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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 08:34

Voici un article du journal Les échos: interessant. Discutable ? D'autres cartes et d'autres journalistes mettent en évidence l'importance des ressources naturelles du Mali. Voir l'article sur ce blog:

Intervention militaire française au Mali: pour quel objectif réel ?

Henri Moulinier

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Des enjeux stratégiques plutôt qu'économiques à l'intervention

Par Yves Bourdillon | 15/01 | 07:00

Paris n'a pas d'intérêts économiques au Mali. Les ressources s'y limitent à de l'or et des réserves hypothétiques d'uranium et pétrole.

Des enjeux stratégiques plutôt qu\'économiques à l\'intervention

«  Il n'y a pas actuellement au Mali d'enjeux en termes de ressources stratégiques pour des grandes puissances », estime Paul Derreumaux, un économiste basé à Bamako. S'il est habituel de soupçonner que les interventions militaires occidentales visent en fait à sécuriser, voire rafler des ressources minières, on voit mal en effet comment cela pourrait être le cas au Mali, tant le pays est pauvrement doté.

L'économie se réduit ici pour l'essentiel à de l'agriculture vivrière, du coton et de l'or (15 % du PIB, principale exportation depuis deux ans). Une huitaine de mines, notamment de l'entreprise offshore Randgold, font de ce pays le troisième producteur du continent, avec 50 tonnes par an, derrière l'Afrique du Sud et le Gabon. Dans l'uranium, le canadien Rockgate essaie depuis des années de développer une mine près de la ville de Falea, malgré des objections environnementales. Ses estimations non auditées font état de 10.000 tonnes de minerai à 0,03 % d'uranium. Areva, très actif au Niger voisin, n'est pas implanté au Mali.

Quelques espoirs

Enfin, dans les hydrocarbures, le vaste bassin de Taoudeni, commun à l'Algérie, à la Mauritanie, auNiger et au Mali, nourrit quelques espoirs. Il n'existe pour l'instant aucune production au Mali, ni même de résultats probants de prospections. Agip et Texaco ont mené des recherches dans les années 1970, tout comme Esso et Elf plus tard, mais sont repartis, déçus. Une dizaine de concessions ont été accordées il y a cinq ans à l'algérien Sonatrach, qui extrait déjà de l'or noir dans la partie algérienne du bassin, ainsi qu'à diverses compagnies de second rang.

Pour autant, la stabilité du Mali constitue un enjeu considérable pour l'économie d'Afrique de l'Ouest, le pays se situant au carrefour de pays importants, comme le Niger (uranium), la Mauritanie, la Côte d'Ivoire, le Burkina, la Guinée et le Sénégal.

Adeptes du kidnapping, les djihadistes basés au nord du pays menacent «  les voyageurs et les flux commerciaux de la région, ce qui donne une forte dimension antiterroriste à l'intervention française », souligne Paul Derreumaux. Bien que l'ONU évaluât fin décembre à 200.000 le nombre de personnes déplacées dans le pays, l'économie locale s'est montrée résiliente, constate un diplomate, grâce aux agriculteurs, qui continuent à cultiver leurs champs imperturbablement.

Écrit par Yves BOURDILLON 
Journaliste 
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Published by henri Moulinier - dans Intervention au Mali
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 16:55

Publié le 20/01/2013 

Jean-Luc Mélenchon en conférence de presse, le 25 juin 2012 (Thomas Samson/AFP)
Comme Eva Joly et Dominique de Villepin, Jean-Luc Mélenchon apporte à propos des événements du Mali une voix qui tranche avec le consensus national, vanté pourtant sans distinction en une de tous les médias. Selon le leader du Front de Gauche, l’intervention de l’armée française au Mali est tout simplement « discutable ».
En un communiqué et une chronique explicative, Jean-Luc Mélenchon affiche ses réticences et détaille ses quatre objections.
1

L’intervention s’est faite sans mandat de l’ONU

« Les paragraphes 10 et 11 de la résolution 2085 de l’ONU, demandaient d’ailleurs expressément aux parties engagées dans la planification militaire des opérations (Cédéao, Union africaine, pays voisins du Mali, autres pays de la région, partenaires bilatéraux et organisations internationales) de retourner devant le Conseil de sécurité “avant le lancement des offensives”. »
Le mandat de l’ONU était de fait attribué à la seule Mission internationale de soutien au Mali (Misma), placée sous conduite africaine. Et non directement à l’ancienne puissance coloniale.
2

L’appel à l’aide directe du pouvoir malien actuel n’a aucune légitimité

Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l’Etat français ne peut se prévaloir de la demande d’aide d’un « gouvernement ami » (article 51 de la Charte des Nations Unies) pour la bonne raison que le pouvoir malien est exercé depuis le coup d’Etat de mars 2012 par le capitaine putschiste Sanogo, sans qu’aucune date pour une élection promise ne soit toujours indiquée.
3

Les intérêts de la France n’étaient pas en cause

Jean-Luc Mélenchon affirme encore que la France ne pouvait justifier son engagement par la menace de ses intérêt fondamentaux (à moins de penser que les gisements miniers du Mali et des pays limitrophes constituent des intérêts propres à la France).
4

Une décision prise sans consultation du Parlement

Enfin, il apparaît que la décision d’intervention a été prise par le seul président Hollande, non seulement sans consultation préalable du Parlement, mais même sans que le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en ait été officiellement saisi.

Principal risque : l’enlisement

Il ressort de l’argumentation de Jean-Luc Mélenchon que le principe d’un soutien aux populations africaines sous la férule d’islamistes fous furieux ne saurait être remis en cause.
Mais un vrai soutien, oui, pas ce qui paraît avoir toutes les chances de passer pour une nouvelle guerre d’occupation. Un soutien mené avec un peu plus de préparation, de doigté diplomatique, un peu moins de naïveté politique et surtout sans cette arrogance balourde et précipitée qui fait si souvent de nous la risée de nos voisins.
Car le principal risque est celui de l’enlisement, comme en Afghanistan ou en Libye. Voilà pourquoi la France de François Hollande se retrouve aujourd’hui isolée en première ligne, mal préparée aux évènements qu’elle affronte, avec pour toute aide le seul soutien moral de ses prudents alliés.
Le soutien de l’ONU est tout aussi ambigu.
Convoqué par l’ambassadeur français Gérard Araud, le Conseil de sécurité a pris acte des intentions de la France de faire appliquer la résolution 2085, mais a assorti son avis de ses doutes quant à la capacité des forces africaines de la Misma à intervenir avant plusieurs mois. On ne saurait donner plus de crédit à l’analyse de Jean-Luc Mélenchon.
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Intervention de François Asensi, député Front de gauche à l'Assemblée Nationale au sujet du Mali
http://www.francoisasensi.com/4322/mon-intervention-pour-le-groupe-gdr-sur-lintervention-francaise-au-mali/

La situation malienne, aussi urgente soit elle, n’est pas un fait nouveau. Depuis un an maintenant, coup d’état et avancée des sécessionnistes de l’AZAWAD menacent l’intégrité du pays.

J’ai une pensée forte pour le peuple malien, ce peuple ami, otage de l’instabilité et de la terreur imposée depuis des mois par les fondamentalistes islamistes. On décompte plus de 230 000 personnes déplacées. Leurs familles, nombreuses en France, sont inquiètes et réclament une intervention internationale pour rétablir la démocratie. Nous sommes à leurs côtés.

J’ai également une pensée forte pour nos soldats, engagés sur un terrain périlleux. Je pense à la douleur des familles de nos otages.

***

Que devait faire la France face à l’offensive des troupes djihadistes lancée jeudi dernier?

