INSEE font maintenant apparaître une augmentation de la population active jusqu’en 2015 puis une stabilisation par la suite.

- En outre, les hypothèses retenues sur la population active sont très pessimistes, pour ne pas dire régressives : rien ne justifie en effet de projeter, dans la tranche de 25 à 45 ans, un taux d’emploi des femmes inférieur de 15 points à celui des hommes si ce n’est renoncer définitivement à toute politique visant l’égalité entre les femmes et les hommes. De fortes marges de manœuvre existent pourtant dans ce domaine, et un niveau d’emploi égal entre hommes et femmes signifie qu’on retrouverait le même ratio retraités/actifs qu’en 1970, donc sans aucune dégradation.

 

 

7) On ne pourra pas financer les retraites

À moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite.

Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007.

Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

 

8) Les retraites nuisent à la compétitivité

Différents scénarios ont été étudiés, notamment avec l’hypothèse sur laquelle travaille le COR d’un gain de productivité de 1,5% par an. Il est tout à fait possible de garantir à la fois le maintien du taux de remplacement et une progression identique du pouvoir d’achat des retraités et des salariés – quoique inférieure à 1,5% puisque le nombre de retraités augmentera –, par une augmentation de 6 points des cotisations patronales entre 2009 et 2050. Cette augmentation n’aurait aucun effet sur la compétitivité des entreprises, puisque ce scénario est bâti en maintenant à son niveau actuel la part de la masse salariale (salaires et cotisations) dans la valeur ajoutée, donc sans impact sur les coûts.

Ce scénario, même s’il n’est pas le plus favorable aux salariés et retraités puisqu’il suppose que la part de la masse salariale reste à son niveau actuel qui est historiquement bas, rend totalement inopérant le seul argument du Medef contre l’augmentation des cotisations.

  

9) Pour financer les retraites, il faut une croissance productiviste     

       Fonder le financement des retraites sur le partage des gains de productivité ne signifie pas que l’on mise sur une croissance économique forte. Quels que soient les gains de productivité futurs, ils devront être partagés entre le niveau de vie de tous, actifs comme retraités, la satisfaction de nouveaux besoins sociaux et la diminution du temps de travail.

 

 

10. Les dispositifs familiaux sont contraires à l’égalité entre les hommes et les femmes

 

Ce sont très majoritairement les femmes qui prennent en charge les enfants et la gestion du foyer. De ce fait, elles sont pénalisées dans leur carrière, elles s’interrompent ou travaillent à temps partiel.

Même en intégrant les dispositifs familiaux dont elles bénéficient, leur retraite est en moyenne inférieure de 40 % à celles des hommes.

 Ces dispositifs sont donc encore aujourd'hui essentiels pour réduire les inégalités de pension entre femmes et hommes.

Pourtant, le droit communautaire européen remet ponctuellement en cause l’existence de tels dispositifs. C’est une incohérence, puisqu’il reconnaît par ailleurs la notion de discrimination indirecte, c'est-à-dire la légitimité à donner un avantage particulier dès lors que celui-ci permet de réduire des inégalités sociales ou de sexe. Il est impossible de se réclamer du principe d’égalité pour augmenter les inégalités.

 

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 Autre articles sur le Blog:

 

° Retraites: face à Sarkozy, que propose réellement le Parti Socialiste?

        ° Reforme des retraites: le problème est d'abord économique, celui du partage des richesses

 

        ° crise financière: ne laissons plus faire les "marchés" spéculatifs!

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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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