* La position des députés du Front de gauche, communistes et républicains, est claire : abandonner le peuple malien aux fous de dieu aurait été une erreur politique et une faute morale. La non-intervention aurait été la pire des lâchetés. Une action militaire internationale était nécessaire pour éviter l’installation d’un Etat terroriste.

Les djihadistes du Nord Mali et leurs affidés d’Al-Qaida n’ont qu’un but : imposer à l’échelle de la planète des régimes despotiques, sanguinaires et moyenâgeux. Leur fondamentalisme constitue une forme nouvelle du fascisme.
Ils n’ont qu’une méthode : instrumentaliser l’Islam, religion de paix pour l’immense majorité des musulmans, afin de justifier leurs combats contre la démocratie et les droits des femmes. Mais aussi pour masquer le caractère mafieux de leurs organisations, basées sur le trafic d’armes et de drogues, comme au Sahel, nouvelle plaque tournante.

Les démocraties ne peuvent baisser les bras. Elles doivent soutenir les efforts des progressistes qui en expriment le souhait, comme aujourd’hui au Mali.

Pour autant, nous émettons de lourdes réserves sur l’opération militaire déclenchée, sur sa forme, ses conditions, ses objectifs.
Soyons lucides : cette intervention n’apportera pas un Etat malien stable, pas plus que la démocratie, elle n’en est qu’un préalable. La guerre est toujours la dernière des solutions, la moins bonne, la plus incertaine.

Rien ne nous assure que cette intervention ne se termine par un échec, de grande souffrance pour les peuples, des déflagrations en cascade dans l’ensemble du monde musulman. Ne nous laissons pas bercer d’illusion par un consensus rassurant, et par l’enthousiasme des va t en guerre!

Je parlais de réserves sur la forme. Notre Parlement n’a pas été consulté au préalable, nous le déplorons. L’urgence existait, certes, mais le scénario d’une offensive vers le sud malien était prévisible. Comment croire que cette colonne armée se soit constituée en seulement 48h? Cette intervention ne doit pas être la décision d’un Président de la République soucieux d’affirmer son autorité, mais la décision de la France et de l’ensemble de ses représentants.

Nous émettons également des réserves sur ses objectifs.

Monsieur le ministre, il est également impératif de clarifier les buts de cette guerre pour éviter un enlisement que je redoute. Ils sont pour l’heure confus. Assurer la sécurité de nos ressortissants? Lutter contre le terrorisme? Assurer l’intégrité du Mali?
Le Président de la République a déclaré que l’intervention durerait “le temps nécessaire”, avant de concéder qu’elle serait limitée dans le temps. Quand considèrera-t-on que la mission de la France est terminée? La France doit affirmer clairement l’objectif poursuivi au Mali – appuyer la reconstruction d’un Etat de droit démocratique – et s’y limiter.

Gardons à l’esprit les enseignements de la guerre contre le terrorisme lancée après les attentats terrifiants du 11 septembre. Nos troupes reviennent à peine d’Afghanistan, tirant les leçons de cette impasse.
La lutte sans faille des démocraties contre le terrorisme est bien entendu vitale. Mais si cette lutte devient une guerre armée, où et quand s’arrêtera-t-elle ?
Saurons-nous y mettre un terme avant qu’elle devienne contreproductive, en nourrissant l’idée funeste du choc des civilisations et en renforçant les ferments d’union de groupes très divers sous la bannière d’Al Qaida ?
Saurons-nous prendre le dessus sur les troupes djihadistes sans provoquer leur repli au Niger, en Mauritanie, en Algérie, avec une potentielle déstabilisation de ces pays?

L’acheminement de troupes françaises au sol et de blindés ces derniers jours modifie en profondeur notre engagement. Au risque d’utilisation de boucliers humains sous les frappes aériennes s’ajoute la crainte de nouveaux déplacements de population sur un territoire gigantesque.
On décompte 150 000 réfugiés depuis le début l’enlisement du Mali, 30 000 supplémentaires depuis le début de l’opération française. Tout doit être mis en œuvre pour éviter une catastrophe humanitaire et protéger les civils.

Si nous partageons la décision de notre diplomatie, nous nous interrogeons sur ses incohérences.

  La France a soutenu les printemps arabes, bien que trop tardivement, et apportée son concours à l’épanouissement des droits et des libertés, notamment pour les femmes.

Dans le même temps, notre pays entretient des relations troublantes avec certaines composantes du monde arabe. Oui, il faut en finir avec la guerre en Syrie et le régime despotique de Bachar El Assad, mais faut-il pour cela appuyer des mouvances fanatiques ? L’Occident a trop souvent joué aux apprentis sorciers.

Faut-il montrer tant d’indulgence envers les pétromonarchies arabes, au premier rang desquelles le Qatar ? Ce pays, ennemi des droits de l’homme, joue un double jeu infernal en jouant sur les divisions du monde islamique, entre chiites et sunnites. Il n’hésite pas à déstabiliser des régions entières pour appuyer des régimes obscurantistes.

J’en viens aux réserves sur les conditions de déclenchement de cette opération et à la position de la communauté internationale.
L’option militaire n’avait rien d’inéluctable, elle n’est due qu’aux faiblesses et aux lenteurs de la communauté internationale et du pouvoir malien lui-même. « En aucun cas, la France n’interviendra elle-même au Mali », affirmait François Hollande en novembre 2011.

Il y a deux semaines encore, la voie politique, de la négociation, était privilégiée.
La résolution 2085 du 22 décembre, selon la lecture même de notre ambassadeur à l’ONU, « n’était pas une déclaration de guerre ». Elle posait de nombreux préalables avant tout recours à la force.
D’une part, un effort du pouvoir malien pour répondre à la question touarègue et organiser de nouvelles élections. D’autre part, une préparation militaire conséquente de l’armée malienne et des partenaires africains.
Aucune de ces conditions n’est réunie. Nous partons donc en guerre dans la plus mauvaise des configurations, dans l’impréparation, avec les immenses périls que cela comporte.

La résolution onusienne autorisait le déploiement d’une «mission internationale sous conduite africaine»,

Or l’opération «Serval» s’avère être d’abord une «opération franco-française». L’intervention de la France doit retrouver au plus vite le cadre onusien. Les troupes des pays africains doivent prendre le relais de cette intervention.
Notre pays a pris ses responsabilités, mais le cavalier seul de la France est préoccupant. En effet, il nous isole sur la scène diplomatique, nous expose en termes de sécurité et nuit à la crédibilité même de l’intervention.

La communauté internationale, nos alliés, font assaut de déclarations pour saluer notre engagement, sans apporter de solidarité en actes. Le soutien unanime masque une lâcheté générale. Cet attentisme est consternant.
Quand conforterons le système onusien en réformant les mécanismes de décision qui le sclérosent ?

Je pose également la question : où est l’Union européenne dans ce conflit ? Son inertie illustre l’impasse actuelle de la construction européenne.

Notre intervention militaire dans une ancienne colonie française recueille le soutien de l’opinion africaine et de ses représentants. L’Algérie a ainsi ouvert son espace aérien et fermé ses frontières. Cette coopération relative n’était pas couru d’avance, elle est à metter au crédit du dégel de nos relations ces dernières semaines.

Elle suscite néanmoins un certain malaise, probablement en raison du deuil impossible et inachevé de la Françafrique. Comment ne pas percevoir le poids de la colonisation dans le conflit actuel et l’héritage de frontières tracées artificiellement ? Au Mali comme sur l’ensemble du continent, les impérialismes ont déchiré des régions, aggloméré des peuples rivaux, afin de préserver leur influence sur ses richesses. Ce temps doit être véritablement révolu, en Centrafrique, au Gabon, au Niger. Des engagements ont été pris, nous attendons des gestes forts, au plus vite.

L’Afrique est la chance de notre planète. Nous devons conforter les efforts de ses peuples pour retrouver leur dignité et assurer leur développement, sans ingérence ni domination. La solution au chaos et à la déstabilisation du continent africain n’est pas militaire, mais politique, sociale et économique. Les pays du Nord doivent enfin promouvoir un développement partagé de la planète. L’Afrique est une terre de grande richesse. Ses richesses premières doivent bénéficier aux peuples, et non être pillées. Ses richesses humaines et intellectuelles, elles aussi, doivent pouvoir rester dans leur pays et participer au progrès de leur société, et non être contraintes à l’exil en Occident.

Il a beaucoup été question de l’ « homme africain » dans un passé récent. Cet homme africain, la femme africaine, sont pleinement dans l’Histoire de notre temps, ils sont les acteurs du monde de demain. Respectons-les, marchons à leurs côtés ! Nos amis africains attendent de la France cette relation d’égal à égal, soucieuse de leur devenir.


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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 10:01

Disons "non " à la guerre par procuration au Mali

Mots clés : onu, otan, mali, sahel, cedeao,

 

 

Appel de femmes du Mali. C'était en novembre 2012.

  De la situation dramatique du Mali, il ressort une réalité terrible qui se vérifie dans d’autres pays en conflit : l’instrumentalisation des violences faites aux femmes pour justifier l’ingérence et les guerres de convoitise des richesses de leurs pays. Les femmes africaines doivent le savoir et le faire savoir.

Autant l’amputation du Mali des deux tiers de son territoire et l’imposition de la charia aux populations des régions occupées sont humainement inacceptables, autant l’instrumentalisation de cette situation, dont le sort réservé aux femmes, est moralement indéfendable et politiquement intolérable.

Nous avons, de ce fait, nous femmes du Mali, un rôle historique à jouer, ici et maintenant, dans la défense de nos droits humains contre trois formes de fondamentalisme : le religieux à travers l’islam radical; l’économique à travers le tout marché; le politique à travers la démocratie formelle, corrompue et corruptrice.

Nous invitons toutes celles et tous ceux qui, dans notre pays, en Afrique et ailleurs, se sentent concernés par notre libération de ces fondamentalismes à joindre leurs voix aux nôtres pour dire "Non" à la guerre par procuration qui se profile à l’horizon. Les arguments suivants justifient ce refus.

  • Le déni de démocratie

La demande de déploiement de troupes africaines au nord du Mali, transmise par la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union Africaine (UA) aux Nations Unies, repose sur un diagnostic délibérément biaisé et illégitime. Il n'est fondé sur aucune concertation nationale digne de ce nom, ni au sommet, ni à la base. Ce diagnostic exclut par ailleurs la lourde responsabilité morale et politique des nations, celles qui ont violé la résolution 1973 du Conseil de Sécurité en transformant la protection de la ville libyenne de Ben Ghazi en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi et de le tuer. La coalition des séparatistes du mouvement national de libération de l'Azawad (MLNA), de Al Kaeda au Maghreb Islamique (AQMI) et de ses alliés qui a vaincu une armée malienne démotivée et désorganisée doit également cette victoire militaire aux arsenaux issus du conflit libyen.

Le même Conseil de Sécurité va-t-il approuver, dans les jours à venir le plan d’intervention militaire que les Chefs d’Etat africains ont approuvé en prétendant corriger ainsi les conséquences d’une guerre injuste par une guerre tout aussi injuste ?

Marginalisée et humiliée dans la gestion de la crise "libyenne", l'Union Africaine peut-elle, doit-elle se lancer dans cette aventure au Mali sans méditer les enseignements de la chute du régime de Mouammar Kadhafi ?

Où est la cohérence dans la conduite des affaires du continent par les dirigeants africains, dont la plupart s’était opposé en vain à l’intervention de l’OTAN en Libye, lorsqu'ils s’accordent sur la nécessité d'un déploiement de forces militaires au Mali, aux conséquences incalculables.

  • L’extrême vulnérabilité des femmes dans les zones en conflit

L'international Crisis Group prévient, à juste titre, que « Dans le contexte actuel, une offensive de l’armée malienne appuyée par des forces de la CEDAEO et/ou d’autres forces a toutes les chances de provoquer davantage de victimes civiles au Nord, d’aggraver l’insécurité et les conditions économiques et sociales dans l’ensemble du pays, de radicaliser les communautés ethniques, de favoriser l’expression violente de tous les groupes extrémistes et, enfin, d’entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme sans ligne de front dans le Sahara ». (« Le Mali : Éviter l’escalade » International Crisis Group - http://www.crisisgroup.org/fr- 18 juillet 2012).

Ces conséquences revêtent une gravité particulière pour les femmes. Leur vulnérabilité qui est sur toutes les lèvres, devrait être présente dans tous les esprits lors des prises de décisions, et dissuasive quand la guerre peut être évitée. Elle peut l'être. Elle doit l’être, au Mali.

Rappelons que les cas de viols que nous déplorons dans les zones occupées du Nord de notre pays risquent de se multiplier avec le déploiement de plusieurs milliers de soldats. A ce risque, il faut ajouter celui d’une prostitution plus ou moins déguisée qui se développe généralement dans les zones de grande précarité et par conséquent les risques de propagation du VIH/SIDA. Le plan d’intervention militaire sur lequel le Conseil de Sécurité va se pencher prévoit-il des moyens de mettre réellement les femmes et les fillettes du Mali à l’abri de ce type de situation désastreuse ?

Rappelons également que sur l'ensemble du territoire les sanctions économiques imposées par la communauté internationale au peuple malien au nom du retour à un ordre constitutionnel discrédité affectent considérablement les groupes vulnérables. Les femmes du fait de la division sexuelle des tâches sont confrontées au niveau domestique à l'énorme difficulté d'approvisionnement des familles en eau, nourriture, énergie domestique, médicaments. Cette lutte quotidienne et interminable pour la survie est déjà en soi une guerre. Dans ces circonstances de précarité et de vulnérabilité des populations, et des femmes en particulier, l'option militaire en préparation est un remède qui à toutes les chances d'être pire que le mal alors qu’une alternative pacifique, émanant de la société malienne, civile, politique et militaire, sera constructive.

  • Des incohérences de la communauté internationale

Chacun des puissants représentants de la « communauté internationale » ainsi que la CEDEAO et l’Union Africaine ont prononcé des mots à propos de nos maudits maux de femmes en situation de conflit.

A tout seigneur tout honneur, le Président français, François Hollande, qui joue le rôle de chef de file dans la défense de l’option militaire, a souligné la souffrance des femmes « premières victimes des violences des guerres » (Kinshasa - Quatorzième sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie).

Et pourtant, il a déclaré le 26 septembre 2012, à New York, lors de la réunion spéciale sur le Sahel, en marge de l'Assemblée Générale des Nations Unies ce qui suit :"Je sais qu'il peut y avoir une tentation de mener des négociations. Négocier avec des groupes terroristes ? Il ne peut en être question. Toute perte de temps, tout processus qui s'éterniserait ne pourrait faire que le jeu des terroristes".

Pourquoi la France qui retire ses soldats de l’Afghanistan estime-t-elle que le Mali et la CEDEAO doivent engager leurs troupes au sol, dans le cadre de la lutte contre le même terrorisme ? "Il faut savoir terminer une guerre", semblent dire les Présidents américains et français. « La guerre d’Afghanistan s’est prolongée au-delà de la mission initiale. Elle attise la rébellion autant qu’elle permet de la combattre. Il est temps de mettre fin en bon ordre à cette intervention et j’en prends ici l’engagement. » déclara le candidat François Hollande, dans son discours d’investiture à l’élection présidentielle.

La Secrétaire d’Etat américaine aux affaires étrangères, Hillary Clinton dont l’escale du 29 octobre 2012, à Alger, avait en partie pour objet de convaincre le Président Abdelaziz Bouteflika de rejoindre le camp de la guerre, s'était adressée aux Chefs d’Etat africains réunis à Addis-Abeba en ces termes : « En République Démocratique du Congo, la poursuite des actes de violences contre les femmes et les filles et les activités des groupes armés dans la région orientale du pays, sont pour nous une source constante de préoccupation. L’Union Africaine et les Nations Unies ne doivent épargner aucun effort en vue d’aider la RDC à réagir à ces crises sécuritaires incessantes ».

L’initiative du secrétaire des Nations Unies, Ban Kid Moon, intitulée « Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes », lancée le 25 janvier 2008, accorde une attention particulière aux femmes de l’Afrique de l’Ouest. C'était avant les guerres en Côte d'Ivoire et en Libye qui ont largement compromis la réalisation des objectifs assignés à cette initiative. Nous comprenons sa réserve quant au déploiement militaire et espérons qu'il ne soutiendra pas le plan d'intervention des Chefs d'États de la CEDEAO. La guerre, rappelons-le, est une violence extrême contre les populations civiles, dont les femmes. Elle ne peut que nous éloigner des objectifs visés par cette initiative.

Pourquoi les puissants de ce monde qui se préoccupent tant du sort des femmes africaines ne nous disent pas la vérité sur les enjeux miniers, pétroliers et géostratégiques des guerres.

La présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, pour sa part, souligne que "Il est crucial que les femmes contribuent à, et s’impliquent activement dans, la recherche d’une solution au conflit. Leurs voix doivent être entendues dans les efforts visant à promouvoir et à consolider la démocratie dans leur pays. A cette fin, vous pouvez, sans aucun doute, compter sur le soutien de l`Union Africaine, ainsi que sur mon engagement personnel. » (Réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation au Mali - 19 novembre 2012)

La nomination pour la première fois d'une femme à ce poste pourrait être un facteur véritable d'émancipation politique pour les femmes et donc de libération du Continent, si Nkosazana Dlamini-Zuma accepte d'élargir la base du débat sur les femmes africaines en y intégrant les enjeux globaux qui nous sont dissimulées.

  • Notre triste statut d’otages

Le Mali est un pays à la fois agressé, humilié et pris en otage par des acteurs politiques et institutionnels qui n'ont aucun compte à nous rendre, à commencer par la CEDEAO. L'une des traductions de cette réalité est l'énorme pression exercée sur ce qui reste de l'État malien. Le Président par intérim, Dioncounda Traoré, est le premier des otages maliens. S’il a cru devoir rappeler, le 19 octobre 2012, lors de la réunion du groupe de soutien et de suivi de la situation de notre pays, qu’il n’est pas un Président pris en otage, c’est précisément parce qu’il l’est. Sinon il n’aurait pas répété à trois reprises, le 21 septembre 2012, la veille de l’anniversaire de l’indépendance de notre pays qu’il privilégie le dialogue et la concertation, et demandé aux Nations Unies, trois jours plus tard, une intervention militaire internationale immédiate. « J’ai conscience d’être le président d’un pays en guerre mais le premier choix est le dialogue et la négociation. Le deuxième choix est le dialogue et la négociation et », insiste-t-il « le troisième choix demeure le dialogue et la négociation. Nous ferons la guerre si nous n’avons pas d’autre choix… », a-t-il déclaré dans son discours à la nation avant de changer d’avis.

Au-delà du président intérimaire, nous sommes tous des otages prisonniers d'un système économique et politique inégalitaire et injuste qui excelle dans l'art de briser les résistances à coup de chantage au financement. La suppression de l'aide extérieur se traduit cette année 2012 par un manque à gagner de 429 Milliards de francs CFA. La quasi totalité des investissements publics sont suspendus. La fermeture de nombreuses entreprises a occasionnée licenciements et chômage technique pour des dizaines de milliers de travailleurs alors que les prix des denrées alimentaires continuent de flamber. Les pertes les plus importantes sont enregistrées dans les secteurs du bâtiment et des travaux publics. Le tourisme, l'artisanat, l'hôtellerie et la restauration, qui subissaient depuis 2008 les conséquences de l'inscription du Mali sur la liste des pays à risques, sont gravement affectés alors qu'ils constituaient des sources de revenus substantiels pour les régions aujourd'hui occupées, notamment celle de Tombouctou.

Référence est faite au statut d'otage non point pour dédramatiser l'épreuve insupportable des otages européens et de leurs familles mais pour rappeler l’égale gravité de la situation de tous les êtres humains piégés dans des systèmes dont ils ne sont pas personnellement responsables. La question est toutefois de savoir comment agir de telle sorte que notre pays retrouve son intégrité territoriale et la paix, et que les six Français détenus par AQMI retrouvent leurs familles sains et saufs, sans que ces libérations n’ouvrent la voie à une intervention militaire qui mettrait en péril la vie des centaines de milliers d'habitants du Nord Mali qui sont autant d'otages.

  • La guerre par procuration

Le choix de la guerre se nourrit d'une connaissance insuffisante des véritables enjeux. Jacques Attali donne à ceux qui veulent s’en saisir, une clef de lecture qui prouve s'il en était besoin que l'intervention militaire envisagée est une guerre par procuration. Selon lui, la France doit agir « … parce que cette région (le Sahel) peut devenir une base arrière de formation de terroristes et de kamikazes qui viendront s’attaquer aux intérêts occidentaux un peu partout dans la région ; et même, par de multiples moyens de passage, en Europe. Ils ne sont encore que quelques centaines ; si rien n’est fait, ils seront bientôt plusieurs milliers, venus du Pakistan, d’Indonésie et d’Amérique Latine. Et les gisements d’uranium du Niger, essentiels à la France, ne sont pas loin. » (Blog Attali. 28 mai 2012.)

La distribution des rôles entre la France, la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Europe et l’ONU est clarifiée. La CEDEAO, dont de nombreux Maliens et Africains ne comprenaient pas jusqu’ici le jeu trouble est en mission au Mali. Selon Jacques Attali, l’organisation sous régionale devait agir « pour redonner aux autorités civiles les moyens de décider, sans peur, de rétablir la sécurité, de restructurer l’appareil militaire et de faire redémarrer l’activité économique ; au Nord, pour mettre fin à cette sécession, il faudra une action militaire sur le terrain, avec un appui logistique à distance, des moyens d’observation, des drones et une capacité d’encadrement stratégique.

Qui peut faire tout cela ? Evidemment pas le gouvernement malien tout seul, qui n’a ni armes, ni autorité. Pas non plus la CEDEAO qui n’a pas les moyens militaires suffisants pour assurer l’ensemble de l’action nécessaire et qui ne peut même pas espérer en recevoir la demande du gouvernement malien, sous influence de forces incertaines. Pas non plus l’Union Africaine, en tout cas pas seule. Alors qui ? l’ONU ? l’OTAN ? La question va se poser très vite. Elle est, à présent, posée. Là encore, l’Europe devrait évidemment être unie et se mettre en situation de décider et d’agir. Elle ne l’est pas. Or, si les médiations actuelles échouent, il sera bientôt nécessaire de réfléchir à mettre en place une coalition du type de celle qui a fonctionné en Afghanistan. Avant qu’un équivalent du 11 septembre 2001 ne vienne l’imposer »(Le Blog de Jacques Attali : le 28 mai 2012)

Tout est donc clair. La guerre envisagée au Mali s'inscrirait dans le prolongement de celle de l'Afghanistan, d'où la France et les États Unis se retirent progressivement après onze années de combats et de lourdes pertes en hommes, en matériel et finance. Le Sahel étant la zone d'influence de la France, celle-ci prend la direction des affaires concernant le Mali et sous-traite la violence militaire à la CEDEAO. Ce transfert fait politiquement correct pour ne pas être accusé de colonialisme et d'impérialisme, mais aussi pour réduire le coût de la guerre et ne pas enregistrer d'autres pertes en vies humaines. Les opinions publiques occidentales tolèrent de moins en moins que leurs ressortissants meurent dans la défense de « nos » causes. Ainsi, au même titre que les tirailleurs sénégalais, les troupes africaines sont appelées à prêter main forte à la France.

  • La mondialisation des maux et des réseaux

Le radicalisme religieux n'a pas besoin, dans un tel contexte, du nord du Mali pour se répandre en Afrique de l’Ouest et dans le monde. L’économie mondialisée sur la base de l’injustice et des inégalités est une machine à broyer les économies locales, les sociétés et les cultures qui lui offrent le terreau nécessaire.

De la mer rouge à l’Atlantique, de l’Afghanistan au Nigeria, de Toulouse, où Mohamed Merah a agi et a été abattu, à Tombouctou, les enjeux sont à la fois idéologiques, civilisationnels, identitaires, mais aussi économiques, politiques et géostratégiques. Les acteurs et les forces en présence sont à peu près les mêmes, avec des variantes locales à manipuler telle que la rébellion touareg au Mali.

Par ailleurs, Afghans, Pakistanais, Algériens et autres prêcheurs ne sont pas de nouveaux venus au Mali. Ils ont fait leur apparition dans les mosquées, à partir de la décennie 90, au moment où les conséquences sociales et humaines dramatiques des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) sur l’emploi, le revenu et le lien social commençaient à se faire sentir.

  • La perspective « badenya » comme alternative à la guerre

Des femmes maliennes et africaines bien imprégnées des enjeux et des rouages mortifères de la mondialisation néolibérale n’en cautionnent pas les guerres. Aux valeurs guerrières et prédatrices de l’ordre économique dominant, nous opposons des valeurs pacifistes, qui nous réconcilient les uns avec les autres, ainsi qu’avec le reste du monde. Badenya, (enfants de la mère) est l’une de ces valeurs que nous nous devons, femmes du Mali, de cultiver d'avantage et d’opposer à la valeur masculine fadenya (les enfants du père) qui dans sa version ultralibérale autorise la course effrénée et fratricide au profit, au point de brader des entreprises publiques rentables, de céder des terres agricoles aux dominants et d'accepter la partition du territoire national.

Profondément ancré dans la perspective badenya, notre refus de la guerre plonge ses racines dans une conception de la procréation selon laquelle mettre un enfant au monde est déjà une manière de monter au front (musokele). Et trop nombreuses sont celles qui parmi nous périssent en enfantant. Nous bataillons jour après jour contre la faim, la pauvreté, la maladie, pour que chaque enfant grandisse, travaille, s’assume et assume sa part de responsabilité.

Aussi, en chaque soldat, comme en chaque rebelle et en chaque nouveau converti au djihadisme qui vont s'affronter en cas de guerre, chacune de nous reconnaît un frère, un fils, un neveu, un cousin. Hier, ils étaient en quête d’un statut social à travers l'emploi, le revenu ou alors un visa. Ce fut souvent en vain… A présent, ils ont entre leurs mains tremblantes des armes de guerre.

La lucidité et la maturité politique devront être nos armes dans ce monde sans foi ni loi. Il n'y a aucune raison que le Mali s'engage sur un terrain où la France et les États Unis d'Amérique reculent, en dépit de la puissance de feu de l'OTAN.

A l’économie de la guerre, nous femmes du Mali, opposons l’économie de la vie en faisant de la transition en cours une occasion historique de relever le triple défi du savoir, de la citoyenneté et du dialogue. Les évolutions en cours sur le terrain, dont la volonté de négociation d’Ansar Dine et du MNLA, la modification constante des rapports de force ainsi que des stratégies et des interactions entre les différents groupes présents, doivent être examinées avec l'attention nécessaire de manière, non seulement à éviter une guerre potentiellement tragique mais aussi à écarter les écueils des accords passés.

Les concertations nationales envisagées depuis des mois doivent se tenir enfin, permettant à la société malienne dans son ensemble de se retrouver et de définir elle-même les bases et les conditions d’une solution concertée (et non imposée) au conflit présent. Nous, femmes du Mali, y contribuerons pleinement, comme demain nous contribuerons à la refondation de la démocratie dans notre pays selon des valeurs de société et de culture qui nous sont familières.

Il s'agit, en somme, de crédibiliser, de renforcer la capacité d'analyse, d'anticipation et de proposition de la société malienne, civile, politique et militaire.

Nous demandons à toutes celles et à tous ceux qui partagent notre approche d'interpeller immédiatement les principaux acteurs de la communauté internationale, par écrit ou sous toutes autres formes d’expression, en plaidant pour que le Conseil de Sécurité n'adopte pas une résolution autorisant le déploiement de milliers de soldats au Mali.

Signataires : Aminata D.TRAORE ; SISSOKO Safi SY ; SANOGO Sylvie KONE ; IMBO Mama SY ; Kadiatou TOURE ; TRAORE Sélikèné SIDIBE (Vieux) ; DICKO Rokia SACKO ; Ténin DIAKITE ; DOUMBIA Fanta DIALLO ; KONE Mamou TOURE ; TRAORE Sarata SANOGO ; TRAORE Penda DIALLO ; DIABATE Kadiatou KOUYATE ; Aminata BOCOUM ; Oumou KODIO ; Assatou KAREMBE ; Awa KOÏTA ; Aminata DOUMBIA ; Fatoumata COULIBALY ; Badji BOIRE ; Awa TOURE ; Bintou KONE ; Fatoumata MARIKO ; Mariam KONE ; Minata DIARRA ; Oumou KEITA ; Kadiatou DIALLO ; Kankou KONE ; Rokia NIARE ; Kadia DJIRE ; Ada NANTOUMA ; Awa COULIBALY ; Soungoura DOUMBIA ; Fanta KANTE ; Safiatou COULIBALY ; Djaba TANGARA ; KONE Mama DIARRA ; Ismael DIABATE ; Karamoko BAMBA; Doumbi FAKOLY; Coumba SOUKO ; Clariste SOH-MOUBE ; Nathalie M’DELA-MOUNIER ;

    Publié par l'Humanité le 29 novembre 2012

  • Lire aussi :

Notre dossier sur le Mali

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15 janvier 2013 2 15 /01 /janvier /2013 11:27

C'était en décembre 2012: une intervention structurée et argumentée sur la situation au Sahel, dont fait partie le Mali. A lire et à méditer

Henri Moulinier

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Intervention à la Conférence sur les processus de militarisation dans l'espace Sahélo-Saharien et la crise au Mali - 11 décembre 2012 Dans le cadre du cycle de séminaires organisé par la Fondation Gabriel Péri et le Réseau des partenaires de la région de Kidal

Jacques Fath

Membre du Comité exécutif national du PCF

Responsable des relations internationales

Dans la crise malienne, l'évolution de la position française est en elle même significative des lourds problèmes de fond que cette crise révèle.

En juillet, en septembre, jusqu'en octobre les autorités françaises s'expriment de façon très volontariste en faveur d'une intervention militaire. Pour le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, il y a «urgence à agir» (le 3 octobre) et «une intervention militaire pourrait avoir lieu dans quelques semaines» (le 16 octobre). Les autorités françaises disent ne pas vouloir de troupes au sol même si l'on sait que des forces spéciales sont sur le terrain. Et, apparemment, le dispositif aérien français aurait été renforcé dans la région. Paris dit vouloir accompagner une intervention de la CEDEAO, apporter du matériel et un soutien logistique...Officiellement, les autorités françaises affirment que c'est aux pays africains et à la CEDEAO d'agir et que la France ne viendra qu'en soutien. Mais ce sont bien les autorités françaises qui sont à l'initiative, y compris au Conseil de Sécurité pour pousser à l'intervention militaire. Les propos tenus sont ceux de l'urgence et de la détermination.

Le 24 octobre, cependant, Jean-Yves Le Drian corrige très nettement – c'est presqu'une volte-face - et déclare que «pour l'instant, l'heure n'est pas à l'intervention». «Nous sommes – souligne-t-il - dans la phase diplomatique».

Depuis, les informations et les commentaires d'origines diverses ne manquent pas qui soulignent les obstacles et avancent un calendrier tout à fait différent. Une action sérieuse (selon les termes choisis) n'aurait lieu qu'à l'automne prochain. On parle de septembre/octobre 2013. Et de multiples questions surgissent: logistique, commandement, contrôle du terrain, appui aérien … «Nous ne sommes pas prêts à nous engager dans une guerre» avoue le Président Mauritanien qui n'est pas le seul à exprimer des craintes. Le Secrétaire général de l'ONU réitère ses réticences et souligne qu'il s'agirait d'une opération de guerre ne rentrant pas dans l'esprit onusien.

En parallèle, un cadre de dialogue se cherche, impliquant plusieurs États africains dont le Burkina Faso, mais aussi l'Algérie, avec le MNLA, Ansar Dine...

Il y a, en vérité, des approches très différentes.

Des réserves, des oppositions s'expriment avec beaucoup plus d'insistance aujourd'hui. Cette situation traduit naturellement, pour l'ensemble des protagonistes, des conceptions et des intérêts différents. On comprends par exemple, que l’Algérie ne veuille pas de guerre en son voisinage, et on se souvient d'ailleurs que les craintes (légitimes et vérifiées) qu'elle avait exprimé quant à une intervention militaire en Libye n'avaient pas été prises en compte.

Cette complexité politique du dossier, cependant, n'est pas que conjoncturelle.

Des causes nettement plus fondamentales.

L'effondrement de l'armée et même de l’État au Mali en mars/avril 2012 a révélé et amplifié brutalement la vulnérabilité malienne et l'emprise de groupes djihadistes pour déboucher sur un chaos dangereux. Cette crise a fait du Mali un État quasi déliquescent, ce qui rappelle la fragilité de toute une région constituée de pays figurant parmi les plus démunis de la planète.

On voit à quel point la pauvreté extrême et le sous-développement forment le terrain de la déstabilisation, de la déstructuration sociale. Au Mali, et singulièrement au Nord du Mali, l'accès aléatoire à la ressource en eau, la vulnérabilité climatique, la précarité sociale, économique et notamment agricole... poussent à ce qu'on appelle des logiques ou des pratiques de survie qui, ajoutées à la carence de l’État, favorisent la criminalisation, la constitution de réseaux de corruption, de violence, de trafics divers. Une partie de la jeunesse, sans perspective, se laisse embrigader.

La grande faiblesse des États du Sahel, la porosité des frontières, à quoi s'ajoute la présence depuis des années, de groupes criminels étrangers ou de réseaux mafieux locaux, a favorisé le développement des trafics d'armes, de drogue, ainsi que l'exploitation des migrants, jusqu'à la prise d'otages. On assiste à des formes de criminalisation dans l' économie avec une intégration des activités liées au terrorisme avec celles des trafics illicites. Le Sahel est ainsi qualifié de «zone grise». Il y a en fait un véritable cumul des dérives criminelles et des obstacles au développement.

Le Mali, par exemple, avec une grande faiblesse financière et un enclavement géographique économiquement peu favorable, a du mal à développer l'exploration et l'exploitation de ressources pétrolières encore mal connues, et à trouver les coopérations internationales adaptées et nécessaires pour cela. Le sous-développement dans le contexte économique et stratégique actuel, est aussi un cumul de problématiques négatives.

Les richesses énergétiques et minières des pays du Sahel sont pourtant considérables: pétrole, gaz, or, diamant, uranium, phosphate, bauxite, plutonium, manganèse, cobalt... au point de faire de cette immense région un espace de convoitises et de rivalités de puissance.

Le Niger est le 2ème producteur mondial d'uranium, ressource exploitée par le groupe AREVA. Ce qui explique en grande partie l'intérêt stratégique des autorités françaises pour la région. Le Mali est le 3ème producteur d'or en Afrique.

Jusqu'en 1990, cette exploitation de l'or (une - sinon la - principale richesse minière de ce pays) s'est effectuée sous la maîtrise de l’État. Le gouvernement a désengagé l’État et ouvert l'exploitation aurifère au privé, notamment étranger, avec une loi minière mise en place en 1991 et 1998 pour favoriser fiscalement les capitaux étrangers. A partir du début des années 2000, l'exploitation de l'or a fait un bond quantitatif spectaculaire. Cette exploitation est aujourd'hui le fait de grandes multinationales du Canada, de Grande-Bretagne, d'Allemagne, d'Afrique du Sud...Elle rapporte peu à l'économie du Mali et au peuple malien. Elle bénéficie majoritairement à ces grandes sociétés minières. Elle a aussi des conséquences environnementales négatives graves.

L'intérêt de groupes capitalistes étrangers et en particulier français pour les potentialités minières et énergétiques du Sahel n'est pas nouveau. Ce qui l'est davantage c'est la montée d'une rivalité stratégique avec l'affirmation d'une présence américaine et chinoise en particulier, et cela dans un contexte de crise structurelle profonde, de vulnérabilité institutionnelle et politique, de grande précarité économique et sociale. C'est dans ce contexte que se posent les problématiques sécuritaires. La sécurisation des approvisionnements en matières premières et ressources minérales, la maîtrise de l'enjeu énergétique sont au centre de grands intérêts occidentaux et autres.

D'où l'installation d'une présence et d'une activité militaire des États-Unis dans l'ensemble des pays de la zone sahélienne y compris au Mali et en Libye, en particulier depuis le début des années 2000: développement de la coopération en matière de sécurité/défense, missions de formation de militaires, assistance à la sécurité de lieux stratégiques, renseignement, recherche de l'installation de bases militaires notamment pour la surveillance aérienne et l'utilisation des drones...

Cet investissement politico-militaire de Washington en Afrique se fait sur des budgets en progression, à partir de ce qu'on a appelé, après le 11 septembre, «la guerre globale contre le terrorisme» et notamment la lutte contre les trafics d'armes et de drogue, contre l'activité des groupes terroristes...

Cela ne se fait pas sans difficultés puisque Washington n'a pas pu obtenir qu'un État africain accueille l'Africom, le commandement militaire américain pour l'Afrique. L'implantation américaine en zone sahélienne a pourtant nettement progressé en s'inscrivant dans une vision stratégique et de sécurité globale, à côté de, ou face à la présence traditionnelle française et à l'affirmation du rôle de la Chine sur le continent.

Le discours sécuritaire occidental sur la thématique du terrorisme et de la criminalité organisée s'appuie ainsi sur les réalités du sous-développement pour, dans les faits, accompagner le développement de stratégies d'exploitation et de prédation économiques très néo-impériales. Ce sont bien des intérêts, des zones d'influence qui sont en jeu. Mais les processus de militarisation traduisent la difficulté grandissante d'en assurer la maîtrise stratégique dans un contexte de crise régionale profonde, de grande précarité économique et de fragilité des États.

La réponse militaire en devient elle-même problématique.

Les pays de la CEDEAO n' ont d'ailleurs guère les moyens d'une telle réponse. Et celle-ci ne fait consensus ni sur le plan régional, ni au Mali. Elle comporte, il est vrai, des risques énormes de déstabilisation, d'enlisement et d'une forme de «somalisation». L'engagement de moyens aériens et l'utilisation des drones pourraient provoquer des dommages collatéraux importants et favoriser, comme en Afghanistan, le rejet populaire d'une intervention vécue comme une guerre néo-coloniale. Il faut aussi ne pas oublier le sort des otages, notamment français, dans un tel contexte. Mais la question des otages, au moins pour l'opinion publique et pour les familles concernées, reste une inconnue dans l'équation militaire périlleuse des autorités françaises...

Tous ces risques bien réels ont eu raison du projet illusoire d'intervention militaire rapide, efficace et «conclusive» apparue ou présentée, dès le début , de façon assez consternante, comme LA solution immédiate nécessaire. Une telle intervention s'avère beaucoup plus difficile à mettre en oeuvre.

On sait, en effet, comment on commence une guerre. On ne sait jamais comment elle peut se terminer.

 Il faut d'ailleurs mesurer la signification de cet enchaînement désastreux qui a fait de la guerre de l'OTAN en Libye, le facteur déclenchant de la crise au Mali tout en ouvrant dans la région un vaste arsenal à ciel ouvert.

Le Mali a été mis en cause dans la maîtrise de son territoire, dans sa continuité institutionnelle. On observe qu'au Mali, comme dans d'autres pays, comme dans les pays arabes, les causes essentielles de la crise touchent au triple échec historique du développement, de la souveraineté et de la démocratie. Elles touchent à l'essentiel qui constitue les missions régaliennes, la cohérence sociale et la viabilité d'un État. C'est une crise de l’État parce que la contradiction devient beaucoup trop forte entre, d'une part, le vécu, les réalités sociales, les attentes populaires, et, d'autre part, les politiques mises en oeuvre par des Etats vulnérables et dépendants, sous la contrainte d'institutions financières internationales (FMI) et de puissances extérieures. La cause politique première de la déstabilisation dans ses différentes dimensions se trouve d'abord là. Et il n'y a certainement pas de réponse sécuritaire et militaire qui puisse apporter une solution durable et véritable.

Les crises au Mali et en Libye, les crises en Afghanistan, en Irak, en Somalie montrent les limites et les impasses des politiques de force militarisées.

Chacune de ces crises s'est traduite, à des degrés divers, par une déstabilisation régionale, une destructuration politique et sociale, une exacerbation des contradictions et des problèmes posés, et même des échecs stratégiques pour les puissances occidentales. On voit bien que les logiques de guerre conduisent à des résultats désastreux.

Les autorités françaises, dans cette crise malienne, ne pourront pas masquer les risques et les carences politiques liées à leur choix militaire en poussant à l'Europe de la défense comme Jean-Yves Le Drian l'a fait à plusieurs reprises. Dans Le Figaro Magazine du 7 décembre il déclare: «L'Union neuropéenne, par la voix de Catherine Ashton, a présenté un concept de gestion de crise le 19 novembre dernier. Ce projet répond tant à l'urgence qu'à l'enjeu de la situation au Mali. C'est un pas historique que franchit l'Europe.» En fait de pas historique, le Conseil Affaires étrangères de l'UE du 19 novembre a décidé la mise en place d'une mission militaire s'inscrivant dans la Politique de Sécurité et de Défense Commune (PSDC) pour appuyer la réorganisation et l'entrainement des forces armées maliennes. Ce projet, plutôt modeste, prévoit la mobilisation de 250 formateurs (sous protection de 150 autres militaires) pour l'entrainement durant 6 mois de 4 bataillons de 650 soldats maliens. Au cours de ce Conseil Affaires étrangères du 19 novembre, Guido Westerwelle, chef de la diplomatie allemande, a souligné que c'est l'approche politique qui doit être mise au centre du dispositif, et non les moyens militaires. On retrouve ici les contradictions entre Etats membres, leur rapport, dépendant mais différencié, à l'OTAN et aux Etats-Unis, dans une crise de la construction européenne qui atteint la crédibilité même du rôle de l'Union européenne.

On voit en effet à quel point l'effondrement malien et la crise sahélienne interrogent les politiques de  l'Union européenne, notamment le partenariat euro-méditerranéen et le rapport de l'Union aux pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique). Cette crise sahélienne sanctionne l'échec de ces politiques européennes incapables de répondre aux exigences du développement surtout dans leurs dérives néolibérales

depuis le début des années 2000.

La crise malienne et sahélienne devrait donc permettre d'ouvrir un débat sur la construction européenne et son rapport au Sud, mais aussi, plus généralement, sur les conditions d'une véritable sécurité pour les peuples et pour les États, sur la vision du monde et des relations internationales qui devraient s'imposer aujourd'hui pour faire face aux immenses problèmes posés.

Cette crise traduit, en effet, des problèmes si profonds, des vulnérabilités si aiguës, que les stratégies de réponses doivent nécessairement toucher aux causes systémiques et fondamentales, aux stratégies de domination elles-mêmes. La grande question posée est celle du mode de développement et de coopération, du besoin d'un nouvel ordre international.

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Intervention militaire française au Mali: pour quel objectif réel ?

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Published by henri Moulinier - dans Intervention au Mali
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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 22:32

 

Un consensus semblait exister autour de la décision de F. Hollande d'intervenir militairement au Mali face à l'avancée des groupes islamistes radicaux. Il y avait urgence à réagir. Le Conseil de Sécurité de l'ONu avait voté une résolution - n° 2085 - permettant à la France d'intervenir. Mais qui doit réagir et comment ?

Mais il l'a fait sans consulter le Parlement au préalable. Et dans quel but réel a-t-il décidé de l'intervention de l'armée française seule, et cela non seulement pour arrêter la progression de ces groupes, mais pour leur faire la guerre. Cette intervention devait se faire sous le paravent des troupes africaines de la CEDEAO et se traduire par un appui logistique.

Je m'interroge sur la vrai fausse évidence de cette intervention militaire solitaire de la France

S'agit-il de stopper l'offensive des fondamentalistes, après la prise de Konna le 10 janvier? Ou bien s'agit-il d'une guerre dans la durée ? "Un coup d'arrêt a été porté et de lourdes pertes ont été infligées à nos adversaires" s'est félicité F. Hollande le 12-1, "mais notre mission n'est pas achevée" a-t-il précisé. Ainsi, de fait, F. Hollande engage nos troupes pour un coflit de longue durée.

Deux articles ci-dessous méritent réflexion sur les intentions affichées et les intentions réelles? N'y a-t-il pas intérêt économique de la France et d'une de ses grandes sociétés, dans un domaine "hautement stratégique" ?

La guerre ne semble pas si facile que prévue et une résistance semble devoir faire durer le conflit miltaire. Et ses effets collatéraux se font sentir (voir l'opération des fondamentalistes en Algérie).

L'urgence absolue n'était-elle pas de permettre le déploiement d’une force d’interposition internationale mandatée par les Nations unies pour mettre fin aux conquêtes des groupes armés et protéger les populations civiles en proie à la terreur des combats, comme le dit le Mouvement de la Paix ?

Ne met-on pas les pieds dans un "boubier" ?

Rappelez-vous l'arrivée des Etats-Unis en Afghanistan en 2001 (octobre): l'objectif affiché par les Etats-Unis était de capturer Ben Laden et de détruire l'organisation islamiste al-Qaida. Onze ans plus tard, l'OTAN a échoué à circonscrire a menace fonadamentaliste et devrait quitter le pays en 2014, alors que les talibans contrôlent une grande partie du pays et pourraient revenir au pouvoir. "Pire, en lançant une guerre mondiale contre le terrotisme, comme si on pouvait mener un conflit armé contre un concept, Washington a largement contribué à créer un arc de tension s'étendant de Kaboul aun Yémen en passant par l'Irak, et qui touche aujourd'hui le Mali" écrit Marc de Miramon, dans l'Humanité dimanche du 17-23 janvier 1013. Certe, le Mali n'est pas l'Afghanistan et ces fondamentalistes au Mali ont voulu imposer une dictature de la Charia très stricte, dans un des pays les plus pauvres du monde....

Silence sur les dérives islamistes de la "révolution" syrienne.

Notre gouvernement et le Chef de l'Etat n'ont pas les mêmes accents envers ces dérives islamistes avec "l'armée de libération de la Syrie", que nous aidons, avec les pays (islamistes du Golfe, tels l'Arabie Saoudite ou le Qatar. Mais ces pays"alliés" sont géostratégiques, entendez ... très riches en pétrole! C'est pourquoi F Hollande a maintenu son voyage aus Emirats, en compagnie d'une délégation de grands patrons. Il devrait également, en 2013,se rendre ... eau Qatar et Arabie Saoudite ! Pays comme chacun le sait, où l'idéologie Wahhabite eimpose une véritable charia! Allez donc voir le film "Wajdja" tourné par une femme d'Arabir Saoudite, en Arabie, non ... sans difficulté !

Henri Moulinier

Carte des richesses naturelles du Mali

Sans commentaire

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Un article de Roger Martelli, co-directeur de Regards

L'émotion à propos du Mali est naturelle. Se forger un point de vue n'est pas simple. Je n'ai donc envie de dénigrer personne, dans notre espace tout au moins. J'ai essayé, pour le site de Regards, d'exprimer un point de vue, que j'espère à la fois engagé et raisonné.

Voici le lien : http://www.regards.fr/web/mali-assez-de-tartufferie,6094

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Une analyse interessant de la situation au Sahel, prononcée en décembre 2012:

Mali, Sahel: des constats et des questions ...

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L’intervention militaire française au Mali vise-t-elle à assurer les intérêts d’Arereva

Les soldats français vont-ils risquer leur vie au Mali pour « la France » ? Pour empêcher « l’islamisation » de la région ? Pour défendre la « conditions des femmes et de la liberté d’expression », comme l’indiquait Bernard Kouchner sur BFMTV ce samedi, ou pour qu’Areva puisse obtenir les droits d’exploitation d’une mine d’uranium de 5’000 tonnes dans le sud-ouest du pays qu’elle convoite depuis de nombreuses années ? 

L’intervention française, baptisée « Opération Serval », du nom d’un félin africain, a été décidée après que les islamistes d’Ansar Edine ait pris plusieurs positions dans le sud du pays, notamment la région de Komma, et menaçaient de prendre la capitale Bamako, et donc d’avoir un contrôle total du pays. 

Une situation qui posait un problème à la France, non pas pour les raisons « humanitaire » si chères à Bernard Kouchner et autres BHL, mais plus vraisemblablement parce que la société Areva, groupe industriel français spécialisé dans les métiers du nucléaire, en particulier l’extraction de minerai d’uranium, bataille depuis plusieurs années pour obtenir l’exploitation de quelques 5’000 tonnes de minerai qui se trouvent à Faléa, une commune de 21 villages et 17’000 habitants, située dans une région isolée à 350 kilomètres de Bamako. 

L’histoire de l’exploration du sous-sol de la région de Faléa ne date pas d’hier : 

*Dans les années 1970, déjà, la Cogema (l’ancien nom d’Areva) et le Bureau de Recherche Géologique Minière en collaboration avec la société d’Etat malienne (SONAREM) avaient effectué travaux de prospection. L’exploitation n’avait pas semblé rentable à l’époque, notamment du fait de l’enclavement de la zone, des problèmes d’accès à l’eau et de l’énergie nécessaire au fonctionnement de la mine. Depuis, le contexte mondial a changé et c’est désormais une véritable « colonisation minière » qui se joue au Mali. 

*Depuis 2005, la société canadienne Rockgate a été mandatée par le gouvernement malien afin d’effectuer des forages et recherches à Faléa. Rockgate a produit en 2010 un rapport préliminaire, qui a ensuite été complété par Golder Associates, une société internationale de « conseils dans les domaines connexes de l’énergie » qui indique « que le Mali offre un environnement de classe mondiale pour l’exploitation d’uranium ». 

*Depuis 2011, Rockgate a mandaté l’entreprise française Foraco, basée à Marseille et cotée en bourse à Toronto, pour l’aider dans l’expansion des explorations et forages à Faléa. 

La France semble donc bien engagée sur le dossier de l’uranium malien. D’ailleurs, son ambassadeur, Christian Rouyer, déclarait il y a quelques mois « qu’Areva sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa. » 

De là à penser que l’intervention militaire française au Mali vise principalement à protéger les intérêts d’Areva, il n’y a qu’un pas.

Spencer Delane, pour Mecanopolis

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Condamnons l’état de guerre, exigeons l’état de Paix !

Le gouvernement français a décidé une intervention militaire au Mali ce vendredi 10 janvier, sans consultation du Parlement. Le Mouvement de la Paix refuse l’argumentaire permanent du caractère inéluctable des interventions militaires. Celui-ci place les citoyens devant une politique du fait accompli, induit par l’urgence d’une situation pour laquelle la communauté internationale ne s’est pas dotée des moyens de préventions nécessaires.

Le Mouvement de la Paix exprime toute sa solidarité avec le peuple malien qui souffre depuis plusieurs mois d’inacceptables violences perpétrées par des groupes armés se réclamant de l’islam radical.

Rajouter la guerre à la guerre n'apporte aucune solution 

*L’histoire récente démontre clairement que rajouter la guerre à la guerre n’apporte aucune solution à un quelconque conflit. L’exemple libyen, grandement responsable de l’actuelle situation au Mali, oblige la Franceet la communauté internationale à repenser leurs stratégies, en vue de réellement protéger les populations. 

*Les interventions militaires extérieures ont des effets directs sur la population française, prise en otage par l’instauration d’un climat de peur permanente de l’ennemi invisible, et donnant lieu au maintien et au renforcement du plan Vigipirate avec le dévoiement continuel de la présence de l’armée sur le territoire impliquant une situation de guerre sans fin. 

Pour le Mouvement de la Paix, l’urgence absolue est de permettre le déploiement d’une force d’interposition internationale mandatée par les Nations unies pour mettre fin aux conquêtes des groupes armés et protéger les populations civiles en proie à la terreur des combats.

Le Mouvement de la Paix

Saint-Ouen, le 13 janvier 2013

 

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  • Adjoint au maire honoraire de La Rochelle. Ancien professeur de lycée en S.E.S. et chargé de cours d'éco Université de La Rochelle. Docteur en histoire. Militant LDH La Rochelle.
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